A N K Y L 0 S T 0 M A D U ODE N ALE
brcuses sinuosités, il se porte en arrière jusqu'à l'anus, au niveau duquel il rebrousse chemin pour regagner son point de départ; au moment de l'atteindre, il s'infléchit vers la face ventrale et se jette dans l'utérus antérieur, h, qui court d'avant en arrière, appliqué contre celle face.
L'ovaire postérieur, n,m,l,/c, prend naissance au même niveau que son congénère et, comme lui, se porte en arrière; mais arrivé au niveau de la vulve, il rebrousse chemin et remonte vers son point de départ; il s'infléchit alors derechef et court tout le long de la face dorsale jusqu'à l'anus, au niveau duquel il se jette dans l'utérus postérieur, g. Celui-ci marche d'arrière en avant, le long de la face ventrale, et finit par rencontrer l'utérus antérieur, avec lequel il se fusionne. De la réunion de ces deux tubes résulte un court vagin, qui s'ouvre aussitôt sur la ligne médio-ventrale. La vulve, f, se voit à un millimètre enviro n en arrière de la moitié du corps : c'est une fe.n te transversale à lèvres saillantes, large de 95 (a.
L'ovaire a une largeur maximum de 7b p.; les ovules qui s'y forment sont disposés en rayonnant autour du rachis. Dans sa portion externe ou oviducte, le rachis fait défaut et les ovules sont libres ; ils sont serrés les uns contre les autres et mesurent 30 f* sur 28 [*. La paroi de ce tube est revêtue intérieurement d'une couche claire, au sein de laquelle on voit çà et là des noyaux.
L'utérus est d'emblée notablement plus large que l'ovaire ; il est dépourvu de fibres musculaires et est tapissé à sa face interne de grandes cellules épithéliales, rappelant celles de l'intestin : ces cellules sont groupées en quatre colonnes longitudinales et sont jusqu'à dix fois plus larges que longues; leur épaisseur n'est que de M {>.. L'utérus est rempli d'ovules, au milieu desquels on re-
Fig. 374. — Schéma de l'appareil génital femelle, d'après Schulthess.
— a, bouche ; b, œsophage; c, intestin ; d, point de
réflexion de la
branche descendante du tube génital antérieur; e, anus; f, vutvc et vagin; g, utérus postérieur; h, utérus antérieur; i, continuation de l'utérus antérieur avec le tube ovarien correspondant; h, continuation de l'utérus postérieur avec le tube ovarien correspondant; l, m, réflexions de l'ovaire postérieur; «, sa terminaison en cul-de-sac; p, terminaison en cul-de-sac de l'ovaire antérieur.
OHDKIi DES NÉMATODIÏS.
marque un grand nombre de spermatozoïdes coniques et immobiles. C'est en effet dans sa cavité que la fécondation s'opère : le sperme s'y accumule après l'accouplement et s'y conserve longtemps intact. L'œuf est donc fécondé quand il quitte l'utérus; il s'est entouré d'une co que chitineuse et parfois même a déjà parcouru les premiers stades de la segmentation.
Sur une longueur de 0mm,3, la terminaison de l'utérus se transforme en un tube entouré de deux puissantes couches musculaires formées de fibres diagonales serrées : ces fibres s'enroulent en sens inverse, de manière à se croiser presque à angle droit. Ce lube, que Leuckart et Schulthess considèrent comme le vagin, malgré sa duplicité, est revêtu d'un épithélium dont les cellules, larges de 80 p. et épaisses de 40 proéminent à son intérieur et réduisent salumière à un canal étroit, mais extensible, tapissé d'une cuticule. Ces cellules sont claires, finement granuleuses et renferment un noyau large de 10 ^; comme celles du reste de l'utérus, elles se disposent sur quatre rangées.
Le véritable vagin est représenté par le court canal transversal qui résulte de l'union des deux utérus et se rend à la vulve. Ce canal ne possède plus qu'une seule couche de fibres musculaires longitudinales; il ne renferme plus l'épithélium que nous venons de décrire mais est limité intérieurement par une épaisse cuticule. De la ligne latérale droite partent deux faisceaux de fibres musculaires qui, nés à 0mm,2o l'un de l'autre, se dirigent l'un vers l'autre et se rejoignent au pourtour de la vulve; il est à remarquer que rien de semblable n'existe du côté gauche.
