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MÉDICALE

renferme plusieurs espèces dont deux seules sont usitées en médecine, le Lobelia antisyphilitica et le Lobelia inflata. Le Lo-

110 MEDICAMENTS STUPEFIANTS.

belia antisyphilitica, comme son nom l'indique, a joui, dans le dernier siècle, d'une réputation fort peu méritée et fort temporaire dans le traitement de la vérole. Aujourd'hui il est, à juste titre, à peu près banni de la manière médicale.

Le Lobelia inflata croit sans culture dans

les États-Unis de l'Amérique et en Angleterre, où il a, dit-on, reçu du peuple le nom significatif â'Asthma-weed ( herbe à l'asthme). Il est, comme toutes les espèces de ce genre, pourvu d'un suc lactescent, acre et vénéneux quand il est administré à hautes doses.

THERAPEUTIQUE.

Le suc de la plante, les feuilles confuses appliquées sur la peau, causent une irritation analogue à celle que déterminent la plupart des plantes de la famille des colchicacées et des renonculacées. La poudre, l'infusion, la décoction, la teinture, administrées à haute dose, causent des vomissements violents, des coliques, de la diarrhée, et quelques phénomènes de stupéfaction, lesquels peuvent aller jusqu'au narcotisme complet si les doses ont été portées trop loin.

Effets thérapeutiques.

Le Lobelia inflata a été donné dans les affections catarrhales aiguës et chroniques comme vomitif, et à des doses moitié moindres comme expectorant , dans les mêmes circonstances que l'ipécacuanha. Mais c'est surtout comme spécifique de l'asthme nerveux qu'il a été conseillé par Gutler, Andrew, Elliotson et Michéa. On le donne en teinture à la dose de 5 à 23 gouttes, trois ou quatre fois par jour; en infusion, à la dose de d à 4 grammes pour un litre d'eau bouillante. On a pu constater que des malades, qui jadis avaient été singulièrement soulagés par le dâtura ou la belladone, et chez qui ces agents restaient désormais inefficaces, avaient été plus tard également soulagés, et, dit-on, guéris par l'usage du Lobelia. Il est à regretter qu'en France trop peu de médecins en conseillent l'emploi.

LAITUE

MATIÈRE MÉDICALE

Laitue {Lactuca, L.), genre de la famille des Synanthérées, tribu des chicoracées; syngénéMe polygamie égale de Linné.

Caractères génériques, lnvolucre oblong, compose de folioles imbriquées, membraneuses sur les bords réceptacle nu; aigrette simple, pédicelléo; fruits nus.

Deux espèces seules sont usitées en médecine : la Laitue commune ou cultivée et la Laitue vireuse.

Laitue commune (Lactuca saliva).

Caractères spécifiques. Feuilles arron-

dies ; celles de la tige en cœur ; tige coryrabifère, non épineuse.

Cette plante, ainsi que celles de même genre, contient un suc propre dont la composition, suivant M Quevenno, est : 1° un principe amer, soluble dans l'eau et l'alcool, insoluble dans l'éther; 2° de l'albumine ; 3° du caoutchouc; 4° de la cire; 5" un acide indéterminé; 6° quelques sels.

On ne sait encore à quel principe rapporter la vertu sédativeattribuéeausucdeLaiiue.

Les diverses préparations faites avec la Laitue cultivée sont :

LAITUE

1° L'eau distillée de Laitue (htjdrolatum Lactucx) que, suivant le Codex, on prépare ainsi :

Pr.: Tises et feuilles fraîches

de Laitue, 500gr. (1 livr.).

Eau commune, 1,000 (2Ilvr.).

Pilez les tiges et les feuilles de Laitue, mettez-les avec l'eau dans la cucurbitt d'un alambic, et distillez à un feu modéré jusqu'à ce que le produit obtenu soit de 600 gram. (1 livre).

Cette eau est le véhicule de beaucoup de potions calmantes.

2° Le sirop de Laitue qu'on prépare avec l'eau de Laitue du Codex.

3° L'extrait de Laitue' extractum Lactucx) , désigné par le docteur François sous le nom de thridace, du mot Gp'.Sct;, Laitue; par les Anglais sous celui de tactucarium.

