‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 53 sur 77 · LE NU SOLIUM · texte numérisé non relu

LE NU SOLIUM

quer à ce propos que de semblables troubles peuvent être occasionnés par des Cvsticerques encéphaliques, ainsi que Bernard l'a reconnu chez un individu dont le champ visuel était considérablement rétréci. A titre d'exception, nous devons citer encore le cas de Teale, dans lequel un Cysticerque a pu séjourner dans l'œil pendant deux ans, sans amener aucun trouble visuel.

[.es Cysticerques de l'encéphale sont rarement inoffensifs. Le plus souvent, ils manifestent leur présence par des accidents redoutables, tels que des accès épileptiformes, des crampes, des paralysies, des troubles mentaux, etc., soit seuls, soit associés entre eux. La mort est l'issue habituelle; parfois elle est subite, sans qu'aucun accident préalable ait permis de supposer l'existence d'une tumeur ou d'un parasite encéphalique. Kiicheiimeister a fait l'étude de 88 cas de Cysticerques du cerveau : les principaux phénomènes observés pendant la vie du malade avaient été les suivants :

Pas de symptômes appréciables 16 fois.

Maux de tête, somnolence, langueur 6 —

Vertiges 1 —

Épilepsie 34 —

Paralysies 15 —

Troubles psychiques sans épilepsie 24 —

— avec épilepsie 17 —

— — avec apoplexie 10 —

La longévité du Cysticerque de l'Homme semble être considérable. D'après Cobbold, elle serait de huit mois; mais ce chiffre est certainement bien au-dessous de la réalité. Slich l'évalue à une période de :{ à G années pour les Cysticerques sous-cutanés. Lafitte a vu dans le service de B. Anger un Homme de trente-cinq ans ans qui portait un Cysticerque dans la paume de la main; le parasite avait commencé à se montrer i ans auparavant. Von Dumreiclicr a vu, chez un Homme de vingt-cinq ans, un Cysticerque qui occupai! la région temporale droite et qui remontait à i ans environ.

Le parasite vit encore plus longtemps dans l'œil et dans le cerveau. Sà'misch a trouvé en parfait élat de conservation, dans un œil qu'il avait énucléé, un Cysticerque donL il avait reconnu la présence 10 ans auparavant. Ziilzer parle d'une femme de Breslau qui, pendant plus de 20 ans, servit dans les cours d'ophthalmologie à démontrer la présence du Ver dans l'œil. Quant à l'encéphale, G-iac. Sangalli a vu durer 7 ans des phénomènes épileptiformes reconnaissant pour cause un Cysticerque; von GràTe a vu des troubles nerveux durer 9 ans; Davaine les a vn durer 10 ans, Hodust 12, Voppel 19.

La ladrerie de l'Homme est plus rare en France et en Suisse

OttDRË DES GESTODÉ8.

qu'en Allemagne. Ziislein nous donne pour la Suisse les renseignements suivants : à Zurich, Hasse ne l'a jamais vue etEberth ne l'a pas observée une seule fois sur 2500 cadavres; à Bàle, C. E. E. Hoffmann ne l'a pas rencontrée non plus sur 1 100 cadavres, mais Roth l'a vue 6 fois sur 1914 cadavres. En Allemagne, on l'observerait en moyenne 6 fois pour 1000 à Kiel, 6,7 fois àErlangen, 11,3 fois à Dresde et 16,4 fois à Berlin. En ce qui concerne cette dernière ville, Virchow arrive à une moyenne un peu moins forte, 12,5 fois seulement pour 1000 malades, comme cela ressort de la statistique suivante, basée sur les cas observés à la Charité de 1875 à 1879 :

En 1875 16,3 cas pour 1000

En 1876 13,2 -

En 1877 11,1 —

En 1878 9j

En 1879 . 12,3 —

On doit s'attendre à rencontrer quelque jour des Cysticerques dans les organes du fœtus ou chez des enfants nouveau-nés. Certains observateurs ont vu naître des Cochonnets atteints de ladrerie et, dans l'espèce humaine, on a vu les parasites se développer dans les tissus du placenta. Ces faits s'expliquent suffisamment par les migrations de l'embryon hexacanthe.

Il est actuellement hors de doute que les Cysticerques de l'Homme appartiennent tous à une seule et même espèce et représentent l'état larvaire de Tarnia solium. D'anciens auteurs, Laennec et Kœberlé. ont cru pouvoir en reconnaître plusieurs variétés ou mômeplusieurs espèces, mais ces distinctions n'ont pas été adoptées : elles ne répondent à aucun caractère zoologique certain et n'ont d'ailleurs aucune utilité pratique.

L'identité du Cysticerque de la ladrerie de l'Homme avec celui de la ladrerie du Porc est déjà évidente pour qui fait une étude comparative de l'un et de l'autre. Il était bon néanmoins, pour couper court à toute discussion, de démontrer le fait expérimentalement : c'est à Redon que revient le mérite d'avoir résolu cette intéressante question.

Redon ingère, dans du lait tiède, quatre des kystes recueillis sur un cadavre échoué à l'amphithéâtre des hôpitaux de Lyon. En outre, comme ces Cysticerques pouvaient être ceux d'un Ténia porté par un animal en relation fréquente avec l'Homme;

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