L'accouplement se fait dans l'intestin : le mâle se fixe au niveau de la vulve et embrasse étroitement le corps de la femelle au moyen de sa bourse copulatrice; ses spicules s'introduisent dans le vagin et aident encore à le consolider; peutêtre même sa papille anale s'introduit-elle dans la vulve. Les deux individus en copulation prennent l'aspect d'un Y dont l'une des branches et le pied sont représentés par la famelle et l'autre branche par le mâle. Ils restent probablement accouplés pendant plusieurs jours consécutifs, puisqu'on trouve des couples dont les femelles renferment déjà des œufs segmentés ; les vermifuges sont souvent impuissants à leur faire lâcher prise. Lutz dit que, sur 100 femelles, on en trouve une en copulation ; mais c'est là une exagération.
A Dubini, Nuovo venne intestinale vmano (Agchylostoma duodenale), costiluenle un seslo génère dei Uematoidei proprii dell' uomo. Annali uu.v.
ANKYLOSTOMA DUODENALE.
di raed. d'Omodci, CYI, p. 5-13, 1 8 i 3 . — Id., Enlozoogra/ia umana. Alilano,
C. Th. von Siebold, Ein Beitrag zur Helminthographia humana.... Z. f. w. Z., IV, p. 53, 1852. Voir p. 55.
Ed. Bugnion, L'Ankylostome duodénal et l'anémie du Saint-dothard. Revue môd. de la Suisse romande, n°» 5 et 7, 1881. Genève, in-8° de 62 p., 1881.
M Schultliess, Ankylostoma duode.nale. Zoolog. Anzeiger, IV, p. 379, 1881.
Beitrâqe zur Anatomie von Ankylostoma duodenale {Dubini) =
Dochmius intestinales (Leuckart). Z. f. w. Z., XXXVII, p. 163, 1882.
P. Mégnin, Sur l'organisation de la bouche des Dochmius ou Ankylostomes, à propos de parasites de ces deux genres trouvés chez le Chien. Comptes rendus de l'Acad. des sciences, XCIV, p. 663, 1882. — Id., Ankylostomes et Dochmies. Bull, de la Soc. Zool. de France, VII, p. 282, 1882.
Ed. Perroncito, L'anémie des mineurs au point de vue parasitologique . Archives ital. de biologie, II, p. 315, 1882; III, p. 7, 1883.
J. Chatin, Sur la reviviscence de l'Anchylostome duodénal. Compte rendu de la Soc. de biologie, p. 503, 1885.
0. Leich tenstern, Zur Entwicklungsgeschiclite von Ankylostoma duodenale. Centralblatt fur klin. Medicin, VII, p. 132, 1886.
L'Ankylostome habite le duodénum et surtout les deux tiers antérieurs du jéjunum ; Dubini ne l'a jamais vu dans l'estomac ni dans le gros intestin et ne l'a observé qu'une seule fois dans l'iléon; mais, suivant Bâumler, on pourrait le voir, dans certains cas, s'avancer assez loin dans celui-ci. Grâce à son armature buccale, il se fixe à la muqueuse, entre les villosités, et on ne peut l'en détacher qu'avec une certaine difficulté; on le brise plutôt que de lui faire lâcher prise. Il s'étend dans le sens du cours des aliments, le dos appliqué contre la paroi.
Avec ses dents, le Ver perce la muqueuse et dilacère les capillaires sanguins ; souvent même il enfonce dans l'épaisseur de la muqueuse toute la partie antérieure de son corps, allant à la rencontre de troncs vasculaires plus volumineux. Parfois encore, on trouve au-dessous de la muqueuse de petites cavités pleines de sang, dans lesquelles on voit un Ver enroulé sur lui-même et gorgé de sang; ce fait a été observé par Bilharz, Grassi, Niepce et d'autres.
