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ORDRE DES SARCOSPOMD1ES

l'état actuel, la seule que l'on puisse émettre, mais il faut reconnaître que des expériences positives font complètement défaut.

Le tube digestif est la voie par laquelle le parasite s'introduit normalement dans l'organisme. La présence de Balbiania mucosa dans la muqueuse du gros intestin suffirait à le démontrer. De même, les Miescheria et les Sarcocystis se rencontrent surtout dans les muscles qui avoisinent le canal digestif, le diaphragme, lepsoas, la langue,' l'œsophage.

On n'a pas encore été témoin des migrations des Sarcosporidies, mais ce que nous savons des Grégarines et surtout des Coccidies nous permet d'affirmer que, parvenus dans l'intestin, les corpuscules réniformes deviennent amiboïdes et peuvent de la sorte accomplir des migrations jusque dans le milieu qui leur convient. La possibilité pour les corpuscules réniformes de devenir amiboïdes est actuellement indiscutable : Waldeyer l'a observée et a vu les corpuscules rester en cet étal pendant deux heures; placés sur un terrain favorable, c'est-à-dire sur la muqueuse digestive,nul doute qu'ils y fussentrestéspluslongtemps encore. Virchow a pu constater aussi les mouvements amiboïdes des corpuscules réniformes : ces corpuscules, dit-il, «se meuvent d'abord dans le liquide et changent de forme, par suite de la formation de saillies et d'excroissances. » Pagenstecher dit les avoir vus lui-même accomplir de lents changements de forme.

Arrivés dans le lieu de l'organisme qui est propice à leur développement, ces petits corps amiboïdes s'arrêtent, s'entourent d'une membrane d'enveloppe, et grossissent considérablement avant de pouvoir se fractionner, commenous l'avons déjà dit plus haut. A partir du moment où le fractionnement commence, on assiste à la répétition des phénomènes que nous avons décrits.

Quant à l'importance pathogénique des Sarcosporidies, elle est suffisamment démontrée par les diverses observations que nous avons rapportées plus haut. On voit que ces parasites sont, comme la Coccidie du foie, capables de causer la mort.

Les affinités des Sarcosporidies ne sauraient être douteuses : elles sont étroitement apparentées aux Coccidies, plus particulièrement aux Polysporées (Klossia). Elles ne diffèrent des Coccidies polysporôes que par des détails secondaires, tels que la taille et l'habitat. Les Klvssia, en effet, sont des Coccidies, en ce qu'elles se développent à l'intérieur de cellules épithéliales et

en ce qu'elles sont d'assez petite taille pour se loger dans l'uno de ces cellules; mais on pourrait avec tout autant de raison les rattacher aux Sarcosporidies, en considérant que leur spore est arrondie, de grandes dimensions et non naviculaire, et qu'à son intérieur se forment un grand nombre de corpuscules réniformes, identiques aux corpuscules des Sarcosporidies, mais différant notablement des corpuscules falciformes des Coccidies vraies, par exemple de Coccidium oviforme.

Dans cette opinion, on ne saurait être surpris de voir une Sarcosporidie se développer au sein des cellules épithéliales. La localisation absolue des Goccidies et des Sarcosporidies n'existe point, quoi qu'on en ait dit : si les premières se logent le plus ordinairement dans les éptithéliums, il n'est pourtant point rare de les trouver aussi dans le chorion des muqueuses; et si les secondes sont parasites des fibres musculaires striées, on peut parfois les rencontrer également dans l'épaisseur des muqueuses ; il ne serait pas surprenant d'observer encore des formes de petite taille, vivant dans les cellules épithéliales. C'est ainsi que, par l'intermédiaire des Klossia, les Sarcosporidies se rattachent étoitement aux Coccidies.

R. Blanchard, Sur un nouveau type de Sarcosporidies. Comptes rendus de la Société de biologie, p. 417, 1885. — Comptes rendus de l'Acad. des sciences, C, p. 1599, 29 juin 1885. — R. Blanchard, Note sur tes Sairosporidies et sur un essai de classification de ces Sporozoaires. Bulletin de la Société zoologique de France, X, p. 2H, 1885.

Les Flagellés forment un groupe nombreux d'animaux dont quelques-uns peuvent présenter un notable degré de complication, mais dont les formes les plus simples (Mastigamœba aspera, Circomonas ramulosa) ont tant de ressemblance avec les Amibes, qu'on pourrait sans inconvénient les rattacher à cellesci. Ces faits, joints à d'autres qui trouveront leur place par la suite, rendent manifestes les relations qu'affectent entre eux ces deux groupes de Protozoaires.

Quelle que soit leur forme, quel que soit leur degré de complication, les Flagellés sont tous reconnaissables à ce que leurs organes de locomotion ou de préhension des aliments (chez les I formes sédentaires) sont constitués par un ou plusieurs longs ï

TRYPANOSOM A SANGUIMS.

filaments ou flagellions, animés d'un mouvement très rapide: ils sont toujours dépourvus de cils, mais peuvent être parfois plusou moinsamiboïdesou être ornésdemembranesondulantes. On rencontre parmi eux un certain nombre de formes parasites.

Trypanosoma sanguinis Gruby, 1843.

Synonymie: Paramecium loricatum Mayer, 1843. Amœba rotatoria Mayer, 184:).

Globularia radiala Wedl, 1849.

? Paramecium costatum Chaussât, 1850.

Undulina ranarum Ray Lankester, 1871.

? Paraiyecioides costatus Grassi, 1882.

Hœmatomonas Mitrophanow, 1883.

Eu 1843, Gruby trouva dans le sang de Grenouilles vivantes et adultes, au printemps et en été, un organisme allongé, aplati, transparent et contourné trois ou quatre fois sur lui-mêmecommeun tire-bouchon (fîg. 39). Sa longueur variait entre 40 et 80^, sa largeur entre 5 et 10 ^. L'un de ses bords élait lisse, l'autre était au contraire dentelé en scie sur toute son étendue. Le corps enfin se terminaitàchacune de ses extrémités par un filament effilé : l'antérieur était le plus mobile et mesurait 10 à 12 p.

de longueur.

L'organisme ainsi constitué présente un genre de locomotion des plus remarquables.

