OH DRE DES SARCOSPORIDIES
blaient à de petits abcès pleins de pus. Si on les ouvrait, on voyait s'écouler de quelques-uns d'entre eux un liquide lactopurulent, au sein duquel le microscope laissait voir en nombre immense les petits corpuscules réniformes qui forment le contenu des tubes psorospermiques. Après l'écoulement du liquide, il restait dans les nodules une masse plus cohérente, transparente, tremblotante, qui, en outre des corpuscules réniformes dont il vient d'être question, se composait de tissu conjonctif et de tubes psorospermiques complets.
D'autres nodules ne laissaient rien écouler à la suite de la piqûre. Leur contenu consistait en une masse un peu plus cohérente, que l'on pouvait extraire en totalité avec une pince. Cette masse se montrait alors composée en grande partie de tubes psorospermiques intacts et serrés les uns contre les autres. Dans cesnodules, Leisering (1) n'a pu trouver nulle part la moindre fibre musculaire bien conservée : ils étaient constitués uniquement par des Sarcosporidies et du tissu conjonctif.
La forme et la structure des tubes ne permettaient pas de douter qu'il ne s'agît là de Sarcosporidies. Il était particulièrement intéressant de les voir accumulées en si grandes masses dans des espaces si restreints et de les voir détruire toutes les fibres musculaires atteintes par eux. Les parties de l'œsophage qui semblaient être saines ne renfermaient aucun de ces parasites.
Un professeur de médecine vétérinaire à l'Académie de Proskau, Cari Dammann (2), eut également l'occasion d'observer, chez une Brebis âgée de neuf ans, des tubes psorospermiques qui avaient déterminé la mort de l'animal. L'observation est très analogue à la précédente : les tubes sont également amassés en nodules qui siègent le long de l'œsophage, mais qu'on retrouve aussi à la base de la langue et sur toute l'étendue du pharynx; c'est toujours dans l'épaisseur de la couche musculaire qu'on les rencontre; la muqueuse en est complètement dépourvue, mais présente à de certains endroits
(1) Leisering und Winkler, Psorospennienkmnlcheit beim Schaafc. Bericht UDer das Veterinàrwesen im Kônigi-ciche Sachsen, 18G5. — Virchow's Arcliiv fttr paihol. Anatomie, XXXVII, p. 431, 18G5.
(2 C. Dammann, Ein Fall von « Psorospermienkrankheit » beim Schafe. >irchows Archiv, XLI, p. 283, 1867.
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des lésions secondaires, comme de l'infiltration et de la rougeur.
En outre, en examinant au microscope les fibres musculaires de l'œsophage et du pharynx, on trouve partout dans leur intérieur des tubes psorospermiques : il est très rare qu'on fasse une préparation démuselés provenant de ces organes sans en rencontrer, ne fût-ce qu'un seul. En maint endroit, notamment au voisinage immédiat des nodules, on voit en outre les tubes psorospermiques se juxtaposer au nombre de deux ou trois et se loger dans l'interstice des fibres musculaires. On trouve également ces tubes en assez grand nombre dans les muscles de l'abdomen, du thorax et du cou, et en cela l'observation de Dammann diffère de celle de Leisering et de Winkler.
Dammann explique la mort de sa Brebis par l'œdème de la glotte qui s'est développé à la suite de l'inflammation du pharynx; cette inflammation était elle-même la conséquence de la présence des nodules parasitaires, qui étaient surtout nombreux dans le voile du palais. Il pense que la mort subite, que Winkler avait constatée chez ses Moutons et qu'il ne savait à quelle cause rapporter, était arrivée de cette même façon.
Siedamgrotzky (I), professeur à l'École vétérinaire de Dresde, constata chez un Cheval d'anatomie une atrophie et une pâleur anormale de certains muscles des membres. Ces muscles présentaient, surtout dans les couches superficielles, des stries blanchâtres ayant la direction des fibres et correspondant à des Sarcosporidies longues de 3 à 4 millimètres. Ces parasites déterminent par leur présence une altération particulière du muscle. Les noyaux du sarcolemme se multiplient, non seulement dans les fibres atteintes, mais encore dans les fibres voisines ; ces noyaux se forment comme des chapelets accolés au sarcolemme. De plus, le tissu conjonctif intermusculaire prolifère et la compression qui s'ensuit peut déterminer une atrophie simple de la fibre contractile. Enfin, à la longue, les utricules psorospermiques peuvent subir la dégénérescence calcaire et s'incruster de carbonate, mais surtout de phosphate de chaux.
