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PIMENT

Le Piment, poivre long, poivre de Cayenne, Capsicum annuum, Capsicum brasiliensis , de la famille des Solanées, est une plante annuelle, originaire des Indes orientales, qui est aujourd'hui répandue dans le monde entier.

Le Piment n'était guère employé que comme condiment, lorsqu'il y a quelques années M. Alègre vint le proposer comme médicament jouissant d'une grande efficacité contre les tumeurs hémorrhoïdales enflammées et douloureuses. Une commission nommée par l'Académie de médecine expérimenta ce médicament et en obtint de bons résultats. D'après le rapport, ces résultats sont plus ou moins marqués suivant qu'on emploie le Piment contre les tumeurs hémorrhoïdales plus ou moins anciennes, et suivant qu'on a affaire à des hémorrhoïdes accidentelles ou constitutionnelles.

MEDICAMENTS EXCITANTS

Ainsi, quand on administre ce remède à des hémorrhoïdaires chez lesquels les tumeurs ne se montrent qu'une ou plusieurs fois chaque année, et s'accompagnent d'une irritation plus ou moins intense, exigeant souvent le repos au lit, etc. , on a observé que dès le second jour de l'usage du médicament, il se manifeste une amélioration très-sensible dans les symptômes et que les malades sont ordinairement guéris en quelques jours.

Mais chez les individus dont les hémorrhoïdes existent à l'état permanent et ont le caractère constitutionnel, et qui éprouvent un certain nombre d'exacerbations chaque année, l'action du remède est loin d'être aussi prompte. Toutefois il jouit encore, dans ces cas, d'une véritable efficacité; en effet, après quelques jours de traitement, les douleurs se calment, le volume des tumeurs diminue, et bientôt elles se flétrissent et deviennent indolentes.

De plus, on a remarqué que les céphalalgies qui accompagnent souvent les hémorrhoïdes, deviennent de plus en plus rares chez les hémorrhoïdaires qui sont soumis au traitement par le Piment.

En résumé, si l'on s'en rapporte aux faits assez nombreux qui ont été observés jusqu'à ce jour, le Piment paraît posséder une propriété en quelque sorte élective sur les tumeurs hémorrhoïdales, qu'il modifie généralement avec avantage. 11 importe d'ajouter, d'ailleurs, que ce médicament, tout en guérissant l'inflammation hémorrhoïdale, n'a pas l'inconvénient de supprimer le flux sanguin qui est nécessaire à la santé de certains individus; l'observation , au contraire , a constaté que souvent ce moyen a pour effet de provoquer ce flux et de le favoriser. Toutefois, il faut bien savoir une chose : c'est que le Piment ne met nullement à l'abri des récidives; ce qui signifie qu'il peut modifier avec succès les accidents inflammatoires qui se lient à l'état hémorrhoïdal , mais qu'il ne va pas jusqu'à guérir radicalement les hémorrhoïdes.

Le Piment s'administre tantôt sous forme de poudre, tantôt sous forme d'extrait aqueux, et dans les deux cas, en pilules. L'extrait aqueux paraît mériter la préférence : on le donne à la dose de 60 à 80 centigrammes et la poudre à celle de 75 centigrammes à 1 gramme. La dose est prise en deux fois, moitié le matin et moitié le soir.

Nous ne terminerons pas d'ailleurs sans ajouter que des expériences nouvelles sont encore nécessaires pour juger définitivement de la valeur de ce nouvel agent thérapeutique.

MAÏIGO.

Le Matico, arthanle elcngata (Miquel), piper angustifolium (Ruizet Pavon), piper elongalum ( Vahl ), stephensia elongata (Kui.t), est une plante de la famille des Pipéracées, originaire du Pérou, et importée depuis peu en Europe; où elle a été pré-

conisée par les médecins anglais. Les feuilles, qui sont seules employées, ont de 8 à Ki centimètres de longueur sur 3 centimètres de largeur; elles sont lancéolées, acuminées, crénelées brun foncé à la face supérieure, Tert pâle à la face inférieure.

MATICO.