Il progresse en accomplissant un mouvement de vis et accomplit à la seconde quatre rotations complètes autour

iteu™ Tm», f fait "", total de 14400 '•éïolutions »

1 heure A 1 état de repos, ,1 est doué d'actifs mouvements amiboides et présente des aspects variés. Gel être n'est paTtr

Fig. 30. — Trypanosoma sanguinis, d'après Gruby.

fréquent : sur 100 Grenouilles, Gruby ne le trouve que chez deux ou trois, et chaque goulle de sang n'en renferme également que deux ou trois; il ne le voit pas chez les jeunes animaux et le rencontre plus souvent chez la femelle que chez le mâle.

En 1830, J.-B. Chaussât, dans un travail méconnu, confirme la découverte de Gruby.

Ray Lankester, en 1871, retrouva cet organisme dans le sang de la Grenouille. Le croyant nouveau, il lui donna le nom iïUndulina ranarum et le décrivit comme un corps comprimé, étalé en éventail, strié longitudinalement à sa surface et muni d'un noyau volumineux, ovoïde, mais dépourvu de vacuoles

Fig. 40. — Trypanosoma sanguinis, d'après Ray Lankester

contractiles ainsi que de bouche. A l'une de ses extrémités, l'animalcule présente un prolongement susceptible de s'étirer beaucoup et de se transformer en un flagellum mobile, à peu près aussi long que le corps ((ig. 40).

Plus tard, Gaule émit à l'égard des Trypanosomes une opinion singulière : pour lui, il ne s'agirait point là de parasites, mais de simples leucocytes, dont il aurait pu suivre sous le microscope la transformation en Trypanosomes; inversement, les Trypanosomes pourraient redevenir des globules blancs. Cette opinion n'eut d'autre défenseur que son auteur même et fut combattue au contraire par tous les naturalistes.

Le Trypanosome fut observé encore par Grassi, non seulement chez la Grenouille, mais encore chez la Rainette et le Crapaud.

TRYPANOSOMA SA^NGUINIS. 7J

Cet auteur a vu daus le sang de la Grenouille des formes qui pourraient bien représenter l'état jeune du parasite : ce sont des corps globuleux, à la surface desquels on voit prendre naissance une très étroite membrane ondulante, qui finit librement par un flagellum. Grassi décrit encore dans le sang de la Grenouille un organisme auquel il donne le nom de Paramecioides costatus. Il est possible que ce soit là une simple forme duTrypanosome : les mouvements amiboïdesdootpeutêtre doué celui-ci suffisent à expliquer l'absence du flagellum et la forme spéciale; il est en tout cas identique à Paramecium costatum Chaussât.

Nous avons pris pour type des Trypanosomes celui des Batraciens, parce qu'il est le mieux connu; mais ces parasites ne sont point spéciaux à cette classe de Vertébrés. A.-F.-J.-C. Mayer et Chaussât avaient observé déjà, l'un dans le sang de Cyprinus carassius, l'autre dans le sang du Barbeau de la Seine, des Trypanosomes que Mitrophanow retrouva récemment chez Cobitis fossilis et Carassius vulgaris et qu'il appela Hœmatomonas (H. cobitis et H. Carassii); Mayer les avait appelés Amœba rotaturia. Le sang des Chéloniens peut également renfermer de semblables parasites, comme l'ont montré Leydig et Kunstler. Enfin, ce qui ' doit nous intéresser bien davantage, c'est de constater leur présence dans le sang des Mammifères : Kunstler les a encore observés dans le sang du Cobaye, et c'est peut-être également à un Trypanosomequ'il faut rapporter le parasite découvertàCalcutta par Lewis, dans Je sang de Mus decumanus et de Mus rufescens.

Ce n'est pas seulement dans le sang que vivent les Trypanosomes : on les peut rencontrer encore en divers points de

Fig. 41.— Trypanosoma Balbianii, d'après Certes.

l'appareil digestif. Certes a décrit sous le nom de Trupanosoma Halbiann un parasite de l'intestin de l'Huître : c'est un orga-

nisme long de 40 à 120 p, large de 1 à 3 p, sur lequel les réactifs font apparaître une crête délicate : il se meut en vrille avec une exlrême vitesse et semble se reproduire par division longitudinale (fig. 41). Enfin, Eberth, en 1861, a trouvé dans l'intestin de divers Oiseaux (Poule, Perdrix, Oie, Canard) un organisme aplati, long de 12 ;\ 14 fx, large de 6 à 8 auquel Saville Kent donne le nom de Tr. Eberthi : peu abondant dans le contenu de l'intestin, il pullule au contraire dans la lumière des glandes de Lieberkiihn. Ajoutons toutefois que ce dernier organisme a été revu par Kiïnstler, qui le considère comme une Trichomonade à membrane ondulante élevée et très plissée.

Gruby, Sur une nouvelle espèce d'hématozoaire, Trypanosoma sanglants, Comptes rendus, XVII, p. 1134, 1843. Annales des se. nat. zool., (3), I, p. 104-

J. B. Chaussât, Recherches microscopiques appliquées à la pathologie. — Des hématozoaires. Thèse de Paris, 1850.

E. Ray Lankester, On Undulina, the type of a new groupe of Infusoria. Quart, journ. of micr. science, (2}, XI, p. 387, 1871.

A. Râliig, Ueber Parasiten des Froschblutes. Inaug. diss. Berlin, 1875.

T. R. Lewis, Flagellated organism in the blood of healthy rats. Quarterly journal of micr. science, ("2;, XIX, p. 10:), 1879.

J. Gaule, Beobachluiigen der farblosen Elemente des Froschblutes. Arehiv fur Physiologie, p. 3"5, 1880.

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B. Grassi, Sur quelques Protistes endoparasites appartenant aux classes des Flagellata, Lobosa, Sporozoaet Ciliata. Archives ital. de biologie, II, p. 402, 1882 et IU, p. 23, 1883.

P. Mitrophanow, Beilrage zur Kenntniss der HumaloZoen. Biolog. Central-

blatt, III, p. 35, 1883.

J. Kûnstler, Recherches sur lus Infusoires parasites. Sur quinze Protozoaires nouveaux. Comptes rendus, XCVII, p. 755, 1883.

