ORDRE DES SIPHONOPHORES
segmentation avec l'extérieur et qui transforme la planula en gastrula (fig. 160, o). On voit alors se former au pourtour du disque un bourrelet ectodermique, qui est le premier rudiment du voile, v. En dehors de celui-ci apparaissent encore six tentacules, t. Quand la larve s'est ainsi constituée, elle perd sa forme arrondie, s'aplatit, puis se creuse à sa face inférieure ou buccale, pour prendre la forme d'ombrelle. Elle n'est pas alors très différente de l'adulte,
ORDRE DES SIPIIONOPHORES
Il n'est pas d'êtres plus compliqués et plus capricieusement conformés que les Siphonophores : aucun n'affecte des formes plus étranges ou des aspects plus variés ; nul ne présente plus grande profusion de couleurs étincelantes, nul n'est plus gracieux ou plus délicat. Bien longtemps les naturalistes sont restés impuissants à pénétrer le secret de leur organisation : le voile est maintenant soulevé. Si l'on a bien saisi ce qui précède, si l'on s'est bien rendu compte de ce qu'est une colonie d'Hydraires, de sa constitution et de ses rapports avec les Médusoïdes, il ne sera pas difficile de comprendre ce ce que sont les Siphonophores.
Prenons comme exemple Physophora hydrostatica (fig. 161), espèce commune dans la Méditerranée. Le Physophore, comme tous les Sinophores, du reste, n'est jamais fixé, mais nage librement : d'ordinaire mollement ballotté à la surface des vagues et déplacé par elles au hasard de leurs ondulations, il est néanmoins capahle de se déplacer à sa guise et de s'enfoncer dans la profondeur des eaux. IL se compose essentiellement d'une tige verticale, dont l'extrémité supérieure présente une très petite vésicule aérifère ou pneumatophorc,
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perce d un pertuis apical. La tige
porte en outre une double rangée de cloches contractiles diaphanes, au moyen desquels le Physophore se met en mouvement. Elle se termine enfin inferieurement par une sorte de plateau auquel sont ap-
pendus des organes variés, parmi lesquels il est tout d'abord malaisé de se reconnaître, mais dont on ne tarde pas, avec un peu d'attention, à distinguer plusieurs sortes. Les uns, disposés circulairement autour du plateau, ont l'aspect de longs tubes vermiformes, imperforés à leur extrémité libre, mais communiquant à leur base avec la cavité dont est creusé l'axe de la tige : on les appelle les dactylozoides. Les autres, situés en dedans des premiers, sont plus gros, plus raccourcis et pourvus d'un orifice à leur extrémité libre; on leur a donné le nom de siphons, et leur présence constante chez les animaux dont nous Taisons l'étude a valu à ceux-ci le nom de Siphonophores. Les siphons communiquent également avec la cavité de la tige. Ils portent chacun à sa face externe un long filament pêcheur présentant de dislance en distance des boutons d'un beau rouge, constitués par un amas considérable d'énormes némalocystes. Enfin, les produits sexuels sont élaborés encore par d'autres appendices intercalés entre les siphons.
Chez les Hydroïdes, nous avons reconnu des individus de deux sortes : des Hydranthes ou individus nourriciers, et des Médusoïdes ou individus reproducteurs. Le polymorphisme s'exagère encore chez les Siphonophores : là est tout le secret de leur organisation. Ils sont constitués par des colonies d'Hydraires, à tige non ramifiée et dont les divers individus se sont modifiés en différents sens, pour s'adapter chacun à une fonction particulière. La division du travail, que nous avons pu voir s'esquisser chez les Hydroïdes, atteint ici un haut degré de perfectionnement.
Les siphons ou gastrozoïdes sont de véritables Hydranthes, bien que toujours dépourvus de tentacules : ils absorbent la nourriture et, après l'avoir élaborée, la distribuent dans tout le reste de la colonie ; ce sont, à proprement parler, des individus nourriciers. La proie leur est du reste transmise par les filaments pécheurs : ceux-ci atteignent d'ordinaire une longueur considérable et se ramifient plus ou moins ; de nature musculaire, ils explorent sans cesse l'eau qui les entoure et sont capables de se contracter en s'enroulant en spirale. Les dactylozoides sont encore des Polypes, mais des Polypes incomplètement développés : n'étant point destinés à jouer le rôle d'individus nourriciers, leur bouche ne s'est point perforée et ils se sont transformés en des organes protecteurs ; comme les gastrozoïdes, ils portent un filament pécheur, mais plus court, plus simple et dépourvu de filaments secondaires et de némalocystes.
En outre de ces Polypes de diverses sortes, la colonie produit encore des Médusoïdes, qui arrivent à un développement plus ou moins complet. Les bourgeons sexuels sont de ce nombre: les Médusoïdes qui les représentent se développent ordinairement en grand nombre,