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EFFETS DES ÉLABORATIO^'S DES HYDRATES DE CARBONE

moment le foie présentait cette tuméfaction qui, en général, mettait trois jours à disparaître. La métamorphose en question, quand elle se fait avec excès, peut donc provoquer une manifestation appréciable pour le médecin, mais cette manifestation n'est pas de nature à nous permettre de mesurer l'intensité de la métamorphose.

La transformation intra-musculaire du glycogène n'a de particulier que le stade intermédiaire du passage à l'état d'acide lactique. Elle ne diifère ni pour ses produits chimiques définitifs, ni pour ses produits dynamiques de la combustion directe. Ce qui a été dit plus haut lui est applicable.

La métamorphose importante pour le médecin, c'est la transformation du sucre en graisse. Je disais que dans l'ingestion excessive de sucre le gonflement rapide et considérable du foie peut être dû bien plus à un dépôt de graisse qu'à un dépôt de glycogène. Cela suppose la réalité de ce passage du sucre à l'état de graisse. Tout ce que nous savons de l'influence <les farineux sur les progrès de l'obésité, de l'heureuse influence que la suppression de ces aliments exerce dans les cures de réduction, le témoignage des éleveurs qui font, par l'intermédiaire du bétail, de la graisse en faisant ingérer de l'amidon, laissaient peu de place au doute. La démonstration a été absolue quand on a établi que, pendant l'engraissement, le poids du carbone de la graisse formée dépasse le poids du carbone de l'albumine ingérée en môme temps que l'amidon. C'est dire que, si cette albumine, au lieu de réparer les pertes dues à l'histolyse, avait, par tout son carbone, concouru à faire de la graisse, elle n'expliquerait encore pas toute la graisse formée. L'amidon, par conséquent le sucre, se peut donc transformer en graisse.

De cette transformation physiologiquement établie, M. llanriot a donné hypothétiquement la formule suivante :

1 3 c^ir^o' = c'nv'O' -\- 29 co^ h- 26 wo.

15 molécules de glycose peuvent, en se décomposant, former une molécule d'une graisse mixte qui représente la moyenne des graisses du corps de l'homme, une oléo-stéaro-margarine, de l'acide carbonique et de l'eau, sans hydratation, sans consommation d'oxygène. 1 de sucre donne 0,3675 de graisse, 0,43!25 de CO" et 0,2000 de tPO. L'eau reste, l'acide carbonique s'élimine, et comme son oxygène ainsi que son carbone sont fournis par la glycose qui était dans le corps, comme cette opération n'emprunte l ien à l'extéi ieur, la variation du poids est négative. La perte de poids du corps est égale au^poids de l'acide carbonique dégagé. L'oxygène consommé étant réduit à zéro, le quotient respiratoire, en poids comme en volume, est égal à l'infini. Ce fait explique cette constatation de MM. Richet et Hanriotque, après ingestion de sucre, la consommation de l'oxygène peut baisser et l'élimination de CO^ se maintenir. La perte de calories résultant de cette transformation de 1 gramme de glycose est 0,8. Pfliiger a vu les choses à peu près telles que je les indique. 11 admet que

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ramidon ne fait de graisse que quand il est ingéré en excès; que, quand on augmente l'ingestion du sucre, il arrive un moment où la quantité des calories perdues n'augmente plus; que la graisse formée représente alors toute Fénergie du sucre transformé. Il admet que 256 de glycose font 100 de graisse, l'énergie des deux masses étant 946 calories. Ce serait, pour I de glycose, 0,59 de graisse. La formule de Hanriot donne 0,45; la différence est minime. Mais il ne peut pas y avoir égalité d'énergie potentielle entre le sucre transformé et la graisse formée. A l'élimination de l'eau et de l'acide carbonique correspond la perte de O'^^SSpour 1 gramme de glycose transformée.

Pflùger disait très justement que cette formation de graisse aux dépens du sucre suppose l'ingestion en excès du sucre ou des générateurs de giycogène. Il aurait pu ajouter que la même métamorphose se produit, sans ingestion en excès, si le sucre ingéré en quantité modérée ou si seulement le sucre dérivant de l'élaboration de l'albumine est entravé dans sa combustion. L'insuffisance de la destruction comme l'augmentation de l'apport amènent l'augmentation de la quantité de sucre présente dans l'économie. Le foie en emmagasine h l'état de giycogène ce que ses cellules en peuvent contenir. Au delà, la transformation en graisse s'opère. Et si l'apport du sucre dépasse la rapidité avec laquelle les ferments normaux exécutent cette transformation, ou si ces ferments sont insuffisants et si la formation de la graisse est 'entravée, le sucre s'accumule et force la résistance rénale, la glycosurie s'établit.