Elles ont une légère odeur de menthe; l'aspect de la feuille de digitale, et sont importées en bottes presque sphériques, qui paraissent avoir été soumises à une certaine pression, par l'adhérence qu'ont les feuilles entre elles.

Analyse chimique.

On a trouvé dans l'analyse assez imparfaite du Matico :

1° Une forte proportion d'une huile volatile d'un vert clair, cristallisant au bout d'un certain temps ;

2° De la chlorophylle;

3» Une certaine quantité de résine brune, à laquelle il devrait en partie ses propriétés.

Préparations employées M. Dorvault, qui nous a rapporté le Matico d'Agleterre, a fait connaître divers modes d'administration de cette plante, sous forme d'infusé, d'opiat, de pilules, de sirop, etc.

Infusé de Matico.

Matico incisé, 15 à 20 gram.

Eau bouillante, 1000

Se prend à la dose de trois à quatre tasses à café par jour. Pour usage externe, lotions, injections, etc., on porte à 30, 40 et 50 gram., la quantité de feuilles à infuser, en ayant soin de faire bouillir légèrement.

Opiat de Matico.

Poudre de Matico, q. v.

Sirop simple, q. s.

De quatre à six cuillerées à café par jour.

Extrait de Matico.

L'alcool à 56° est le véhicule qui se charge le mieux de tous les principes actifs du Matico. On opère par lixiviation dans un appareil à déplacement et après avoir retiré

l'alcool par distillation, on concentre le résidu au main-marie. L'extrait ainsi obtenu est noir, d'une odeur forte de Matico et d'une saveur amère. On l'emploie sous forme de pilules contenant chacune 20 centigrammes d'extrait. Dose de 10 à 12 par jour, et même d'avantage.

Sirop de Matico.

Matico incisé, 200 gram.

Eau, 1000

Distillez 100 parties de produit, retirez le résidu de la cucurbite, exprimez le Matico, et ajoutez à la colature 700 parties de sucre ; faites rapprocher de façon qu'en ajoutant Phydrolat, vous avez un sirop cuit au degré ordinaire. Il contient tous les principes actifs, fixes ou volatils de la substance. La dose est de 60 à 120 grammes (2 à 4 onces) par jour dans une tisane appropriée.

Pommade de Matico.

Extrait de Matico, 5 gram.

Alcool faible, 5 Axonge, 20

F. s. a. une pommade.

Teinture de Matico.

Matico grossièrement pulvérisé, 1 00 gram. Alcool à 86e, 400

Faites macérer pendant 10 jours, exprimez et filtrez. A employer étendue d'eau, en pansements, lotions, etc.

Eau distillée de Matico.

Matico incisé, 100 gram.

Eau, 1000

Retirez 500 partiesd'hydrolat. A employer comme les eaux hémostatiques de Pagliari, Brocchieri.

THÉRAPEUTIQUE

Le Matico, médicament généralement peu connu, est destiné à prendre un rang important dans notre matière médicale; aussi doit-on le signaler spécialement à l'attention des praticiens. Il s'emploie avec succès dans la gonorrhée , dans la leucorrhée , et en général dans toutes les affections ayant pour cause un relâchement des tissus. En Angleterre, c'est peutêtre la panacée universelle des écoulements chroniques et surtout de ceux connus sous le nom de goutte militaire. Son extrait associé aux préparations ferrugineuses, produit d'excellents effets chez les sujets chlorotiques. Ses propriétés balsamiques et astringentes ont une action toute spéciale dans les hémorrhagies, pertes rebelles, crachements de sang, hémoptysies; les préparations qui ont le mieux réussi dans ces différents cas sont : soit le sirop additionné d'extrait, soit l'infusion prise à l'intérieur et en injec-

MEDICAMENTS EXCITANTS

tions. Son action styptique est tellement grande, que sa poudre, appliquée sur un vaisseau ouvert, coagule immédiatement le sang, et cicatrise promptement la plaie. En résumé, quel que soit l'emploi auquel on le destine, il est essentiel de l'administrer à haute dose, afin de se placer dans les meilleures conditions de succès : nullement vénéneux du reste, il n'occasionne jamais d'accidents.

