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CLASSE DES ANTH0Z0A1RES

La structure de l'aconlie est des plus simples : un cordon de tissu conjonctif, entouré de toutes parts d'une couche épithéliale. La seclion transversale est convexe-concave : sur la face concave, l'épithélium est formé uniquement de cellules endodermiques granuleuses, entre lesquelles se voient quelques cellules glandulaires; sur la face convexe, on rencontre surtout des nématocysles, parmi lesquels se reconnaissent un petit nombre de cellules épithéliales, de cellules glandulaires et de cellules sensorielles ; ces dernières sont en rapport avec un réseau nerveux sous-épithélial. En raison de leur structure, les aconties doivent être considérés comme des batteries filiformes

de nématocysles : ce sont de véritables armesoffensives et défensives.

A côté des Actinies, dont nousvenons de faire longuement l'histoire , prend place le genre Mivyas, qui habite les mers du sud ; il est remarquable en ce que les êtres qui le composent ont leur disque pédieux transformé en une sorte d'appareil hydrostatique , grâce auquel ils peuvent nager librement.

Les Cérianthes constituent un groupe voisin :

ils se rencontrent dans la Méditerranée. Ce sont des animaux à corps allongé, dont l'extrémité inférieure amincie s'enfonce dans le sable el est percée d'un pore (fig. 132) ; celui-ci ne joue point le rôle d'un anus, mais sert à l'expulsion des produits de la génération et à la sortie de l'eau qui a pénétré par la bouche.

Tous ces animaux restent solitaires ; ils se reproduisent toujours par voie sexuelle, à part les Zoanthus, et sont incapables de se multi-

FiK. 132. — Cerianthus eredus

plier par bourgeonnement. De plus, la paroi de leur corps reste molle et ne s'incruste point de particules calcaires ou cornées. En tenant compte de ce dernier fait, on les réunit dans le sous-ordre

des Zoanthaires malacoclermés.

A part l'urtication peu redoutable que causent leurs nématocystes, aucun des animaux de ce groupe n'intéresse directement la médecine. Il paraîtrait qu'Actinia edulis Risso, espèce très molle et de couleur verte variée de brun, jouerait un cerain rôle dans l'alimentation, aux environs de Nice. Gervais et van Beneden disent qu'A, coriacea se vend sur le marché de Rochefort, pendant les mois de janvier, février et mars.

H. de Lacaze-Duthiers, Développement des Coraliiaires. — /. Aciiniaires sans polypier. Archives dezool. expérim. I, p. 289-396, 1872.

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H. de Lacaze-Duthiers, Étude d'une Actinbs prise comme type. Son embryogénie et son organisation. Revue scientifique, (3), V, p. 513, 1883.

Les Ântipathaires ou Zoanthaires sclérobasiques constituent un second sous-ordre. Ces animaux ne sont pourvus que de six tentacules très courts, non rétractiles; primitivement, ils possèdent aussi six mésentères, mais quatre s'atrophient bientôt et les deux qui persistent correspondent aux commissures de la bouche et portent des enléroïdes. Les Antipathaires forment des colonies, disposées autour d'un axe corné ; leur écorce est molle, dépourvue de dépôts calcaires, mais renferme parfois des spicules siliceux, analogues à ceux des Éponges. Ce sont des animaux hermaphrodites, à l'exception de Gerardia, dont les colonies sont les unes monoïques, les autres dioïques ; ce dernier se distingue encore par la possession de vingt-quatre tentacules, répartis en deux cycles.

L'Antipathe (fig. 133), que les pêcheurs connaissent sous le nom de Corail noir, ne doit pas être confondu avec la variété noire de Corallium rubrum. 11 a longtemps joui d'une singulière réputation : on le croyait un remède souverain contre toutes les douleurs, et c'est cette propriété, purement imaginaire, qui lui a valu son nom (dvtl, contre; icâOoç, douleur). C'est le Coral-

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Uumnigrum, C. advllerinum ou Antipathes tle la vieille pharmacopée. Son polypier renferme de la silice, mélangée à une petite quantité de magnésie, de phosphate de chaux et une proportion encore plus faible de carbonate de chaux.

Fig, 133. — Antipathes arborea.

