INFECTIONS DIVERSES
atteints de cette infection, et M. Yersin a obtenu des résultats positifs en inoculant à ces Rongeurs des cultures du microbe qu'il a découvert.
En Amérique et en Sicile, la fièvre jaune aurait été observée chez le cheval et le chien (Beauville, Chiçoli) ; quelques auteurs lui assimilent la fièvre du Texas, qui sévit sur les chevaux.
La fièvre récurrente est, comme on sait, transmissihle au singe. Steel a observé aux Indes une maladie épizootique du cheval, caractérisée par la présence dans le sang de spirilles qui, par leurs caractères morphologiques et leur inoculabilité, sont semblables à ceux qui se trouvent dans le sang de l'homme .
C'est une opinion encore très répandue en Algérie que, par des rapports contre nature, l'homme transmet la syphilis à l'ânesse, que celle-ci infecte le baudet et celui-ci la jument. Cette prétendue syphilis des liquidés, décrite sous le nom de dourine, n'a en réalité aucun rapport avec la syphilis humaine. La différence des accidents primitifs, l'absence de lésions comparables aux manifestations tertiaires, l'apparition précoce de la paraplégie, survenant parfois dès le deuxième mois de l'infection, l'inutilité et même le danger du traitement mercuriel, enfin la noninoculabilité de la syphilis au cheval, infirment l'assimilation qu'on a voulu établir.
Puisque nous parlons des infections génitales, nous devons faire remarquer que la blennorrhagie n'existe pas chez les animaux ; ce qu'on trouve chez le chien, ce n'est pas une uréthrite, c'est une balano-posthite, le plu s souvent de nature staphylococcique.
La récente épidémie de grippe a appelé l'attention sur la transmissibilité de cette maladie aux animaux. Olivier a cité des cas de contagion chez le chat ; Sisley soutient que les épidémies humaines coexistent aTec des épizooties équines. Mais la maladie qu'on désigne chez le cheval sous le nom à'influenza n'a rien à voir avec notre grippe. L'influenza du cheval, appelée encore fièvre typhoïde, pneumonie typhoïde, fièvre rouge, fièvre catarrhale, est une affection contagieuse, qui s'accuse par une fièvre intense, de la stupéfaction, et se complique parfois de pneumonie, de myocardite,*de diarrhée, d'accidents nerveux, de congestion des quatre pieds (fourbure) ; la mortalité oscille d'ordinaire entre c2 et 5 pour 100. L'autopsie révèle des congestions viscérales et de la tuméfaction, sans ulcération, des plaques de Peyer. Si les différences anatomiques n'ont pas semblé suffisantes pour faire rejeter toute assimilation entre la fièvre typhoïde du cheval et celle de l'homme, les recherches bactériologiques ont tranché définitivement la question; jamais jusqu'ici on n'a trouvé le bacille d'Eberth chez les animaux, et si, dans un cas, Perroncito a rencontré chez un cheval un bacille analogue, il semble, d'après les renseignements fournis par l'auteur, qu'il s'agissait plutôt d'une forme anomale du Bac Mus coll.
En résumé, la fièvre typhoïde de l'homme ne se transmet pas aux animaux; nous en dirons autant du choléra et du typhus exanthématique.
PATHOLOGIE COMPARÉE DE L'HOMME ET DES ANIMAUX
Charbon. — Parmi les maladies infectieuses communes à l'homme et aux animaux, les plus importantes sont représentées par le charbon, la morve, la rage, la tuberculose f1).
La dénomination de charbon s'applique aux différentes manifestations consécutives à l'introduction et au développement d'un microbe spécial, la bactéridie charbonneuse que Rayer et Davaine ont découverte en 1850. Ce qui donne à cette maladie infectieuse un intérêt considérable, c'est qu'elle a suscité d'innombrables recherches expérimentales qui ont presque complètement élucidé sonétiologie et sa physiologie pathologique.
L'animal le plus fréquemment atteint est le mouton, chez lequel la maladie est souvent désignée sous le nom de sang de rate; toutes les races n'y sont pas également sensibles; les moutons d'Algérie y sont, comme on sait, réfractaires (Chauveau). La fréquence du charbon dans l'espèce bovine varie suivant les régions ; elle est assez notable en Algérie et surtout en Allemagne. Les chevaux ne sont pas épargnés, surtout en Russie; les chevreuils, les daims, les cerfs, sont parfois infectés; les carnassiers sont au contraire assez résistants. Tels sont les résultats concernant le charbon spontané, c'est-à-dire survenu en dehors de toute inoculation ; mais dans les laboratoires on peut arriver, par divers artifices, à communiquer l'infection à tous les animaux, y compris les Oiseaux et les Ratraciens.
C'est au contact des animaux que l'homme contracte le plus souvent le charbon; mais, chez lui, la bactéridie reste généralement cantonnée au point d'inoculation, déterminant une lésion locale souvent curable, la pustule maligne ; chez les animaux, au contraire, l'infection se généralise rapidement et la mort est presque fatale. La statistique allemande de 1888 montre que, sur 2457 animaux charbonneux, on ne put sauver que 67 bœufs et 2 porcs.
Le charbon, quia causé de si grands ravages dans certaines contrées, et notamment dans la Reauce, où il a tué jusqu'à 20 pour 100 de la population ovine, amenant par an une perte de 7 à 8 millions de francs, tend à disparaître aujourd'hui grâce à l'usage des vaccinations préventives. Aussi la maladie devient-elle très rare chez l'homme, et l'on peut prévoir le jour où elle finira par s'éteindre.
Morve. — La morve est la maladie du cheval ou plutôt des Equidés, car l'àne et le mulet y sont encore plus sensibles; la brebis, la chèvre, le mouton, prennent assez facilement cette infection; les Rovidés y sont complètement réfractaires ; le porc et le chien y sont assez résistants ; au contraire le chat et les Rongeurs comme le cobaye, la souris, sont aisément atteints par le microbe. La transmission à l'homme, signalée par Osiander en 1785, Delobère-Rlaine en 1805, Hameau en 1811, a été définitivement établie par Elliotson (1855) et par Rayer (1857). La découverte du bacille spécifique (Rouchard, Capitan et Charrin, .Lœffler e. Schùtz) a fait
(*) PiOger, Maladies infectieuses communes à l'homme et aux animaux. Traité de médecine, t. I, p. 517-686. Paris, 1891.