M. le docteur Lesaulnier, de Paris, est un des praticiens qui aient employé le Matico avec plus de suite et de succès. La forme qu'il préfère est celle de sirop, qui est plus ou moins concentré. A son exemple, nous faisons bien souvent usage de ce sirop, et nous avons constaté la vérité des résultats obtenus par M. Lesaulnier.

Dans les dyspepsies accompagnées de gastralgies, et cela surtout chez les femmes, le sirop de Malico réussit dans le plus grand nombre des cas. II est surtout utile chez ces femmes pseudo-chlorotiques, auxquelles le fer nuit si souvent. Dans les débilités qui succèdent à des grossesses pénibles, à un allaitement prolongé, le sirop est encore donné avec un grand avantage .

Il rétablit les fonctions digestives sans causer cette excitation fâcheuse que le fer produit trop fréquemment.

Il diminue la leucorrhée, si incommode chez la plupart des femmes, et modifie très- heureusement les gastralgies qui semblent si étroitement liées à cette leucorrhée. En un mot, le sirop de Matico, très-récemment introduit dans la matière médicale, nous paraît appelé à jouer, dans la thérapeutique, un rôle très-important.

CUBÈBE ou POIVRE A QUEUE.

MATIÈRE MÉDICALE

Le Poivre Cubèbe (Piper cubeba) est le fruit d'un arbrisseau de la famille de Pipérinées, comme le précédent.

Caractères spécifiques. Le Poivre Cubèbe est exotique. C'est un arbrisseau sarmenteux, glabre dans toules ses pariies; tige fïexueuse et articulée. Feuilles pétiolées, ovales, concaves. Fleurs constituant desépis allongés et pendants; elles sont longuement pédicellées, de qui leur a valu le nom vulgaire de Poivre à queue (Piper caudatum). Ses fruits sont pisiformes, noirâtres, ridés, portés sur leur pédoncule.

Poudre de Cubèbe.

On pulvérise le Poivre Cubèbe sanslaisser de résidu.

Injection de Cubèbe.

Cubèbe concassé.

Eau bouillante,

Faites infuser.

30 gram. (1 once).

500 (i iivre).

Lavement de Cubèbe.

La composition du Poivre Cubèbe est fort analogueà cclledu Poivre noir, M. Monheim y a trouvé les principes suivants : huile volatile, cubébine, résilie balsamique molle et àcre, extratif. La Cubébine parait être identique avec le pipérin.

Poudre deCubèbe, 8 à 30 gram. (2 à 8 gros). Décoction mucila-

gineuse, 250 gram. (1/2 livre).

Mêlez.

L'huile volatile de Cubèbe s'obtient en distillant le Cubèbe avec de l'eau.

Extrait oléo-résineux de Cubèbe.

Distillez 3 kilogrammes (6 livres) de Poi-

CUBÈBE ou POIVRE A QUEUE.

vre Cubèbe avec 12 litres (24 livres) d'eau, de manière à retirer 3 kilogrammes (fi livres) de produit. On sépare l'huile volatile qui s'est formée, et l'on remet l'eau distillée dans la cucurbite. On ajoute de nouveau 3 kilogrammes (6 livres) de Cubèbe, et l'on distille de nouveau, l.'huile obtenue est ajouiée à la première. On exprime alors fortement le marc resté dans la cucurbite, et on l'épuisé par l'alcool. On distille les teintures alcooliques et. l'on évapore à consistance de miel, et on obtient 400 grammes (13 onces), que l'on mélangeavec l'huile volatile. Cet extrait représente huit fois son poids de Poivre Cubèbe. (Dublanc).

Essence concentrée de Cubèbe.

Alcool à 80° (31° Cart.), 3 part.

Extrait oléo-résineux de Cubèbe, 1

Mixture ou e'mulsion du Cubèbe.

Essence concentrée de Cubèbe, 1 part.

Mucilage de gomme arabique, 1

Mêlez.

Cette mixture se mêle bien à l'eau et peut se garder plusieurs jours.