Cercomonas hominis Davaine, 1854.

Synonymie : Cercomonas vdesiinalis Lambl, 1875 (nec 1859). Cercomonas Dauainei Moquin-Tandon,1860.

Bodo hominis Saville Kent, 1880.

Pendant l'épidémie de choléra de 1853-1854, Davaine vit souvent dans le service de Rayer, à la Charité, des malades dont les selles renfermaient des animalcules en quantité parfois si considérable, que chaque goutte en contenait plusieurs (lig. 42. a).

CERCOMONAS UOM1NIS. ~:*

Davaine à décrit ces parasites sous le nom tic Cercomonas hominis et en a donné la diagnose suivante :

« Corps piriforme, variable, long de 10 à 12 extrémité amincie se terminant par un filament caudal épais aussi long que le corps ; filament flageliiforme antérieur situé à l'extrémité obtuse, opposé au précédent, 1res long (deux fois aussi long que le corps ?) et mince, toujours agité, très dfûcile à voir; trait longitudinal vers l'extrémité antérieure, donnant l'apparence d'un orifice buccal (?) ; point de nucléus bien appréciable. Locomotion assez rapide, quelquefois suspendue par l'agglutination du filament caudal aux corps environnants, l'animal oscille alors, comme un pendule, autour du filament. »

En outre de ces animalcules observés dans les matières récentes des cholériques, Davaine vit en grand nombre dans les déjections d'un individu atteint de a b

fièvre typhoïde des Monadiens très analogues (fig. 42, b), mais pourtant pas identiques aux précédents : il les considère comme une

seconde variété de Cercomonas ho-

,., ,, . Fie. 42. — Cercomonas hominis,

mmis, variété qu il caractérise J.aprè8Davaine. a> première

ainsi: variété; 6, deuxième variété.

« Plus petite que la précédente; corps moins piriforme, à contours moins arrondis, long de 8 [i : deux filaments, l'un antérieur, l'autre caudal, situés un peu latéralement ; longueur des filaments non déterminée ; locomotion très rapide. Cette variété se rapproche des Amphimonas. »

Ces animalcules disparaissent dès que les matières fécales commencent à se refroidir. Leur petitesse, la continuité et la rapidité de leurs mouvements, rendent une observation exacte très difficile, observation qui ne peut être complétée après leur mort, car il devient impossible alors de les distinguer des corpuscules de nature diverse, des cellules épithéliales plus ou moins altérées parmi lesquels ils se trouvent.

Les deux variétés distinguées par Davaine sont trop peu connues pour savoir s'il convient de les considérer comme spécifiquement différentes; aussi convient-il de les réunir. Nous en dirons autant d'animalcules signalés par bon nombre d'observateurs et rapportés par eux à l'espèce Cercomonas hominis,

mais étudiés trop superficiellement pour qu'on puisse être bien fixé sur leur valeur systématique. Le seul point qui semble bien précis, c'est l'indication de la taille. Or, la comparaison des chifl'res donnés parles divers auteurs nous amène à cette conclusion que, sous le nom de Cercomonas hominis, on comprend un certain nombre de formes que nous sommes incapables de séparer actuellement les unes des autres, mais que bientôt nous saurons distinguer. Cercomonas hominis, tel qu'il est compris par les auteurs et tel que nous sommes contraint de le comprendre nous-même, n'est donc pas une espèce, mais un groupe d'espèces.

Cercomonas hominis est bien plus fréquent que ne le pensait Davaine. Non seulement il habite l'inlestin dans le cas de choléra et de fièvre typhoïde, mais on le trouve encore dans les diarrhées, aiguës ou chroniques, etLôsch, en même temps qu'il découvrait Amœba coli, le rencontrait avec une telle fréquence chez les diarrhéiques, qu'il y croyait sa présence habituelle. Ekecrantz, en 1868, a pu lui-même l'observer deux fois, au Sérapbiner-Lazaret, à Stockholm; dans un cas, il s'agissait d'un Homme de 34 ans, dans l'autre cas le malade était un Homme de 29 ans. Les parasites étaient les mêmes dans les deux cas et répondaient à la description de Davaine. L'eau les tuait rapidement, mais ils vivaient longtemps dans la salive ou l'urine; par une température de 16 à 18° G., la plupart vivaient encore cinq ou six heures après l'évacuation ; l'exposition au soleil retardait le moment de leur mort. Enfin, Nothnagel a vu dans l'intestin des Monades dont il donne une description trop incomplète pour qu'on puisse dire s'il convient de les rapporter au genre Cercomonas.

Jusqu'à présent, on n'a pas signalé dans nos climats la présence de ces parasites chez des individus sains ; mais, aux Indes, Lewis et Gunningham les ont fréquemment observés dans ces conditions. Ge dernier observateur les a trouvées 66 fois sur 100 dans les cas de choléra, et 28 fois sur 100 dans les cas de diarrhée simple ou chez les individus normaux. Chez les cholériques, ce ne sont pas toujours les seuls parasites que l'on rencontre dans l'intestin, mais elles sont toujours en majorité; leur apparition n'est pas en rapport avec un stade particulier de la maladie, bien qu'elles se montrent surtout en abondance

CERCOMONAS HOMINIS. 75

vers le milieu de celle-ci. Leurs mouvements s'arrêtent parfois deux heures après l'évacuation, parfois aussi ils persistent pendant plusieurs jours.

Si les Cercomonades sont incapables de faire naître la diarrhée, il n'en est pas moins certain que leur présence est dans une certaine relation avec l'état de l'intestin : elles sont d'autant plus nombreuses que la lésion est plus intense et, inversement, la guérison coïncide toujours avec leur disparition.

Bien que les constatations à cet égard soient encore fort incomplètes, nous ne pensons pas que leur présence dans l'intestin soit la cause de la diarrhée : nous pensons qu'elles n'apparaissent que secondairement, amenées du dehors, mais nous croyons aussi que l'affection détermine un état particulier dans lequel elles trouvent les conditions les plus favorables à leur développement. Elles se reproduisent alors activement et peuvent irriter à tel point la muqueuse, que le cours de la maladie en soit influencé et que celle-ci en éprouve une exacerbation. L'augmentation du nombre des parasites coïncide en effet avec une augmentation de la diarrhée, et celle-ci acquiert dans ce cas des caractères spéciaux qui permettent aisément d'en reconnaître la nature et la cause. Les selles prennent une teinte brun-jaunâtre et émettent une fade odeur de putréfaction; elles sont très visqueuses et ont une consistance de bouillie épaisse, due à la présence de nombreuses masses de mucosités.

