Bergh k Copenhague, 1874 Homme, 24 ans, de Scanie
(Suède).
La gale croûteuse a été observée tout d'abord dans un cas de spedalskhed, c'est-à-dire de lèpre ; aussi Danielssen la considéra-t-il comme une variété de cette maladie. Bœck, en retrouvant cette forme de gale chez une jeune fille non lépreuse, ne tarda pas à démontrer l'inexactitude de cette opinion.
Cette gale est transmise aisément par le malade à d'autres personnes, comme Bœck f-a encore noté. Elle n'a aucune tendance à guérir spontanément et ne cède qu'à un traitement énergique et prolongé ; elle durait depuis seize ans dans le second cas de Bergh et depuis plus longtemps encore chez Fun des malades de Fuchs. Les croûtes se forment parfois d emblée (Hebra, Bamberger, Bergh) : plus souvent elles ne se montrent qu'au bout d'un temps assez long : trois ans dans le cas de Rigler, à peu près huit ans dans celui de Gumpert et neuf ans dans celui de Vogel. On observe parfois aussi les
SARCOPTES SCADIEI. 317 symptômes de la gale ordinaire, notamment les galeries épidermiques (Bœck, Fuchs, Hebra, Bergh) ; dans le cas de Féréol, le malade présentait en outre de l'ecthyma et des abcès sousgutanés.
D.-C. Danielsson et W. Bœck, Traité de ta spedalskhed ou ék'p/ianliasis des Grecs. Paris, 1848. Voir p. 232 et atlas, pl. IV, XXI et XXIV
W. Bœck, Une nouvelle forme de gâte. Annales des maladies de la peau et delà syphilis, IV, p. 122, 1852. -Id., Norsk Magazin for Lœgovidcnskaberne, h), XIII, p. 207, 1859. , . y, ...
C.-H. Fuchs, Ueber scabies crustosa s. norvégien Bœcki und deren Vorkommen in Deutschland. Zeitschrift fur rat. Med., (2), III, p. 261, 1853.
Hebra, Skizzen einer Beise in Norwegen. Zeitschr. der k. k. Ges. der /Erztc zu Wien, 9. Jahrgang, I, p. GO, 1853. Voir p. 68. - Id., Beitrag zur Geschichle der sogenannten norwegischen Krùlze. Ibidem, II, p. 33, 1853.
Rigler, Beitrag zw Geschichte der norwegischen Krdlze. Ibidem, II, p. 29,
Guddcn, Beilriige zur Le/ire von den durch Parasiten bedinglen Ilaulkrankheilen, 1855. Voir p. G8, note.
Bœck og Danielssen, Samling af Jagtlag. over Hundens Sygdomme. Christiania, 1855. Voir fasc. I, p. 2 et pl. II.
L. Biichner, Klinisclie Beobachtungen. Deutsche Klinik, VII, p. 42, 1855. Voir III, p. 44.
' Gumpert, Ueber scabies crustosa s. norvégien Bœc/ci. Inaug. Diss. Wiirzburg, 185G.
Second-Féréol, Observation de gale à forme insolite, avec formation de croûtes très épaisses, constituées par des millions d'Acarus. Gazette med., (3), XI, p. 621, 185G.
Wendt. Bibliothok for Lceger, XXVI, p. 448, 1857.
Von Dûben, Lcislungen des Mikroskops, 1858. Voir p. 19.
R. Bergh, Om Skorpefnat. Hospitals Tidende, II, p. 197, 1859. — Id., Ueber Borkenkralze. Virchow's Archiv, XIX, p. 1, 18G0. — Id., Tilfselde af Skorpefnat. Hospitals-Tidende, (2),I, 1874. — Id., UeberBorkenkrâtze. Vierteljahrssçlirift fur Dermatol. und Syphilis, VI, p. 491, 1874.
H. Bamberger, Ein Fait von scabies crustosa s. norvégien. Wurzburger med. Zeitschrift, I, p. 134, 18G0.
C. Seggel, Ueber die scabies norwegicu s. crustosa bœcki. Inaug. Diss. WOrzburg, 18G0.
Petters, Bericht ùber die Kriitzekranken. Prager Vicrteljahrsschrift, p. 179, 18G8. Voir p. 195.
A. Vogel, Ein Fuit von scabies crustosa [norvégien). Dorpater med. Zeitschrift, I, p. 24G, 1870.
Finscn, Jagtlag. ang. Sygdomsforsli. i Island, 1874. Voir p. 138.
Sarcoptes scabiei var. equi Mégnin, 1877. Synonymie : Sarcoptes equi Gerlach, 1857.
I.c corps, assez régulièrement ovale-allongé, est roussâtre chez le mâle, gris perle chez la femelle.
longueur. Largeur,
01':ur !G0 v. 100 u
Larve, hexapode 160-250 100-170
Nymphe 300 sp0
Mil° 2G0-280 180-200
Femelle pubère 350-400 250-300
Femelle ovigère 450-170 350
Le céphalothorax est très nettement divisé en quatre anneaux; les plastrons sont légèrement roussàlres et surtout apparents chez le maie. Les papilles dorsales sont disposées en quinconces et présentent deux petites éclaircies ovalaires sur la ligne médiane. Le sternite de l'organe maie est intiment uni aux épimères des pattes postérieures.