(I) O. Siedamgrotzky, Psorospermienichlâucke in (1er Muskulatur der Pferde. Wochenschril't, fur Tliierheilkunde und Viehzucht, XVI, p. 97-101, 187*2. Analyso par Zundcl dans le Recueil de médecine vétérinaire (5), IX, p. 4G0, 1872.
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Le même auteur a fréquemment observé les mêmes altérations des muscles sur les Chevaux d'anatomie, ainsi que sur les Chevaux morts à l'infirmerie de l'École vétérinaire. Il a retrouvé les Sarcosporidies notamment dans la couche musculeuse de l'œsophage, où elles se présentaient toujours dans les fibres transversales, sous forme de stries blanchâtres assezfaciles à distinguer à l'œil nu; ces mêmes productions se rencontraient encore dans les muscles du pharynx, dans les muscles cervicaux inférieurs et dans le diaphragme. C'est, en somme, dans les muscles des premières voies digestives, ou à l'environ de celles-ci, que les tubes psorospermiques se présentent chez le Cheval : ce fait indique sans dou te que les parasites pénètrent dans l'économie avec les aliments solides ou liquides.
Ce n'est pas seulement chez les animaux que les Sarcosporidées se peuvent observer : Lindemann (1) a vu des « Grégarines» déterminer chez l'Homme une hydropisie mortelle. Les parasites s'étaient développés dans les valvules du cœur et formaient des amas longs de 3 millimètres, larges de lmm,5 et ayant l'aspect de noyaux brunâtres. Par suite de leur multiplication (?), ils avaient envahi peu à peu le tissu conjonctif des valvules et en avaient altéré la structure. L'élasticité des valvules diminuant, celles-ci se trouvèrent incapables de suppo rter la pression sanguine : de là des déchirures, des stases consécutives dans la circulation et finalement une hydropisie générale. Dans un autre cas, Lindemann a trouvé ces mêmes parasites dans le tissu même du muscle cardiaque. Nous pensons qu'il s'agit, dans l'un et l'autre cas, de Sarcosporidées du groupe des Miescheria.
Le travail de Lindemann ne nous est connu que par le com pte rendu qu'en a publié Beaunis. En l'absence du texte original ou de tout dessin représentant les productions qu'a rencontrées notre auteur, il serait téméraire d'affirmer sans restriction qu'il s'agit là de Sarcosporidies. Mais, si nous ne pouvons donner de ce fait une démonstration péremptoire, de sérieuses considérations le rendent du moins très probable.
(I)K. Lindemann, Ueherdie hygienische Bedeutung der Gregavinen. Deutsche Zcitschrift fur Staatsarzneikunde, 1868. Analyse par Beaunis dans Gazette mcd. ne Pans, p. 86, 1870.
Les Sarcosporidiesont été signalées chez desMammifères assez variés d'espèce et de régime pour qu'on puisse affirmer que l'Homme n'est point à l'abri de leur atteinte : s'il est vrai, comme tout autorise à le croire, que ces parasites arrivent dans l'organisme par la voie du tube digestif, leur plus grande rareté chez l'Homme s'explique par les préparations culinaires que celui-ci fait subir à ses aliments. A un autre point de vue, la fréquence avec laquelle ces tubes se rencontrent dans le myocarde, chez les animaux, indique suffisamment qu'il en peut être de même chez l'Homme. On ne saurait objecter que Lindemann les a rencontrés aussi dans le tissu des valvules du cœur, puisque von Hessling les a décrits et figurés lui-même en dehors du muscle cardiaque, dans les fibres dePurkinje.
Sarcocystis Miescheri Ray Lankester, 1882.
Synonymie : Synchxjtriiim mischerianum Kûhn, 1865.
11 n'est peut-être pas d'animal dans les muscles duquel les Sarcosporidies soient plus nombreuses que chez le Porc. Depuis que Rainey les y a rencontrées pour la première fois, en 1858, un grand nombre d'observateurs ont porté sur elles leurs investigations : aussi la Sarcosporidie du Porc est-elle assez bien connue, grâce aux observations de Leuckart et de Manz.