Les Cercomonades ne vivent pas seulement dans l'intestin. Désirée en a trouvé dans le liquide évacué de l'estomac, au moyen de la pompe gastrique, chez une femme qui souffrait depuis près de deux ans d'une gastrite chronique : il est vrai qu'elles avaient pu remonter de l'intestin dans l'estomac, car celui-ci renfermait de la bile. C'étaient des animalcules longs de iO à 12 [x, à corps pyriforme, à filament caudal court et rigide; l'extrémité antérieure était constituée par un cil long de 3 à 4 p. ë

Des animalcules du même groupe ont été vus par Zunker dans la bouche, à la surface de la langue d'un malade atteint de cancer de l'estomac; les selles de ce malade n'en renfermaient que fort peu.

Dans un mémoire consacré à l'étude microscopique du tartre

/b CLASSE DES FLAGELLÉS.

dentaire, Steinberg aurait également vu dans 'la bouche jusqu'à douze espèces de Flagellés, dont cinq, du genre Cercomonas, sont désignés sous les noms de liodo {Cercomonas) socialis Ehrbg., Bodo (Cercomonas) intesUnalis Ehrbg., C. biflarjellata Sleinberg, C. acuminala Duj. et C. gîobulus Duj. Ces mômes espèces se retrouveraient à l'intérieur des dents cariées. Parmi les animalcules observés par Steinberg, un seul I comonas intestïnalis, élaitconnu déjà pour êtreaccidcntellement parasite du rectum des Batraciens ; un autre semble avoir été observé pour la première fois ; les trois autres étaient connus pour vivre à l'état de liberté dans l'eau. Ce fait ne saurait nous surprendre outre mesure, et l'on conçoit que, chez un individu ignorant les soins de propreté, même les plus rudimentaires, buvant des eaux malpropres, certains des Flagellés que renferment celles-ci puissent se retrouver dans la bouche (1).

Cercomonas hominis a encore été trouvé dans le foie par Lambl. Un jardinier, porteur de kystes hydatiques du foie, meurt de péritonite, à la suite d'une application de pâte corrosive. L'autopsie est faite au bout de douze heures : on trouve un Échinocoque de taille considérable, mesurant 32 centimètres de longueur sur 18 à 20 centimètres de largeur, et renfermé dans un kyste vraisemblablement formé par un canalicule biliaire élargi et dégénéré. Ce kyste, en outre de l'Échinocoque, contenait un liquide visqueux au sein duquel nageaient des Vibrions de taille variable et une énorme quantité de Cercomonades vivantes.

Celles-ci étaient animées de mouvements extrêmement vifs: on les voyait fréquemment se grouper par douzaines autour d'un point commun. Leur taille était variable et oscillait entre S et 14 (x. La forme variait aussi suivant l'état de contraction du corps, mais elle était le plus souvent elliptique ou fusiforme, parfois même plutôt piriforme ou cylindrique. Le flagellum e' le filament caudal étaient bien net?, et le premier se faisait

(I) En outre des cinq Cercomonades que nous avons citées, Steinberg a vu encore dans le tartre dentaire quatre Monades, savoir : Monas cre/nisculum Ehrbg,, M. Lens Duj., M. elongata Duj., M. globulusHu\. S'il n'y a pas eu erreur de détermination, il est intéressant do retrouver ici cette dernière espèce, qui est marine.

CEHCOMONAS HOMINIS. 77

remarquer par "son extrême finesse; l'un et l'autre semblaient manquer chez quelques individus.

A la base du flagellum se trouve un orifice qui représente une bouche et qu'entourent des bords contractiles. Le parenchyme du corps est hyalin et, sauf quelques granulations très réfringentes, on n'y voit que deux vacuoles contractiles situées en arrière.

Les Gercomonades se conservèrent vivantes pendant des semaines dans leur liquide. Lambl vit leur reproduction se faire par division, aussi bien chez des individus mobiles que chez des individus qui, dépourvus de flagellum et de filament caudal, s'étaient contractés en boule.

Malgré les recherches les plus attentives, il fut impossible de rencontrer des Cercomonades ailleurs que dans le kyste dont il a été question; on n'en trouvait aucune dans l'intestin. 11 est certain néanmoins que c'est bien de l'intestin qu'elles étaient venues, par le canal cholédoque, jusque dans le foie ; mais il est vraisemblable que cela remontait déjà à une époque reculée : en effet, on ne pouvait admettre que l'infection se fût prolongée jusque dans les derniers temps, en raison du séjour de deux mois que le malade fit à l'hôpital, en raison surtout de la localisation si précise des parasites au niveau du kyste.

Ce qui doit nous frapper surtout, c'est de voir une si grande masse d'animalcules vivre et pulluler pendant des mois dans un liquide que l'on doit a priori considérer comme totalement dépourvu d'oxygène. Des conditions tout aussi défectueuses se trouvent réalisées pour les parasites du vagin ou même de l'intestin. Ces faits en apparence paradoxaux trouvent leur explication dans l'opinion suivant laquelle l'absorption d'oxygène ne servirait guère qu'à produire de la chaleur : les êtres qui se trouvent suffisamment réchauffés par le milieu ambiant, sans qu'il leur soit nécessaire d'élever eux-mêmes leur température, n'auraient pour ainsi dire pas besoin d'oxygène. Bunge(l) a récemment institué à ce propos des expériences qui sont venues confirmer cette manière de voir; ses recherches portaient sur Ascaris myslax, Nématode parasite de l'intestin du Chat.

( I) G Bunge UeOer Sauerstofrbodùrfniss der Darmparasilen. Zeitschrift fur pliysiologischeChemip, VIN, p. 4<?, 1883.