[.es Madréporaires ou Zoanthaires sclérodermés, qui forment le troisième et dernier sous-ordre, représentent aussi le groupe le plus important. Ces animaux se reproduisent par voie sexuée, mais un individu primitif devient, par bourgeonnement et scissiparité, le point de départ d'une colonie (fig. 1 34), qui prend avec le temps une extension de plus en plus considérable.

Dans une colonie de Madréporaires, ebacun des individus a la

0 R D H E DES ZOANTIIAIRES.

Fig

13i. — Dendroph'jltia ramosa.

structure d'une Actinie, mais se construit un squelette ou sclércnchyme calcaire, qui a joué et joue encore un rôle considérable dans l'histoire delà terre. Ce squelette prend le nom de polypier; chacun des individus de la colonie est un Polype ou un Polypicrite.

Les premières phases de la reproduction sexuée ont été suiviespar de Lacaze-Duthiers chez Astroides calycularis.EU.es sont à peuprès les mêmes que pour les Actinies. La larve se fixe aprèsl'apparition de douze mésentères et de douze tentacules : c'est alors qu'elle commence à se fabriquer un squelette. Des petits corpuscules solides, appelés sclérites et formés de carbonate de chaux, se déposent dans l'épaisseur de la couche mésodermique, non de la lame mésentéroïde, ainsi qu'on pourrait le croire, mais d'un repli radiairede la paroi du corps, repli dont la valeur est facile à déterminer, si on remarque qu'il est immédiatement surmonté par le tentacule. Les sclérites se déposent, dans chaque repli, en trois centres de calcification, dont chacun finit par constituer une plaque. Les trois plaques s'unissent par la suite et produisent ainsi une plaque unique, bifurquée en Y (fig. 135). Cette plaque a recule nom de cloison ou septum.

Quand les cloisons se sont développées, des sclérites se déposent dans le mésoderme du disque pédieux, puis envahissent la paroi latérale, de façon à constituer autour du corps une sorte de coupe ou calice, dont les bords s'élèvent de plus en plus avec les progrès «le l'âge : de celte manière se forme tel i sorte de loge, a l'intérieur de laquelle peut rentrer, en se contractant^ partie supérieure du corps, restée molle et dépourvue de

Fie

. 135. — Larve à'Asiroïdes calycularis pou après sa fixation, d'après de Lacaze-Duthiers. La figure montre le développement des cloisons en Y, dans les intervalles des mésentères.

La position de ces derniers est indiquée parles lignes ombrées.

La muraille s'est développée en dehors.

sclérites. L'enveloppe calcaire, qui s'est ainsi constituée autour du corps, est la muraille ou theca. D'abord complètement distincte des cloisons, elle se soude bientôt à celles-ci, et l'espace compris entre les deux branches de l'Y ne tarde pas à être comblé par un dépôt calcaire.

L'espace circonscrit par le cercle de la muraille est la cellule; elle renferme les organes internes. Les cloisons alternent régulièrement avec les lames mésenléroïdes. Nous nous rappelons que l'espace compris entre deux mésentères successifs s'appelle une loge (1) : le milieu de la loge est donc occupé par la cloison. De même, l'espace compris entre deux cloisons successives s'appelle une chambre : le milieu de la chambre est occupé par le mésentère.

Quand la muraille est formée, les douze cloisons, jusqu'alors semblables, subissent une modification qui a pour résultat de les diviser en deux cycles, par suite de l'accroissement prédominant de six d'entre elles. Il peut encore, par la suite, se développer d'autres cycles, dont le mode de formation n'est pas encore connu.

Fig. 136. — Coupe verticale d'un Fig. 137. — Caryophyllia cyaihus, d'après polypier. - a, muraille ; b, H. Milne-Edwards. Calice vu d'en ha m. cloison ; c, columelle ; d, pa- montrant au centre la columelle, plus jia< en dehors les palis et extérieurement

les cloisons.

Les cloisons ne conservent pas partout la môme largeur : à leur base elles s'avancent davantage vers le centre de la cellule et peuvent même s'y rencontrer : elles peuvent alors se fusionner sur une

(i) On donne parfois ce nom à l'espace qu'ici nous appelons cellule Golfe dernière dénomination doit seule être conservée, encore quelle prête a confusion.

