QUOTIENT
ru ^
ATIO IDS.
en tn
KKSl'IRATOIBE
QUP.
QRV.
Pour 1 (le :
(Ilycosc transformée en
oc
Graisse transformée en
f^lycogène
(*) 1 litre (le GO- pèse — 1 litre d'oxygène pèse \^'M. — 1 gramme de GO^ a pour
volume 0'''',508. — 1 gramme d'oxygène a pour volume 0''',ei)4. — Pour avoir le QRV, multiplier le OIU» par 0,751. — Pour avoir le QUP, multiplier le QRV par 4,508.
[CH. BOVCHARD.\
TROUBLES PRÉALABLES DE LA NUTRITION
L'examen des quotients respiratoires montre que si QRP est supérieur à 1,575, il y a eu certainement giycose transformée en graisse. Mais pour peu qu'il y ait eu de l'oxygène consommé, pour peu que QRP ne soit pas oo, il n'y a pas eu que de la giycose transformée en graisse. Il y a eu certainement cette opération et, en même temps, l'une ou l'autre des autres opérations ou plusieurs d'entre elles.
Si le QRP est exactement 0,52, cela veut dire que toute l'élaboration des substances ternaires s'est bornée à la transformation de graisse en glycogène. Aucune association des autres opérations ne pourrait donner un quotient aussi faible. Si le QRP est intermédiaire à 0,521 et 0,97, cela veut dire qu'il y a eu certainement transformation de graisse en glycogène mais que certainement il y a eu aussi association de l'une des autres opérations ou de plusieurs. Si par hasard le QRP était inférieur à 0,521, cela voudrait dire qu'il y a eu transformation de graisse en glycogène, mais que, en môme temps, il s'est produit quelque autre action qui emploie de l'oxygène sans émettre d'acide carbonique, comme par exemple une oxydation partielle de l'albumine sans destruction et sans élimination de la sul)stance oxydée.
C'est tout ce que Ton peut tirer de l'étude du quotient respiratoire. Tous les autres QRP depuis 1,575 jusqu'à 0,97 peuvent être obtenus par des combinaisons en nombre indéfini des quatre opérations, soi! deux par deux, soit trois par trois, soit quatre par quatre.
1,575 est le QRP de la combustion de la giycose et s'il n'y a eu que de la giycose brûlée, on aura ce rapport entre le CO^ éliminé et l'oxygène consommé. Le même quotient serait obtenu par 1,000 de giycose transformée en graisse et 0,567 de graisse brûlée; ou par 2,699 de giycose transformée en graisse et 0,955 de graisse transformée en glycogène; ou par 1 de giycose transformée en graisse, 0,592 de giycose brûlée et 0,554 de graisse transformée en glycogène; ou par 5,699 de giycose transformée, 0,567 de graisse brûlée et 0,955 de graisse transformée en glycogène. Enlin vous aurez l'association des quatre opérations en ajoutant à la dernière combinaison une quantité quelconque de giycose brûlée.
De même 0,97 est le QRP de la graisse brûlée. Vous obtiendrez le même rapport avec 1,615 de giycose brûlée et 0,964 de graisse transformée en glycogène; ou avec 2,699 de giycose transformée en graisse et 2,6 de graisse transformée en glycogène, etc. Je ne crois pas utile de uudtiplier les exemples.
Ce que je viens de dire montre que, à part les circonstances spéciales que j'ai indiquées, le quotient respiratoire ne renseigne pas sur les opérations chimiques qui se sont accomplies dans le corps. Je viens de le démontrer par des exemples concrets, il aurait dû suffire de dire — ce que j'ai dit d'ailleurs — que de deux données numériques on ne déduit pas trois ou quatre inconnues.
Faut-il cependant admettre que les renseignements donnés par le
tableau et les constatations que nous pouvons faire actuellement ne sont pas capables de fournir quelques indications utiles ?
Je ne puis répondre à cette question. Je vais dire simplement par (|uel artifice j'ai cherché à leur faire dire quelque chose.
Appelons x le poids de la glycosc brûlée.
y — la glycosc transformée en graisse.
:ï — la graisse brûlée.
V — \di graisse transformée en glycogène.