Le parasite est délimité par une épaisse cuticule, que traversent de nombreux canalicules poreux (fig. 36). Rainey pensait que cette cuticule était couverte de poils ou bâtonnets longs d'à peu près 12 mais Leuckart a montré que l'aspect décrit par Rainey tient à une désagrégation de la cuticule, comme cela se voit d'ailleurs pour le plateau des cellules épithéliales de l'intestin.
Le kyste peut atteindre jusqu'à 2 et 3 millimètres de longueur; sa largeur est de 0,08 à 0,3 millimètres. Il est effilé à ses deux extrémités et souvent à une seule; en cet endroit, la membrane semble s'être écartée légèrement de son contenu, de manière à laisser de part et d'autre un espace conique dans lequel on ne trouve pas de corpuscules réniformes, mais seulement des granules brillants. Cet aspect, mentionné pour la première fois par J. Kiihn, puis décrit avec soin par W. Manz, a été
OHDRE DES SARCOSPORIDIES. 61 retrouvé par le professeur Laulanié, de l'Ecole vétérinaire de Toulouse, sur de la viande de Porc, saisie à l'abattoir de Nice : l'enveloppe du kyste se condensait aux extrémités sous forme de deux pointes aiguës.
Le contenu des kystes est d'abord constitué par une masse sarcodique homogène; celle-ci se fractionne bientôt en un certain nombre de spores qui, serrées fortement les unes contre les autres, s'aplatissent réciproquement et prennent une l'orme polygonale, mais qui, isolées les unes des autres, prennent une forme sphérique, ainsi que cela se voit au niveau de la déchirure qui a été pratiquée dans la membrane d'enveloppe. Les spores sont d'abord homogènes, avec noyau; plus tard, elles montrent une paroi nette et leur masse se segmente en corpuscules réni-
formes. Par la suite, les spores se rompront et les corpuscules deviendront libres dans le kyste qui les renferme : c'est ce stade que Leuckart a décrit et figuré dans le muscle du Porc (fig. 37).
En raison de l'épaisseur considérable et de la structure poreuse de sa membrane d'enveloppe, la Sarcosporidie du Porc ne saurait être confondue avec les productions similaires qui, comme elle, siègent à l'intérieur des fibres musculaires striées, mais sont pourvues d'une enveloppe mince et anhiste. Elle doit donc devenir le type d'un genre Swcocystis, les Sarcosporidies à membrane mince et anhiste prenant le nom de Miescheria.
Les Sarcocyslis se rencontrent surtout chez le Porc, mais on en connaît aussi chez d'autres animaux : Beale en a observé chez le Bœuf et le Mouton et llatzel chez le Magot. Chez ce dernier, les kystes étaient répartis également dans toutes les parties du système musculaire qui ont été étudiées; on
Fig. 3G. — Tube psorospermique du diaphragme du Porc, d'après Manz.
L'enveloppe s'est rompue. A droite, on voit quelques corpuscules falciformes isolés.
CLASSE DES SPOROZOAIRES
trouvait en moyenne un kyste par centimètre carré de muscle : les muscles en étaient donc littéralement farcis. Dans les muscles du bassin etdans ceux du siège, ils étaient encore plus abondants et il est vraisemblable que la paralysie dont le Singe était atteint depuis plusieurs semaines, au dire de ses gardiens, reconnaissait pour cause ces productions parasitaires.
La plupart des auteurs s'accordent à considérer les Sarcosporidies du Porc comme des parasites inoffensifs, ne détermi-
Fi<*. 37. — Psoro s périmes des muscles du Porc, d'après Leuckart. — A, grossies 40 fois; B, fibre musculaire contenant un tube psorospermique, grossie 100 fois ; G, corpuscules réniformes isolés.
nant aucune lési on du muscle qui les héberge. Chez le Porc observé par Laulanié, ils avaient au contraire déterminé des altérations assez graves pour qu'on en prononçât la saisie. Le tissu musculaire était criblé de granulations fusiformes, jaunâtres, grosses comme une tête d'épingle et disposées souvent en , séries de deux ou trois dans le sens des fibres musculaires. L'examen microscopique a permis de constater que le muscle était partout frappé de myosite interstitielle diffuse. Mais cette myosite (que Laulanié a pu voir également chez le Cheval, dans
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un cas du môme genre) se concentrait en certains points et revotait la forme nodulaire, de manière à simuler des granulations tuberculeuses. Au fur et à mesure qu'elles grossissent, ces granulations empiètent sur le tissu musculaire, dont elles englobent et détruisent progressivement les fibres. Le fait que ce processus pathologique tient à la présence des Sarcosporidies se trouve démontré par l'examen de préparations sur lesquelles on voit des granulations à leur début, qui possèdent en leur centre un sac psorospermique.
