‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 46 sur 77 · T&NIA S AG IN ATA · texte numérisé non relu

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branches postérieures ou radicales et des branches antérieures ou apicales; ici, ces dernières sont encore peu marquées.

Sommer croyait toutes ces branches limitées par une membrane propre, provenant d'une dilatation excessive de la paroi de l'utérus. Au début, cette paroi se laisse en effet distendre, mais Moniez a constaté qu'elle ne tarde pas à se rompre; les œufs se répandent alors dans le parenchyme de l'anneau.

Fig. 234. — Anneau 1102 do Ta>nia saginuta, vu par la face supérieure ou mâle, d'après Sommer. Les testicules, l'ovaire et la glande de l'albumine sont déjà atrophiés. — f, branche montante de l'oviducte. — Les autres lettres comme dans la figure 228.

Sur l'anneau 1102 (fig. 234), les ramifications utérines sont encore plus développées et atteignent en arrière la lacune

ORDRE DES CESTODES.

anastomotique, sur les côtés les vaisseaux, en avant le bord antérieur de l'anneau ; les branches apicales se montrent avec leur forme en doigts de gant qui est caractéristique du Tœnia

saginala. Les testicules ont disparu depuis longtemps. Il en est de môme pour les lobes latéraux de l'ovaire, dont la dernière trace s'est évanouie sur l'anneau 980. Le lobe impair s'est conservé plus longtemps ; il n'a commencé à s'atrophier qu'à partir de l'anneau 1003 et a disparu définitivement à partir de l'anneau

Les œufs ont eux-mêmes subi d'importantes modifications: ils ont parcouru peu à peu les diverses phases que nous connaissons déjà (fig. 212) et l'embryon, à partir de l'anneau 996, s'est entouré de sa coque striée. Jusqu'alors les œufs, enveloppés de leur délicate membrane vitelline, étaient restés indépendants les uns des autres : à partir de ce stade, ils perdent cette membrane et les deux masses vitellines extérieures à l'embryon, en s'agglutinant à celles des œufs voisins, contribuent à former une masse réfringente et disposée en mailles étroites dans lesquelles sont renfermés les embryons.

Plus loin encore, à l'extrémité postérieure du Ténia, l'anneau 121b (fig. 235) présente d'intéressantes modifications. Le corps de Mehlis, A, n'a pas encore disparu, bien que son atrophie marche à grands pas; la branche de l'oviducte qui l'unitau fond del'utérus, i, estencore bien visible. On ne trouve plus la moindre trace des organes génitaux, soit mâles, soit te-

Fig. 235. — Anneau 1215 de Tœnia saginala, d'après Sommer. L'anneau a déjà commencé îi s'étrangler. Les glandes coquillières sont en voie de résorption.— j, ramifications latérales de l'utérus.

Les autres lettres comme dans la figure 2".'8.

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nielles, si ce n'est que la moitié externe et transversale du canal déférent et du vagin s'est conservée : on constate en même temps que les branches latérales de l'utérus font défaut à leur niveau, ou du moins sont très réduites. Les branches radicales de l'utérus n'atteignent pas complètement la lacune transversale; en revanche, les branches apicales empiètent légèrement sur l'anneau précédent.

C'est en cet état que les anneaux se détachent spontanément : sur notre figure, on peut reconnaître déjà que l'anneau est en train de s'isoler du précédent. Cette séparation se fait simplement par suite d'une exagération de l'étranglement interannulaire. Une fois qu'il s'est détaché, l'anneau va pouvoir continuer à vivre pendant plus ou moins longtemps : c'est alors, suivant la pittoresque expression de Pallas, un véritable c ovaire ambulant ». En même temps, grâce à la double solution de continuité que présente son tégument, aux points où il s'est séparé des deux anneaux entre lesquels il était primitivement intercalé, il pourra se vider plus ou moins de ses œufs : ceux-ci tomberont dans l'intestin et seront expulsés avec les matières fécales, dans lesquelles le microscope permettra de les reconnaître. L'anneau qui se débarrasse ainsi de ses œufs perd plus ou moins complètement ses ramifications utérines et diminue de taille, surtout de largeur. Mégnin a dans sa collection des anneaux de Ténia inerme, expulsés en mars 1881 par un cuisinier : ce sont des sortes de bandelettes longues de 30 à 35 millimètres, larges de S millimètres seulement, et dans l'intérieur desquelles on ne voit plus que quelques œufs épars. Une ponte toute semblable à celle que nous venons de dire s'observe encore assez fréquemment sur le dernier anneau du Ténia et même, par son intermédiaire, sur les deux ou trois anneaux qui le précèdent immédiatement.

A moins de violences, telles que l'administration d'un médicament anthelmintique, qui ont pour résultat habituel de rompre le Ver plus ou moins près de la tête et de provoquer l'expulsion d'un chaînon composé d'un grand nombre d'anneaux, les segments de Taenia saginala se séparent un à un et sont expulsés de l'intestin, non seulement avec les matières fécales, mais encore dans l'intervalle des selles, malgré la volonté du malade et quelques efforts que fasse celui-ci pour

«"8 OUDUE DES CESTODES.

contracter le sphincter anal. C'est là un caractère important, qui permet déjà de diagnostiquer presque à coup sûr le Ténia inerme.

Des signes plus précis seront fournis par l'examen même du Ver, soit qu'on en obtienne un fragment formé de plusieurs anneaux, soit qu'on obtienne un seul anneau. Dans le premier cas, l'alternance irréguiière des pores marginaux permettra de distinguer T. saginata et de ne point le confondre avec T. solium, chez lequel l'alternance se fait au contraire régulièrement d'anneau à anneau. Dans le second cas, on pourra, même à l'œil nu et sans le secours d'aucun réactif, mais plus aisément après action de la potasse à 1 p. J 00 ou de l'acide acétique à 1 p. 5, distinguer de chaque côté du tronc de l'utérus 20 à 30 branches parallèles, dont chacune se subdivise en 2 ou 3 rameaux secondaires. Chez T. solium, on ne trouverait que 6 à 13 de ces branches et leurs ramifications seraient plus dendritiques (fig. 250). Ajoutons que l'anneau du Ténia inerme est doué, après son expulsion de l'intestin, d'une active contractililé : il rampe en changeant de forme, et en s'allongeant et se raccourcissant tour à tour. Enfin, la forme générale de l'anneau est plus allongée chez T. saginata que chez 1\ solium : il est ordinairement long de 15 à 20 millimètres et atteint souvent des dimensions plus considérables; sa largeur est de 6 à 8 millimètres; Mégnin l'a vu atteindre parfois jusqu'à 35 millimètres de longueur.

P. Sommer, Veber den Bail und die Entwickelung der Geschlechtsorgnne von Tœnia mediocanelkda (Kiichenmeister) und Tœ nia solium [Linné). Z. f. w. Z., XXIV, p. 499, 1874.

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