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L'EN I A SOLIUM

comme d'autre part, si le Cysticerque de l'Homme et le Cysticerque du Porc ne l'ont qu'un, le même individu peut porter les deux états, cystique et rubanaire, du même entozoaire, on prit la précaution d'en faire avaler un certain nombre à des Porcs et à des Chiens à la mamelle.

Des trois sujets mis en expérience, un seul, l'Homme, a fourni le milieu favorable. Les Porcs, nourris dans des conditions spéciales, ont succombé à de l'entérite, à des intervalles plus ou moins éloignés de l'époque de l'ingestion, sans que l'autopsie, faite avec le plus grand soin, révélât des traces de parasite. Les Chiens ne contenaient non plus aucune trace de Ver rubanaire. L'expérimentateur, au contraire, après trois mois et deux jours d'attente, constata la présence d'anneaux dans ses selles. Au premier examen, le professeur Lortet crut pouvoir affirmer que ceux-ci appartenaient à Tœnia solium. Cette opinion fut bientôt confirmée par l'expulsion d'un Ver complet, qui fut déposé au Musée de la Faculté de médecine de Lyon.

Th. Laennec, Mémoire sur les Vers vésiculaires, et principalement sur ceux qui se trouvent dans le corps humain. Mém. de la Fac. de niod. de Paris et de la Société établie dans son sein, (1804) 1812.

E. Kœberlé, Des Cysticerques de Ténias chez l'Homme. Gazette hebdom. de méd. et de chir., VIII, p. 182, 216, 263 et 328. 18GI. — Paris, in-8 de 50 p. et 3 pl., 1861.

L. Lafitte, Cysticerque de la paume de la main. Union médicale, (3), VII, p. 801, 1869.

Von Dumreicher, Cysticercus cellulose im Unlerhautzellgewebe der rechten Schiùfegegend. Wiener med. Presse, XIII, p. 125, 1872.

Redon, Expériences sw le développement rubanaire du Cysticerque de l'Homme. Comptes rendus, LXXXV, p. 676, 1877.

Introduit dans l'estomac de l'Homme avec la viande de Porc dans laquelle il est renfermé, Cxjsticercus cellulosœ ne tarde pas à subir des modifications qui nous sont déjà connues et qui l'amènent à l'état parfait. Il évagine sa tête, sa vésicule est digérée et se rompt à la base du cou, puis il est entraîné dans l'intestin grêle, entre les villosités duquel il se fixe au moy de ses ventouses. A ce moment, le jeune Ver est à peine lono de lmm,5 : il représente simplement la tête du Cysticerque pri" milif et est doué d'activés contractions. A partir du deuxième jour, le cou commence déjà à se segmenter et l'on assiste désormais à la formation incessante de nouveaux anneaux. Bien que des données précises fassent encore défaut à cet égard, on

en

ORDRE DES CESTODES.

doit penser que cette multiplication des anneaux se fait à peu près avec la même rapidité que chez l'espèce précédente. Parvenu à l'état parfait, Tsenia solium ressemble beaucoup à

T. saginata ; on trouve pourtant dans les dimensions générales, dans la forme et la structure des anneaux, dans la forme et la structure de la tête, dans les phénomènes cliniques déterminés par le parasite, un ensemble de caractères différentiels quenousallons passer en revue.

Tsenia solium (fig. 246) est plus court que le Ténia inerme : Davaine lui attribue une longueur de 6 à 8 mètres, Kiichenmeister une longueur de 2 à 3 mètres seulement; d'après Leuckart, il mesurerait il mètres à 3m,o0 à l'état d'extension et le plus souvent moins de 2 mètres nprès rétraction par l'alcool. Les chiffres indiqués par ces deux derniers au:

teurs sont certainement audessous de la réalité, car il n'est pas rare de rencontrer des [exemplaires complets, dont la taille est de 5 à 7 ou 8 mètres.

Fig. 24G. — Tœnia solium.