P. V. S. Tham, Tvùnne fatl af Cercomonas. Tlpsala lakarcfôren. fôrliandl V, p. 091, 1870.

D. D. Gunningham, Unlersuchungen ûber das VerhBUnin mikroskopischer Organùmenzur Choiera in Indien. Zeitschrift fur Biologie, VIII, p. 251, 1872.

W. Lambl, Cercomonas et Echinococcus in hepate hominis. Rapport médical russe, n° 33, 1875 (en russe).

Znukcv, Ueber das Vorkommen der Cercomonas intestinalis im Digestions- Itanal des Menschen und dessen Beziehung zu Diarrhôen. Deutsche Zeitschrift fiir prakt. Medicin, p. 1, 1878.

Notlinagel, Zur Klinili der Darmkranlsheiten. Zeitschrift fur klinische Medicin, III, p. 240, 1881.

E. Destrée, Le Cercomonas intestinalis. Journal de méd , cliir et pharmacol. Bruxelles, LXXVII, p. 122-124, 1883.

Cystomonas urinaria R. Bl., 1885.

Synonymie : Trichomonas irregidaris Salisbury, 1868. Bodo urinarius Kunstler, 1883.

Nous créons le genre Cystomonas (xuutiç, vessie; monas, monade) pour un organisme qu'il est impossible de faire rentrer dans aucun des genres connus de Flagellés : sa caractéristique est la présence, à l'extrémité antérieure, de deux longs flagellums d'égale taille, et à l'extrémiLé postérieure effilée, d'un lia gellum encore plus long que les précédents.

En 1868, D.-D. Salisbury trouvait en abondance, dans l'urine et le mucus vaginal d'une fille de seize ans, venue dix mois auparavant d'Allemagne à Philadelphie, un parasite dont il ne donne point les dimensions, si ce n'est qu'il l'indique comme plus petit que Trichomonas vaginalïs. Cet organisme répond à la diagnose qui précède, bien que Salisbury décrive comme caudale l'extrémité à deux flagellums, que nous appelons antérieure.

Depuis, Kunstler eut l'occasion d'examiner les urines fraîches d'un malade atteint de pyélite chronique consécutive à une opération de taille. Il y découvrit, perdues au milieu d'une foule innombrable de globules de pus, de petites Monades, très difficiles à distinguer au début, à cause de leur petitesse, de leur transparence et de leur agilité (lig. 43). Leur longueur ne dépassait généralement pas 10 (/. ; quelques-unes pourtant atteignaient 15 [a.

Ces organismes possèdent à la partie antérieure du corps deux longs filaments locomoteurs d'une finesse extrême; dans

CYSTOMONAS URINARIA.

certains cas, on en peut voir trois ou quatre, ce qui est sans doute l'indice d'une division longitudinale. Ces flagcllums sont insérés sur l'extrémité atténuée d'une sorte de bec ordinairement tourné en bas et semblant déterminer une face ventrale. L'extrémité postérieure du corps s'emie considérablement et se termine par un long flagellum notablement plus gros que les deux précédents ; il est à peu près constamment animé d'un mouvement de rotation et d'ondulation, de manière à constituer un puissant organe de propulsion. Le corps de l'animalcule est courbe, obtus et renflé en avant, atténué en arrière; à la base des flagellums antérieurs se voit un espace clair circulaire, qui est sans doute le noyau.

Hassall, en 1859, a vu dans l'urine des cholériques et dans l'urine albumineuse des animalcules auxquels il donna le nom de Boclourinarius. Il leur assigne une longueur de 14 y. et une largeur de 8 à 9 jx; ils sont de forme ovale ou ronde, plus larges à une extrémité qu'à l'autre et munis d'un, deux ou trois longs flagellums, au moyen desquels ils se meuvent avec la plus grande rapidité : quand il y a trois flagellums, ceux-ci sont disposés deux à un bout et un à l'autre. Ces animalcules, qui se reproduisent par division, ressemblent assez à une Gystomonade, mais nous pensons qu'on ne doit pas

les comprendre au nombre des parasites de 1 Homme : en effet, Hassall ne dit pas nettement les avoir vus dans l'urine aussitôt après la miction, mais seulement dans l'urine alcaline exposée à l'air depuis plusieurs jours.

Fig. 43. — Cystomonas urinaria, d'après Kûnstler.

J. Kûnstler, Analyse microscopique des urines d'un malade atteint de pyélite chronique consécutive à une opération de taille. Travail communiqué à la Société d'anatomie et de physiologie de Bordeaux, dans la séance du 27 novembre 1883.

Monocercomonas hominis Grassi, 18^2.

Synonymie : Protomyxomyccs copHnaHus Gunningham, 1880.

Grassi a vu, dans les déjections d'une centaine d'individus atteints de diarrhée, des parasites de forme plus ou moins ovoïde, longs de 4 à 10 ^ et larges de 3,3 à 4,8 p, pourvus de trois ou quatre nagellums, à la base desquels se voit même parfois une sorte, de bouche (flg. 44). Il est probable que les nagellums sont normalement au nombre de quatre et si parfois on n'en aperçoit que trois, cela est imputable à l'extrême délicatesse de ces appendices. La queue s'étire en pointe

Fig. 44. — Monocercomonas hominis, d'après Grassi. — AC, état normal; DG, réduction du nombre des flagellums.

comme chez Trichomonas. Le corps renferme des vacuoles (contractiles?) et un noyau situé à la base même des flagellums.

Ces animalcules meurent entre 45 et 50°; ils disparaissent vite dans les déjections acides, mais peuvent vivre fort longtemps (jusqu'à 50 jours!) dans les déjections non acides et non putréfiées. Il est rare de les observer dans les cas de dysenterie, mais ils se rencontrent très communément chez les diarrhéiques, bien que tous n'en présentent pas. On les trouve en grand nombre dans l'entérocolite ab ingestis, sans qu'aucun symptôme spécial indique leur présence; parfois pourtant ils peuvent manquer complètement. Les Monocercomonades fourmillent parfois dans les selles diarrhéiques provoquées par les purgatifs; d'autres fois, on n'en trouve pas une seule. On

TlllCHOMONAS VAGINALIS. 81

n'en trouve jamais dans la diarrhée causée par des aliments tels que l'oignon, le lait caillé, non pins que dans les évacuations diarrhéiques des enfants à la mamelle. Enfin, dans les cas de diarrhée chronique, il est rare d'en trouver beaucoup; généralement, il y en a peu ou point. De tous ces faits, Grassi conclut que, dans la plupart des cas de diarrhée, mais non dans tous, se trouvent des Monocercomonades : elles apparaissent d'ordinaire dès le commencement de la diarrhée et disparaissent lorsque celle-ci prend fin.

