‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 71 sur 77 · STRONGYLUS LONGE VAGI NATUS · texte numérisé non relu

STRONGYLUS LONGE VAGI NATUS

abondance dans le parenchyme pulmonaire d'un garçon de six ans, mort d'une maladie inconnue; il l'envoya à Rokitansky, lequel le transmit à Diesing ; ce dernier en donna deux exemplaires à Leuckart.

L'animal est cylindrique, un peu effilé en avant et terminé par une extrémité céphalique conique. Le mâle, long de 15 à 17 millimètres, large de 0ram,55, s'infléchit à son extrémité postérieure et présente une bourse bilobée, dont chacun des lobes est pourvu de trois côtes; la côte externe est simple, les deux autres sont bifurquées. La femelle, longue de 26 millimètres et large de 0mm,7, est aisément reconnaissable à ce que son extrémité

. , . . . . Fig. 362. — Extrémité

postérieure porte un appendice court et ëcaudale de ia femelle, mince, conformé en alêne (fig. 362) ; la d'après Leuckart. vulve, bordée en avant par une crête, précède immédiatement l'anus et s'ouvre avec lui à la base de l'appendice caudal.

La cuticule est dense, épaisse, formée de plusieurs couches et présente une striation transversale. On remarque en outre une striation longitudinale, qui est occasionnée par la musculature et qui, par conséquent, fait défaut au niveau des lignes latérales. Celles-ci sont larges de 0mm,8, et sont marquées de raies transversales, régulièrement espacées, qui délimitent des segments à peu près carrés; ces segments sont dus sans doute à des plis de la cuticule; Diesing les prenait pour des œufs disposés en séries à l'intérieur de l'utérus.

La bouche est entourée de six papilles d'assez grande taille (fig. 363), toutes semblables entre elles. Le pore excréteur s'ouvre non loin de l'extrémité antérieure, vers le milieu de la longueur de l'œsophage. Le tube génital mâle, dont le cul -de -sac se voit immédiatement en arrière de l'œsophage, décrit quelques légères inflexions. L'organe copulateur est constitué par deux spicules jaune d'or, longs de 6 à 7 millimètres, c'est-à-dire ayant environ la moitié de la longueur du corps; ils sont droits, striés en travers et font ordinairement saillie hors de leur gaine, avec laquelle

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Diesing les confondait : d'où le nom de l'Helminthe. Le tube femelle est unique et assez court ; il renferme des œufs larges de 40 y., qui, dans la portion externe de l'utérus, contiennent déjà un embryon effilé et enroulé sur lui-môme. Nous avons dit que les parasites se rencontraient en très grande abondance, les uns dans les bronchioles, les autres dans le parenchyme pulmonaire. En tenant compte des lésions que provoque la présence de Slrongylus commutatus dans le poumon du Lapin, de Str. paradoxus dans celui du Porc et de Str. filaria dans celui du Mouton, il y a lieu de penser que le poumon de l'enfant ne devait pas être normal. Quand ils sont nombreux, ces parasites déterminent en effet une violente in- Fig. 3f>3. — Extré- flammat*i°n des dernières bronchioles et du mité céphaiique de parenchyme voisin, inflammation qui s'étend

Strongijius longe- souvent à une grande partie de l'organe et vafftJiatus, d après . , . T, , ,

Leuckart. peut môme causer la mort. Il est donc vrai-

semblable que l'enfant a succombé à une pneumonie vermineuse.

Comment se fait la propagation du parasite? Celui-ci est sans doute ovovivipare, à la façon de Str. filaria : l'embryon, mis en liberté dans les bronches, ne s'y développe pas, mais est rejeté au dehors avec les mucosités. Leuckart pense qu'il est alors avalé par un Insecte ou un Mollusque, qui lui servirait d'hôte intermédiaire; l'infestation se ferait quand le hasard amènerait ce dernier dans le tube digestif de l'Homme.