Les Sarcosporidies qui se développent en dehors du tissu musculaire ont été signalées par nous pour la première fois. Elles forment un groupe naturel et diffèrent par plus d'un point des Sarcosporidies des muscles. Nous en formons le genre Balbiania, en l'honneur du savant professeur du Collège de France, dont les travaux ont fait faire un pas si décisif à l'histoire des Sporozoaires.
Balbiania mucosa R. Bl , i88j.
Nous avons rencontré cette Sarcosporidie chez un Kanguroo des rochers (Macropus penicillalus), mort au Jardin d'acclimatation. On trouvait ça et là dans le gros intestin, sauf dans le cœcum, de petits points blancs, de la taille d'un grain de millet, qui faisaient saillie à la surface. Chacun de ces points blancs correspondait à un kyste, dont le siège mérite de fixer l'attention. Les kystes, au nombre de plus de cinquante, que nous avons enlevés, occupaient tous la couche sous-muqueuse; aucun d'eux n'empiétait d'une façon quelconque sur la couche musculaire du gros intestin et les investigations auxquelles nous nous sommes livrés, à la recherche des tubes de Miescher dans les divers points du système musculaire strié, sont demeurées vaines : nulle part les muscles ne renfermaient de Psorospermies, partout ils présentaient un aspect normal.
Le kyste est situé au milieu même de la couche conjonctive sous-muqueuse : celle-ci l'enserre de toutes parts et s'est condensée à son voisinage. Contrairement aux tubes de Miescher qui sont d'ordinaire notablement plus longs que larges, ses deux diamètres ne sont pas très différents l'un de l'autre.et il présente assez volontiers une forme subsphérique. Ses dimensions
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extrêmes sont de Omn\71 à lmin,23 pour la longueur et de 0mm 56 à Omm,93 pour la largeur.
11 convient sans doute de ne pas attacher trop d'importance aux différences que présentent entre eux les deux diamètres du kyste, suivant qu'on examine des Sarcosporidies des muscles ou la Sarcosporidie sous-muqueuse du Kanguroo. Si la première est beaucoup plus longue que large, si la seconde se rapproche de la forme sphérique, cela tient, pensons-nous, à une sorte d'adaptation au milieu. Dans le muscle, le sens de la moindre résistance coïncide avec la direction des fibres musculaires : de là l'étirement considérable des tubes psorospermiques; dans la muqueuse de l'intestin, le tissu se laisse refouler au contraire à peu près aussi facilement dans tous les sens : de là la forme plus condensée du kyste.
La paroi du kyste est d'une minceur extrême : elle mesure au plus 0,7 [x d'épaisseur. Elle se colore fortement en rouge parle carmin et, de celte manière, se différencie aisément du tissu conjonctif condensé qui se trouve à son contact :elleest parfaitement anhiste, partout d'égale épaisseur et ne présente nulle part ni revêtement de cirrhes ni canalicules poreux.
Le contenu du kyste se présente sous un curieux aspect : il est formé d'un réticulum dont les mailles sont de taille très inégale suivant le point où les examine ; très petites au centre (fig. 38, a), elles deviennent d'autant plus larges qu'on se rapproche davantage de la périphérie. La transition ne se fait du reste pas d'une façon insensible, mais plus ou moins brusquement; à côté des mailles les plus petites, a, on en trouve dont les dimensions sont notablement plus grandes, ô,puis celles-ci se rattachent par des mailles encore plus larges aux mailles pé riphériques, c, qui sont les plus vastes de toutes.
La forme de ces mailles est irrégulière : parmi les plus petites, les unes sont arrondies et ont un diamètre de20 |x, les autressont oblongues, à grand axe dirigé dans le sens du rayon, et mesurent 28 |x sur 42 [x ; d'autres mesurent 28 jx sur 55 [x, d'autres 30 jx sur 65 (x, d'autres encore 25 à 28 [x sur 80 |x. Si on s'éloigne du centre, on rencontre des mailles plus larges encore, et finalement on trouve à la périphérie des loges dont les cbiffres suivants feront connaître les dimensions : 45 fx sur 170 jx, 56 (x sur 165 |x, 70 [x sur 185 (x, 85 [x sur 310 [x, 108 [x sur 240 |x. 11 est ma-
OHDRli DES SARCOSPOMDIlîS.
aisé de donner de ce réseau une descriplion qui s'applique à tous les kystes ; l'examen de Ln figure 38 donnera une idée exacte de sa disposition générale.