Hurtrel d'Arhoval rapporte quelques cas de transmission de la gale du Cheval à l'Homme. Le plus remarquable est emprunté à Fauvet, vétérinaire à Rome : un Cheval galeux, acheté au marché, communiqua la gale aux trois personnes qui le ramenaient à la ferme, puis au garçon d'écurie, au berger, enfin à plus de trente personnes, ainsi qu'aux domestiques et à la vache d'un meunier auquel il fut revendu.
Les exemples les plus caractéristiques de contagion s'observent surtout dans les écoles vétérinaires, dans les écoles et les régiments de cavalerie. Sick raconte qu'une gale qui sévissait, en 1791, dans un régiment de hussards anglais, se communiqua à deux cents Hommes. Lavergne vit plusieurs fois, à l'école de Toulouse, la gale se déclarer chez les élèves, à la suite du contact de Chevaux galeux; elle cédait à l'usage de bains simples. Delafond vit de même, en 1 85 G, plusieurs élèves de l'école d'Alfort prendre la gale sur un Cheval du cours d'opérations : elle ne résista pas à quelques frictions antiseptiques. A l'école de Saumur, il est fréquent, d'après Géraud, que des sections entières de cavaliers-élèves éprouvent tous les symptômes de la gale, mais la guérison se fait spontanément au bout de] huit à dix jours.
A la suite de la guerre de 1870-1871, la plupart des chevaux de l'armée furent atteints de gale. Au 3e régimenl de lanciers, Mégnin eut, chaque jour pendant cinq mois, à l'infirmerie, une moyenne de quarante chevaux galeux : vingt cavaliers et six maréchaux étaient attachés à leur service. Néanmoins, on ne constata de transmission à l'Homme que vers la fin du quatrième mois, sur une quinzaine de soldats d'une môme chambrée, parmi lesquels six étaient attacha à l'infirmerie.
Ces observations démontrent donc que le Sarcopte du Cheval est capable de se transmettre à l'Homme et de s'y multiplier de manière à produire une gale véritable. Mais celle-ci va en s'atténuant et guérit
SARCOPTES SCABIEI. 319
spontanément en quelques semaines, pur suite de la mort des parasites.
Les expériences d'inoculation amènent à la même conclusion. Gerlach prend sur un Cheval quelques Sarcoptes bien vivants, puis les transplante sur lui môme et sur plusieurs de ses élèves : il les parque dans un étroit espace, délimité par un verre de montre renversé sur la peau et maintenu par un bandage. La gale se développe, mais ses efflorescences s'affaiblissent bientôt, tout en se multipliant, et l'affection disparaît spontanément au bout de trois à huit semaines. Par exception, elle persistait encore le soixantième jour chez un des élèves, que l'on dut soumettre à un traitement approprié. Les individus à peau fine et velue semblent être plus aptes que les autres à prendre la gale du Cheval.
Géraud, vétérinaire au 31e régiment d'artillerie, a renouvelé l'expérience de Gerlach avec un égal succès. Il isole sous un verre de montre fixé sur l'avant-bras des croûtes prises sur des Chevaux galeux et laisse le tout en place pendant quinze heures; au bout de cinq jours, il voit se produire sur tout l'avant-bras l'éruption caractéristique ; quelques vésicules apparaissent dans les sillons inlerdigitaux ; le prurit est intense.
Hurtrel d'Arboval, Gale. Dictionnaire de méd. et de chir. vétérinaires. Paris,
Lavergne, Journal des vétérinaires du Midi. Toulouse, 1838. Bourguignon et Delafond, Traité de. la psore. Paris, 18G2. Géraud, Transmission du Sarcopte de la r/ale du Cheval à l'Homme. Recueil de Diém. de méd. militaire, 1881.
Sarcoptes scabiei var. suis Mégnin, 1877.
Synonymie : Sarcoptes suis Gerlach, 1857. S. canis Gerlach, 1857.
S. squami feras Fûrstenberg, 18CI.
Celte variété est remarquable par sa grande taille. Le corps est ovale, roussâtre chez le mâle, gris perle chez la femelle.
Longueur. Largeur.
Femelle ovigéro 470-500
Cet animal vit sur le Porc et le Sanglier, et parfois aussi sur le Chien. Delafond contracta la gale au contact d'un Porc du cours d'opérations, mais il s'en guérit facilement par quelques frictions. Gerlach cite quelques auteurs qui virent le parasite passer du Porc
320 OHDHE DES ACARIENS.
et du Sanglier sur l'Homme; mais l'éruption disparaissait spontanément au bout de quelques jours.
Sarcoptes notoedres Delal'ond et Bourguignon, 1857.
Synonymie -.Sarcoptes cali Ilcring, 1838.
S. cuniculi Gerlacli, 1857.
S.minor Ftirstenborg, I8G1.
