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LA MATURATION ET LA FÉCONDATION DE L'OEL'F

Les phénomènes qui accompagnent la maturation et la fécondation de l'œuf ont été, dans ces dernières années, l'objet d'un grand nombre de recherches, grâce auxquelles la lumière s'est faite complètement sur ces points jusqu'alors obscurs. •Sans entrer dans le détail des observations des divers auteurs, nous renverrons le lecteur aux ouvrages de Strasburger et de

Mark, ainsi qu'au mémoire dans lequel nous avons résumé l'étal de la question, et nous décrirons ces phénomènes eu les rapportant plus spécialement à Asterias ylacialia, Echinoderme sur lequel Fol a fait récemment une série de belles observations.

L'œuf ovarien (fig. 78), parvenu au stade ultime deson développement, est

constitué Dar une masse •Fig. 78.— OEuf mùr d'Aslerias glachlis rc- '-u^111^ Va

vêtu d'une enveloppe mucilagineuse et vitelline finement granucontenant une vésicule germinative et une leuse que revêt extérieutache^ germinative excentriques. D'après une enveloppe gé-

latineuse appelée zona raéiata. La vésicule germinative, située exceutriquement, est entourée d'une membrane; elle renferme une tache germinative et un réseau protoplasmique.

Aussitôt après la ponte, la vésicule germinative devient le siège de modifications qui vont aboutir à son expulsion du vitellus (fig. 79). Elle présente des contractions actives et change incessamment de forme, en même temps que sa membrane et son réseau protoplasmiquedisparaissentetque sa tache germinative, dont les contours vont ens'effaçant, finit par se dissoudre(fig. 80).

Peu à peu, la vésicule germinative s'organise en un corps fusi-

LA MATURATION ET LA FÉCONDATION DE L'ŒUF. informe, appelé fuseau nucléaire, autour des extrémités duquel les granulations vitellines, jusqu'alors disséminées au hasard, se disposent en séries longitudinales rayonnées, de façon à simuler deux étoiles accouplées : on a donné à cette figure le nom d'amphiaster (fig. 81). Le fuseau se montre parcouru dans le sens de sa longueur par un faisceau de fibrilles délicates, qui présentent

.Fig. "9. — Deux stades successifs de la métamorphose graduelle do la vésicule et de la tache germinatives de l'œuf à'Asterias glacialis, immédiatement après la ponte. D'après Fol.

en leur milieu un épaississement constituant la plaque nucléaire. 11 s'approche lentement de la périphérie de l'œuf, entraînant avec lui sa double auréole et tout en conservant une direction ra-

Fig. 80. — OEuf à'Aslerias glacialis Fig. 81. — OEuf à'Asterias glacialis

montrant les espaces clairs qui rem- au même stade que le précédent,

placent la vésicule germinative. mais traité par l'acide picrique. D'a-

OEuf vivant. D'après Fol. près Fol.

diaire par rapport au centre. L'extrémité du fuseau gagne bientôt la surface; elle tend à sortir de l'œuf, refoulant devant elle une faible quantité devitellus.

Quand le fuseau se trouve expulsé à moitié, il s'étrangle et se divise en deux parties, l'une située dans la protubérance et l'autre dans l'œuf; sa division s'accompagne du dédoublement

142 LA MATURATION ET LA FÉCONDATION DE L'ŒUF, de la lame nucléaire : les deux lames ainsi formées reculent chacune vers une extrémité du fuseau nucléaire et c'est seulement lorsqu'elles y sont parvenues que la division du noyau s'accomplit.

La protubérance s'étrangle à son tour et se sépare complèle-

Fig. 82. — Portion de l'œuf à'Asttrias glacialis au moment où le premier globule polaire se détache et le reste du fuseau se rétracte dans l'œuf. Préparation à l'acide picrique. D'après Fol.

Fig. 83. — Portion do l'œuf d'Asterias glacialis avec le premier globule polaire tel qu'il se montre à l'état vivant. D'après Fol.

ment du vitellus, pour former un globule polaire (fig. 82, 83),

dans l'intérieur duquel l'aster se désorganise, en même temps

que le fragment du fuseau perd son aspect fihrillaire et prend

l'apparence d'un simple noyau.

Le globule polaire a la valeur d'une cellule : son mode de

production, comme Biilschli l'a fait voir, n'est qu'un simple

processus actif de division, et les

4 phénomènes qui président à sa for-

mation ne diffèrent en rien de ceux

^fi^^^'^^^^fs?. qui accompagnent la division cellu-

^^•f^^'^lffê^^v^1 laire ordinaire.

H- est rare qu'il ne se forme qu'un

*'t'vfH^^^^"i" seul globule polaire; il s'en produit

d'ordinaire deux ou trois. Dans ce Fig. S4. — Portion de l'œuf , .... , - , ,.

à' Asterias glacialis immêàm- cas- ia m0ltlé du fuseau de direc-

tement après la formation du tion qui est demeurée dans l'œuf,

second globule polaire. Pré- simpie allongement de ses fibres,

paration à 1 acide picrique. .

D'après Fol. se transforme en un second fuseau,

muni d'un aster à chacune de ses extrémités. Ce fuseau, qui s'est reconstitué dans l'intérieur du vitellus, à une faible distance de la surface, va se rappro-

M MATURATION ET LA FÉCONDATION DE L'ŒUF. 143 cher de celle-ci et se comporter comme le premier fuseau (flg. 84).

Les globules polaires proviennent donc de la vésicule germinative, opinion qui avait élé jadis émise, mais sans preuves suffisantes, par Dumortier (1). Une fois produits, ils ne tardent pas à se détruire et ne jouent manifestement aucun rôle par la suite du développement de l'embryon. 11 convient néanmoins de rechercher leur signification.

On a cru pendant longtemps, à la suite de Fritz Miiller (2), qu'ils exercent une influence considérable sur la direction des sillons du vitellus et sur la situation réciproque des blastomères : de là le nom de vésicules de direction, sous lequel certains auteurs les décrivent encore; nous savons maintenant que ce n'est point là leur rôle, du moins dans bon nombre de cas. Sempera voulu voir dans ces globules les produits « d'une sorte de défécation » par l'ovule « de matières devenues inutiles » ; Fol lui même est d'un avis analogue et il leur donne le nom de « corpuscules de rebut ». « Il peut être important pour le vitellus, dit-il, de se débarrasser de certaines matières devenues superflues, et l'expulsion de cette matière peut avoir lieu en un point constant, sans que nous devions y voir autre chose qu'une simple excrétion. » Giard émet une opinion un peu plus satisfaisante : pour lui, les globules ne seraient que « des cellules rudimentaires ayant une signification atavique ».

Balfour fait remarquer que chez les Arthropodes et les Rotifères, les globules polaires n'ont pas été observés jusqu'à présent d'une manière satisfaisante : or, par une coïncidence frappante, ce sont là précisément les deux groupes chez lesquels la parthénogénèse se produit d'une façon normale. 11 part de cette observation pour émettre l'hypothèse que, ■ dans la formation des globules polaires, une portion des parties constituantes de la vésicule germinalive, indispensables pour qu'elle fonctionne comme un noyau complet et indépendant, est rejetée pour permettre l'accès des parties nécessaires qui lui seraient rendues par la fécondation. Ce qui reste de la vési-

(1) Dumortier, Mémoire sur l'embryogénie des Mollusques Gastéropodes Ann. des se. nat., VIII, 1837.

(2) Fr Millier, Zur Kenntniss des Fur chung s processes im Schnedteneie Arcluv fur Naturgeschichte, I, 1848.

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