Au premier abord, il semble que l'intérieur du kyste soit divisé par des cloisons anastomosées entre elles et continues les unes avec les autres. Mais une étude plus attentive permet de constater qu'il n'en est pas ainsi. On doit imaginer que la cavité kystique est remplie de vésicules de taille très inégale, fortement déprimées par pression réciproque et limitées chacune par une membrane anhiste et délicate, que le carmin colore en rouge. Les membranes des diverses vésicules s'aggluti-
Fig. 38. — Balbiania mucosa. — a, spores centrales à protoplasma granuleux; 6, spores moyennes, dans lesquelles les corpuscules réniformes commencent à se former ; c, grandes spores périphériques remplies de corpuscules et formées par la résorption des parois d ; e, corpuscules réniformes isolés.
nent entre elles sur toute l'étendue de leur contact, à tel point qu'elles semblentneformerqu'unecloisonhomogène, mais, dans les angles et là où plusieurs vésicules. viennent à se rencontrer, il n'est pas très rare de les voir se séparer légèrement et laisser entre elles un méat de très petites dimensions. En tout cas, l'adhérence réciproque de ces membranes est toujours si intime que, môme lorsque la paroi du kyste a été dilacérée, les vésicules sont incapables de se séparer les unes des autres, comme c'est le cas pour Sarcocystis Miescheri.
Nous avons dit que les spores sont de taille très inégale, les plus grandes étant à la périphérie, les plus petites étant au centre. Cela tient à un phénomène dont nous avons reconnu
Blanchard. — Zool. méd. 5
bb CLASSE DES SPOROZOAIRGS.
l'existence chez Miescheria Hueti : au début, toutes les spores sont à peu près de dimensions égales et chacune d'elles renferme une simple masse protoplasmique ; mais bientôt les corpuscules réniformes commencent à prendre naissance, et leur formation est centripète. En effet, les spores périphériques sont toujours notablementplus mûres quelesspores centrales ; tandis que, surlaplupart deskystes, celles-ci sont encore rempliesd'une masse granuleuse dans laquelle on ne distingue ni corpuscules arrondis ni corpuscules réniformes, celles-là renferment au contraire exclusivement des corpuscules réniformes et sont limitées par des cloisons plus minces. Il est donc certain que la production des corpuscules réniformes, organismes reproducteurs, débute par la périphérie et s'étend peu à peu vers le centre : en même temps, les vésicules crèvent les unes dans les autres, par suite de la résorption de leurs parois, d, et c'est ainsi qu'on doit expliquer l'existence de vastes loges à la périphérie, alors que la région centrale est encore occupée par des vésicules de petites dimensions. Ce processus se poursuivant, on arrive à un état dans lequel le tube psorospermique est représenté par un simple sac bourré de corpuscules réniformes, e, et dans l'intérieur duquel on ne trouve plus de réticulum ou de vésicules d'aucune sorte.
Il est hors de doute que les corpuscules réniformes des Sarcosporidies sont les équivalents des corpuscules falciformes des Goccidies : comme ceux-ci, ils représentent donc l'organisme reproducteur. Les observations actuelles montrent que l'état de kyste à spores ou à corpuscules libres est l'état ultime que la Sarcosporidie puisse acquérir chez son hôte. Que deviendra' t-elle par la suite? Doit-elle être ingérée par un autre animal, en même temps que les viandes qui la contiennent? Cela est peu probable, car on ne peut expliquer de la sorte ce fait que les Sarcosporidies se rencontrent surtout chez les herbivores et les omnivores; une semblable explication ne serait manifestement valable que pour les carnivores. Du reste, Manzafait avaler sans succès à des animaux de la chair remplie de psorospermies. Les spores ou les corpuscules réniformes, mis en liberté par putréfaction du muscle, après la mort de l'animal, sont-ils susceptibles de rester plus ou moins longtemps eu vie latente, et rentrent-ils chez un nouvel hôte soit avec l'eau de boisson, soit avec les aliments, soit avec l'air inspiré? Cette supposition est, dans