ORDRE DES SIPHONOPHORES
et, comme de vrais Médusoïdes, sont constitués par un manubrium bourré d'œufs ou de spermatozoïdes et entouré d'une ombrelle que parcourent un vaisseau circulaire et des vaisseaux radiaires. Les Siphonophores sont presque toujours monoïques ; la diœcie est rare (Apolemia uvaria, Biphyes acuminata). 11 est également rare de voir les bourgeons sexuels s'isoler, comme chez les Vélelles, pour devenir des Médusoïdes nageurs, connus sous le nom de Chrysomitra.
Fig. 1G2. — Physalia pelagica.
Les cloches contractiles ou ncctocalyces sont encore des Médusoïdes modifiés : ils n'ont ni manubrium, ni bouche, ni tentacules, ni corpuscules marginaux ; par suite de la régression de ces derniers, le système nerveux a lui-même avorté. En revanche, la couche musculaire s'est hypertrophiée, pour répondre au rôle exclusivement locomoteur que les neclocalyces sont appelés à jouer.
Un autre type de Siphonophores est représenté par la Physalie ou Galère (fig. 162), qui se rencontre dans l'océan Atlantique. On ne
trouve plus ici de nectocalyces, mais la tige s'est transformée en une large chambre, presque horizontale, à l'intérieur de laquelle se trouve un vaste pneumatophore communiquant avec l'extérieur par son extrémité effilée. L'ensemble présente à peu près l'aspect d'une cornemuse qui porterait à sa face supérieure une crôte longitudinale ; celle-ci n'est autre chose qu'une voile tendue au vent et grâce à laquelle la Physalie peut flotter à la surface des eaux. Au-dessous de ce réservoir à air, on voit une forêt de tubes et de filaments qui ne diffèrent pas essentiellement de ceux que nous avons étudiés chez le Physophore.
Les Siphonophores sont tous extrêmement urticants et, à ce point de vue, la Galère se place au premier rang, en raison des nématocystes innombrables dont ses longs filaments sont hérissés de toutes parts. Ces redoutables propriétés ont été signalées par bien des auteurs, entre autres par le P. du Tertre et par Labat. « Le poison de cet animal, dit ce dernier, est si caustique, si violent et si subtil, que s'il touche la chair de quelque animal que ce soit, il y cause une chaleur extraordinaire avec une inflammation et une douleur aussi pénétrante que si cette partie avait été arrosée d'huile bouillante. » Le mal n'est pourtant point de longue durée, et Labat conseille « de ne point appliquer d'autre remède que celui de la patience ».
Leblond s'exprime de la même manière, d'après sa propre expérience « Un jour, dit-il, je me baignais... sur une grande anse, devant l'habitation où je demeurais... Une Galère, dont plusieurs étaient échouées sur le sable, se fixa sur mon épaule gauche au moment où la lame me rapportait à terre; je la détachai promptement; mais plusieurs de ses filaments restèrent collés à ma peau jusqu'au bras. Bientôt je sentis à l'aiselle une douleur si vive que, prêt à m'évanouir, je saisis un flacon d'huile qui était là et j'en avalai la moitié pendant qu'on me frottait avec l'autre. Revenu à moi, je me sentis assez bien pour retourner à la maison, où deux heures de repos me rétablirent, à la cuisson près, qui se dissipa dans la nuit. »
Les Physalies ont encore la réputation de tuer ou tout au moins de rendre malades l'Homme et les animaux qui les mangent; la chair de ces derniers serait elle-même toxique. Mais
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Ricord-Madiana a entrepris à la Guadeloupe des expériences qui ont démontré l'inexactitude de cette croyance.
J. du Tertre, Histoire générale des Antilles habitées par les Français. Paris, 4 vol. in-4°, 1G67-1G71. .
Labat, Nouveau voyage aux isles de l'Amérique. La Hayo, in-4°, 1721.
VoirI, lr0 partie, p. 158. .
Leblond, F0.yfl.9e aux Antilles et à V Amérique méridionale . Pans, in-8n, 18Jd.
Voir p. 350. , ,. , ,,
Ricord-Madiana, flwfotre naturelle et toxique de la Physalide pélasgienne.
Journal de pharmacie, XV, p. 375, 1829.