Appelons ^7 la variation de poids produite par 1 de glycose brûlée. = — 0,4000
p' — — 1 de glycose transformée engraisse.. = — 0,452^)
p" — — 1 de graisse brûlée =:=-^- 0,0884
p'" ) — — 1 de graisse transformée en glycogène. ;=-[- 0,7581
Appelons c le poids de CO^ produit par 1 de sucre brûlé = 1,4667
c' — 1 de sucre transformé en graisse.. . = 0,43'25
c" — 1 de graisse brûlée = 2,8140
c'" — 1 de graisse transformée en glycogène . = 0,5581
Admettons maintenant ce postulatum que, dans les transformations intra-organiques, il ne s'accomplit simultanément que deux actions chimiques sur les quatre possibles. Je crois que cette supposition n'est pas très éloignée de la vérité si l'expérience est limitée à un temps très I court, 15 à 20 minutes par exemple; si le sujet est au repos aussi complet v I que possible; s'il ne subit que des déperditions de calorique modérées; s'il est observé pendant les heures matinales, privé depuis la veille d'albumine et de graisse, mais pourvu quelque temps avant l'expérience d'une boisson sucrée.
Dans ces conditions, on peut concevoir six combinaisons parmi lesquelles le quotient respiratoire permettra de choisir celles qui sont possibles.
1° Glycosc brûlée et Glycose transformée engraisse QRP ;> 1,58 -< oc
2° Glycosc brûlée et Graisse brûlée QRP > 0,07 < 1 ,58
5° Glycose brûlée et Graisse transformée en glycogène QRP >> 0,52 <; 1-58
¥ Glycose transformée en graisse et Graisse brûlée QRP 0.07 << >o
5° Glycosc transformée en graisse et Graisse transformée en glycogène. QRP >» 0,52 <C
6'' Graisse brûlée et Graisse transformée en glycogène QRP ^ 0,52 << 0,07
Mais de ces dix combinaisons, il en est trois qui seules doivent être conservées, celles qui font une part à la glyc(jse brûlée; car si l'on peut admettre que la chaleur peut être produite par l'une (|uelconque des trois autres opérations, il y aura toujours dans notre expérience avec les conditions que j'ai indiquées, du travail musculaire, les mouvements respiratoires qui supposent nécessairement la combustion directe ou indirecte de glycogène qui se comporte comme le sucre.
Si le QRP est supérieur à 1,575, il n'y a qu'une solution : Glycose brûlée et Glycose transformée en glycogène.
Si le QRP est intermédiaire à 1,575 et à 0,97, il y a deux solutions : Glycose brûlée et Graisse brûlée, ou Glycose brûlée et Graisse transformée en glycogène.
[CH. BOUCHARD.'i
288 TÎIOLBLES PRÉALABLES DE LA MITRITION.
Si le QRP est intoriuédiaire à 0,97 et à 0,52, ii n'y a qu'une solution: Glycose brûlée et graisse transformée en glycogène.
,rindi(|ue les formules pour chacune des trois combinaisons et j'effectue des calculs ce qui peut en être fait d'avance .
Pc' — p'C ([' + C)xO/i-325 pc' — j)'c 0,4615 Cp — cV Cx — 0,4— I»x1. 4007 pc' — p/c 0,4013
Vc" — p"C Px2,814 — Cx0,0884 ]jc" — p"c — 1 , '1 . ' 5
Cp~cl> ( : X — 0 , 4 — i ' X 1 , 46( ) 7 2)c" — p"c — 1 . "Ih )
\yr>" T> X 0,3581 — C x0,758 î pc'" — p"'c — i/i-j5
(> — rl> (: X- 0,4- l'x 1,4607 pc"' — r' 'p ~ —1,255
Je prends quelques exemples : V G — r>5^',0. P = — l'2^',o(^). lien résulte que 0 — 2P',o, et que le ORP=l,55. Ce quotient étant supérieur à 1,575, il n'y a place que pour une seule combinaison qui est la première. On obtient : x^'iO grammes, poids du sucre brûlé, y = 10 grammes, poids du sucre transformé en graisse.
2« C=:21^"',8,P = H-11,2. On en déduit : 0 = 55, et ^ le QRP = 0,06. Ge quotient étant compris entre 0,97 et 0,52, il n'y a place que pour une seule combinaison, la troisième. On obtient : x = 10 grammes, poids du «ucre brûlé, et v = 20 grammes, poids de la graisse transformée en glycogène.
5^ G = 50^',l, P=: — 5,1. 11 en résulte :0 = 45 et|j. le QRP = 1,11. Ge quotient étant intermédiaire à 1,575 et à 0,97, il y a plac(> |)our deux combinaisons (jui sont la seconde et la troisième.
Dans la deuxième condjinaison, on obtient : x = 15 grammes, poids du sucre brûlé, et z=lO grammes, poids de la graisse l)rùlée.
Dans la troisième cond^inaison, on obtient : x = 51^',7, poids du sucre brûlé, et v= 10 grannnes, poids de la graisse transformée vn glycogène.