Il se produit donc, au point où s'implante l'helminthe, une hémorrbagie capillaire : par suite de la déchirure de la muqueuse et des vaisseaux sanguins, le sang s'écoule dans l'intestin et celui-ci se montre rempli d'un liquide épais, comme gélatineux, d'une odeur sut generis et d'une couleur cendrée ou rouge obscur, liquide dont la coloration est en rapport avec le nombre des parasites attachés à la paroi. L'animal lui-même
764 ORDHE DES NÉMATODES.
exerce sur les capillaires une succion énergique et se gorge de sang; il ne l'absorbe point en totalité, mais peut le rendre à l'état de pureté par l'anus (Grassi et Leichtenslern).
L'hémorrbagie ainsi produite est de faible importance et est aisément compensée par l'apport incessant de matières nutritives dans l'organisme, quand les Ankylostomes sont peu nombreux et s'attaquent à un individu vigoureux. Au contraire, lorsque les parasites sont nombreux et portés par un hôte débilité ou mal nourri et soumis à une mauvaise hygiène, ainsiqu'àdescauses prolongées d'infestation, ils produisent une grave maladie, à laquelle on donne les noms les plus divers, suivant les pays, mais qu'il convient de désigner sous le nom tfankylostomasie. On trouve alors dans l'intestin plusieurs centaines de parasites, parfois même plusieurs milliers (jusqu'à 3000 et plus) ; renouvelés sans cesse, ceux-ci demeurent longtemps dans l'intestin, et l'individu qui les héberge, saigné sans interruption pendant des mois et même des années par tous ces parasites qui se repaissent de son sang, va en s'affaiblissant de plus en plus et finit par présenter tous les signes d'une profonde anémie, accompagnée de graves troubles digestifs, dus à ce que le Ver s'attaque à la portion la plus active de l'intestin ; la terminaison est fréquemment fatale. Grassi, Bozzolo et Concato ont constaté une grande diminution dans le nombre des globules rouges du sang; la teneur de ce liquide en hémoglobine est diminuée de plus de moitié. Il n'est pas douteux que le Ver ne soit la cause directe de l'anémie; néanmoins, quelques auteurs, comme P. Fabre (de Commentry) et Trossat, lui dénient encore ce rôle.
Wucherer n'a jamais vu le parasite ni ses œufs dans les déjections des malades, même après usage du suc de Gamelleira. L'helminthe, en effet, est assez rare dans les selles, car il ne quitte pas volontiers l'intestin, mais ses œufs sont toujours plus ou moins abondants: Campiglio en a compté jusqu'à 50 à 80 par gramme de matières fécales; chez un malade qui hébergeait 567 femelles, Leichtenstem évalue à 4 216 930 les nombre des œufs renfermés dans une seule selle du poids de 223 grammes.
Bilharz estimait que les mâles étaient trois fois moins nombreux que les femelles. D'autres observateurs ont donné des chiffres très différents ; mais, qu'on recherche les Vers à l'autopsie ou dans les
ANKYLOSTOMA DUODENALE'. T65
selles, après ingestion d'un purgatif ou d'un anlhelminlhique, les milles sont toujours plus rares que les femelles.
Cette différence tient à ce que le mâle vit moins longtemps que la femelle : suivant qu'on étudie la proportion numérique des sexes peu de temps, ou au contraire longtemps après l'infestation, on note donc de grandes variations dans le nombre des mâles ; ceux-ci finissent même par disparaître, alors que les femelles, plus vivaces, sont encore abondantes. D'autre part, ainsi que E. Parona l'a découvert, les mâles résistent mieux que les femelles à l'action des anthelmiuthiques; ils ne se montrent guère que dans les dernières selles. Chez un individu qui expulsa en tout 131 mâles et 189 femelles , les mâles étaient aux femelles dans la proportion de 1 : 1 ,44, savoir :
La lr0 selle contenait 8 mâles et 104 femelles. 2o — 1G — 19 —
Leichtenstern a observé des faits du même genre ; un individu évacua 38 mâles et 131 femelles, soit 1 : 3,44.