C'est vraisemblablement à la Monocercomonade qu'il faut rapporter les Flagellés décrits par Gunningham et considérés par lui comme étant un simple état de développement d'un organisme parasite auquel il donne le nom de Protomyxomy ces coprinarius et qui passerait successivement par les états de Monade et d'Amibe et se reproduirait par spores. Il est manifeste que cet observateur s'est laissé entraîner faussement à établir des relations de parenté entre des êtres fort différents qu'il rencontrait côte à côte dans le contenu de l'intestin.

D. D. Gunningham, Ou the devel»pment of certain microscopical organisms eccurring in the intestinal canal. Quarterly journal of micr. science, (2), XXI, p. 234, 1880.

Trichomonas vagiualis Donné, 1837.

Synonymie : Trichomonas vagins Salisbury, 1RG8.

? Ciliaris bicaudalis Salisbury, 1SG8.

En 1837, le célèbre micrographe Al. Donné, alors chef de clinique médicale à la Faculté de médecine de Paris, découvrait dans le mucus vaginal un parasite du groupe des Flagellés, auquel il donna le nom de Trichomonas vaginale. Depuis lors, cet organisme a été revu par un certain nombre d'observateurs, par Henle, Kôlliker et Scanzoni, Hennig, Hausmann et surtout par Kûnsller, qui en a donné une bonne description. Davaine l'a vu dans l'urine de femmes atteintes d'écoulement leucorrhéique, et Salisbury a pu faire, lui aussi*, une constatation analogue.

Le mucus vaginal est normalement très acide, ce qui semble constituer une excellente condition pour le développement du parasite. Celui-ci ne s'observe en effet jamais au niveau de la BuNciunn. — Zool. mcd. G

vulve, non plus que dans l'utérus, les muqueuses de ces deux régions sécrétant un mucus alcalin. Pourtant Gasser a constaté que les variations de la réaction de la sécrétion vaginale sont sans influence appréciable sur son existence et son développement; on le trouverait aussi bien dans les sécrétions putrides à réaction acide que dans celles qui sont alcalines, le plus souvent cependant dans les cas d'hypersécrétion modérée du col et du vagin.

Donné pensait déjà que ce parasite ne se rencontre jamais dans le mucus vaginal sain et normal, fait qu'ont confirmé tous les auteurs. On ne le voit même pas quand la sécrétion est augmentée sans que ses principes constituants aient subi d'altération. Mais, dans le catarrhe virulent des organes génitaux, accompagné d'une sécrétion muco-purulente abondante, à réaction fortement acide, il pullule tellement que la dixième partie environ de ce muco-pus se compose de parasites vivants, accolés les uns aux autres. Toutes les fois qu'ils s'y trouvent, le mucus présente un aspect spumeux que Donné considérait déjà comme caractéristique.

Les injections d'eau dans le vagin amènent bientôt chez eux la cessation de tout mouvement, puis la mort ; le tannin, l'acide chromique, les solutions faibles de benzine, d'acide phénique, de sulfate de cuivre ou de bichlorure de mercure, etc., ont le même effet. Le passage du flux menstruel ou le travail de l'accouchement leur sont tout aussi funestes; Gasser note qu'ils réapparaissent le sixième ou septième jour qui suit l'accouchement, aussi bien dans les lochies que dans le vagin.

Trichomonas vaginalis est un parasite extrêmement fréquent. On l'observe surtout chez des femmes adultes et on le rencontre aussi bien chez les petites filles de six à sept ans que chez des femmes ayant passé l'âge de la ménopause. Hennig dit néanmoins ne l'avoir jamais vu avant la puberté ni après quarante ans. Kôlliker et Scanzonil'onttrouvédansplusdela moitié des cas observés par eux, aussi bien chez des femmes enceintes que chez des femmes non gravides. Hausmann l'a trouvée 75 fois sur 200 femmes enceintes, ce qui donne une proportion de 37,5 pour 100 ; le même auteur l'a constaté 40 fois sur 100 femmes non enceintes. D'après ses observations faites à l'hôpital Saint- André, à Bordeaux, dans le service du professeur Pitres, kiins-

TRICHOMONAS VaGINALIS.

lier a pu se convaincre que ces chiffrés sont bien au-dessous de la vérité et que, à très peu d'exceptions près, le parasite se peut observer chez toute femme atteinte d'écoulement purulent, a la condition que celle-ci ne s'administre pas trop fréquemment des injections froides ou alcalines.

11 est difficile de déterminer si la Tricbomonade du vagin est la cause de l'état pathologique dans lequel on l'observe ; la plu-

Hg. 45. —Trichomonas vaginalis, d'après Kûnstler,

part des auteurs disent non, mais Kûnstler dit oui. Pour lui. le parasite se développe dans les vagins affectés de pertes blanches ; il provoque l'irritation de la muqueuse et cause ainsi progressivement une vaginite purulente et acide.

Trichomonas vaginalis (fig. 45) est long d'environ 15 à 25 [a et le plus ordinairement de 16 à 18 jx, d'après Kûnstler. Il se trouve mélangé dans le mucus vaginal à une foule de globules de pus, dont il est parfois difficile de le distinguer, a un examen

84 CLASSE DES FLAGliLLliS.

superficiel. Il n'est pas rare de voir des groupes de cinq ou six individus réunis par la queue ou encore greffés sur un globule de pus ou sur un grumeau muqueux.

Le corps, habituellement ovoïde ou fusiforme, est de forme changeante et se présente sous des aspects divers. Se déplacet-il librement dans le mucus, l'organisme garde sa forme caractéristique et la translation se fait à peu près exclusivement au moyen des flagellums. Est-il au contraire comprimé et gêné dans ses mouvements par l'accumulation des globules de pus, il rampe et se déplace à la manière des Sangsues. Une température de 20 à 37° favorise ses mouvements : il est alors très actif; on le voit modifier ses contours et pousser des pseudopodes de taille parfois considérable. Il semble que cette faculté pe changer de forme soit particulière aux adultes : les jeunes animalcules présentent en effet les configurations les plus régulières.

