‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 15 sur 77 · ŒUF TÉL0LÉC1TI1E · texte numérisé non relu

ŒUF TÉL0LÉC1TI1E

m,e les Rongeurs, par exemple chez les Primates, la segmenftAm-ttft égale. On ne saurait contester que les Mamm, ères

dérivent d'animaux vivipares,

à œuf télolécithe et méroblas-

tique : on les verrait de la sorte écarter de plus en plus de leur type primordial et partir de la segmentation inégale et partielle pour aboutir à la segmentation régulière et totale

Unœnfplus franchementtélolécithequeceluidesMammifères

s'observe chez un grand nombre d'animaux, par exemple chez les Mollusques céphalophores, où le fractionnement est encore total. Sans nous arrêter à décrire ces variétés, abordons immédiatement l'étude des oeufs à fractionnement partiel.

Les Poissons osseux nous serviront d'exemple. Leur œuf est circonscrit par une capsule relativement épaisse et résistante, striée dans toute son épaisseur par des canaux Lporeux, trop fins pour que le spermatozoïde puisse les traverser : aussi cette capsule présente-t-elle en un certain point de sa surface un micropyle, orifice conique par le- ■

quel s'engage le filament fécondateur pour arriver jusqu'au vitellus. Cette enveloppe est un chorion : elle existe déjà dans le follicule, dont elle est vraisemblablement une production. En dedans d'elle, se voit le vitellus, ordinairement nu, parfois pourtant entouré d'une membrane vitelline, comme chez le Hareng.

L'ovule de ce Poisson est formé d'une masse vitelline homogène, à 1 intérieur de laquelle les granulations sont régulièrement distribuées. Quand la fécondation va avoir lieu, on voit le vitellus formatif, d'abord uniformément répandu dans toute la masse de l'œuf, se condenser au pôle qu'occupe le micropyle et se séparer complètement du vitellus de nutrition. Celui-ci, qui représente la plus grande partie de l'œuf, a dès lors l'aspect

Fig. 73. — OEuf de Truite, d'après Balbiani. — c, coque; g, germe ou vitellus de formation ; m, micropyle ; v, vitellus de nutrition.

13 fc STRUCTURE ET COMPOSITION DE L'ŒUF.

d'une sphère dont un des pôles serait excavé en une cupule dans laquelle vient se loger le vitellus de formation. Chez d'autres Téléosté ens, la séparation des deux vitellus se fait longtemps avant la maturité de l'œuf.

A part des différences secondaires, tenant surtout à la forme et à la structure de la coque, l'œuf des Plagiostomes, des Reptiles et des Oiseaux a la même constitution. Nous décrirons celui de la Poule, qui est d'une observation facile.

Le jaune ou vitellus de l'œuf d'Oiseau est le véritable ovule : lui seul provient de l'ovaire. Il est entouré d'une délicate membrane vitelline et se compose de deux parties qu'il est aisé de

Fig. 74 . — Coupe d'un œuf de Poule. — A, pôle obtus ; B, pôle aigu ; a, coquille ; b, chambre à air; c, membrane coquillière; ci, dédoublement de la membrane coquillière au niveau de la chambre à air; e, f, couche de l'albumine; g, chalaze; h, vitellus jaune ; j, k, latébra ; /, m, cicatricule.

distinguer, si l'on brise à sa face supérieure la coquille d'un œuf qui est resté pendant quelque temps en repos, couché sur son grand axe (fig. 74). Dans ces conditions, on observe à la surface de la sphère vitelline un petit disque blanc, large d'environ 4 millimètres : c'est le blastoderme ou la cicatricule (fig. 74, /, m); le reste du vitellus est jaune sur toute son étendue.

On peut donc reconnaître l'existence d'un vilellus blanc ou de formation et d'un vitellus jaune ou de nutrition, mais les rapports et l'importance relative de ces deux vitellus ne peuvent Être saisis que si on pratique, sur un œuf durci par la coction, une coupe diamétrale du vitellus passant par la cicatricule. On constate alors que, partant de cette dernière, le vitellus blanc

' ŒUF TGL0LÉC1TI1E. ^5 s'enfonce vers le centre de la sphère viteïUne et prend l'aspect d une sorte de bouteille, dont le col évasé en entonnoir correspondrait à la cicatricule et dont le corps renflé en sphère occuperait le centre de l'ovule; cette masse blanche centrale, % a reçu le nom de latebra. A la périphérie, le col de la bouteille se continue avec une mince couche de vitellus blanc qui se répand sur toute la surface de l'oeuf.

