CLASSE DKS ANTI10Z0A1RES
'reconnues précédemment, mais chacune de celles-ci s'est divisée en plusieurs assises, dont la structure varie suivant le point du corps qu'on vient à examiner.
L'ectoderme comprend d'abord une couche épilhéliale dans laquelle ■on reconnaît jusqu'à quatre sortes d'éléments analomiques : 1° des •cellules vibratiles (fig. 125, a); 2° des cellules sensorielles, b, munies d'un seul cil à leur extrémité libre et se résolvant à leur extrémité profonde en un certain nombre de fibrilles délicates qui s'unissent à un -réseau nerveux ; 3° des nématocystes, très abondants sur le disque buccal et sur les tentacules; 4° enfin des cellules glandulaires, c, qui sécrètent le mucus dont se recouvre le corps de l'Actinie, quand ou vient à l'exciter. Au-dessous de l'épithélium se trouve une couche nerveuse, constituée par un réseau serré de fibres, parmi lesquelles se voient un grand nombre de cellules ganglionnaires multipolaires, en connexion manifeste avec les cellules sensorielles de l'épithélium ; la couche nerveuse s'observe sur les tentacules, sur le disque buccal et sur l'œsophage, mais fait totalement défaut dans la paroi latérale -du corps. Enfin, on peut encore rattacher à l'ectoderme une couche musculaire, dont l'existence ne se constate que sur le disque buccal •et sur les tentacules : elle se compose de longues fibres lisses (fig. 126), disposées sur les tentacules suivant la longueur et sur le disque buccal suivant le rayon. Chaque fibre présente latéralement, vers le milieu de sa longueur, un amas plasmatique granuleux, renfermant le noyau.
Le mésoderme est formé de fibres délicates, noyées dans une substance homogène; entre ces fibres, on trouve un grand nombre de petites cellules conjonctives, étoilées ou fusiformes, terminées par <les prolongements ramifiés. Très réduite surles tentacules, la couche conjonctive mésodermique augmente d'épaisseur sur le disque buccal et se développe au maximum dans la paroi latérale et sur le disque pédieux.
L'endoderme est constitué par un épithélium musculaire (fig. 127). Chaque cellule, munie d'un ilagellum unique à sa face libre, s'implante par sa face profonde sur une fibre-cellule à direction transversale. Les cellules musculo-épilhéliales sont habituellement infestées de ces Algues parasites qui constituent les « cellules jaunes » des Radiolaires et dont nous avons parlé à propos de ceux-ci.
A la face externe du corps, immédiatement au-dessous de la couronne externe de tentacules, on trouve un cercle de petites saillies spbériques qui, chez Actinia cquina, attirent aussitôt le regard, à cause de leur belle teinte bleue : ce sont les bourses marginales ou bourses chromatophorcs. A leur niveau, l'ectoderme se
OU DRE DES ZOANTUAIRES. 193 montre extraordinairemenl riche en nématocystes : les bourses mar-
Fig. 125. — [a et 6 doivent être intervertis). — a, cellule vibratile de soutien ; b, cellule sensorielle ; c, c', cellules glandulaires.
Fig. 126. — Fibres musculaires ectodermiques.
ginales sont donc de vraies batteries de cnidoblasles, fonctionnant comme organes du toucher, mais aussi surtout comme organes de défense.
Chez un certain nombre d'Actinies, la paroi latérale du corps est percée de pores délicats, appelés cinclides, par lesquels l'eau s'échappe, quand l'animal se contracte. Ces pores laissent encore sortir des organes de défense, les aconties, dont nous aurons à parler par la suite.
Les lames mésenléroïdes sont toujours en nombre multiple de six. Elles sont inégalement développées : d'ordinaire, les douze premières sont seules complotes, c'est-à-dire que seules elles se soudent au tube œsopha- Bunchaiu). — Zool. mcd. 13
Fig. 127. — Cellules nmsculo-cpilliclialos de l'endoderme.
Fig. 128. — Coupe transversale d'une lame â'Edwnrdsia tuberculala, d'après O. et R. Hertwig. — e, entéroïde; ec, ecloderme; en, endoderme; f, couche musculaire; m, mésoderme ; ml, muscles longitudinaux; o, ovules.