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étendue plus ou moins grande. 11 est alors assez fréquent de voir s'élever de leur point de rencontre une lige verticale qui est la columelle (fig. 136, c) ; souvent môme, des tiges plus petites ou palis, cl, s'élèvent latéralement à celle-ci et forment un cercle autour d'elle.

Les cloisons peuvent présenter à leur surface des prolongements coniques, papillaires, qui atteignent par leur extrémité une cloison voisine ou la pointe d'un prolongement opposé. Ces appendices sont les synapticules (fig. 138, g). Ils se développent parfois au point de constituer entre les cloisons des minces feuillets transversaux, qui donnent au tissu du polypiérite une structure spongieuse et qui sont les dissépiments ou traverses endothécales, A. Enfin, si les traverses se développent encore plus, se soudent entre elles d'une chambre à l'autre et envahissent le centre de la cellule, elles constituent les •planchers, véritables cloisons transversales qui peuvent être disposées sur plusieurs étages.

Toutes les parties que nous venons d'énumérer sont situées en dedans de la tbèque : elles forment donc Y appareil endothécal. Il peut se développer de même un appareil exothécal. Chaque septum peut se prolonger plus ou moins en dehors, sous forme de côte, c :

celle-ci constitue à la surface de la muraille une saillie verticale qui proémine d'autant plus qu'elle correspond à une cloison elle-même plus développée. Les côtes peuvent également porter des synapticules, des dissépiments et des planchers, l e tout est quelquefois limité extérieurement par un épitlwque ou périthèque, sorte de mur très mince.

Les Madréporaires, qui ont été représentés par un nombre considérable de formes aux Ages géologiques antérieurs, sont encore très abondants dans nos mers. Ils se laissent aisément diviser en deux groupes, suivant que leur muraille est percée de pores ou en est, au contraire, dépourvue.

Les Perforés n'ont pas de côtes; leurs cloisons restent rudimentai-

Fig. 138. — Schéma représentant le mode de développement des diverses parties qui peuvent entrer dans la constitution du polypier. — «,théca ou muraille; b, cloison ou septum ; c, côte ; d, columelle ; e, palis ; /', chambre; g, synapticules; /(, traverses endothécales ; t, épithèque ; k, traverses épithécales ; 6, cloison du premier cycle ; l, cloison du second cycle; m, cloison du troisième cycle.

20* CLASSE DES ANTIIOZOAIRES.

res et leurs planchers ne sont jamais complètement développés; enfin, le sclérenchyme est partout percé de pores. A ce groupe appartiennent les Porites et les Madrépores (fig. 139), ainsi que les Dendrophyllies (Qg. 134) et les Aslroïdes.

Les Imperforés sont plus nombreux que les précédents. Chez eux,

les cloisons atteignent un grand développement, ainsi que l'appareil endothécal. De ce groupe sont les Fongies, les Aslrées(fig.

140), les Caryophyllies, les Oculines, etc.

On employait autrefois, au môme titre que le Corail rouge, et on désignait alors sous le nom de Corail blanc, un certain nombre de Madréporaires. Le plus estimé, connu sous le nom de Coralliutn album ociilalum, n'était autre qu'Oculina virginea Lmk., qui se trouve dans l'Océan indien.

Besler l'a décrit sous le nom de Corallium album indicum, et Rumph sous celui d'Accarbarium album verrucosum.

Les Madréporaires, représentés dans nos mers par quelques espèces qui n'atteignent qu'un faible développement, abondent au contraire dans les mers chaudes.

Leurs colonies, d'une immense étendue, jouent un rôle important dans la nature, car ce sont Fig. 139. — Madrepora vernicosa. elles qui forment ce qu'on appelle à tort les récifs de Corail. Les espèces qui prennent part à la formation de ces récifs sont toutes confinées dans une zone relativement étroite de la surface du globe : on ne les trouve, en effet, qu'entre les lignes isothermes de C0 degrés, c'est-à-dire qu'elles ne dépassent guère de chaque côté de l'équateur le 30° degré de latitude. Mais, dans cette zone, la distribution de ces êtres semble singulièrement capricieuse ; en effet, on n'en rencontre point sur la côte occidentale de l'Afrique, non plus que sur la côte orientale de l'Amérique du Nord, et il n'y en a que très peu sur la côle orientale de l'Amérique du Sud. Dans l'océan Indien,

Fig. HO. — Astraea pallida.

au contraire extrêmement abondants et s'étendent sur des milliers de kilomètres carrés.