La lr0 selle contenait 10 mâles et 121 femelles. 2e — 28 — 7 —
Le parasite est doué d'une grande longévité, que Schulthess estimait à 8 mois au maximum ; mais Leichtenstern a encore vu le "Ver, chez un briquetier anémique, 21 mois après que celui-ci eut cessé tout travail. L'animal est incapable de se reproduire dans l'intestin de l'Homme : quand la maladie n'a pas atteint trop profondément l'organisme, et quand le malade est tenu longtemps à l'écart des causes d'infestation , la guérison peut donc s'établir spontanément, par suite de la mort successive de chacun des parasites.
L'ankylostomasie est extrêmement répandue à la surface du globe. En Europe, elle est connue sous le nom ^anémie des mineurs, maladie décrite pour la première fois, en 1802, par Noël Hallé chez des mineurs d'Anzin et dont la cause est longtemps demeurée inconnue ; on l'attribuait naguère encore à de mauvaises conditions hygiéniques, à l'action de gaz délétères, etc. L'attention fut attirée sur elle en 1879, le jour où, à Turin, à la clinique de Bozzolo, Graziadei trouva le parasite en faisant l'autopsie d'un mineur anémique qui avait travaillé au percement du tunnel du Saint-Gothard. Un grand nombre de mineurs avaient déjà succombé dans de semblables circonstances ; des centaines moururent encore et chez tous on retrouva
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l'helminthe. Aussi Perroncito proclama-t-il que l'anémie des ouvriers du Saint-Golhard était d'origine purement parasitaire. Ce même savant constata lui-môme la présence de l'helminthe chez les mineurs anémiques de Saint-Étienne, fait confirmé plus tard par Trossat et Éraud ; Lesage et Manouvriez firent la môme observation chez ceux de Valenciennes. Fabre et Dransart l'ont encore rencontré dans les mines de Commentry ; G. Parona, puis Bergesio et Aicardi dans quelques mines sardes.
Les ouvriers du Saint-Gothard avaient à leur disposition de l'eau puisée dans le Tessin ; elle était d'une limpidité parfaite et était amenée dans les galeries renfermée dans des wagonnets. Ce n'était pas à cette eau qu'il fallait attribuer l'épidémie, mais bien plutôt aux flaques stagnant en divers points du tunnel. Ces flaques d'eau, dans lesquelles les ouvriers déposaient leurs excréments, étaient bien le milieu le plus favorable pour le développemént des Vers ; nous savons déjà par quel procédé ils pouvaient passer de là dans l'intestin de l'Homme.
L'anémie causée par l'Ankylostome ne s'observe pas dans toutes sortes de mines. Dans les mines de sel gemme de Wieliczka , près C'racovie, relle n'a jamais été constatée : cela tient, ainsi que nous l'avons démontré, à la salure des eaux qui, à peu près concentrées, constituent un milieu dans lequel les larves ne sauraient se développer.
En Hongrie, la maladie a été signalée dans les mines d'or de Schemnitz par Schillinger, Tôth et Perroncito, mais n'a jamais été vue dans celles de Kremnitz, bien que ces deux villes soient voisines l'une de l'autre, et que les mines y soient exploitées par des ouvriers qui passent fréquemment de l'une à l'autre.
Nous avons démontré que cela .tient à la nature de la roche : à Kremnitz, celle-ci est constituée par de la marcassite, sorte de bisulfure de fer qui, à l'air humide, se désagrège en donnant de l'acide sulfurique libre. C'est donc à l'acidité des eaux qui stagnent dans les galeries qu'il faut attribuer l'absence de l'Ankylostome. A Schemnitz, la roche renferme une moindre quantité dè marcassite ; aussi a-t-on pu voir, jusqu'en 1881, l'anémie y sévir; nous dirons tout à l'heure par suite de quelles mesures elle a disparu.
L'ankylostomasie a encore été signalée récemment dans le bassin houiller de Liège par Firket, puis par Masius et Fran-
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cotte, et dans celui d'Aix-la-Chapelle par G. Mayer et Volckers.
