‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 80 sur 166 · EFFETS DES ÉLABORATIONS DES HYDRATES DE CARBONE · texte numérisé non relu

EFFETS DES ÉLABORATIONS DES HYDRATES DE CARBONE

L'amidon ou les sucres après transformations dans le tube digestif aboutissent au glycogène hépatique et par hydratation de ce glycogène redeviennent glycose. De même le glycogène dérivé de l'hydratation de

TRClUBLES PRÉALABLES DE LA NUTRITION.

ralbuiiiine est appelé à devenir glycose. Une partie transportée par le sang se fixera dans les muscles en reprenant Tétat de glycogène et, pour les besoins du travail mécanique, deviendra acide lactique, puis se brûlera sans passer par Tintermédiaire de glycose. Une autre partie du sucre sorti du foie pourra s'oxyder sans le secours des muscles. Directe ou indirecte, la combustion est l'un des modes d'élaboration du sucre. C'est son mode de destruction parfaite. Une molécule de glycose pesant 180 s'unit à 6 molécules d'oxygène pesant 192, qui viennent de l'air extérieur, pour former 6 molécules de GO^ pesant 264. Les 6 molécules d'eau de l'bydrate de carbone sont dégagées et restent dans le corps, mais l'acide carbonique quitte le corps immédiatement. 244 de CO^ quittent l'économie, mais l'oxygène qui entre dans ce CO' n'est pas fourni par l'économie qui a livré seulement le carbone : sa perte de poids n'est donc que 72, le poids de 6 atomes de carbone.

Pour 1 gramme de glycose brûlée, il y a 0^' ,0667 d'oxygène consomuié, 1,4667 de GO" formé et éliminé, 0,6000 de IPO dégagé et restant dans le corps. La variation du poids du corps est négative, la perte est 0,4. Le nombre des calories dégagées est 4,2. Le rapport de l'acide carbo^iique à l'oxygène, le quotient respiratoire, si l'on compte le poids de ces gaz, le QRP est 1,575. Si on évalue ces gaz en volumes, le quotient respiratoire, le QRY est 1,000.

Gette destruction complète du sucre est commandée par le besoin d'énergie et ne se produit qu'à la condition d'être réclamée par ce besoin.

Mais le sucre peut subir d'autres transformations. Il y a d'abord la transformation en glycogène. Dans le foie, la glycose et la lévulose peuvent se fixer à l'état de glycogène; dans les muscles, la glycose peut également se déposer sous cette forme. Une telle métamorphose qui s'opère par déshydratation ne s'accuse par aucune modification des urines, ni des gaz de la respiration, elle n'emploie pas d'oxygène, elle ne dégage pas de GO^ et, comme l'eau mise en liberté reste dans l'organisme, le poids du sujet ne varie pas. C'est une modification qui ne se traduit par aucune manifestation appréciable, sauf par l'augmentation du volume du foie. J'ai vu cette tuméfaction se produire de façon très rapide et considérable, le bord inférieur pouvant déborder de cinq centimètres chez des sujets jeunes, vigoureux, chez lesquels on faisait l'épreuve de la glycosurie alimentaire. En administrant, en vingt-quatre heures, des doses de 600, 800, 1000 grammes de sucre de canne, on ne parvenait pas à produire la glycosurie, tout au plus percevait-on des traces passagères de sucre, mais le foie augmentait de volume. Je suis loin de croire que cette augmentation fût l'effet du dépôt dans le foie d'une quantité de glycogène suffisante pour produire cette tuméfaction; il s'y joignait peut-être la congestion sanguine; il s'y joignait très probablement un dépôt dégraisse. Toujours est-il que, au moment où le foie était, par l'excès de l'apport, mis en demeure de transformer beaucoup de sucre en glycogène, à ce

Page 1