Les deux sortes de vitellus ne différent pas seulement par la couleur; elles diffèrent aussi par la structure. Le vitellus jaune, (fig. 75, A) est formé de vésicules assez grosses, mesurant de 23 à 100 p., dépourvues de noyau et remplies de granulations très fines et très réfringentes; ces granulations, insolubles dans l'alcool et dans l'éther, semblent être de nature albuminoïde. Le jaune renferme encore de la graisse, des sels, des globules

Fig. 75. — Éléments vitellins de l'œuf de Poule. — A, vitellus jaune;

B, vitellus blanc.

biréfringents delécithine et une matière colorante qui serait de l'hématoïdine. On voit parfois dans l'épaisseur du jaune un certain nombre de zones blanches concentriques, qu'on a décrites comme constituées par du vitellus blanc : Dalbiani s'est assuré que ces zones renfermaient encore des vésicules du vitellus jaune, mais dépourvues de maLière colorante.

Le vitellus blanc (ûg. 75, B) est formé de sphérules dont le diamètre varie entre 4 et 75 \x ; chacune d'elles renferme un corpuscule réfringent, de nature graisseuse et qu'on a pris souvent pour un noyau. A côté de ces sphérules, on en voit d'autres de plus grandes dimensions, renfermant chacune un certain nombre de petites sphères semblables aux précédentes : il semble que les premières proviennent de la rupture des secondes.

Telle est la structure de l'œuf de la Poule, au moment où il se détache de l'ovaire. 11 est alors entouré d'une délicate membrane, formée de fibrilles entre-croisées dans tous les sons; la

plupart des auteurs la considèrent comme une membrane vitelline proprement dite, mais Balbiani croit plutôt que c'est un chorion, produit par le follicule ovarien.

A ce moment, si on étudie la structure de la cicatricule (fig. 76), on constate qu'elle est constituée par une masse lenticulaire de protoplasma, renfermant en son milieu un corps sphérique ou ellipsoïdal, fortement réfringent, qui est la vésicule germinative; celle-ci, large d'environ 310 ^, contient ellemême une tache germinative.

En quittant l'ovaire, l'œuf est saisi par l'oviducte. 11 en franchit rapidement la première portion, longue de 3 à 5 centimètres, mais marche avec plus de lenteur dans la portion suivante, longue de 25 centimètres environ ; il lui faut deux ou trois heures

Fig. 7G. — Coupe de la cicatricule de l'œuf de Poule encore contenu dans sa capsule. — a, tissu conjonctif de la capsule; 6, épithélium de la capsule, à la surface interne duquel est appliquée la membrane vitellinc; c, substance granuleuse de la cicatiicule qui formera le blastoderme ; wy, vitellus blanc passant insensiblement à la substance finement granuleuse de la cicatricule ; x, vésicule germinative entourée d'une membrane distincte, mais rétractée ; y, espace primitivement rempli par la vésicule germinative.

pour la parcourir. C'est H qu'il s'entoure de la membrane chalazifère, qui double extérieurement la membrane vitelline, et de sa couche épaisse d'albumine. La membrane chalazifère est très fine; aux deux extrémités du diamètre correspondant au grand axe de l'œuf, elle se termine par les chalazes, cordons enroulés en spirale (fig. 74, g) et formés d'une couche d'albumine condensée ; leur enroulement en tire-bouchon tient à ce que l'œuf, en descendant dans l'oviducte, est animé d'un mouvement de rotation sur lui-même, déterminé par les replis que présente la muqueuse de ce canal. L'albumine est elle même déposée autour de l'œuf en une couche enroulée de gauche à droite et de la grosse à la petite extrémité; sur un œuf non pondu, cette couche albumineuse est assez dense pour pouvoir

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