Grassi et les deux Parona ont également reconnu, en 1879, que l'helminthe était la cause de l'anémie des briquetiers et des tuiliers, connue depuis longtemps en Allemagne et attribuée par quelques auteurs aux émanations des fours. Graziadei, Bozzolo et Perroncito reprirent la question et confirmèrent les observations de leurs devanciers. En Allemagne, Menche et Leichtenstern ont également démontré que l'Ankylostome est très répandu chez les briquetiers des environs de Cologne et de Bonn, chez lesquels il détermine des symptômes analogues à ceux que présentaient les ouvriers du Saint-Gothard. Snyers a observé à Liège un certain nombre d'anémiques venant de Cologne, et Dubois a vu dans le Limbourg, aux environs de Maestricht, quatre briquetiers qui avaient pris également le parasite aux environs de Cologne. Celui-ci ne se voit pas chez les brûleurs, mais seulement chez ceux qui travaillent avec leurs mains l'argile humide ou qui portent au séchoir les briques encore mouillées.
Divers médecins italiens ont encore observé que l'Ankylostome est la cause de l'anémie dont sont fréquemment atteints les ouvriers des rizières; il est également commun chez les ouvriers des solfatares, ainsi que Cantù, Giordano et Pernice l'ont démontré.
En Italie, le Ver n'avait pas été revu depuis Dubini et Castiglioni (1884), quand Sangalli le retrouva à Pavie, en 1866, environ dans 50 pour 100 des autopsies. Sonsino et Morelli l'observent à Florence en 1878, Ciniselli à Pavie en 1878, Grassi et les deux Parona à Pavie et à Milan en 1878; Grassi apprend à reconnaître les œufs du parasite dans les selles des malades. Depuis la célèbre épidémie du Saint- Gothard, on l'a encore rencontré en diverses localités : Perroncito l'a vu à Carignano, sur le Pô, dans la province de Turin ; Bozzolo à Novare, à Naples et en Toscane; Tosatto dans la province de Brescia, Cantù dans celle de Forli, Bonuzzi dans celle de Vérone et Vanni dans celle de Florence. Enfin, Grassi, E. Parona, Bho, Calandruccio et Cammareri, l'ont encore observé en diverses localités de la Sicile. On doit encore considérer comme un cas italien l'observation d'ankylostomasie faite à Vienne par Kundrat, en 1872, chez un individu qui avait élé militaire en Italie. On peut dire, en un mot, que le parasite est répandu par toute l'Italie, y compris la Sicile et la Sardaigne, mais qu'il abonde surtout dans les régions du nord : il y
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étail déjà fréquent à l'époque de Dubini, puisque cet auteur le rencontrait dans 20 pour 100 des autopsies.
Suivant Cobbold , le Ver serait inconnu en Angleterre. Rodriguez Mendez l'a observé en Espagne. Kùchenmeister, Gervais et van Beneden et Moquin-Tandon le signalent encore en Islande, mais Krabbe a prouvé qu'il n'y existe pas.
En Asie, l'Ankylostome a été observé par Day à Cocbin. D'après Mac Connell, il est loin d'être rare aux Indes parmi les indigènes, du moins dans le bas Bengale ; il ne semble pas provoquer d'accidents. Il a été rencontré plusieurs fois au Japon, à Kioto par Scbeube et àTokio par Balz ; il détermine des anémies profondes.
Le parasite existe encore dans l'archipel malais; suivant van Leent, il est fréquent chez les forçats qui travaillent dans les mines de Bornéo et Roth l'a vu à Bâle, en 1879, à l'autopsie d'un soldat suisse qui revenait de Batavia.
Il est également fort répandu en Egypte, où Pruner l'a observé en 1847. Griesinger a reconnu, en 1851, qu'il est la cause unique de la maladie connue sous le nom de chlorose tV Egypte, dont est atteinte la moitié de la population pauvre. Il est si commun au Caire, au dire de Bilharz, qu'il est exceptionnel de faire une autopsie sans le rencontrer. Il semble ne pas exister en Algérie (1), mais Lostalot-Bachoué l'a vu sur la côte de Zanzibar, et Monestier et Grenet l'ont observé à Mayotte : il cause Vhypokémie inter tropicale. D'après Davaine, on l'aurait vu en Abyssinie. Sur la côte occidentale d'Afrique, Stormont et Clarke l'ont vu en Guinée; Moulin, Thaly etBorius l'ont signalé dans le Haut-Sénégal ; d'autres l'ont observé à Sierra Leone et sur la côte d'Or.