Les besoins de l'énergie commandent la première transformation de la glycose, la combustion. Si cette destruction par oxydation est empêchée ou si l'apport est augmenté, l'économie lutte pour ne pas perdre inutilement sa principale source d'énergie, elle l'emploie d'abord à compléter sa réserve de giycogène, puis, s'il reste encore du sucre disponible, elle l'emploie à augmenter une autre réserve d'énergie, la graisse. Mais, dans cette transformation, elle dégage pourtant une portion de l'énergie fixée dans le sucre, environ un cinquième. C'est du sucre élaboré et de la chaleur produite sans qu'il y ait eu besoin d'énergie.

Que le sucre qui normalement se brûle, en donnant cetle part de cha^ leur qui ne vient pas des muscles, ne subisse plus la combustion et, sans consommation d'oxygène, forme de la graisse, qu'il dégage de l'acide carbonique, trois fois moins que s'il se brûlait et livre du calorique, cinq fois moins que s'il se brûlait, et fasse perdre au corps de son poids autant, sinon plus que s'il s'était brûlé, j'appelle cela du ralentissement de la nutrition et je donne cela comme un exemple saisissant de ce qu'on doit entendre par ralentissement de la nutrition.

L'augmentation de l'apport ou l'insuffisance de la destruction, suivant les procédés réguliers, amèneraient une accumulation du sucre qui ne saurait être tolérée par l'organisme. Avant que la teneur du sang en sucre soit suffisante pour provoquer l'élimination en nature, l'économie, à l'état physiologique ou sous l'influence d'une disposition morbide, trans-

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forme ce sucre excédant et le dépose à l'état de graisse comme combustible de réserve, dépensant, il est vrai, pour cette opération, une petite part d'énergie pour en économiser une plus grande. Je le répète, ce n'est pas le besoin d'énergie qui commande cette métamorphose, c'est simplement l'excès de la matière capable de livrer l'énergie. Nouvel exemple de cette vérité que j'ai tenté de démontrer plus haut et que j'ai formulée en disant : Le besoin cV énergie ne régit pas seul la nutrition. On entrevoit comment ce mode d'élaboration du sucre, où n'intervient pas l'oxydation, peut concourir à la genèse de l'obésité et comment il pourrait rendre intelligibles les relations qui existent si manifestement entre cette dernière maladie et le diabète.

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On dit et je viens de répéter que la graisse se brûle dans l'organisme, qu'elle est, dans l'économie, une réserve de combustible et que, au moment du besoin d'énergie, elle sera mise en rapport avec l'oxygène pris à l'air, d'où résultera : formation d'eau et d'acide carbonique et dégagement de calories. C'est un dogme. Ce n'est pas une vérité démontrée. On n'a pas encore isolé ni mis en œuvre un ferment tiré de l'organisme qui opère cette destruction de la graisse en présence de l'oxygène. Il est vrai qu'on n'a pas davantage isolé ni mis en œuvre le ferment qui provoque la combustion de la glycose.

Il y a des raisons qui tendent à faire supposer que la graisse peut disparaître par oxydation.

A poids égaux, elle est la substance de l'organisme le plus richement douée d'énergie, 9'^'''', 5 pour 1 gramme et elle ne saurait disparaître sans livrer ses calories.

Chez les animaux nourris avec de la graisse, on constate une consommation intense d'oxygène et une production d'acide carbonique relativement moindre que dans la combustion du sucre. A mesurer volumétriquement l'oxygène consommé et l'acide carbonique produit, le rapport entre les deux, le quotient respiratoire, le QRV se rapproche de 0,71 qui est le rapport entre l'acide carbonique que peut fournir la graisse et l'oxygène nécessaire non pour faire cet acide carbonique, mais pour brûler complètement cette graisse, son hydrogène comme son carbone. Malheureusement, comme je l'ai dit et comme je pense l'établir plus loin, on fait dire au quotient respiratoire plus que ce qu'il signifie.

Un animal au repos engraisse. Un animal gras auquel on impose un exercice musculaire actif perd de sa graisse en même temps qu'il consomme plus d'oxygène et émet plus de CO^ Ce fait n'est pas contestable, encore est-il bien difficile, d'après ce que nous savons de la constitution anatomique et de la chimie anatomique et physiologique de la fibre musculaire, d'admettre que, même à titre exceptionnel, la graisse puisse se

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substituer au glycogène, se brûler directement dans le muscle et dégager son énergie en produisant du travail mécanique. La disparition de la graisse est certainement liée dans certains cas au fonctionnement des muscles, mais il peut y avoir des intermédiaires entre cette disparition de la graisse et les actes chimiques qui s'opèrent dans le muscle pour lui livrer l'énergie.