Les mouvements se ralentissent et bientôt s'arrêtent quand la température s'abaisse; se relève-telle, on les voit réapparaître. L'animalcule cesse encore ses mouvements quand on le traite par l'eau froide : il devient rigide, bulleux et finit par se détruire; les injections alcalines déterminent les mêmes modifications. Il prend alors plus ou moins l'aspect d'une cellule épilhéliale vibralile et c'est ce quiaconduit Gluge, Valentin, von Siebold, Vogel et d'autres à révoquer son existence en doute.

L'extrémité antérieure du corps est pourvue d'une sorte de rostre sur le côté duquel s'insèrent les flagellums. Donné, Dujardin et Davaine n'en admettaient qu'un seul; Leuckart, puis Hennig n'en ont décrit que deux et exceptionnellement trois: Butschli et Blochmann ont admis qu'il en existait trois; enfin Kunsller a montré que le nombre normal de ces organes loco- . moteurs était de qualre. Ceux-ci sont au moins aussi longs que le corps et sont souvent jusqu'à trois fois plus longs. Ils adhèrent habituellement entre eux sur une longueur variable à partir de leur base; ils sont rectilignes ou onduleux, très fréquemment rabattus le long du corps, ce qui les rend fort difficiles à

voir- . . „

Le pôle postérieur du corps se prolonge ordinairement en une sorte de queue dont la forme et les dimensions sont extrêmement variables : c'est le plus souvent une pointe fine plus

TRICHOMONAS VAGINALIS. 83

ou moins recliligne; c'est parfois un appendice incurvé, tordu en spirale, aplati ou claviforme, qui remonto assez fréquemment, mais à une faible distance, sous forme de crête saillant à la surface du corps.

Des flagellums à l'appendice caudal s'étend, suivant une ligne spirale, une membrane ondulante dont Kûnstler a le premier reconnu la nature; jusqu'alors, on avait pensé qu'il s'agissait d'une rangée de cils vibratiles. Cette membrane est peu élevée et son bord libre est plus long que son bord adhérent', en sorte qu'elle se montre plissée et festonnée à la manière de la crête du spermatozoïde des Tritons. Elle est très surbaissée dans le tiers postérieur du corps, et peut passer aisément inaperçue, à moins d'un examen des plus attentifs. En outre du rôle important qu'elle joue dans les phénomènes de la locomotion, Kïïnstler remarque que cette membrane agit à la manière d'une vis d'Archimède et détermine dans le liquide renfermant l'animalcule un courant qui vient passer devant la bouche.

Celle-ci est située au voisinage de l'extrémité antérieure du corps, à une distance variable de la base des flagellums et à l'opposé du rostre. Elle est constituée par une ouverture infundibuliforme qui donne accès dans une sorte de tube œsophagien, paraissant assez rigide et d'une certaine longueur. Ce tube est indiqué nettement par une double rangée de corpuscules plongés au sein du parenchyme du corps et qui paraissent être des Bactériens ingérés, tant ils ressemblent à ceux de ces êtres qui se peuvent observer dans le mucus ambiant.

Le parenchyme du corps est finement pointillé; au centre et en avant, on voit des amas de granulations. Ce parenchyme est limité extérieurement par une mince cuticule anhiste ; il est dépourvu de vacuole contractile, mais renferme un noyau unique, ovalaire, allongé, sans nucléole et appliqué contre le lube œsophagien, près de l'extrémité antérieure du corps.

Le mode de reproduction de ce parasite n*a pas encore été observé, mais certains faits rapportés par Hausmann et par Hennig tendent à faire admettre que la multiplication se fait par simple division longitudinale.

Donne, Recherches microscopiques sur la nature du mucus. Paris, 1837. Hausmann, Die Parasiten der weiblichen Geschlechtsorgane. Berlin, 1870. Hennig, Der Katarrh der inneren weihlichcn Sexualor'gane. Leipzig, 1870.

iJ;-'F\o,a,SSer' DeS Par(,sites des organes génitaux de la femme. Thèse do

x 31 lb, i 874.

D Haussmann, Parasites des organes sexuels femelles de l'Homme et dé quelques animaux. Paris, in-8 de 198 pages 1875.

J. KUnstler, Recherches sur les In fusoires' parasites. Sur quinze protozoaires nouveaux. Comptes rendus de l'Acad. dos se., XCVII, p. 755, 1883

F. Blochmann, liemcrlaaigen ùber einige Flagellatcn. Zeitschrift fur wiss. Zoologie, XL, p. 42, 1884.

J. Kûnstler, Sur deux Infusoires parasites. Journal do micrographie, 188'.. J. Kunstler, Trichomonas vaginalis. Journal de micrographie, 1884.

Trichomonas intestinalis Leuckart, 1879.

Synonymie : Cercomonas intestinalis Marchand, 1875.

Le parasite dont il s'agit ici a été rencontré, en 1875, par Marchand dans les selles d'un typhique ; depuis il a été revu sept fois par Zunker dans diverses affections graves de l'intestin.

Cet animalcule (flg. 46), dont la description est- d'ailleurs

fort incomplète, ne diffère guère que par l'habitat de Trichomonas vaginalis, avec lequel il offre de grandes 1|P^ ressemblances par la taille, par la forme du corps et par la présence d'un filament caudal; aussi est-ce à juste titre que Leuckart lui a donné le nom de Tr. intestinalis.

r,. ,,, -, Les auteurs qui l'ont observé ne lui

rig.iC— Trichomonas mies- ^

tinalis, d'après Zunker. décrivent point de flagellums, mais

quand on ?onge à la délicatesse extrême de ces prolongements et h l'habitude toute spéciale qu'il faut avoir de ces recherches, on n'est point surpris de voir qu'ils sont passés inaperçus. La question qui se pose n'est donc pas de savoir s'ils existent, mais de savoir en quel nombre ils existent.