Ce Sarcopte présente deux variétés, caractérisées par leur habitat et par leurs dimensions : Sarcoptes notoedres var. mûris Mégnin, 1877, a la plus grande taille; il vit sur le Rat elle Coati. Sarcoptes notoedres var. cali Mégnin, 1877, présente à tous ses états exactement la moitié de la taille du précédent; il s'observe chez le Chat, le Lapin et l'Homme; c'est donc cette variété que nous étudierons spécialement.
L'œuf est ovoïde, de couleur gris perle et diaphane; il mesure 80> sur 50 p.. La larve hexapode est longue de 90 (j., large de 70 v.; le bord postérieur est échancré, l'anus est près de ce bord. La nymphe pubère est longue de 120 v-, large de 100 v. ; le bord postérieur et l'anus sont comme chez la larve.
Le mâle mesure 120 |j. sur 90 Les épimères de la première paire de pattes se réunissent en un long sternum; ceux des deux dernières paires sont reliés enlre eux à leur extrémité interne, de façon à former un groupe unique; ceux delà dernière paire s'articulent incomplètement avec le sternite. La troisième paire de paltes se termine par une soie, les autres pattes portant une ventouse. L'anus a l'aspect ill d'une fente longitudinale, percée à la parlie postérieure de la lace dorsale.
La femelle mesure 160 |j. sur 130 \>.. En raison de sa grande taille, c'est sur elle qu'on reconnaît le plus nettement les caractères de l'espèce. Le corps est arrondi, la séparation entre les anneaux céphalothoraciques est inappréciable. La face dorsale est marquée de gros plis concentriques, écartés les uns des autres; à la Tace ventrale, ces plis n'occupent que le bord des régions latérales et postérieures. L'épistome porte deux longs poils ; le bord postérieur ne présente que deux soies correspondant à la paire externe de Sarcopte* scabiei et égalant à peine le quart delà longueur du corps. Trois paires d'aiguillons à la face dorsale des deux segments côphalothoraciques moyens. L'anus est percé au milieu du notogastre et bordé de chaque côté par deux rangées de trois spinules.
Les épimères de la première paire de pattes se [réunissent en V, sans former de sternum; ceux des deux dernières paires convergent
SARCOPTES NOTOlîDUliS.
vers la ligne médiane, mais sans se réunir. Le poil porté par le bord antérieur du fémoral esl 1res raccourci. Les deux crochets du tarse sont presque égaux ; la face antérieure porte deux soies courtes et rigides, la face inférieure deux crochets. Les ventouses et les soies terminales sont réparties comme chez Sarcoptes scabiei; les ventouses sont très larges et portées par un pédicule moitié plus court que chez celui-ci.
Le rostre esta demi caché sous l'épistome; il est plus étroit, plus allongé et plus petit d'un tiers que chez l'espèce précédente. Les joues sont plus larges et plus étalées.
Sarcoptes notoedres se creuse un véritable nid sous-épidermique, et non une galerie linéaire; il détermine une foule de petites éminences miliaires, ressemblant à de petites vésicules d'eczéma et dans lesquelles on reconnaît une femelle ovigère, entourée d'une agglomération d'oeufs et protégée par une couche épidermique. Les larves, les nymphes et les mâles errent au milieu des croûtes qui remplissent les espaces séparant les nids et qui s'accumulent surtout dans les régions précédemment atteintes.
S. notoedres var. cati peut se communiquer au Cheval et au Bœuf, parfois même à l'Homme. Herlwig l'a vu chez une servante, qui faisait coucher un Chat galeux dans son lit. On a encore vu la gale se développer chez une jeune fille dans des conditions analogues. Redemacher a pu noter également la transmission du parasite à une Vache sur laquelle un Chat galeux avait coutume de se coucher, puis à une servante qui soignait la Vache, enfin à la famille entière du propriétaire de l'animal. Hering a observé aussi chez deux jeunes gens une gale caractérisée par des papules croûteuses, de fortes démangeaisons et la présence du Sarcopte du Chat.
Gerlach a encore inoculé ce Sarcopte à quelques-uns de ses élèves : l'éruption qui s'ensuivit disparut spontanément au bout de dix jours chez le premier, de quinze jours chez le second, de trois semaines chez un troisième; elle durait encore après six semaines et ne céda qu'à un bain sulfureux chez un dernier, blond et très velu.
Le Sarcopte de la gale du Chat est donc incapable de s'acclimater chez l'Homme; il détermine une éruption fugace et sans gravité.
Chabert, Flandrin et Huzard, Instructions et observations sur les maladies des animaux domestiques. Paris, 3° édition, 1793. Voir V p <>93
Mensclen mil. Caspcrs Wochensctarirt fur die ges. Heilkimde, p. 318 183', Herlwig. Magazin fûr îhierheilkunde. Berlin, n» 48, p. 325 183* Redemacher. Ibidem, 1842. ' |P. Mégnin, Gale du Chat, sa transmission au Cheval, à la Vache et à l Homme; son ongtné. Compte rendu de la Soc. de biologie, (7), II, J. 185,
Blanchard. — z0ol. mcd.