‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 62 sur 77 · FAMILLE DES MONOSTOM I DÉS · texte numérisé non relu

FAMILLE DES MONOSTOM I DÉS

Celte famille comprend le seul genre Monosloma Zeder, 1803, représenté par plus de GO espèces : une seule a été indiquée chez l'Homme, et encore l'observation n'est-elle point incontestable. Les Monostomes sont des Trématodes à corps ovale, plus ou moins arrondi, pourvus d'une seule ventouse entourant la bouche. Ils sont fort analogues aux Distomes, mais diffèrent de ceux-ci par l'absence de ventouse ventrale.

Monostoma lentis von Nordmann, 1832.

Synonymie : Festucarla lentis Moquin-Tandon, 18G0.

Dans le cristallin d'une femme âgée, opérée de la cataracte, von Nordmann rencontra huit Monostomes. Ces parasites étaient logés dans les couches superficielles de la substance du cristallin, avaient 0mm,21 de longueur et se mouvaient, quoique lentement, après avoir été mis dans l'eau chaude. L'examen fut pratiqué aussitôt après l'opération. 11 est à remarquer que le cristallin n'était point encore obscurci, que la cataracte était en voie de formation et que le tissu du cristallin était encore mou.

Diesing, Leuckart et Cobbold pensent que Monostoma lentis est identique à Distoma oculi humani; Kuchenmeister croit d'autre part qu'il s'agissait là d'une Rédie. 11 est certain que l'observation rapportée par von Nordmann est trop sommaire pour qu'on puisse se prononcer avec assurance sur la nature des parasites qu'il a rencontrés; mais la présence de Monostomes dans l'œil de l'Homme n'est pas chose impossible. On sait en effet que certaines espèces peuvent vivre chez les Mammifères et Monosloma Setleni a été trouvé par Numan dans l'œil du Cheval (1).

Al. von Nordmann, Miltrographische Beitrage zur Nalnrgeschichte der wirbellosen Tliiere. Berlin, in-4°, 1832. Voir II, p. ix. — Analysé par Rayer, Note additionnelle sur les Vers obstrués dans l'œil ou dans l'orbite des a7iimau.v vertébrés. Archives de médecine comparée, I, p. 113, 1853. Voir p. 1 IG.

(1) De même, Monosloma constrictum a été vu par Diesing dans l'œil de la Brème.

DISTOMA. IIEPATICUM.

A Numan, OverWormcn, voorkomende in de oor/en van summign dtercn en denVenseh, vergezeld van eene vmarneming omirent een, tôt dus v-.r met foschreven, Wonn, verwijderd uit het oog van een Paard door de opemng van hat hoornvlies, Tijdsclirift voor natuurl. goscliicdonis en physiologie, VII, p. 358, 1850.

FAMILLE DES DISTOMIDÉS

Cette importante famille est constituée par des animaux à corps lancéolé, munis de deux ventouses. En outre de la ventouse buccale, on trouve en effet à la face ventrale une seconde ventouse dont la situation varie : est-elle rapprochée de la précédente, on a affaire au genre Distoma Retzius, 1786; est-elle reportée vers l'extrémité postérieure du corps, large et plus ou moins excavée, on a affaire au genre Amphistoma Rudolphi, 1810. Les Distomes et les Amphistomes sont hermaphrodites ; les animaux du genre Bilharzia Cobbold sont, au contraire, à sexes séparés.

Les trois genres que nous venons de nommer sont les principaux de la famille : tous trois renferment des espèces parasites de l'Homme. Les Amphistomes et les Bilharzies sont peu nombreux, mais on connaît environ 350 espèces de Distomes, les unes microscopiques, les autres de très grande taille et mesurant jusqu'à 10 ou 12 centimètres de longueur, comme Distoma ingens Moniez et D. gigas Nardo.

Distoma hepaticum Relzius, 1786.

Synonymie : Fascioln hepatica Linné, 17G7. F. humann Gmelin, 1789.

F. lanceolata Rudolphi, 1803.

La Douve hépatique vit normalement dans les canaux biliaires du foie du Moulon; on l'observe aussi quelquefois chez l'Homme et chez un certain nombre d'animaux, notamment chez des Ruminants et des Rongeurs.

Les œufs se voient en très grande quantité dans les canaux et dans la vésicule biliaire; ils donnent à la bile une teinte brun sombre et un aspect sableux; ils s'accumulent parfois dans les plus fins canalicules, au point de former une masse brune et compacte qui les oblitère complètement. Ils sont

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entraînés avec la bile dans l'intestin, et l'examen mieroscopique des matières fécales permet de les retrouver, en même temps qu'il est le seul moyen de diagnostiquer la présence du parasite

L'œuf, en effet, a une structure caractéristique. C'est un corps ovoïde, limité par une coque chifineuse, lisse, transparente et d'un brun jaunâtre. Ses dimensions moyennes sont de 130 {j. sur 80 (x; elles peuvent varier d'ailleurs de 105 à 143 (x pour la longueur et de 66 à 90 ^ pour la largeur. L'extrémité antérieure est un peu plus arrondie que la postérieure ; celle-ci est parfois légèrement épaissie et rugueuse. Au pôle antérieur se voit une ligne circulaire légèrement ondulée, qui limite un opercule large de 28 p.. Ainsi constitué, cet 'œuf ressemble beaucoup à celui de Bolkriocephalus lalus, dont il ne se distingue guère que par sa taille à peu près double ; ii ne lui ressemble pas moins par la structure et par le mode de développement.

L'œuf mûr renferme une seule cellule ovulaire, fournie par le germigène, et un grand nombre de cellules nutritives, fournies par le vitellogène. La segmentation commence lorsque l'œuf descend dans l'oviducte ; ses diverses phases n'ont pas encore été suivies chez Distoma hepalicum, mais Schauinsland, que nous prendrons encore pour guide, les a bien étudiées chez diverses autres espèces, notamment chez D. tereticolle.

Le vitellus de formation, représenté par la cellule ovulaire (fig. 29o, A, c), occupe le pôle de l'œuf où se formera la partie antérieure de l'embryon et où se voit l'opercule. Le reste de l'œuf est constitué par le vitellus de nutrition, b, dont l'origine cellulaire est encore indiquée par un grand nombre de noyaux; il est infiltré dans toute sa masse de granulations réfringentes. C'est le vitellus formalif qui, par ses divisions successives, fournit toutes les cellules blastodermiques, processus au cours duquel le vitellus nutritif est absorbé peu à peu.

La cellule-œuf possède un gros noyau nucléolé; elle est d'abord complètement sphérique. Elle s'allonge bientôt dans le sens du grand axe de l'œuf, puis se divise en deux blaslomères, B, cl. Ceux-ci se placent ordinairement l'un derrière l'autre et sont de taille inégale. L'irrégularité de la segmentation se poursuivant, on passe par des stades avec 3, 4, o, 6, 7 cellules de dimensions variables; il devient bientôt très difficile de fixer le nombre des blastomcres: leurs contours sont si incertains, que l'ensemble a l'aspect d'une grande cellule plurinucléée.

DISTOMA IIEPATICUM. 545 Vers les derniers stades de la segmentation, on remarque une cellule qui se sépare légèrement des autres, dont elle se distingue d'autre part en ce qu'elle occupe le sommet de l'amas des blaslomères. Cette cellule ne larde pas à se diviser en deux cellules nouvelles, D, e, qui recouvrent la morula à la façon d'une calotte et l'enveloppent progressivement, leurs bords s'allongeant en une membrane extrêmement mince. Ainsi se constitue un chorion, qui ne prend aucune

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