On remarquera que dans ces deux dernières combinaisons, le poids d(^ la graisse élaborée est le même, 10 grammes; mais tandis (|ue dans la deuxième combinaison cette graisse est brûlée, dans la troisième elle est * transformée en glycogène. Au contraire, le poids du sucre ])rûlé qui est 15 dans la deuxième combinaison est plus que doubb^ dans la troisième.
Il est bien évident qu'on ne peut pas choisir arbitrairement entre les deux combinaisons. Mais supposons qu'un nouvel élément d'appréciation
(M Je (Icsigno désormais ])ar P et non par P' la variation de poids du corps après la double t&rrection obtenue en ajoutant à la variation indiquée par la bascule le poids de l'eau H et le [)oids de l'oxygène combiné à l'bydrogène fourni par l'albumine A x 0,2. De même je désignerai par 0 et non par 0' le poids de l'oxygène corrigé en retranchant A X 0,2.
.r, sucre brnl,
1''' Combinaison.
I //, sucre transformé en graisse. .
y.r, sucre brûl
brûlé
2'' Combinaison.
I *, graisse brûlée
\x, sucre brûlé
5'= Combinaison . /
/ V. graisse transformée en glycogène
soit mis à notre disposition, qu'on ait recueilli pendant toute la durée de rexpérience que nous imaginerons être de 100 minutes toutes les calories dégagées par contact, rayonnement, évaporation de l'eau, volatilisation de l'acide carbonique. Admettons que pendant ce temps on a recueilli 170 calories. Il convient d'y ajouter 7 calories pour les mouvements respiratoires. C'est en tout 177 calories. Il faut en déduire celles qui ont été fournies par la destruction incomplète de l'albumine à raison de ^2,5 par gramme. Le dosage de l'azote total de l'urine sécrétée pendant ces 100 minutes a fourni, je suppose, l^^'io correspondant à 6,756 X 1 ,25 d'albumine. On a directement le noudjre de calories attribuables à l'bydratation de l'albumine en multipliant le chiffre de l'azote par 16,8. Dans le cas particulier ce serait '21 calories attribuablesà l'albumine. Resterait 156 calories attribuables à l'élaboration du sucre et de la graisse. Dans la première solution, nous avons 15 grammes de sucre brûlé donnant 65 calories et 10 grammes de graisse brûlée donnant 95 calories, en tout 156.
Dans la seconde solution, nous avons 51^^7 de sucre brûlé donnant 155 calories et 10 grammes de graisse traiisformée en glycogène donnant 50 calories, en t(mt 1()5 calories.
On adoptera donc la première solution puisqu'elle est confirmée par la calorimétrie. La difl'érence entre la valeur dynamique des deux opérations n'est pas très grande. Elle est suffisante pour faire entrevoir que quelque jour un secours nous pouria venir de cette détermination de l'énergie dégagée; mais elle est assez restreinte pour faire comprendre que ce n'est pas dans l'état actuel de la calorimétrie que ce secours pourra èti'c invoqué.
Les résultats pratiques de cette longue étude ne sembleront pas très satisfaisants. Mais il est bon, je crois, que les problèmes soient posés et il est d'une bonne discipline scientifique d'apprendre comment ils peuvent être résolus, même quand les moyens actuels d'arriver à la solution sont encore imparfaits.
Je crois trouver dans ce qui précède un arguuient de plus en laveur de la méthode des courtes expériences que je recommande. Si 1 de sucre se brûle, il consomme 1,0667 d'oxygène, produit 1,4667 de C0% dégage 4, '2 calories. Or 1 de sucre pour faire 0,5675 de graisse consomme zéro oxygène, produit 0,4525 de CO" et dégage 0,8 calories. Enfin les 0,5675 de graisse ainsi formée consonuuent, en se brûlant, 1,0666 d'oxygène, produisent 1,0501 de GO^ et dégagent 5,4 calories. Additionnez l'oxygène consommé dans ces deux opérations qui détruisent le sucre après l'avoir fait passer à l'état de graisse, procédez de même pour l'acide carbonique et pour les calories, vous trouverez identiquement les mêmes nombres que dans la combustion directe du sucre.
Il en est de même pour la graisse, si au lieu de se brûler directement elle passe à l'état de glycogène et se brûle enfin comme sucre.
11 suffit, pour que pareil résultat s'impose, qu'on donne aux opérations
[CH. BOVCHARD.-^
TROUBLES PRÉALABLES DE LA NUTRITION
successives le temps de s'exécuter. Les stades intermédiaires qu'une courte expérience permet de saisir disparaissent alors, et il n'y a plus qu'une seule combinaison : sucre brûlé et graisse brûlée.