THÉRAPEUTIQUE

Le Poivre Cubèbe n'avait été en possession jusqu'à nos jours que d'une action thérapeutique fondée sur ses propriétés excitantes générales, lorsque trés-récemment l'empirisme lui a fait prendre un ra.ng important dans le traitement d'une affection fort commune et fort opiniâtre, que rationnellement, à ce qu'on dit, cet agent devrait horriblement exaspérer. Il est question de la blennorrhagie, même la plus nouvelle et Sa plus aiguë.

Les Indiens employaient depuis longtemps le Cubèbe dans le traitement de leurs gonorrhées, lorsqu'un officier anglais affecté d'une blennorrhagie rebelle à tous les moyens, en fut délivré par un Indien, son domestique, à l'aide du Poivre Cubèbe. Telle est l'origine de la réputation générale et bien méritée de ce médicament, l'un des moins incertains dans la thérapeutique de la blennorrhagie.

L'Angleterre fut d'abord témoin de ses succès vers l'année 1816. Les docteurs Crawford et Barclay se disputent l'honneur de cette utile importation. Le professeur Delpech annonça le premier ses vertus chez nous, dans un petit mémoire inséré dans la Bévue médicale du mois de septembre 1818. Ce chirurgien distingué, tous les praticiens qui ont commencé la réputation du Cubèbe, chez nous et à l'étranger, ont proposé de l'administrer de la manière suivante : Un gros le matin une heure avant déjeuner, un deuxième gros à six heures du soir, et un troisième en se couchant. Ils ont exigé, comme condition essentielle, la continuation du remède après la suppression de l'écoulement, pour prévenir les récidives. On a noté que la disparition des accidents avait lieu dans l'ordre suivant, dont nous avons nous-mêmes plusieurs fois eu occasion de vérifier l'exactitude.

Les douleurs spontanées et surtout déterminées par l'action d'uriner; la rougeur, le gonflement du canal et de son orifice, sont d'abord dissipés, et le premier amendement se fait sentir, terme moyen, au bout de quarantehuit heures; puis la matière blennorrhagique dépouille successivement ses caractères virulents et de catarrhe aigu, pour revêtir des qualités plus douces, plus blennorrhéiques ; et enfin cette sécrétion, qui n'est plus alors

MÉDICAMENTS EXCITANTS

que la sécrétion urétrale normale quant à sa nature, mais très-exagérée, finit par revenir à sa quantité ordinaire, c'est-à-dire se supprime absolument en tant que sécrétion morbide.

Les propriétés connues du Cubèbe. avaient de prime abord fait redouter ce violent excitant au début des chaudes -pisses, surtout de celles qui s'accompagnent alors d'un appareil inflammatoire très- développé ; mais l'expérience, et une expérience maintenant formée par des milliers de faits, est venue faire taire cette appréhension rationnelle, et on a été jusqu'à dire, ce que notre observation nous a appris être fort exact, que le Cubèbe avait d'autant plus d'action qu'il était employé à une époque plus rapprochée du début, et dans les blennorrhagies qui en apparence semblaient le plus répugner à son usage.

Hâtons-nous de dire que les blennorrhagies qui, par l'intensité des phénomènes inflammatoires, la tuméfaction horriblement douloureuse du pénis, l'abondance et la virulence de l'écoulement, la fièvre qui s'y joint quelquefois, que ces blennorrhagies, en apparence si graves et si redoutables, le sont en général beaucoup moins, s'apaisent et se terminent bien plus facilement que d'autres blennorrhagies qu'on croirait, au caractère mitigé de leurs symptômes, à la presque nullité de réaction locale et générale qu'elles suscitent, surtout à l'absence des douleurs, de dysurie, et à l'aspect bénin de l'écoulement, surtout fort peu abondant, qu'on croirait, disons-nous, légères et simples à combattre. Il est donc juste de faire moins de cas de la guérison rapide et parfaite des chaudes-pisses de la première espèce, et de moins exalter alors la puissance du Cubèbe. Bien au contraire, et quand par son aide on vient à bout de celles que nous avons signalées en dernier lieu, on est alors bien plus en droit d'exalter ses éminentes propriétés, car cette maladie est une des plus rebelles, des moins disposées à cesser spontanément ou par le fait d'un traitement quelconque, entin des plus susceptibles de récidiver que nous connaissions. Elle est le désespoir des malades et des médecins.

