‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 16 sur 77 · ŒUF TÉL0LÉC1TI1E · texte numérisé non relu

ŒUF TÉL0LÉC1TI1E

être facilement déroulée; elle se liquéfie quelque temps avant la ponle, sans qu'on sache exactement la cause de ce phénomène.

La troisième portion de l'oviducte est longue de 9 centimètres seulement, mais, en raison de son étroitesse, qui lui a valu le nom d'isthme de l'oviducte, l'œuf met environ trois heures à la parcourir. Il s'y entoure de la membrane coquillière (fig. 74, c). Celle-ci est en réalité formée de deux feuillets intimement accolés l'un à l'autre et constitués chacun par un feutrage de fihres entre-croisées en tous sens; les fibres sont plus fines dans le feuillet externe que dans le feuillet interne. Il est vraisemblable que ces fibres ne sont autre chose que des concrétions de l'albumine; en agitant de l'albumine avec différents sels, ou en y insufflant simplement de l'air par un tube rétréci, on obtient des fragments d'une sorte de tissu formé de filaments entre-croisés.

La quatrième portion de l'oviducte n'est longue que de 4 centimètres, mais est élargie etconstitue une sorte d'utérus. L'œuf y séjourne vingt-quatreheures ets'y entoure de sa coquille. Celle-ci (fig. 74, a) est blanche chez la Poule, mais peut se colorer de diverses nuances chez d'autres Oiseaux; on pense, sans preuves suffisantes, que cette teinte, qui se fait dans le cloaque, est due aux matières colorantes de la bile. La coquille a la même . structure et la même origine que la membrane coquillière, elle doit sa consistance à ce qu'elle est imprégnée d'une sécrétion laiteuse chargée de carbonate de chaux, sécrétion produite par l'utérus.

Quand l'œuf est pondu, l'air y pénètre à travers les pores de la coquille et les deux feuillets de la membrane coquillière se séparent l'an de l'autre : il se forme une chambre à air (fig. 74, b), qui se montre habituellement au gros bout de l'œuf, mais qui peut, suivant les circonstances, apparaître en tout autre point. D'abord très petite, la chambre à air s'élargit avec le temps, en sorte qu'on peut, d'après ses dimensions, juger de la fraîcheur de l'œuf. Elle constitue un réservoir aérien, aux dépens duquel s'accomplira la respiration de l'embryon.

La membrane chalazifère, la membrane coquillière et la coquille sont autant de membranes ovulaires secondaires. Il faut aussi ranger parmi celles-ci la membrane vitelline, si, comme le pense Balbiani, elle est formée par le follicule ovarien.

bTllUGTUHE ET COMPOSITION DE L'ŒUF.

CEUF CENTROLÉCITIIE.

Dans l'œuf centrolécithe, le vilellus de formation et le vitellus de nutrition sont encore nettement séparés l'un de l'autre, mais celui-ci est situé au centre de l'œuf et est complètement entouré par le vitellus formatif. L'œuf centrolécithe est caractéristique des Arthropodes. Sa segmentation peut se faire suivant divers modes, mais toujours elle est partielle, ainsi que nous aurons l'occasion de le voir par la suite.

Les enveloppes de l'œuf centrolécithe présentent les variétés que nous avons reconnues déjà pour les œufs alécithe et télolécithe. Par exemple, l'œuf des Aranéides et des Insectes est muni d'une memhrane vitelline, quand il se sépare de l'ovaire ; en parcourant l'oviducte, il s'entoure en outre d'un mince chorion ; parfois même, il se forme deux chorions. De plus, la coque de l'œuf est fréquemment percée d'un micropyle, comme chez les Copépodes parasites et chez les Insectes; il est même des Insectes, comme la Puce, dontl'œuf présente un grand nombre de micropyles à chacune de ses extrémités.

En outre de la vésicule germinative, l'œuf des Arthropodes renferme fréquemment un corpuscule analogue, découvert en 1845 par von Wittich dans l'œuf de l'Araignée et revu depuis par von Siebold, V. Carus, etc. Ce dernier auteur lui donna le nom de noyau vitellin; en France, on le connaît plutôt sous le nom de cellule ou vésicule embryoyène, que H. Milne-Edwards lui appliqua en 1867. Ce corpuscule a été surtout étudié par Balbiani. Si son observation est particulièrement facile chez les Arthropodes, il ne leur appartient pourtant pas en propre : on le connaît à l'heure actuelle chez un très grand nombre d'animaux, aussi bien chez les Vertébrés que chez les Invertébrés; Balbiani a même constaté sa présence dans l'ovule de la femme.

La vésicule embryogène (Qg. 77) est une véritable cellule, munie d'un noyau nucléolé. Elle naît par bourgeonnement de l'une des cellules épithéliales qui entourent l'œuf dans le follicule de de Graaf ; sa croissance achevée, elle se met en contact avec le vilellus de l'ovule primordial, le déprime et s'enfonce peu àpeudans son intérieur. Le canal par lequel elle a pénétré

ŒUF CENTROLÉCITllli.

reste parfois visible pendant quelque temps; le plus souvent il s'oblitère par l'accolement de ses parois. Arrivée dans lœiii, la vésicule embryogène conserve son individualité : son protoplasma ne se fusionne pas avec le vitellus. Elle persiste jusqu'à la maturité de l'œuf, mais disparaît toujours avant le commencement du développement.

Si l'origine de la vésicule embryogène n'est pas douteuse, le rôle qu'elle est appelée àj ouer est moins certain.

Balbiani pense que sa nature épithéliale en fait un élément analogue à une cellule séminale, qui doit exercer sur l'œuf une action semblable à celle d'un spermatozoïde. C'est sous l'influence de

cette sorte de fécondation que se for- Fig. 77. — Follicule ovarien merail le germe dans l'ovule : on constale, en effet, que c'est toujours autour de cet élément que se déposent les granulations plastiques. Là se bornerait le plus souvent son action; mais, dans certaines espèces animales, elle pourrait suffire à déterminer d'une façon plus ou moins complète les premières pbases du développement de l'œuf. Parfois même, cette préfécondation de l'ovule par la vésicule embryogène aurait pour conséquence le développement total de l'œuf, et c'est ainsi que s'expliquerait la partbénogénèse.

Dans cette manière de voir, l'œuf serait donc constitué parla conjugaison de deux éléments, l'un mâle, l'autre femelle, et serait par conséquent un véritable organisme hermaphrodite.

F. d. van Beneden, Recherches sur la composition et la signification de l'œuf. Bêta, couronnés del'Acad. de Belgique, XXXIV, 18G8.

II. Ludwig, Ueôer die Eibildung im Thierreiche. Arbeiten aus dem zool.-zoot. Institut in Wiirzburg, I, 1874.

0. Galeb, De l'œuf clans la série animale. Thèse de médecine. Paris, 1878. Al. Brandt, Ueber das Ei und seine Bildimgsstiitte. Leipzig, 1878.

G. Balbiani, Leçons sur la géîiération des Vertébrés. Paris, 187 J.

de Clubiona atrox. — b, vésicule embryogène entourée de granulations vitellines formant le germe de rceuf; a, vésicule germinative; c, pédoncule du follicule.

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