D'accord avec cette moindre longueur d.u Ver adulte, on constate une réduction du nombre des anneaux : Leuckart admet qu'ils sont au nombre de 850 environ ; les 80 ou 100 derniers sont mûrs et, à eux seuls, occupent plus du tiers de la longueur totale.

TiBNJA SOMUM. 409

La lôte (fig. 241) est plus ou moins arrondie, large de 0mn,5 à()mra,7; exceptionnellement elle atteint 1 millimètre delargeur. Sa face antérieure est surmontée d'une sorte de saillie appelée rostre ou proboscide, qui se montre parfois teintée en noir et au pourtour de laquelle s'insèrent deux rangées concentriques de crochets. Le rostre est d'ailleurs doué d'une grande contractilité : l'animal peut le retracter, l'invaginer même dans les tissus de la tête, ou l'étirer au contraire en une sorte de trompe. Les crochets suivent ces divers mouvements et il en résulte pour eux des situations variées.

Les ventouses, au nombre de quatre, sont exactement arrondies et mesurent deOmm,4 à 0mm,5. Elles sont également très contractiles et sont capables de faire Fië- 247- - Tête de Tœnia

.... , . ,. solixm, grossie 45 fois,

une saillie encore plus considérable que d'après i.euckart. celles du Ténia inerme. C'est surtout

grâce à elles que se fait la fixation du Ténia sur la muqueuse intestinale, bien que les crochets puissent intervenir aussi dans une certaine mesure, comme le montrent les mouvements de rétraction et de protraction qu'accomplit le rostre : lors de l'évaginalion de ce dernier, les crochets s'enfoncent en elîet dans la muqueuse, d'abord directement, puis en divergeant, ce qui augmente leur adhérence.

Fig. 248. — Grand et petit crochets de Tania solium, grossis 280 fois.

d'après Leuckart.

Les crochets, répartis en deux rangées égales et alternantes, diffèrent de taille d'une rangée à l'autre (fig. 248) : ils

4*0 ORDRE DES CESTODES.

sont disposés de manière à présenter leur pointe sur une même ligne circulaire, les plus petits s'insérant un peu au-dessous des plus grands. Leur nombre est de 26 à 28 d'après Leuckart et de 22 à 32 d'après Davaine. Ces différences tiennent sans doute à des variations individuelles, et aussi à ce que les crochets se détachent aisément après que le Ver a été expulsé de l'intestin. Par un examen attentif, on peut assez facilement s'assurer du fait, les crochets déjà tombés laissant sur la tête, comme trace de leur existence, une logette au fond de laquelle ils étaient enchâssés.

On a distingué dans un crochet trois parties distinctes : un manche, une garde ou talon et une lame ou griffe. 11 est plus simple et en même temps plus exact de n'y reconnaître qu'une lame et une base. Celle-ci est échancrée en son milieu, de manière à présenter deux lobes ou racines, et est renfermée tout entière dans la petite dépression dont il était question tout à l'heure; la griffe, légèrement incurvée en faucille, fait seule saillie au-dessus du niveau du rostre. Le crochet s'insère sur le rostre de telle sorte que l'une de ses racines est antérieure et interne, et l'autre postérieure et externe, la pointe de la griffe étant postérieure et le rostre complètement évaginé; la racine antérieure correspond à la convexité de la griffe (1).

La taille des petits crochets est à celle des grands à peu près comme 2 : 3. Leuckart leur attribue les dimensions suivantes :

Grand Petit

crochet. crochet.

De l'extrémité de la racine antérieure à

l'extrémité de la grille 1C7 à 175^. 110 à 130(x

De l'extrémité de la racine postérieure à

l'extrémité de la griffe 90 à 100p. 64 à 70(i

Longueur de la base 90 à 100|i 04 à 70(i.