Quelque développement qu'ils présentent., les mésentères sont toujours formés par une lamelle de soutien, de nature fibro-conjonctive et d'origine mésodermique, recouverte à ses deux faces par la
Fig. 120. — a, cellules glandulaires de l'épithélium des lames ; 6, cellules neuro-épitlicliales de môme provenance.
couche musculo-épithéliale de l'endoderme. Sur le bord libre de la lame, l'épithélium prend une structure spéciale et forme l'enléroïdeî
ORDRE DES ZOA.NTHAIRES.
sur lequel nous aurons à revenir. On voit encore, dans l'épaisseur de la lame, deux couches musculaires séparées l'une de l'autre par la lamelle de soutien, une couche transversale ordinairement peu importante et une couche longitudinale, beaucoup plus considérable, et que la figure 128 nous dispensera de décrire.
L'épithélium des lames est semblable à celui qui revêt intérieurement la paroi du corps; mais, en outre des cellules musculo-épithéliales, on y trouve ^des cellules glandulaires (fig. 129, a), des nématocysles et des cellules neuro-épithéliales (fig. 129, b) ; ces dernières sont comparables aux cellules sensorielles de l'ectoderme et, comme elles, se continuent avec les fibrilles d'un réseau nerveux sous-jacent à l'épithélium.
Les organes génitaux se développent dans l'épaisseur de la lamelle de soutien, mais se forment aux dépens de l'endoderme. Ils sont situés en dedans du muscle longitudinal et à moitié chemin de celui-ci et du bord libre du mésentère. A leur niveau, la lame s'amincit, en sorte qu'ils produisent à sa surface un épaississement ligamenteux qui se termine de part et d'autre par une extrémité arrondie. Ce cordon sexuel, beaucoup plus long que large, se replie transversalement sur lui-môme. Partout où les glandes génitales se développent, la couche musculaire fait défaut.
On a considéré pendant longtemps les Actinies comme des animaux hermaphrodites, chez lesquels le testicule et l'ovaire se développaient soit en môme temps, soit l'un après l'autre. On doit croire en effet qu'il en est ainsi chez bon nombre d'espèces, mais les frères Herlwig, auxquels nous devons l'étude la plus Fig- I30.-Coupe transcomplète sur le développement et la structure veraale d'ull° !arne
des glandes génitales, ont fait voir que le nom- ^ ,7
hrp Aaa j- •• , . 1 follicule testicu aire,
ùre des espèces dioiques était assez consi-
dérable. Leurs observations ont porté surtout
sitica.
sur Sagartia para-
de fo o ln?t V 7™ !U,C S6XUelIe 6St f0rmée d'un &rand «ombre h on» rp„r tCSl,CUlf,reS1(fif 130>» disnosés en séries transversales.
<"cloppement,8 atrophie au point de ne plus ôtre représentée que
196 CLASSE DES ANTHOZOAIRES.
par de minces feuillets qui séparent les follicules les uns des autres et de l'épithélium. Les plus petits follicules sont remplis simplement de cellules assez grosses, à noyau très volumineux : ce sont les cellules-mères des spermatozoïdes. Les follicules de plus grande taille renferment en outre des spermatozoïdes mûrs. Ceux-ci se rassemblent en une sorte de papille qui fait saillie soit d'un côlé, soit de l'autre, soulève l'épithélium, crève la membrane du follicule, puis l'épithélium lui-môme et est expulsée au dehors.
Les organes femelles sont construits sur le môme type que les organes mâles. A la place des follicules tesliculaires, on trouve des œufs à vésicule germinalive excentrique (fig. 131). L'œuf apparaît au début comme une cellule épithéliale qui, plus globuleuse et plus claire que ses voisines, va s'enfoncer bientôt dans le mésoderme. Il est vraisemblable que les follicules testiculaires sont également d'origine endodermique, mais on ne peut faire encore, dans l'état actuel, que des conjectures à ce propos.