En certains pays d'Amérique, l'Ankylostome atteint une telle fréquence qu'il est au nombre dés plus grands dangers que puisse encourir la population : nulle part il n'est plus abondant qu'aux Antilles et au Brésil. Aux Antilles, il cause la cachexie aqueuse, le mal-cœur, le mal oVestomac des nègres, la chlorose tropicale, maladie qui a été observée tout d'abord à la Guadeloupe, en 1742, par le P. Labat, puis à la Jamaïque, en 1793,
(1) A. Vital dit qu'on ne l'a vu qu'une seule fois à l'hôpital militaire de Constantine, chez un indigène récemment arrivé de la Mecque.
ANKYLOSTOM.V DUODENALE. 709
par Bryon Edwards. Depuis lors, on l'a constatée tour à tour à Saint-Domingue, a Porto-Rico, à Saint-Thomas, à Saint-Martin, h la Martinique, à la Dominique, à Sainte-Lucie, à Grenade, à la Trinité, etc. Elle s'observe encore dans les Guyanes : Bajon et Segond l'ont constatée à Cayenne, où Riou Kérangal a vu le parasite; Bodschied et Hancock l'ont observée dans la Guyane anglaise; Cragin, Hille, vanLeentet d'autres ont noté son existence à Surinam.
La maladie est commune en Colombie, notamment dans la province d'Antioquia, d'après Posada-Arango ; elle est connue sous le nom de tun-tun et les malades sous celui de luntunientos.
Cette même maladie est encore très fréquente au Brésil, où G. Piso la signalait, dès 1648, sous le nom à'oppilatio. En 1831, Jobim la décrivait sous ceux à'anémie intestinale et à'hypokémie intertropicale ; on l'appelle encore aujourd'hui opilaçâo et cançaço (1 ). Elle s'attaque à toutes les races et à tous les âges, sauf aux enfants à la mamelle. C'est une erreur de croire, comme on l'a faitlongtemps, qu'elle s'observe principalement ou même exclusivement chez les nègres : elle est en effet plus fréquente chez ceux-ci, mais cela tient à ce qu'ils vivent dans des conditions qui prédisposent davantage à la maladie.
En 1866, Wucherer vit à Bahia l'Ankylostome chez tous les malades atteints d'opilation ; presque en même temps , J.-R. de Moura faisait la même découverte à Theresopolis ; en 1871, D. C. Tourinho confirmait ces observations. Depuis lors, un grand nombre d'auteurs ont étudié l'ankylostomasie et cette maladie est actuellement au nombre de celles qui sont le mieux connues. Elle est rare dans les villes, où elle s'observe presque toujours chez des individus venant de la campagne ; les agriculteurs et les jardiniers sont le plus frappés , les hommes sont atteints plus souvent que les femmes. Elle s'observe dans presque tout le Brésil ; très fréquente dans la région intertropicale, elle s'atténue dans le sud et ne dépasse pas Porto Alegre, c'est-à-dire le 30e degré de latitude.
L'ankylostomasie s'observe encore en d'autres régions d'Amérique. Aux États-Unis, Chabert et Duncan l'ont rencontrée dans la Louisiane ; Lyell l'a constatée dans l'Alabama et la Géor-
(1) Suivant lo professeur Cl. Jobort, dans le sertâo de Goyaz et de Minas Geraes, on dit qu'un individu atteint par l'Ankylostome est empalamado.
Blanciiahd. — Zool. méd. 49
ORDRE DES NÉMATODES.
gie; les observations d'Heusinger et de Geddings pour la Caroline du sud, celles de Little et de Letherman pour la Floride sont douteuses et se rapportent plutôt à la malaria.
Gastelnau l'a encore rencontrée au Pérou, dans le bassin du haut Maranon, et Galt en Bolivie, chez les indigùnes de Sarayacu.