La base du crochet est donc à peu près aussi longue que la distance qui sépare la racine postérieure de l'extrémité de la griffe. En outre des différences de taille, on peut constater encore des différences dans la forme générale des crochets. Par

(1) Nous désignons sous le nom d'antérieure la racine que Leuckart considère comme postérieure, et vice versâ. Nous avons eu eu vue la situation relative qu'occupent les racines quand le crochet est en place et le rostre en extension.

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exemple, la racine postérieure des petits crochets est plus large que celle des grands et comme bilobée; la griffe est un peu plus courte, plus amincie à sa base et plus fortement incurvée. On pourrait signaler encore d'autres particularités de moindre importance.

La structure de Tsenia solium rappelle beaucoup celle de T. saginata; les principales dissemblances s'observent dans les organes génitaux, mais le reste de l'organisation n'est pas sans présenter quelques particularités intéressantes. Les corpuscules calcaires sont moins nombreux que chez le Ténia inerme, la couche musculeuse est moins développée. D'après Leuckart, le système vasculaire subirait une remarquable modification : on le voit, à partir de la tête, se disposer exactement comme chez le Ténia inerme, puis la lacune se continue jusqu'à l'extrémité postérieure, sans présenter aucun changement; le vaisseau interne, au contraire, ne tarderait pas à disparaître. Moniez pense que cette oblitération est occasionnée par le développement des ramifications utérines, mais Leuckart dit qu'on l'observe déjà sur les anneaux dont les organes génitaux sont encore de petites dimensions. L'oblitération est, du reste, incomplète, et un examen attentif permet le plus souvent de retrouver la trace des vaisseaux (fig. 249, t)

Les glandes génitales se développent d'une façon qui nous est déjà connue : elles font leur apparition vers l'anneau 250. Le pore marginal, d'après Kiichenmeister, se montre lui-même à partir de l'anneau 317, et acquiert une plus grande netteté sur l'anneau 350 ; Leuckart ne l'a vu se développer qu'à 25 centimètres de la tête, c'est-à-dire vers l'anneau 370 ou 380.

Étudions maintenant la structure des organes génitaux complètement formés. La figure 249 représente un anneau parvenu à peu près au même stade que l'anneau 628 de Tsenia saginata (fig. 228). On reconnaît, au premier coup d'œil, que la structure est essentiellement la même, sauf de légères différences dont il nous faut dire un mot. On sera frappé notamment de la forme surbaissée de l'anneau.

L'appareil génital mâle est tout à fait semblable à celui de T. saginata; notons pourtant que le eanal déférent décrit des sinuosités plus nombreuses.

L'appareil génital femelle est également construit sur le

même plan. Mais, en outre des trois lobes que nous avons reconnus chez le Ténia inerme, l'ovaire présente un lobe accessoire, intercalé entre les deux lobes latéraux et tourné du côté

Fig. 240. — Anrreau de Tœnia soliam, vu par la face ventrale, d'après Sommer. Les lettres comme dans la fig. 228.

du canal déférent; ce lobe accessoire est de petites dimensions et se dirige obliquement d'arrière en avant. Le vagin est sinueux et l'arc qu'il décrit, depuis le réservoir séminal jusqu'au sinus génital, est à peine marqué. Le réservoir séminal est proportionnellement plus petit que chez le Ténia inerme; il est aussi plus fusiforme, surtout dans les anneaux anciens.

L'anneau mûr que représente la figure 250 est au môme stade que l'anneau 1215 de T. saginata (fig. 235), si ce n'est que le corps de Mehlis est moins fortement atrophié. L'anneau est notablement plus court que celui du Ténia inerme. Les branches latérales qui partent du tronc de l'utérus sont moins nombreuses: on en compte de sept à douze de chaque côté; elles se disposent fréquemment en alternance irrégulière et les rameaux qu'elles émettent naissent à une certaine distance les uns des autres et affectent une disposition dendritique. Les branches radicales ou postérieures sont souvent dilatées en massue par une énorme accumulation d'œufs. Les branches apicales ou antérieures ont l'aspect de bourgeons et n'empiètent

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