Les cntéroïdes, qu'on appelle encore filaments mésentériques ou corps pelotonnés, sont des organes filamenteux particuliers, situés sur le bord libre des plus grandes lames mésenlcriques, comme l'intestin grêle est appendu au bord libre du mésentère. Us naissent à une certaine dislance du disque pédieux et s'étendent jusqu'au bord inférieur de l'œsophage, au moins sur les lames qui se soudent à ce dertransversalc d'une nier- Sur les lames qui s'avancent moins loin lame génitale fe- vers le centre, les entéroïdes ne remontent pas melle. — o, ovule, jusqu'au disque buccal et ne descendent pas jusqu'au disque pédieux, en sorte que, dans ses parties supérieure et inférieure, le bord libre de la lame en reste dépourvu. A ses deux extrémités, l'eutéroïde est assez rectiligne; à sa partie moyenne, il est au contraire tellement pelotonné sur lui-même que, étiré, il aurait plusieurs fois la longueur de l'animal. 11 forme un peloton inextricable, qui pend au-dessous de l'œsophage et qui, sur le vivant, présente d'incessantes contractions vermiformes.
L'enléroïde n'a pas partout la môme structure. Sur une coupe transversale, sa région supérieure affecte la forme d'une feuille de trèfle, l'épithélium se trouvant soulevé par trois prolongements du mésoderme (fig. 128, c). Les deux folioles latérales constituent les bandes vibralilcs ; leur épithélium est de très petites dimensions
OltDRE DES ZOANTHAIRES. 197 et est exclusivement composé de cellules filiformes, munies d'un cil unique et qu'on prendrait aisément pour des cellules sensorielles, si à leur base se rencontrait un réseau nerveux. La foliole médiane constitue la bande à nématocystes : son épithélium renferme quatre sortes d'éléments qui sont, par ordre de fréquence : des cellules glandulaires, des nématocystes, des cellules épithéliales proprement dites et des cellules sensorielles; ces dernières se prolongent par leur base en un filament très délicat qui se met en rapport avec un filet nerveux : les fibres et les cellules nerveuses forment, au-dessous de l'épilhélium, une masse finement granuleuse qui repose immédiatement sur le mésoderme.
A mesure qu'on se rapproche de la base de la lame, on voit la structure de l'enléroïde se modifier. Sur les lames complètes, soudées à l'œsophage, les bandes vibratiles vont en s'atténuant et finissent par disparaître, la bande à nématocystes persistant seule, sans subir de modifications bien notables. Au contraire, sur les lames incomplètes, le ruban médian va en s'alrophiant et l'enléroïde n'estbienlôtrplusconstitué que parles deux bandes vibratiles (fig. 130).
Les entéroïdes remplissent différentes fonctions : leurs nématocystes tuent les proies encore vivantes ; les bandes latérales, par leurs cils vibratiles, mettent en mouvement le contenu de la cavité gastro-vasculaire ; leurs cellules glandulaires ne sont sans doute que de simples cellules muqueuses et ne produisent point de sucs digestifs, d'autant plus que des cellules semblables se retrouvent dans l'ectoderme. Les entéroïdes sont encore chargés d'assimiler les aliments, mais la digestion est intra-cellulaire : les cellules épithéliales de l'endoderme jouissent delà propriété d'émettre des pseudopodes, uu moyen desquels elles saisissent les corpuscules alimentaires et les font pénétrer dans leur intérieur, pour les y soumettre à l'élaboration digestive. Cette digestion intra-cellulaire est, on peut le dire, caractéristique des Cœlentérés; elle a été observée dans tous les groupes de cet embranchement et elle rend compte de l'absence d'organes digestifs particuliers.
On voit souvent sortir par la bouche ou par les cinclides des filaments urticanlsqui, une fois sortis, rentrent lentement dans le corps: ce sont les aconties, que la plupart des observateurs ont confondus avec les enléroïdes. Us se distinguent pourtant de ceux-ci par leur teinte d'un blanc brillant ou violacé, autant que par leur situation. Us s'attachent à la base des lames, non sur Tare-le môme, mais un peu de côlé, et sont séparés de l'extrémité de l'entéroïde par un certain espace. Ils se présentent sous l'aspect de longs filaments, pelotonnés sur eux-mêmes et animés d'un mouvement vermiculaire. Ils n'existent point chez toutes les Actinies.