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ÉTHERS

MATIÈRE MÉDICALE

Les anciens chimistes donnaient le nom û'Éther à la combinaison, en certaines proportions, de l'alcool et de l'acide sulfurique. La volatilité de ce liquide, son inflamma'bilité, son odeur péné rante et agréable, lui avaient valu le nom à'Éther, Plus tard, on put constater que beaucoup d'autres acides jouissaient à cet égird des mêmes propriétésque l'acide sulfurique, et qu'ils formaient également de l'Ëther avec l'alcool.

Nous ne croyons pas devoir ici entrer dans la théorie des Ethers, et nous renverrons aux ouvrages de chimie organique qui en traitent in extenso. Nous nous bornerons à indiquer le mode rie préparation des Éthers employés en thérapeutique, et celui de divers médicaments dans la composition desquels ils entrent.

Cependant nous dirons que tous les alcools (alcools de vin, de fécule, de bois, etc.) peuvent donner naissance à trois genres d'Éther. Les Éthers viniques sont seuls employés; nous allons les indiquer: 1° Les Éthers du premier genre peuvent être considérés comme formés d'hydrogène biearboné et d'un équivalent d'eau <:4H4HO ou comme un oxyde d'éthyle = C4Hs0. L'Ëther sulfurique est le seul de ce groupe.

2" Les Éthers du second genre sont composés du même hydrogène carboné et d'un hyriracide C4H4CIH, ou comme une combinaison de l'éthyle avec un métalloïde autre que l'oxygène = C*H'CI; les Éthers chlorhydiique, iodhydrique, sulfhydrique, etc., appartiennent à ce groupe.

3° Ceux du troisième genre renferment les acides qui ont servi à les former, combinés à l'Éther du premier genre; ainsi l'Ëther nitrique serait représenté parAzO5, C4H50. Les Éthers nitreux, l'huile douce de vin et tous ceux formés par les acides organiques appartiennent à cette classe.

Les È'hers que l'on emploie, en médecine sont l'Éther sulfurique, l'Ëther nitreux, l'Ether acétique.

Éther sulfurique, Éther hydratique, oxyde d'éthyle. L'Éther sulfurique est un liquide incolore, d'une odeur suave, vive et pénétrante. Sa densité est de 0,71. H bout à 3S° et se volatilise rapidement à la température ordinaire.

L'Éther sedissout difficilement dans l'eau, en agitant, par exemple, deux volumes égaux d'eau distillée et d'Éther; les deux liquides se séparent par le repos, l'Éther contenant de L'eau en dissolution occupe

la partie supérieure du vase; la couche inférieure est composée d'eau ne contenant qu'un neuvième rie son poids d'Éther.

On prépare l'Éther en faisant agir l'alcool sur l'acide sulfurique à l'aide de la chaleur. L'opération consiste dans une distillation.

On rectifie le produit en le distillant avec de là potasse ou de la magnésie; cet Éther doit être neutre aux papiers réactifs; celui du commerce renferme toujours de l'eau et de l'alcool. L'Éther médicinal doit marquer 5G° à l'aréomètre de Baumé.

L'eau de Rabel, ou alcool sulfurique, formée d'un mélange de trois parties d'alcool à 85° (33° Cartel) et une partie d'acide sulfurique à 06°, ne doit pas être considéré comme un simple mélange, rai il renferme de l'acide sulfo-vinique (bisulfate d'oxyde d'éthyle); aussi ce produit prend-il à la longue une odeur fortement éthérée; la coloration rouge qu'il présente est due aux pétales de coquelicot.

Liqueur d'Hoffmann, ou alcool éthéré.

Pr. : Éther sulfuriqne, 1 part.

Alcool à 85° (35° Cart.), I

Mêlez.

Eau éthérée.

Éther sulfurique, l part.

Eau distillée, 3

On met dans un flacon bien bouché l'eau et l'Éther, et l'on agite vivement à plusieurs reprises; après vingt-quatre heures, on renverse le flacon, et l'on soutire l'eau sans laisser couler l'Éther en excès qui est à la surface. On estime que l'eau, dans ce cas, dissout le dixième de son poids d'Éther.

Sirop d'Éther.

Pr. : Éther sulfurique, 1 part.