Si donc la graisse — et cette conclusion a son importance — ne se brûlait pas dans l'organisme : si après oxydation inconqjlète elle passait toute à l'état de glycogène qui, après hydratation, se brûlerait à l'état de sucre, vous ol)tiendriez cependant le quotient respiratoire de la combustion de la graisse et non celui de la combustion du sucre. Et si l'expérience dit le contraire, ce n'est pas assurément l'expérience qui a tort, mais ce n'est pas non plus la théorie; seulement l'expérience est mal comprise et mal interprétée.
On trouvera dans les pages qui précèdent quelque raison de penser que, même si on ne recueille ni l'eau ni l'acide carbonique, l'étude de la variation du poids du corps peut donner une idée de l'intensité avec laquelle se fait la nutrition si on compare les divers individus, dans les heures matinales, à la même distance du dernier repas de la veille, en les maintenant aussi inunobiles que possible pendant la courte durée de l'expérience, en les dépouillant de leurs vêtements ou en leur donnant le même tissu comme vêtement et en faisant autour d'eux une atmosphère toujours maintenue à la même température et au même degré hygrométrique. 11 faudrait alors ra[)porter les pertes au kilogramme d'albumine fixe et au décimètre carré de surface. Dans les déterminations que j'ai faites chez l'homme, la perte moyenne était de 5^', 55 par heure et par kilogramme d'albumine hxe, de 0^'' ,29 par heure et par décimètre carré de la surface. On comprend qu'il faudrait encore un étalon pour chaque
11 ne faudrait pas croire que cette détermination de la perte du poids renseignerait sur l'intensité du mouvement nutritif. On doit se rappeler que, pour une même quantité de sucre élaboré, la perte de poids est un peu plus forte si ce sucre est transformé en graisse, ce qui est le fait de la nutrition ralentie, que si ce sucre est complètement brûlé. On apprendrait par la pesée les variations dans la quantité de la matière détruite dans un temps donné; on arriverait également à savoir si l'élaboration porte plus sur le sucre, alors la perte de poids augmente, ou plus sur la graisse, alors la perte de poids diminue.
RÔLE PATHOGÉNIQUE DES TROUBLES DE LA NUTRITION
Au cours de cette étude tantôt anatomique, tantôt physiologique, j'ai fait entrevoir quelles applications en pouvaient être faites à la pathologie. J'ai montré en tout cas que, à côté de la nutrition parfaite, il y a, même dans les conditions physiologiques, une nutrition moins parfaite. J'ai
ROLE PATHOGÉNIQUE DES TROUBLES DE LA NUTRITION
montré que Tidéal de la Dutrition est d'économiser la matière vivante ou la matière alimentaire de manière à ne la détruire que lorsqu'il y a besoin d'énergie et proportionnellement à ce besoin d'énergie, mais de la détruire alors complètement et de tirer d'elle comme force tout ce qu'elle peut donner. Mais j'ai montré aussi qu'il y a, môme chez l'homme sain, une faculté d'adaptation qui lui permet de continuer à vivre, même quand il n'a pas à fonctionner, de détruire de l'albumine lixe, ce qui est une nécessité de la vie, même quand l'énergie qui se dégage forcément du fait de cette destruction n'est réclamée par aucun fonctionnement. J'ai indiqué que, dans ce cas, l'économie sait limiter à l'hydratation la destruction de cette albumme et réserver pour l'oxydation les produits ternaires du dédoublement pour le moment où l'économie aura besoin de l'énergie ainsi économisée. J'ai fait voir comment l'économie se débarrasse de la chaleur inutilement dégagée pendant la première phase de cette destruction.
De même, à côté de la complète utilisation du sucre par combustion, j'ai fait voir que ce sucre pouvait se soustraire à l'oxydation non en «'accumulant à l'état de sucre ou à l'état de glycogène, s'il était introduit dans le sang sans que sa présence y fût réclamée par un besoin de destruction actuel; et j'ai indiqué qu'il subissait quand même une élaboration et allait se déposer, sous une autre forme, dans les dépôts d'énergie où l'individu peut puiser dans les moments de grand besoin et d'insuffisante ingestion de combustible. Dans cette métamorphose économique du sucre, il a pourtant perdu une petite part de son énergie, mais, si l'organisme n'en a pas un besoin actuel, il sait encore s'en débarrasser.
