LA CALORIMÉTRIE APPLIQUÉE A L'ÉTUDE DE LA ^UTRITIO
Si l'évaluation des calories dégagées n'est pas la troisième donnée qui doit rendre possible la solution du problème, je ne sais pas où l'on pourra la trouver. Chacune des métamorphoses que subissent l'albumine, la graisse ou le sucre, pour se détruire partiellement ou complètement, dégage par unité de poids de la matière transformée un nombre de calories que la chimie a déterminé. Tous les actes de l'organisme qui réalisent un travail mécanique, ou déterminent une élévation de température, ou maintiennent l'égalité de la température du corps malgré la soustraction du calorique, trouvent cette énergie dans la destruction de la matière. Si donc, la température du corps restant invariable et le corps étant placé au repos aussi complet que possible, on peut estimer les calories perdues, on aura approximativement la somme des quantités de calories dégagées par l'ensemble des opérations plus ou moins complètes de destruction accomplies aux dépens de la matière corporelle. Mais, pour qu'on puisse approcher de l'égalité entre la production et la perte, il faut pouvoir récolter toutes les calories, mesurer toute l'énergie qui par contact échauffe l'air ou par rayonnement échauffe les parois de l'espace confiné où est placé le sujet, toute celle qui produit les changements d'état, celle qui produit l'évaporation de l'eau, celle qui amène le passage à l'état gazeux de l'acide carbonique dissous, celle enfin qui a produit les mouvements respiratoires, les seuls dont on ait à tenir compte si l'homme est au repos. On sait en effet que la circulation ne compte pas puisqu'elle est une opération interne où toute l'énergie employée pour provoquer le mouvement est restituée par les résistances qui amortissent ce mouvement. Si l'invariabilité de la température du corps n'était pas maintenue, si, comme il arrive souvent, le corps s'échauffait dans le milieu confiné très étroit où il se trouve placé, il faudrait que l'élévation de température fût exactement mesurée, ce qui, joint à la connaissance du poids du corps et de sa capacité calorifique, permettrait de compléter le bilan de l'énergie dépensée