Sirop de sucre très-blanc, 16

On met le sirop et l'Éther dans un flacon qui porte une tubulure à sa partie inférieure et sur le côié; on adapte à cette tubulure un bouchon qui est lui-même traversé par un bout de tube creux; on bouche l'extrémité du tube avec un petit bouchon de liège. On agite le mélange rie temps en temps, pendant quatre ou cinq jours, puis on abandonne au repos. Le sirop se trouble d'abord, puis s'éclaircit. On le soutire alors par en bas.

Le sirop ne dissout pas toute la quantité d'Ëther qui a été employée: une partie vient nager à la surface; mais il est nécessaire d'employer un excès d'Ëther pour qu'il y ait saturation (Soubeiran).

Éther nitrique, Éther nitreux, Éther hyponitreux, tiitrite d'oxyde d'éthyle. C'est un liquide d'un blanc jaunâtre, d'une forte odeur de pomme de reinette, d'une saveur acre et brûlante. Sa densité est de 0,94. 11 bout à + 26° R. lorsqu'il est pur. Mais celui des pharmacies est toujours mêlé d'alcool.

La facilité de sa volatilisation le rend trèsdifficile à conserver; toutefois il peut être employé comme réfrigérant dans le cas de céphalalgie. Il est d"ailleurs inusité.

Éther acétique. Il est incolore, et a une odeur suave qui rappelle celle de l'Êther sulfurique et de l'acide acétique. Sa densité est de 0,8G. Il bout à 74°. Pur, il se conserve sans altération ; mais, s'il est mêlé à l'eau, il se forme peu à peu de l'acide acétique et de l'alcool. 11 se mêle à l'alcool en toutes proportions et est soluble dans sept

parties d'eau. On suit, pour sa fabrication, le procédé indiqué par M. Thenard.

Alcool à 86* (34 Cart.), 100 parties.

Acide acétique concentré, 63 Acide sulfurique concentré, 17

On mêle d'abord dans une cornue l'alcool et l'acide acétique; plus tard, on ajoute l'acide sulfurique, et l'on chauffe, pour retirer par la distillation 125 parties du produit.

L'Ëther acétique est rarement employé à l'intérieur ; mais on prépare avec cet Éther la mixture suivante :

Baume acétique camphré.

Pr.: Savon animal râpé, 8 gram. (2 gros). Camphre, 8 (2 gros).

Éther acétique, 60 (2 onces).

Huile volatile de thym, 20 gouttes.

Faites dissoudre à froid, et conservez dans un flacon bien bouché.

THÉRAPEUTIQUE

Action physiologique .

L'étude des Éthers, que leurs propriétés ordinaires et anciennement connues rangent naturellement dans la classe des antispasmodiques, est complétée par l'étude des propriétés nouvelles que leur absorption par les voies respiratoires a manifestées aux observateurs depuis quelques années. Ces propriétés, qu'on a qualifiées d'anesthésiques, ont été appréciées à la suite des médicaments narcotiques dont les Ëthers se rapprochent sous ce rapport. Nous allons achever l'histoire de ces liquides merveilleux par l'exposition des effets antispasmodiques qu'ils produisent administrés à l'intérieur.

L'Éther a été rangé par tous les auteurs parmi les stimulants diffusibles. On a eu raison jusqu'à un certain point : cette dénomination, qui est bien loin d'annoncer toute l'action thérapeutique de l'Éther, a peut-être l'inconvénient d'intimider les praticiens trop crédules, et de les empêcher d'être utiles. Exprime-t-elle mieux son action physiologique? Oui, sans doute, moins mal; et pourtant, ici encore, on a enflé les descriptions et tiré des conséquences que l'expérience dément chaque jour.

Nous avons pris d'une seule fois un gros et demi d'Éther. Il ne faut pas essayer de rendre la sensation qu'on éprouve lorsque le liquide est dans la bouche, et qu'on veut l'avaler. C'est une explosion de suffocation insolite, de chaud et de froid si pénétrants et si intenses, qu'on ne peut analyser ce chaos d'impressions. Ce qui reste, c'est une chaleur assez vive qui, à mesure que le liquide descend (la déglutition en est fort laborieuse), se fait sentir à l'oesophage, puis à l'estomac. Une fois que le goût et l'odorat

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