Le corps est long de 10 à 15 p., large de 7 à 10 ; il porte en outre un prolongement caudal qui mesure de 2 à 3(x. Il présente sur l'un de ses côtés une membrane ondulante anléropos térieure, qui est décrite par les auteurs comme une r.tngéo de cils vibratiles, mais dont la signification ne saurait Cire mise

TRICHOMONAS INTESTINALES. »/

en doute, après les délicates observations de Kunstler sur TV. vaginalis.

L'animalcule au repos a la forme d'un noyau d'amande. Son corps est formé d'un protoplasma transparent, renfermant quelques granulations éparses et présentant à sa partie postérieure un ou deux petits espaces clairs qui sont peut-être des vacuoles. L'extrémité postérieure est, comme nous l'avons dit, pourvue d'une sorte de piquant ; l'antérieure est au contraire arrondie et la membrane ondulante y est sans cesse en mouvement.

Tr.inlestinalis est extraordinairement agile ; il est doué d'une grande contractilité, en sorte que son corps devient parfois pour ainsi dire amiboïde. Les conditions deviennent-elles moins favorables à son existence, on le voit ralentir ses mouvements : il s'arrête, tourne encercle sur son pôle postérieur ou bien s'attache par son prolongement caudal et se balance d'un mouvement pendiculaire qui va en se ralentissant de plus en plus. Quand enfin la mort vient le surprendre, sa membrane ondulante n'est plus visible, il s'arrondit et prend ainsi l'aspect d'une simple cellule à contenu granuleux.

Zunker pense que ce parasite est plus fréquent que Cercomonas hominis : il l'a vu sept fois, tandis qu'il n'a observé que deux fois ce dernier. On le rencontre du resLe indifféremment dans les cas chroniques (diarrhée) et dans les cas aigus (fièvre typhoïde, péritonite, diarrhée profuse liée à l'ictère ou à la pneumonie). Le parasite se tient surtout dans le côlon et le rectum et serait capable, suivant Zunker, de provoquer une "vive irritation de la muqueuse, comme aussi d'entretenir et d'aviver les inflammations déjà existantes. Ce même auteur l'a observé une fois dans la bouche.

Rappin l'a également rencontré dans la bouche, sur luimême et chez untyphique. 11 le prend pour une Gercomonade, mais la description qu'il en donne ne peut s'appliquer qu'à une Trichomonade. Le corps, dit-il, est un peu long, ovalaire, de forme très variable. « 11 possède à une extrémité un long flagellum ayant environ une fois et demie la longueur du corps ; à l'autre, un aiguillon raide au moyen duquel il s'accroche aux parties solides de la préparation, tandis qu'il s'agite en mouvements désordonnés. Sur un de ses bords on aperçoit avec

très peu de nettelé des cils latéraux se mouvant avec une très grande rapidité.... On observe aussi dans l'intérieur du corps et dans certains cas seulement une sorte de noyau vésiculeux. »

Ce parasite peut donc se rencontrer sur des individus sains puisque Rappin était en parfaite santé quand il l'observa sur lui-même. Nous savons déjà que la prétendue rangée de cils vibratiles correspond à une membrane ondulante; quant aux

flagellums, il est probable que Rappin les a méconnus pour la plupart, en raison de leur extrême délicatesse, et que, là encore, leur nombre normal doit être de quatre.

Nous pensons qu'il faut rapporter à Tr. intestinalis les animalcules que Leeuwenboek a découverts dans ses matières fécales et dans lesquels Stein voudrait reconnaître Balantidium colï.

La lecture attentive du texte de Leeuwenboek amène forcément à cette conclusion, que Tr. intestinalis est, parmi les parasites actuels de l'intestin de l'Homme, le seul auquel se puisse appliquer la description suivante :

« .... In materia pellucida temporibus quibusdam quaedam animalcula, venuste sese moventia, omnia unius ejusdemque formai, aliqua majora, aliqua globulo sanguinis minora, vidi ; corpora eorum longiora quam crassa, et abdomina ungulis multis instructa, quibus per pellucidam materiam ac globulos talem ciebant motum, quasi multipedam per parietem currentem nobis imaginaremur, et quamvis celerrimum ungulis suis motum efficiebant, larde tamen promovebant, horum animalculorum in bac materia boc tempore saltem unum in magnitudine arena3, altero iterum tempore quatuor aut quinque imo aliquando sexaut octo, semel quoquealia animalcula ejusdem magnitudinis, sed alterius formationis, animadverti. »

Pour en finir avec les Tricbomonades, nous ajouterons que Sleinberg a signalé dans la bouche l'existence de trois Flagellés qu'il rapporte à ce groupe et qu'il désigne sous les noms de Trichomonas elongala, Tr. caiidata et Tr. flagellata.

Fig.47. — Trichomonas intestinalis, d'après Rappin.

MEGASTOMA INTESTINALE. «9 A zLccmvenhock, A nahmia scu interiora rcrum,cum animatarum tum inhnwaiarum, ope et- bénéficia exquisitissimorwn microscopioriim détecta, variisoue expel-imentis demonslrata. Lugd. Batav., 1087. - Voir fascicule II, p 38, Deviuis animalcule cxistenhbus in excrementis.

F. Marchand, Ein Fall von Infusorien im Typhitssluhl. Archiv fur patnol.

Anatomiè, LXIV, p. 293, 1875. „\ »•

Zunker Ueber da< Vorkommen der Cercomonas intestinale im Digestionskanal des Mcnschen und deren Beziehung zu Diarrhôen. Deutsche Zeitschr. fur prakt. Medicin, p. 1, 1878. "

G. Rappin, Contribution à l'étude des bactéries de la bouche a l état normal et dans la fièvre typhoï le. Thèse de Paris, 1881.

Megastoma intestinale R. Bl., 188j.

Synonymie : Cercomonas in'.estinalis Lambl, 1859 (nec 1875). Dimorphus mûris Grassi, 1879.

Megaitoma entericum Grassi, 1832.

Ce parasite, bien étudié par Grassi, est de forme singulière. On peut le comparer à une poire divisée en deux suivant son axe principal; la base est en avant et le sommet en arrière (fig. 48 et 49\ Les deux cinquièmes antérieurs sont échancrés

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