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PERCUSSION DE L'AORTE

relative. Ces variations auraient été rencontrées dans trois catégories de faits :

V Dans la dilatation par insuffisance du myocarde, consécutive à l'endocardite ou la péricardite ; 2° dans la dilatation cardiaque due aux affections gastro-hépatiques agissant par voie réflexe sur la circulation pulmonaire ; 3° dans la dilatation cardiaque liée à des modifications de la grande circulation telle qu'on l'observe dans les poussées aiguës de néphrite. Ces variations sont passagères comme le nom l'indique, et la matité cardiaque qui les révèle est augmentée dans tous les sens.

A côté de ces variations passagères, il faut placer les variations permanentes qui ont été surtout étudiées par M. Potain. Le livre récent du professeur de la Charité contient un certain nombre de figures obtenues très fréquemment dans des cas identiques. L'abaissement de la pointe, l'allongement de la matité, portant surtout sur le diamètre vertical, indiquent d'après cet auteur une hypertrophie cardiaque affectant spécialement le ventricule gauche. La surface varie dans ces cas en moyenne de 150 centimètres carrés (néphrite interstitielle) à 210 (lésion aortique). L'augmentation de la matité transversale, le report de la pointe en dehors, le débord de l'oreillette révèlent une dilatation des cavités droites. La surface moyenne est alors de 190 centimètres carrés.

Nous avons tenu à donner le résumé des travaux, fort connus, du professeur Potain, tout en faisant encore une fois remarquer, en terminant, que dans la pratique courante on ne peut souvent obtenir que des renseignements peu précis des divers procédés de percussion, en dehors de Tépanchement péricardique abondant et de l'hypertrophie notable du cœur.

o. — PERCUSSION DE L'AORTE M. Merklen (*) en a donné un très bon résumé.

La percussion de l'aorte complète les résultats fournis par celle de la région précordiale, la crosse de l'aorte pouvant être le siège d'une dilatation simple ou d'un anévrisme. Dans les conditions normales, dit Friedreich, on ne peut percuter l'aorte (^), mais quand celle-ci est fortement dilatée, on constate une matité sensible tà la partie supérieure du sternum, ou même dépassant le bord droit sternal à la hauteur du T espace et du T cartilage droits. D'après M. Potain, les dimensions de l'aorte sont augmentées toutes les fois que sa matité dépasse le bord droit du sternum au niveau du 2*^ espace.

Pour obtenir cette matité, il faut percuter fortement; en outre il faut

(1) Merklen, Examen et scmiotique du cœur. Collection Léautc, Paris 1895. (-) Cependant Piorry, qui avait procédé tous les auteurs modernes dans les finesses de la percussion, percutait l'aorte de tous ses malades et en traçait les limites sur la paroi thoraciquc.

SÉMIOLOGIE DU CŒUR ET DES VAISSEAUX

chercher non pas tant l'intensité de la matité que son étendue. M. Potain, pour arriver à ce hut, percute comme pour le cœur non pas sur la région qu'on suppose mate, mais autour d'elle, d'une façon égale et régulière, en allant successivement des régions sonores vers celles qui le sont moins, pour s'arrêter là où la matité commence. Dans certains cas, surtout quand il y a une voussure sternale, il est préferahle de faire prendre au malade la position assise. Peter était plus précis; on pourrait d'après lui déterminer par la percussion les variations de la matité aortique, qui, à l'état normal, atteint 4 à 5 centimètres 1/2 chez l'homme et 5 centimètres 1/2 chez la femme

Il ne faut pas ouhlier que la matité au point indiqué par les auteurs peut être liée à d'autres affections, les tumeurs du médiastin par exemple. Le diagnostic de dilatation aortique se fera alors par l'existence d'autres signes : soulèvement des sous-clavières, hattements de la crosse facilement perceptihles par le toucher en arrière de la fourchette sternale, frémissement et éclat tympanique du 2"" bruit au niveau de la matité, et les autres signes que nous avons énumérés précédemment. Mais là encore comme à propos de la percussion du cœur, il est indispensable de savoir que toutes les dilatations aortiques ne peuvent pas se diagnostiquer par la percussion. Il suffit que les bords des poumons empiètent sur le vaisseau pour que ce procédé d'exploration ne donne aucun résultat.

La configuration de la matité aurait cependant, pour M. Potain, une très grande valeur: c'est celle d'un casque de pompier. Elle résulte non seulement de l'élargissement de la crosse aortique, mais aussi de l'allongement du vaisseau et de l'augmentation de sa courbure, double effet qui se manifeste ici comme sur toutes les artères, du fait des altérations athéromateuses. Quand l'élévation des sous-clavières coexiste, on a les éléments d'un diagnostic certain. Il y a souvent un rapport constant entre l'élévation de la sous-clavière et l'augmentation de la matité aortique. A 1 centimètre d'élévation correspond généralement une augmentation de 1 centimètre de la matité aortique. Les exceptions ne sont cependant pas rares.

Pour ce qui concerne l'anévrisme de l'aorte, la percussion donne des résultats moins importants que les autres moyens d'exploration. Au niveau de la tumeur on constate bien une matité plus ou moins étendue, suivant le volume de l'anévrisme, mais c'est là un signe qui se retrouve dans toutes les tumeurs du médiastin. La percussion pourra cependant rendre des services, mettre l'attention en éveil dans les cas d'anévrismes latents, siégeant profondément.

La percussion pourrait encore, d'après certains auteurs (Bureau) (^), fournir des renseignements dans les cas d'aortite aiguë avec dilatation

(^) Le procédé de Peter présente des difficultés et des causes d'erreur. En clFet, si la limite du côté droit, produite par l'aorte qui est superficielle à ce niveau, est relativement facile à préciser, il n'en est pas de même de la limite gauche en rapport avec l'artère pulmonaire profondément cachée.

(-) Bureau, Les aortites. Collection Charcot-Debove.

AUSCULTATION DU CŒUR

Je ce vaisseau. Là aussi la matité aortique dépasserait le sternum de 1, 2, ou 5 centimètres; de plus tous ces signes d'une dilatation aortique seraient capables d'apparaître et de disparaître rapidement.

A propos des résultats de la percussion de l'aorte, nous ne pouvons que faire les mêmes réserves, en les accentuant encore davantage, que celles exposées plus haut au sujet de la percussion du cœur.

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