‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 6 sur 77 · R DUE DES SARCOSPOR1DIES · texte numérisé non relu

R DUE DES SARCOSPOR1DIES

Silvestrini e Rivolta. Giornale di anatomia flsiologia e patologia dei animali. Pisa, 1873.

Ziirn, Die kugel- cder eifôrmigen Psorospermtm als Ursache von hrankheilen lei Haustlneren. Leipzig, 1874.

J. Kunstler et A. Pitres, Sur la présence de corpuscules falaformcs dans le pus extrait de la cavité pleurale d'un malade atteint de pleurésie chronique latente. Comptes rendus Soc. debiol., p. 523, 1884.

J. Ktinstler et A. Pitres, Sur une Psorospermie trouvée dans une humeur pleurétique. Journal de micrographie, 1885.

S. Rivolta, Dei parassiti vgetali. Torino, 2» ediz., 1884. Voir p. 390-400.

ORDRE DES SARCOSPORIDIES

Les Sarcosporidies ou Psorospermies utriculiformes, appelées encore tubes de Miescher, tubes de Rainey, vivent habituellement en parasites dans le tissu musculaire strié ; mais il est aussi certaines formes que nous avons fait connaître et qui se peuvent rencontrer dans le chorion des muqueuses. Elles ont été signalées par Kiihn chez le Poulet, mais, à part cette exception, on ne les connaît que des Mammifères : on les a vues chez le Kanguroo, le Bœuf, la Chèvre, le Mouton, le Chevreuil, le Porc, le Cheval, le Lapin, la Souris, le Rat, l'Otarie, le Singe et l'Homme.

Bien qu'un grand nombre d'observateurs aient étudié les Sarcosporidies, on est resté bien longtemps dans l'ignorance, quant à leur structure et quant à leurs affinités naturelles. C'est au professeur Balbiani que revient le mérite d'avoir démontré que c'étaient des Sporozoaires. Nous avons pu, de notre côté, établir une classification des formes actuellement connues et nous croyons avoir précisé leurs relations avec les Coccidies.

Miescheria mûris R. Bl. 1885.

En 1843, le professeur F. Miescher, de Bâle, rencontra dans les muscles de la Souris, allongés dans le sens des fibres, des sortes de tubes dont l'épaisseur était environ quatre à six fois plus considérable que celle des faisceaux primitifs du muscle (fig. 34) : leur diamètre transversal variait en effet de 44 à 208 p. Ces tubes avaient pour paroi une simple membrane anhiste; ils se rencontraient également dans tous les muscles du tronc, des extrémités, du cou et de la face, dans ceux des

fi i

CLASSE DES SPOIIOZOAIRES.

yeux aussi bien que dans le diaphragme; au contraire, les muscles de la langue, ainsi que ceux du pharynx el du larynx

et tous les muscles involontaires (cœur, œsophage, intestin) étaient demeurés normaux.

Miescheria Hueti R. 131. i88o.

Chez une Otaria californica, morte au Muséum d'histoire naturelle, le Dr L. Huet a vu le système musculaire tellement farci de Sarcosporidies, qu'ifsuffisait d'enlever la moindre parcelle de muscle pour en rencontrer un grand nombre.

La Sarcosporidie est renfermée dans l'intérieur du faisceau primitif, au milieu même des fibrilles primitives ; tantôt elle est placée dans l'axe même, tantôt elle se rapproche plus ou moins du sarcolemme, tantôt enfin, mais plus rarement, elle est immédiatement au-dessous de celui-ci. Sa largeur moyenne est de 20 à 30 p, sa longueur est de 1 à 4 millimètres.

A la suite de Huet, Balbiani a donné une description magistrale de la Sarcosporidie de l'Otarie, description dont nous avons pu nous-même vérifier la parfaite exactitude , en même temps que nous notions quelques détails qui ne sont pas sans intérêt. Voici de quelle manière on doit se représenter l'évolution du parasite.

Les kystes que représente la figure 35 se trouvent à l'état de reproduction, c'est-à-dire qu'ils sont parvenus à la période ultime de leur évolution, comme le montre la présence des corpuscules réniformes. Mais, pour en arriver là, la Sarcosporidie a dû passer par une phase végétative ou d'accroissement,

Fig. 34. — Sarcosporidies dos muscles de la Souris, d'après Miescher.

ORDRE DES SARCOSPORIDIES. 35

durant laquelle elle était, constituée simplement par une masse protoplasmique, sans doute munie d'un noyau et limi-

Fig. 35. — Sarcosporidies dos muscles de l'Otarie, d'après Balbiani. — 1, fragment de muscle strié montrant les Sarcosporidies dans les faisceaux primitifs du muscle-, 2, faisceau primitif plus grossi; 3, groupe dejspores; 4, corpuscules falciformes isolés ; a, non mûrs ; b, mûrs.

tée par une membrane anhiste et d'une extrême délicatesse.

Son accroissement achevé, l'organisme s'estsegmenté, à l'intérieur de sa membrane, en un nombre plus ou moins consi-

ob CLASSE DES SPOROZOAIIIES.

dérablede vésicules ou de .«pores, entourées chacune d'une enveloppe indépendante de l'enveloppe générale du kyste.

La figure 35 ne représente qu'une phase de l'évolution. Dans un premier état, le sac est entièrement rempli de spores arrondies et contenant elles-mêmes un certain nombre de corpuscules réniformes ; dans un second état, plus avancé, tous les corpuscules réniformes sont libres à l'intérieur du kyste et on ne trouve plus trace des vésicules qui les enveloppaient précédemment. Il est évident que notre figure représente un stade intermédiaire, caractérisé par une réduction considérable du nombre des spores, qui ne s'observent plus qu'à la partie moyenne du kyste : les deux extrémités de celui-ci ne présentent plus de spores, mais simplement des corpuscules réniformes dépourvus d'enveloppe et serrés pêle-mêle les uns contre les autres. Cela revient à dire que, pour la Sarcosporidie de l'Otarie, la désagrégation des spores, par suite de la résorption de leur membrane d'enveloppe, marche de la périphérie au centre.

Des Sarcosporidies à membrane mince et anhiste ont été rencontrées encore par von Hessling, en 1846, dans les muscles du poitrail du Chevreuil, puis en 1854, dans le myocarde du Bœuf, du Veau et du Mouton (1). Des observations plus intéressantes au point de vue pathologique sont dues à Leisering etWinkler, à Dammann et à Siedamgrolzky.

Le vétérinaire départemental Winkler, de Marienwerder, avait vu, dans le courant de l'année 1864, un grand nombre de Moutons mourir subitement : l'autopsie lui révélait l'existence, sur tout le trajet de l'œsophage, de kystes particuliers, dont la nature lui était inconnue. Winkler fit part de son observation à Leisering et lui adressa des préparations à l'appui; celles-ci, communiquées à Gurlt, furent reconnues comme renfermant des tubes psorospermiques. Leisering put d'ailleurs examiner lui-même un œsophage qui présentait sur toute sa longueur de nombreux nodules d'aspect jaunâtre, de la grosseur d'un pois à celle d'une noisette ; ils étaient renfermés dans la couche musculeuse de l'œsophage et faisaient saillie extérieurement, dans le tissu conjonclif ambiant ; ils ressem-

(I) Th. von Hessling, Hislologisclte Mittheilungen. Zeitschrifc fur wiss. Zoologie, V, 1854. Voir p. 190.

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