‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 84 sur 166 · THÉORIE PATHOGÉNKJUE DU DIABÈTE · texte numérisé non relu

THÉORIE PATHOGÉNKJUE DU DIABÈTE

organisme sain. Ils sont la conséquence de l'application de certaines causes morbiliques, causes parfois très éloignées, causes qui ont pu ne pas être subies par Tindividu lui-même mais par quelque ascendant dont la nutrition a été troublée d'une façon durable et dont le trouble nutritif se continue à travers l'ovule ou le spermatozoïde dans la série des cellules qui dérivent de cet ovule ou de ce spermatozoïde, et par conséquent dans la série des êtres de sa descendance.

J'ai, dans mon enseignement de 1879, donné les exemples élémentaires de maladies diverses résultant d'une même disposition morbide, d'un même trouble préalable de la nutrition. Au nombre de ces maladies était l'obésité. On a pensé que je reprenais l'idée de Bence Jones qui attribuait l'accumulation de la graisse à l'insuffisance de l'oxydation. Ce qui était vrai, c'est que je reprenais l'idée maîtresse de Benecke sur la nutrition retardante; et avec lui je montrais comment l'élaboration entravée de la matière facilite les dépôts uriques aussi bien que les dépôts de graisse. J'essayais pourtant d'apporter à cette conception une démonstration nouvelle en faisant rentrer le diabète dans la- nutrition retardante, suivant les vues que j'avais dc^à exposées en 1872, avant la publication du livre de Benecke. Mais Benecke mettait le diabète en debors des maladies par ralentissement de la nutrition, parce que, adoptant la doctrine de Bernard, il en faisait une maladie par augmentation de production du sucre.

Le diabète est pour moi la pierre angulaire de la doctrine. Si je démontre que le diabète résulte d'une insuffisance de l'élaboration du sucre, tout le reste viendra se ranger naturellement autour de cette première preuve. Il y a plus d'un quart de siècle que je cherche à faire prévaloir cette idée dont on peut trouver les premiers indices chez Mialhe et chez Reynoso. Elle a été combattue un peu partout, elle l'est encore. Cependant l'évolution s'accomplit et tel qui se refuse à ranger le diabète parmi les maladies par ralentissement de la nutrition parle sans embarras de l'insuffisance de la glycolyse, un mot nouveau, une idée qui n'est plus nouvelle.

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