Enfin si la combustion complète peut être considérée comme le mode le plus actif de la destruction de la graisse, il y a une combustion d'ordre inférieur, une combustion incomplète que la graisse peut subir, supérieure comme activité nutritive au simple dépôt dans le tissu cellulaire, mais représentant un processus bien moins intense que l'oxydation totale, opération de prévoyance, parfois, qui lorsque la graisse alimentaire ne trouve pas son enqiloi immédiat la met en réserve sous forme de glycogène pour une utilisation prochaine; opéjation de nécessité, d'autres fois, quand la contraction musculaire réclame du glycogène et quand la réserve en est épuisée et ne peut pas être renouvelée par les aliments. Ainsi se trouve épargnée l'albumine à la destruction de laquelle l'économie aurait recours si elle n'avait cette ressource de transformer en glycogène la graisse du tissu adipeux.
Partout, pour les trois ordres de principes immédiats, on trouve ces deux types d'élaboration : l'un, la nutrition intense qui livre libéralement toute l'énergie, l'autre, la nutrition amoindrie qui en livre le moins l)ossiblc et en réserve le plus possible. C'est la vie quand même, mais la vie à un moindre degré. C'est compatible avec l'état normal, c'est même connue une assurance qui garantit le maintien de l'état normal. Mais c'est aussi un acheminement vers la maladie et nous connaissons une maladie
LCH. BOUCHARD l
TROUBLES l'RÉALABLES DE LA iNUTRlTlO.N.
où il y a difficulté dans la combustion du sucre. Nous en connaissons une aussi où il y a entrave à rélahoration de la graisse soit par oyxdation complète, soit par oxydation incomplète.
La prédominance des types inférieurs de la nutrition, la tendance de Torganisme à transformer les matières soumises à son élaboration suivant ces modes économiques, ce n'est pas proprement la maladie, mais c'est déjà la yie qui s'accomplit mal, c'est la menace, c'est l'acheminement vers la maladie.
Mais, avant cette sorte de tendance vicieuse de l'économie à préférer les inodes inférieurs ou incomplets de Télaboration de la matière, il y a rélal)oration par les procédés normaux et même parfaits d'une quantité de matière plus faibb' (|ue cebe (|ui devrait être élaborée dans im temps donné, ou d'une cpiantité plus forte. Cela encore n'est pas ineouq^atible avec la santé. Les tissus se renouvellent plus ou moins vite suivant les âges. J'ai vu la lin de cette légende dont je ne connais pas l'origine et d'après laquelle le corps se renouveberait en sept ans. La vérité c'est que le corps ou au moins sa partie fondamentale et essentielle, l'albumine, se renouvelle en 71 jours quand on a 1 i ans, en 83 jours quand on a 50 ans, en 100 jours quand on a 44 ans, en 145 jours quand on a 70 ans.
L'intensité, la ia])idité de la rénovation, ou, pour ne prendre ([ue le coté facile à apprécier, la rapidité de la destruction, varient donc, dans l'état (\c santé, suivant les âges. Cette rapidité varie suivant les individus d'un même âge. Il y a des IVnnmes de 25 ans qui détruisent leurs tissus avec Lintensité d'un adolescent et qui font ce qu'on appelle de l'azoturie. Il y en a qui pendant toute leui' vie épargnent leur albumine et mériteraient d'être appelées anaz(»turi([ues. Un même individu n'est pas constamment le même au point de vue de l'activité de la destruction, juême si on le considère dans une courte péiiode de sa vie.
La nutrition peut donc être plus ou moins parfaite. Elle peut être amoindrie en tant que quantité. Elle peut être amoindrie au point de vue du mode de l'élaboiation. Elle peut être amoindrie au jjoint de vue de l'accouq^lissement complet ou incomplet de l'acte destructif commencé.
Tous ces amoindi'issements de la vie peuvent ne pas dépendre de la maladie. Ils sont compatibles avec la santé, santé médiocre ou mauvaise, qui diminue les résistances, qui facilite l'action des causes morbiliques, qui à elle seule peut même, quand le trouble nutritif devient trop accentué, suflire à provoquer la maladie, qui diminue aussi l'effort réactionnel d'où devrait résulter la guérison, connue elle a diminué la résistance à l'invasion de la maladie, qui, pour ce motif, prolonge, éternise la maladie aiguë, engendre la maladie chronique. Ce trouble de la nutrition c'est une disposition morbide et c'est aux dispositions morbides de cet ordre qu'on a réservé le nom de diathèses.
Ces troubles de la nutrition engendrent cei taines maladies et ne sont pas engendrés par elles; mais ils ne sont pas un produit spontané d'un