En tout cas, si la graisse s'oxyde, ce n'est pas dans le tissu adipeux que s'accomplit la combustion. Les larges mailles de son réseau capillaire tiennent la graisse à trop grande distance de l'oxygène, et d'ailleurs, dans les circonstances où la consommation générale de l'oxygène est le plus active, on peut constater que les parties les plus abondamment pourvues de graisse restent les plus froides et ne se réchauffent que tardivement, par emprunt de calorique aux tissus voisins.

L'acte chimique accompli dans la cellule adipeuse ne peut être que l'hydratation qui dédouble la graisse neutre et peut permettre aux produits de dédoublement, acides gras et glycérine, de franchir la membrane cellulaire, ce que la goutte de graisse neutre ne ferait peut-être pas. Il y a dans le sang un ferment capable de produire ce dédoublement, la lipase, et c'est à M. Ilanriot que nous devons sa connaissance. Mais, comme on n'a pas constaté dans le sang la présence de la glycérine, il se pourrait ou qu'elle y fût brûlée immédiatement, ou que la graisse dédoublée se reconstituât immédiatement après sa sortie de la cellule comme cela a lieu vraisemblablement pour une partie de la graisse intestinale quand elle traverse la surfoce de l'intestin, comme cela a lieu certainement pour l'albumine intestinale qui se dédouble en s'hydratant pour franchir la cellule et de peptone redevient albumine dès qu'elle arrive au capillaire.

Si directement ou après dédoublement la graisse s'oxyde complètement dans l'organisme, la formule de sa combustion est la suivante en prenant encore connne type l'oléo-stéaro-margarine :

(^55iiio,Q6 + 1 56 0 = 55 CO^ H- 52 IPO .

1 gramme de graisse en brûlant consomme 2,9025 d'oxygène et produit 2,8140 de CO' et 1,0884 de WO avec dégagement de 9''\^, L'eau produite reste dans le corps, l'acide carbonique est éliminé. Les 104 atomes d'hydrogène de la graisse, en passant à l'état d'eau, fixent dans le corps 52 atomes d'oxygène pris à l'air, en poids pour 104 d'hydrogène ou pour 800 de graisse, 832 d'oxygène. Mais en même temps les 55 atomes de carbone de la graisse et les 6 atomes d'oxygène qui y étaient unis ont (juitté l'organisme, soit une perte de 756 pour 860 de graisse. Ainsi, un gain de 852 et une pert(; de 756, comme résultante un bénéfice de 76. La variation de poids est positive. Pour 1 de graisse brûlée, 0,0884 d'augmentation de poids.

Cependant la combustion complète pourrait ne pas être la seule métamorphose que la graisse subit dans l'organisme.

Bernard admettait ([ue a glycérine peut se transformer en glycogène

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et M. Berthclot avait vu, en 1857, le dixième du poids d'un corps gras neutre se transformer en sucre, mais c'était par le fait de la fermentation de la glycérine, les acides gras n'avaient pas participé à cette métamorphose.

Après la digestion, le plasma sanguin est laiteux, au bout de quelques heures il est clair. Peut-être quelques gouttelettes de graisse se sont-elles brûlées; la plupart se sont déposées. Il s'en dépose probablement dans le tissu cellulaire; ce qui est certain, c'est que la plus grande partie se dépose dans le foie. La graisse d'origine alimentaire se dépose dans le foie, elle ne s'y accumule pas; malgré la succession des repas qui ramènent le même phénomène, le foie ne s'enrichit pas indéfiniment en graisse. Nasse pensait que le foie détruit cette graisse, que c'est môme dans ses cellules que se détruirait la graisse venue du tissu adipeux. A la même époque, 1886, Seegen formulait cette opinion que le foie fait en effet disparaître la graisse qui s'y dépose, mais que cette disparition résulte d'une transformation en glycogène et non d'une combustion. Sans spécifier le lieu de la transformation, M. Chauveau a insisté sur les raisons qui rendent vraisemblable et même nécessaire cette métamorphose de la graisse non en glycogène, mais en sucre. Il a adopté une formule hypothétique que M. Berthclot avait donnée de cette transformation ; il prend pour exemple la formation de glycose aux dépens de la stéarine :

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