Ankylostoma ditodenale ne se trouve que chez l'Homme; il s'y observe fréquemment en compagnie de Rhubdonema intestinale. L. Vaillant dit l'avoir vu aussi chez le Gibbon : le fait n'a rien de surprenant, puisqu'on sait que ce Ver existe dans l'archipel malais; toutefois, il n'est pas impossible qu'il s'agisse d'une espèce distincte.
D'après Mégnin, les Ankylostomes du Chien et du Chat ne seraient que de simples variétés de l'espèce qui s'attaque à l'Homme, mais on les considère plus ordinairement comme une forme spéciale, A.tri(jonocephahi7n;cel animal produit chez le Chien une anémie pernicieuse, qui décime les meutes dans diverses régions de la France.
A. tubwforme Zeder, et A. Bakami Crassi et Parona, parasites du Chat, sont identiques au précédent. A. stenocephalum Railliet se voit chez le Chien, A. commun Creplin chez le Mouton et la Chèvre, A. radiatum Rud. chez le Veau, A. boue R. BÎ. chez le Boa.
En quelque pays qu'on l'observe, le parasite se comporte donc toujours de la môme façon à l'égard de l'organisme humain : partout il détermine de profondes anémies, dont le traitement est des plus simples. L'extrait éthéré de Fougère mâle à la dose de 10 à ib grammes, l'acide thymique à la dose de 10 grammes, la doliarine (1) sont particulièrement efficaces; la sanlonine, le calomel, le Chénopode anthelminthique sont sans effet. Moura dit qu'à San Paulo de Muriahé, dans la vallée du Rio Parahyba, on administre avec succès le latex de Carica dodecaphylla Velloso, plante appelée communément jaracolia, jaracatia, ou jacotia.
La prophylaxie se trouve indiquée déjà par ce qui précède; dans les pays chauds, où l'anémie est endémique, l'usage d'eau bouillie ou filtrée empêchera sûrement l'introduction du parasite dans l'intestin ; les ouvriers des mines, des tuileries ou des rizières auront soin de ne prendre leurs repas qu'après s'être lavé scrupuleusementles
(I) La doliarine est un principe cristallisable, extrait par Peckolt du suc laiteux d'Urosligma (Ficus) doliariiun; le suc est évaporé en un extrait sec qu'on fait bouillir dans l'alcool absolu ; on filtre la solution bouillante qui, par le refroidissement, laisse déposer des flocons blancs; ceux-ci peuvent encore être lavés à l'alcool absolu, puis desséchés. Au Brésil, les cunosos ou curadeiros, sortes de charlatans guérisseurs, traitent l'opilation par le suc récemment extrait du tronc et en obtiennent de bons résultats.
ANKYLOSTOMA DUODENALE.
mains et de ne rien porter à leur bouche qui ait été en contact avec l'eau bourbeuse. Quant aux mesures à prendre dans les mines où l'anémie est en permanence, il nous suffira, pour dire en quoi elles consistent, de citer l'exemple des mines de Schemnitz. Depuis 1881, l'ankylostomasie a si complètement disparu de ces mines, qu'on n'en a plus observé un seul cas. Ce brillant résultat est dû à l'application stricte des mesures suivantes :
Dans les galeries où les eaux d'infiltration étaient particulièrement abondantes et arrivaient à former des plaques, un canal profond d'environ 2 mètres a été creusé. Ce canal est souterrain sur toute son étendue, mais présente de distance en distance des orifices recouverts de planches mobiles, et dont l'usage comme fosse d'aisances est obligatoire, sous peine d'une forte amende. Les canaux ainsi creusés dans les diverses galeries aboutissent tous à un canal collecteur qui traverse le flanc de la montagne, sort de terre et va se jeter dans le fleuve voisin. Depuis la mise en pratique de ces mesures, le sol des galeries de mine est devenu très sec, et, les causes d'infestation ayant été ainsi anéanties, l'anémie des mineurs a disparu sans retour.
La bibliographie de l'Ankylostome est extrêmement étendue. Nous ne citerons ici que les publications importantes qui ne se trouvent signalées ni dans le mémoire de Bugnion, ni dans la thèse de Trossat.
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772 ORDRE DES NÉMA.TODES.
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