ORDRE DES ALCYONAIRES

Les Alcyonaires sont toujours pourvus de huit replis mésentéroïdes non calcifiés et de huit tentacules ; ce sont des Octoactiniaires. Les tentacules ne sont pas perforés à leur sommet, comme ceux des Uexactiniaires, et sont remarquables en outre par leur largeur et par les denliculations en scie que présente chacun de leurs bords : c'est pour celle raison que de Blainville avait donné à ces animaux le nom de Cténocères.

La reproduction se t'ait par voie sexuelle : parfois le jeune individu provenant de l'œuf, ou oozoïte, demeure solitaire (Huimea, Hartea)y mais c'est là un fait rare. Habituellement, l'oozoïte produit par bourgeonnement latéral d'autres individus, appelés blastozoïtes, et de la sorte se forment des colonies dont la forme est assez variable. Suivant l'abondance et la nature des dépôts calcaires qui s'accumulent dans les téguments, le polypier présente une consistance variable; celui-ci n'a pas la structure filamenteuse cristalline du polypier des Madréporaires, mais est formé de sclérites de forme déterminée, colorés d'ordinaire en rouge ou en jaune.

11 est de règle que les Polypes soient unisexués ; parfois môme les deux sexes sont portés par deux colonies différentes, et on se trouve alors en face d'un véritable cas de diœcie. Le Corail présente

môme un exemple de polygamie, au sens que Linné attachait i ce mot dans sa classification du règne végétal : on observe en effet, sur un même polypier, des individus mâles, des individus femelles et, plus rarement, des individus hermaphrodites.

Nous citerons d'abord les Alcyons (fig. 141), dont le polypier charnu est dépourvu d'axe et représenté simplement par une substance molle, incrustée de spicules; ceux-ci n'ont jamais la même forme d'une espèce à l'autre. Les Alcyons étalent sur les rochers sous-marins leurs croûtes charnues ; ils se fixent souvent sur la coquille des grands Mollusques et il n'est point rare, en particulier, de

Fig. 141, — Alcjonium auranliacum.

Fig. 142. — Pennatula argentea, avec polype isolé.

les voir, sur les côtes de Bretagne, fixés à l'une des valves de la coquille de Peden jacnbaeus ou de P. maximus. Au lieu de se ramifier à la façon d'un arbre, comme le fait le Corail, ils s'épanouissent sous l'orme de digitalions : de là le nom de « doigts d'hommes morts » que leur donnent les Anglais.

Les animaux les plus élégants de ce groupe sont assurément les Pennatules, qui habitent la Méditerranée et qui ont la taille et l'aspect d'une belle plume d'Autruche (fig. 142). La base de la colonie, au lieu d'adhérer fortement aux rochers, comme dans les espèces précédentes, est formée d'une simple tige cornée, qui s'enfonce plus ou moins dans le sable et qui porte à son extrémité supérieure des branches latérales sur lesquelles se trouvent les Polypes. Ces animaux se font souvent remarquer par une vive phosphorescence, produite par

ORDRE DES ALGYONAIRES. 207 des cellules à contenu graisseux et brillant, disposées en cordons autour de la bouche. Les Pennatules sont encore remarquables par leur dimorphisme : à côté d'individus sexués, s'en trouvent d'autres complètement neutres.

Les Tubipores ou Orgues de mer (fig. 143) ont leur polypier forme

Fig. 143. — Tubipora muaica.

de tubes calcaires parallèles entre eux, espacés les uns des autres, mais unis pourtant de distance en distance par des lamelles horizontales. Ce polypier est ordinairement coloré en rouge : il a la signification d'une simple thèque, c'est-à-dire que les tubes se sont formés aux dépens du mésoderme de la paroi latérale du Polype.

Le groupe le plus important d'Alcyonaires est celui des Gorgonides, dans lequel, à côté des Gorgones et des Briarium, on trouve le Corail rouge.

Corallium rubrum Lamouroux, 1816.

