ÉTUDE SPECTROSCOPIQIE DES TRANSFORMATIONS DE L'HÉMOGLOBINE
Or, celle-ci ne présente pas la même bande caractéristique a de l'oxyhémoglobine, aussi bien lorsqu'on la recherche dans les tissus que dans le sang examiné directement in vitro; c'est pourquoi l'on voit réapparaître le spectre continu au moment où l'oxyhémoglobine est réduite.
On assiste réellement à la consommation de l'oxygène du sang par les tissus, car, si l'on examine, comme je l'ai fait, le sang du pouce avant la ligature et le sang du pouce après la réduction, le premier apparaît coloré en rouge vermeil par l'oxyhémoglobine qu'il contient; le second est rouge foncé et présente les réactions de l'hémoglobine réduite.
La durée de la consommation de l'oxygène dans la phalange du pouce dépend de deux conditions principales : elle varie suivant la quantité d'oxyhémoglobine à réduire et aussi avec l'énergie des échanges dans les tissus.
On peut dire que la durée de réduction est en rapport avec l'abondance du combustible (l'oxyhémoglobine) et l'activité du foyer (les tissus du pouce).
Elle peut varier entre trente secondes et cent secondes, dans des conditions qui ne sont pas nécessairement pathologiques.
Il faut donc réunir ces deux facteurs : la richesse du sang en oxyhémoglobine et la durée de la réduction, pour arriver à déterminer l'activité des échanges entre le sang et les tissus.
Pour étudier les modifications de la durée de la réduction en rapport avec la quantité d'oxyhémoglobine, il suffit de calculer la quantité d'oxyhémoglobine consommée en une seconde, ce qui s'obtiendra par la formule suivante :
La quantité cV oxyhémoglobine réduite en une seconde est égale au quotient de la quantité constatée dans le sang divisée par le nombre de secondes de la durée. On aurait ainsi des résultats comparables entre eux, mais il y a mieux à faire, c'est de les ramener à une unité qui représente la quantité réduite en une seconde à l'état normal, c'est-à-dire à l'état physiologique moyen.
En d'autres termes, ce qu'il importe de connaître, c'est le rapport de l'activité de la réduction observée chez l'individu plus ou moins sain avec l'activité qu'il devrait présenter à l'état normal, ou bien encore le rapport de la quantité d'oxyhémoglobine réduite en une seconde chez ce même individu, dans un état momentané, avec la quantité qu'il réduirait à l'état normal pour sa richesse en matière colorante du sang.
Or l'expérience m'a démontré que, chez l'homme vigoureux et bien portant, dont le sang contient 14 pour 100 à'oxijhémoglohine, la durée de réduction est de soixante-dix secondes; chez les individus dont le sang contient 15 pour 100 d'oxyhémoglobine la durée de réduction est de soixante-cinq secondes. Si l'on admet que la réduction se fait uniformément, on conclura que le premier en une seconde aurait consommé 14/70 pour 100; le second 13/65 pour 100, soit l'un et l'autre 0,2 de la quantité d'oxyhémoglobine du sang. C'est cette quantité qui est prise
SPECTROSCOPIE DU SANG
comme unité d'activité de réduction, et une formule très simple permet de calculer l'activité correspondante à des durées de réduction et à des quantités d'oxyhémoglobine déterminées.
L'activité de réduction est égale à :
quantité d'oxyhémoglobine ^ ^ durée de réduction
en d'autres termes, l'activité de réduction exprimée en unités d'activité est égale à 5 fois le quotient du chiffre exprimant la quantité d'oxyhémoglobine pour 100 par le chiffre exprimant la durée de la réduction.
Dans la pratique cette formule peut être simplifiée de la manière suivante : on divise par 2 le quotient de la quantité par la durée et Ton multipUe par 10.
L'activité de réduction ainsi évaluée exprime l'activité des échanges entre le sang et les tissus dans une partie de l'organisme, la phalange du pouce, c'est-à-dire un organe comprenant la peau et son tissu souscutané, les vaisseaux dermiques, en plus du tissu tendineux, et un os, la phalangette.
On peut considérer les résultats obtenus comme exprimant la plus grande partie des phénomènes d'échanges, et en particulier les phénomènes de la consommation de l'oxygène par les tissus avec les transformations aérobiques des éléments cellulaires, c'est-à-dire d'excrétion d'acide carbonique, d'urée, de pigments. Dans tous les cas, c'est la réduction de l'oxyhémoglobine qui fournit l'oxygène nécessaire aux mutations respiratoires, plus importantes encore pour les fonctions de relation et de défense de l'organisme que pour les mutations nutritives proprement dites.
En outre, l'étude de l'activité comprenant l'analyse quantitative de l'oxyhémoglobine, elle nous fournit des documents d'une importance extrême dans l'étude de la nutrition, et en pathologie générale.
DE L'ACTIVITÉ DE LA RÉDUCTION DE fUOXYHÉMOGLOBINE
L'activité de la réduction de l'oxyhémoglobine se modifie incessamment suivant les moments physiologiques et les influences de milieu ; soumise aux mêmes fluctuations que le pouls, la respiration, la température animale, la production de l'urée, elle subit, comme ces diverses manifestations du fonctionnement de l'organisme, l'action de ces mille causes qui influencent à tous les instants les conditions de notre existence.
A l'état physiologique il est possible de déterminer les lois de ces variations, puisque les unes reviennent périodiquement, régulières comme le jeu des fonctions nutritives, les autres se produisant passagère-