Il faut que l'utilité du Cubèbe soit bien incontestable dans cette maladie, et surtout qu'elle l'emporte bien évidemment sur celle du traitement antiphlogistique, pour que les médecins et les chirurgiens de notre époque, qui sont les plus ardents défenseurs du physiologisme, et qui ont introduit cette doctrine thérapeutique dans le domaine de la chirurgie, soient les premiers à préconiser ce moyen, si bien fait pour répugner à leurs habitudes et à leurs opinions, moyen surtout si empirique.

Nous disons empirique, car malgré l'action révulsive ou dérivative qu'on prétend qu'il exerce sur le tube digestif ou sur la peau, au bénéfice du catarrhe urétral , nous ignorons parfaitement le mécanisme physiologique par le moyen duquel le Cubèbe, à hautes doses, guérit si bien la blennorrhagie, et c'est précisément cette impossibilité où l'on est de saisir le phénomène intermédiaire entre l'ingestion du Cubèbe et l'amendement ou la suppression de l'écoulement blennorrhagique, qui constitue cet agent, agent spécifique, comme nous l'avons exposé ailleurs.

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D'ailleurs rien n'est variable et faillible comme l'action que ce remède exerce sur le tube digestif. A quelques individus il donne des coliques, un peu de dévoiement; mais à une foule d'autres, et ce sont les cas les plus nombreux, il ne cause aucun accident de ce genre. L'éruption qu'il développe quelquefois à la peau est encore bien plus rare et insignifiante. Nous le prescrivons encore actuellement à deux malades qui n'en r essentent que de la constipation et un appétit insatiable; chez l'un d'eux pourtant laguérison est à peu près achevée, chez l'autre elle est définitive.

On a essayé d'administrer le Cubèbe en injections. Pour cela, le docteur Will s'est servi d'une infusion faite avec 32 grammes (1 once) de Cubèbe en grains pour une livre d'eau, en ajoutant 1 gramme et demi d'extrait de belladone. Ce mode d'administration lui a réussi surtout dans les gonorrhées les plus douloureuses.

Un médecin anglais, le docteur Broughton, a consigné dans le Bulletin des sciences médicales, tome I, page 95, un résultat statistique des guérisons qu'il a obtenues dans la blennorrhagie traitée par le Cubèbe. Ce résultat est le suivant : sur cinquante malades, dix ont été guéris après un traitement de deux à sept jours; dix-sept, de huit à quatorze jours; dixhuit, de quinze à vingt et un jours; un, le cinquante-cinquième jour; les quatre autres malades n'ont obtenu aucune amélioration. De pareils chiffres sont bien favorables dans une affection aussi difficile.

La question de savoir s'il faut faire précéder l'administration du Poivre Cubèbe de l'emploi de la saignée générale, des sangsues au périnée, des bains généraux, des boissons délayantes, lorsque sont très-développés les accidents de réaction fébrile et d'inflammation, de turgescence, de douleurs locales, cette question est embarrassante à décider. Il y a ici une mesure à observer : c'est de ne pas voir l'indication des émissions sanguines dans une rougeur, une chaleur, une tuméfaction, une douleur en urinant ou pendant les érections, un écoulement verdâtre, épais, abondant, et même quelques troubles généraux, lorsque tous ces phénomènes ne sont pas portés à un degré disproportionné et qui fasse craindre de fâcheuses complications. Pourtant rien ne simplifie une blennorrhagie et ne la dispose à céder aux moyens spécifiques, comme une ou deux applications de sangsues faites au périnée, lorsque la maladie débute. De plus, l'impossibilité de la part du tube digestif vivement injecté, surexcité par le fait d'une violente réaction fébrile, de supporter sans risque de hautes doses d'un agent fort irritant, est une contre-indication très-formelle de l'emploi du Cubèbe. Si quelques phénomènes inflammatoires locaux existent, nous le répétons, qu'ils ne soient donc pas La contre-indication de l'emploi immédiat du Cubèbe, mais qu'ils le deviennent lorsqu'il y aurait des inconvénients à courir pour l'organisme en général et pour les organes génitaux en particulier, si l'on ne faisait tomber un orgasme inflammatoire et fébrile exagéré, constituant, ainsi développé, un élément thérapeutique qui mérite une action séparée, sauf, lorsqu'il est enlevé par des moyens directs et appropriés, à combattre, à l'aide du spécifique Cubèbe, la blen-

MÉDICAMENTS EXCITANTS

norrhagie réduite à un plus grand état de simplicité et à des conditions plus favorahles au succès de ce spécifique.