Cette hypothèse est peu plausible: les observations de Colin, de Baillet et d'Ercolani ont prouvé que les larves de Str. filaria sont douées d'une grande vitalité, qu'elles se conservent vivantes dans l'eau pendant des mois entiers et qu'elles résistent à un dessiccation prolongée. Ces larves peuvent donc s'introduire chez le Mouton soit par l'eau, soit parle fourrage, etilest probable que celles de Str. longevaginalus se comportent de même à l'égard de l'Homme. Quant à la pénétration dans le poumon, elle peut se faire de différentes façons, soit que l'Helminthe passe du pharynx dans l'œsophage pour atteindre le poumon, comme le fait la larve de Rhabdonema nigrovenosum,

STHONGYLUS LONGEVAGINATl.'S.

soit qu'il gagne cet organe en traversant l'estomac et le diaphragme.

Il s'agit peut-être d'une larve de Strongle pulmonaire en train d'accomplir ses migrations dans le cas rapporté par Rainey. En faisant une autopsie médico-légale, cet observateur trouva à la surface de la muqueuse du larynx et de la trachée un grand nombre de Vers très agiles, longs de 0mm,5, larges de 0mm,017 (fig. 364). La description qu'il nous en a laissée est des plus incomplètes. C'étaient des larves sans striation transversale, dont l'extrémité antérieure était obtuse et arrondie et l'extrémité caudale insensiblement amincie; à quelque distance de cette dernière se voyait une petite papille, correspondant sans doute à l'anus.

Bristowe et Rainey désignèrent ces vermisseaux sous le nom de Filaria trachealis: il est difficile de dire à quelle espèce ils appartiennent réellement; on peut du moins assurer que ce ne sont point des Filaires et qu'ils ont de grandes ressemblances avec les larves d'Ascarides et avec celles des Strongles du poumon.

Fig. 364. — Filaria trachealis, d'après Rainey.

C. M. Diesing, Systema helminthicm. Vindobonœ, 1851. Voir II, p. 317. — Id., Revision der Nematoden. Sitzungsber. der Wiener Akad. der Wiss., math.-nat. Classe, XLII, p. 722, 1860.

Rainey, Entozoon found in the larynx. Transactions ofthe pathological Society ofLondon, VI, p. 370, 1855.

ORDRE DES NÉMATODES.

Ankylostoma duodenale Dubini, 1843.

Synonymie : Agchylostoma duodenale Dubini, 1813.

Ancylostoma duodenale Creplin, 1845.

Anchylostoma duodenale Pruner, 1847.

Ancyloslomum duodenale Dubini, 1850.

Anchyloslomum duodenale Diesing, 1851.

Slrongylus quadridentatus von Siebold, 1851. Dochmius ancylostomum Molin, 18G0. Strongylus duodenalis Schneider, 18GC.

Dochmius duodenalis Leuckart, 1876.

Uncinaria duodenalis Railliet, 1885.

L'Ankylostome a été découvert en mai 1838, par Angelo Dubini, dans l'intestin d'une jeune paysanne, morte à l'hôpital de Milan. Considéré pendant longtemps comme un parasite inoffensif, on sait maintenant que c'est l'un des plus redoutables qui s'attaquent à notre espèce.

Les individus dont l'intestin héberge ce parasite rejettent constamment avec les selles des œufs qui ont déjà subi les premières phases de la segmentation, mais dont le développement ultérieur ne peut se poursuivre qu'en dehors de l'organisme humain . En effet, tandis qu'ils restent dans celui-ci, leur évolution demeure stationnaire, sans doute à cause de l'élévation de la température : Perroncito a montré qu'ils n'éclosentpas, si on les tient à une température de 35 à 40° pendant plusieurs jours; tout au plus arrivent-ils à l'état de morula.Dans les conditions normales, il faut au contraire de huit à dix heures pour que le développement de l'embryon s'achève.

L'œuf est régulièrement elliptique et arrondi aux deux bouts ; sa coque est mince, lisse, transparente et assez résistante; il mesure de 55 à 65 [i. sur 32 à 43 p. On pourrait le confondre avec l'œuf de l'Oxyure, mais il suffit de se reporter à la description de celui-ci (page 711) pour juger des différences de taille et de structure. Ajoutons que, au moment de la ponte, l'œuf de l'Ankylostome ne renferme encore que quelques blastomères, tandis que celui de l'Oxyure contient déjà un embryon gyriniforme.

Les œufs expulsés avec les excréments continuent à se développer au sein de ceux-ci ou dans la terre humide. Au bout de douze à quinze heures d'incubation, si la température est favorable, ou si on cultive

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