Le plus célèbre des Octoactiniaires est le Corail rouge. Il fut considéré pendant longtemps comme une pierre; mais la faculté de grandir que lui avaient reconnue les pêcheurs, lui faisait attribuer quelque chose de la nature végétale. Ferrante Imperato, en 1690, et Tournefort, en 1700, affirmaient que le

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Corail était une plante pierreuse, mais ni l'un ni l'autre ne pouvait asseoir son opinion sur des bases inébranlables. La démonstration sembla définitive quand, en 1706, le comte L. de Marsilh annonça qu'il avait vu les fleurs du Corail. Cependant, en 1725, Peyssonel, jeune médecin marseillais envoyé par le roi sur les côtes de Barbarie, à l'effet d'en faire connaître les produits naturels, put observer le Corail à loisir et se convaincre ainsi de sa nature animale. « Je vis fleurir le Corail, dit-il, dans des vases pleins d'eau de mer, et j'observai que ce que nous croyions être la fleur de cette prétendue plante n'était, au vrai, qu'un Insecte semblable à une petite Ortie ou Poulpe. » Malgré la violente opposition de Réaumur et de Bernard de Jussieu, il ne fut plus permis dès lors de douter que le Corail ne soit un véritable animal.

Le Corail habite la Méditerranée : on le pêche sur les côtes d'Italie, autour de la Corse et de la Sardaigne, et sur la côte d'Afrique, de Bône à Tunis. Il se rencontre également dans l'océan Atlantique et n'est rare ni dans les parages de l'archipel du cap Vert ni sur les côtes du Sénégal. Les colonies qu'il forme poussent comme une plante, et il se présente sous l'aspect d'un arbre branchu, haut de 30 à 35 centimètres. Il se rencontre par des profondeurs qui varient de 3 à 300 mètres. Il s'attache aux corps durs sous-marins, mais il se fixe toujours la tête en bas, pour ainsi dire, au-dessous des aspérités des rochers, et c'est là une condition qui contribue à rendre sa pêche pénible et difficile. Il présente d'ordinaire une couleur rouge vif, mais sa teinte peut varier beaucoup, depuis le blanc jusqu'au noir, en passant par différentes nuances de rouge : le plus estimé est le rose, auquel les pêcheurs italiens donnent le nom de peau d'ange, et qui provient surtout de Dalmatie.

Si on place dans l'eau de mer une branche de Corail qui vient d'être pêchée, on voit à sa surface des petits mamelons coniques, au sommet desquels se montreront bientôt les Polypes, sous forme de tubes blancs, surmontés chacun d'une couronne de huit tentacules barbelés (fig. 144). A la moindre agitation de l'eau, le Polype se rétracte, ses tentacules et son corps luimôme s'invaginent, et on ne voit plus à la surface du mamelon qu'un orifice étroit.

Les Polypes sont donc logés dans une multitude de petites

cellules, creusées dans une substance molle qui se répand comme une écorce à la surface entière du Corail : cette sorte d'écorce est molle et charnue, facile à entamer avec l'ongle quand elle est fraîche, pulvérulente quand elle est sèche; elle constitue la véritable couche vivante formée par les polypiers. H. Milne- Edwards et J. Haime l'appellent polypiéroïde ; de Lacaze-Duthiers lui donne le nom de sarcosome.

Cette partie corticale revêt de toutes parts une sorte de tige centrale, dure, cassante, pierreuse, qui est le polypier (Réaumur).

: Voyons la structure de ces différentes parties.

Le sarcosome n'a pas partout la même épaisseur : il est beaucoup

•plus mince à la base que vers les extrémités. Il est constitué par une masse fondamentale, de nature mésodermique, creusée d'un grand nombre de vaisseaux et renfermant des spicules ou

Fig. 144. — Branche de Corail avec Polypes épanouis, d'après de Lacaze-Duthiers.

Spiculos du Corail, grossis 500 fois, d'aprôs de Lacaze-Duthiers.

Fig. 140. — Spicules en voio de développement.

ficlérites vivement colorés en rouge. Ceux-ci se présentent sous des aspects très divers, mais leur forme typique est celle d'un corpuscule à peu près deux fois aussi long que large et hérissé de huit nodosités (fig. 145). En se développant, les sclérites ont la forme de deux triangles isocèles superposés, le sommet de l'un dépassant la base de l'autre et réciproquement (fig. 140);

Blanchard. — Zool. méd. 14

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