‹ Traité de pathologie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 85 sur 166 · THÉORIE PATHOGÉNIQUE DU DIABÈTE · texte numérisé non relu

THÉORIE PATHOGÉNIQUE DU DIABÈTE

Le diabète est une maladie chronique. L'un de ses symptômes les plus décisifs est la glycosurie. La glycosurie, quand le diabète est établi et indubitable, est un symptôme constant ou habituel, souvent continu avec des exacerbations et des rémissions quotidiennes, périodiques. Ces rémissions, qui abaissent le chiffre du sucre dans l'urine matinale, peuvent même le faire disparaître. Après les repas, le sucre reparaît ou augmente.

Au dél)ut de la maladie, au moins quand on commence à pouvoir la diagnostiquer, l'apparition de la glycosurie est exceptionnelle. Elle arrive après les repas très copieux ou très riches en hydrates de carhone ; elle disparaît pendant des jours, des mois, des années, si le malade est maintenu à une certaine diète. Mais, la maladie taisant des progrès, la glycosurie arrive à se produire, non plus exceptionnellement, mais fréquemment après les repas, puis régulièrement après les repas, puis pendant tout le jour à partir du premier repas, les urines du matin à jeun étant encore lihres de sucre. Enfin la glvcosurie devient contiiuie avec ses exacerhations et ses rémissions péi iodicpies, mais sans interruption. Quand la maladie s'améliore, quand elle procède vers la guérison, on voit, sans que le régime ;*alimentaire ait changé, l'urine du matin devenir de plus en plus pauvre en su€re, puis lil)re de sucre. Plus tard, le mieux se confirmant, la glycosurie disparaît encore au hout de cinq ou six heures après chaque repas; elle arrive à ne plus se produire après chaque repas, à se manilestei' seulement après des repas très copieux ou exceptionnellement riches en hydrates de carhone. Elle disparaît enfin. Si la maladie, qui était ou qui semhlait guérie, récidive, le retour de la glycosurie se (ait comme lors de la première atteinte. C'est là la marche du symptôme glycosurie, plus ou moins lente, plus ou moins précipitée. Cette glycosurie est exceptionnelle, intermittente puis continue bien ipie toujours rémittente. La maladie est continue avec une phase de croissance et une période d'état, avec des rémissions fréquentes et une guérison possible. L'homme chez leqiud on observe tour à tour cette glycosurie exceptionnelle, intermittent(; et continue, est dial)étique d'une façon constante, mais il n'est pas constauiment glycosurique. Sa maladie est la uiéuie du coiuuienceiuent à la lin, elle est chroni(pi(\ continue. Son symptôme le plus caiactéristi(pie, la glycosurie, peut luanquer à certaines heures ou dans certaines périodes. Il n'y a donc pas lieu d'admettre deux espèces nosologiipies distinctes : une glycosurie intermittente d'une pait. et d'autre part le diabète sucré qui serait marqué par une glycosurie jxM iTianente. Il n'y a pas de diabète dont la glycosurie n'ait été intermittente. Mais il y a des glycosuries autres que celle du diabète, et ces glycosuries sont nombreuses.

La glycosurie est liée d'une façon si intime au diabète, qu'il ne semble pas possible de se faire une idée de la nature de la maladie si l'on n'est pas fixé sur la physiologie pathologique du symptôme. Toute étude pathogénique du diabète suppose donc qu'on sait au préalable^ ce ([u'est l'économie du sucre, de sa production, de sa destruction on de sa transformation. Je rappelle donc les données principales touchant l'économie du sucre, ajoutant à ce que j'ai dit de sa destruction quelques points relatifs à sa production.

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