‹ Traité de pathologie générale [electronic resource]Chapitre 106 sur 137 · LE VENIN DES ÉCHINODERMES · texte numérisé non relu

LE VENIN DES ÉCHINODERMES

Les chilopodes renferment la famille des Scolopendrides, dont on trouve une espère dans le midi de la France, en Languedoc et en Provence, c'est la Scolopendra cingulata, qui atteint 9 centimètres de longueur; les effets de sa piqûre avaient déjà été bien indiqués par A. Paré ; « Les multipèdes, dit-il, engendrent grande démangeaison, rougeur et tumeur au lieu où elles mordent. » En effet il se produit un gonflement très douloureux: qui peut persister plusieurs jours et parfois un mouvement fébrile; niais les accidents ne sont jamais plus graves, au moins chez l'homme. D'après Soulié(1) le venin de la scolopendre tue les articulés et rend les mammifères un peu malades.

Les espères d'Italie (S. morsitans) et surtout eclles qui habitent les pays chauds (S. morsitans, insignis), notamment l'Afrique, les Antilles, le Sénégal, l'Amérique intertropicale, peuvent produire des accidents plus sérieux, mais qui ne diffèrent que par leur intensité de ceux que nous avons signalés. Leur piqûre détermine un œdème énorme qui se développe avec une grande rapidité, mettant la vie en danger quand il siège au niveau du cou ou de la muqueuse buccale. Mongeot rapporte le cas d'un officier qui avala une scolopendre en buvant de l'eau ; la piqûre que l'animal produisit dans la gorge détermina une tuméfaction rapidement mortelle. Sauf ce cas particulier et contrairement à l'opinion courante, les accidents se terminent presque toujours d'une façon favorable.

Les crustacés, mollusques, échinodermes, etc. — Les crustacés sont pour la plupart dépourvus de venin ; seuls les argulides possèdent des glandes venimeuses qui s'ouvrent au niveau du stylet rétractile dont est armée la trompe buccale.

Parmi les mollusques, nous n'avons à citer que les cônes, les pleurotomes appartenant au groupe des toxiglosses (gastéropodes prosobranches), et dont la langue est pourvue de deux rangées de dents creuses; leur morsure est capable de tuer quelques petits animaux et détermine chez l'homme des gonflements douloureux.

On a longtemps considéré certains échinodermes, les oursins par exemple, comme produisant une matière toxique ; ces animaux ne semblent agir que mécaniquement, bien que Mourson et Schlagdenhauffen aient trouvé des alcaloïdes dans l'eau où ils avaient vécu. 11 n'en est plus de même de quelques cœlentérés : parmi les hydroméduses siphonopbores, nous trouvons les physalides; certaines d'entre elles (Physalia pelagica ), appelées vulgairement petites galères, possèdent un suçoir et un appareil glandulaire à sécrétion urticante situé au-dessous et en arrière de la vessie qui sert à les soutenir; on a vu, sous les tropiques, leur piqûre suivie de douleurs locales avec tendance à la syncope.

Quelques hydroméduses acalèphes, qui habitent les mers de France, peuvent produire du gonflement et de l'urticaire : tels sont, dans la Médi-

(*) Soulié, Appareil venimeux el venin de la scolopendre. Thèse de Montpellier, 1885.

LES INTOXICATIONS

terranée, le Rhizostoma pulmo ou Aldrovandi et, dans la Manche, le Rhizostoma Cuvieri; ces espèces sont souvent très importunes pour les baigneurs. On trouve a Pondichéry le Cyanea médusa calliparea, qui détermine également de l'urticaire. L'appareil urticant est représenté par des capsules microscopiques situées le long des tentacules et à leurs extrémités; au fond de ces capsules se trouve un fil, armé de pointes aiguës et servant à inoculer le liquide venimeux.

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