M. le docteur Velpeau, qui a beaucoup expérimenté le Cubèbe dans la blennorrhagie et le préfère au copahu à cause de l'irritation gastrointestinale moins vive qu'il détermine, qui du reste en regarde les effets comme plus sûrs, plus prompts, l'administre des deux manières suivantes :

Il fait suspendre 6 grammes (1 gros et demi) de Cubèbe en poudre dans une tasse d'infusion de tilleul édulcorée avec le sirop de gomme. Le malade doit avaler cette boisson très-rapidement, puis avoir, toute préparée, une autre tasse d'eau sucrée ou d'un autre liquide agréable pour se rincer la bouche. La blennorrhagie disparaît ordinairement au bout de quatre à cinq jours par ce mode d'administration du Cubèbe, qui se fait une ou deux fois par jour, selon les cas. Mais il ne faut pas s'en tenir là, car l'écoulement récidiverait. On doit rester deux ou trois jours à cette dose, malgré la sensation du flux gonorrhéique, puis n'abandonner l'usage du Cubèbe qu'après en avoir successivement diminué les doses jusqu'à réduction de 2 grammes (1 dirai-gros) et de 1 gramme (1 quart de gros).

Le même praticien, pour éviter l'action quelquefois difficile à supporter du Cubèbe par certains estomacs, l'a donné en lavements avec le même succès que par la bouche. Il fait alors suspendre 8 grammes (2 gros) de Cubèbe en poudre dans 160 à d92 grammes (5 à 6 onces) d'un liquide oléagineux. Ce mode d'administration a réussi à d'autres médecins. On peut, et nous prescrivons souvent le Cubèbe de cette manière pour empêcher qu'il ne reste dans la bouche et entre les dents, en former une espèce de confiture ou d'opiat en le liant à l'aide d'un sirop agréable quelconque. On en compose alors des bols plus ou moins gros, plus faciles à avaler en masse que la poudre non liée ou simplement suspendue dans un liquide. 11 y a tout avantage à porter de suite très-haut la quantité de ce médicament, à le donner, par exemple, à la dose de 16 à 20 grammes (4 à 5 gros) par jour, en ayant soin d'y rester jusqu'à guérison ou grand amendement, puis de le continuer quelque temps en décroissant successivement les doses, comme cela est recommandé par tous ceux qui ont manié cet agent thérapeutique. S'il détermine de trop vives coliques ou diarrhée exagérée, il faut en suspendre l'usage, combattre les accidents, et revenir à une administration plus modérée; le tube digestif s'y habitue promptement.

Un pharmacien, M. Dublanc jeune, a extrait du Cubèbe une matière oléo-résineuse qui, au seizième en poids de ce Poivre, jouit des mêmes vertus, a la même efficacité dans le traitement de la blennorrhagie; 20, 30, 50 centigr. (5, 6, 8 grains) trois fois par jour ont les mêmes résultats que les quantités ordinaires du Poivre Cubèbe en poudre qu'on est obligé de donner. Cette préparation a l'avantage d'être beaucoup moins désagréable à prendre et de moins fatiguer les voies gastriques.

RAIFORT SAUVAGE. COCHLÉARIA. CRESSON DE FONTAINE, etc. 527

CRUCIFERES.

La famille des Crucifères renferme quelques végétaux dont la médication excitante tire un grand parti. Les états morbides auxquels sont applicables les préparations de ces plantes feront l'objet de quelques recommandations spéciales, lorsque nous étudierons la Médication excitante. Ici nous ne faisons qu'indiquer les agents les plus importants de cette médication. Ce sont :

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