Le meilleur procédé a l'aide duquel on obtient la thridace est le suivant: on prend de la Laitue montée, près de fleurir; on enlève les feuilles qui servent à préparer de l'eau distillée; on pile les tiges dans un mortier; on passe le suc à travers un linge et on le fait évaporer à l'éluve en couches minces dans des assiettes.

L'extrait ainsi obtenu contient, outre le suc laiteux, les autres sucs contenus dans le tissu de l'écorce.

Le nom de lactucarium est plus particulièrement réservé au suc épaissi qui s'écoule naturellement d'incisions pratiquées à la tige de la Laitue cultivée. Ce dernier produit est plus actif que la thridace.

On prépare d'après la formule suivante, des pilules de lactucarium :

Pr.: Thridace, 4 gram. (1 gros).

Poudre de réglisse, q. s.

F. s. a. 36 pilules.

La thridace est également administrée en pilules et sous ferme de sirop.

La Laitue viveuse (Lactuca virosa) est une espèce bisannuelle, vigoureuse, haute de quatre à six pieds, qui croit naturellement dans les champs et sur le bord des haies. Quand elle est en fleurs, sa tige est remplie d'un suc plus abondant et plus actif que celui de la Laitue composée.

Caractères spécifiques. Feuilles oblongues, dentelées, sessiles, horizontales, aiguillonnées sur le bord et surtout sur la eôte du milieu.

On prépare, d'après M. Soubeiran, une alcoolalure de Laitue vireuse :

Pr. : Suc de Laitue vireuse, l part.

Alcool à 85° (34° Cart.), 1

Mêlez, et, après quelques jours, filtrez.

Ce médicament serait beaucoup plus efficace si l'on ne se servait que de l'écorce de la plante (Pharm. de Soubeiran).

L'extrait de Laitue tireuse, qui est la préparation la plus usitée, s'obtient par l'évaporation du suc des feuilles et de la tige.

Plusieurs pharmaciens font préparer cet extrait avec le suc dépuré à chaud; mais la clarification fait toujours perdre au suc des végétaux une partie de leurs propriétés.

Lactucarium. Ce produit peut être fourni par des incisions pratiquées sur les tiges des diverses espèces de Laitues, il s'en écoule un suc blanc laiteux qui peu à peu se colore en brun, et prend de la consistance.

Le lactucarium a une saveur amère, une odeur vireuse très-prononcée,

M. Aubergier s'est occupé de ce médicament d'une manière toute spéciale; il le récolte sur la Lactuca altissima qu'il cultive dans ce but. Nous lui empruntons l'analyse suivante qu'il a consignée dans son mémoire :

Matière amère cristallisable , mannite, aspnragine, une matière cristalllsable colorant en vert les persels de fer, une résine électro-négative combinée a la potasse, une résine inciill'érente , ulmate de potasse, cérine, myric'me, pectine, albumine, oxalate acide de potasse, nitrate, sulfate et chlorhydrate de la même base, phosphate de chaux et de magnésie, oxydes de ter et de manganèse, silice.

Il n'y a pas de caoutchouc d'après M. Aubergier, mais d'autres auteurs y en ont trouvé.

La matière amère est le principe actif du lactucarium : ce n'est point un alcaloïde, mais un corps neutre pouvant cristalliser en paillettes nacrées, presque insoluble dans l'eau froide, plus soluble à chaud, soluble dans l'alcool. Les alcalis lui font perdre son amertume sans retour.

Quanta la l'orme la plus convenable pour administrer le principe actif du lactucarium, c'est celle de sirop préparé avec l'extrait alcoolique.

Pour obtenir cet extrait, on soumet le lactucarium à deux digestions successives dans l'alcool à 21° seulement (eau-de-vie); on distille pour chasser la majeure partie de l'excipient, et l'on achève l'évaporation au bain-marie.

THÉRAPEUTIQUE

Deux espèces de Laitue seulement sont usitées en médecine, la laitue commune (Lactuca sativa)', la Laitue vireuse {Lactuca virosa).

MÉDICAMENTS STUPÉFIANTS

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