‹ Traité de zoologie médicale [electronic resource]Chapitre 3 sur 86 · OR DUE DES NÉMATODES · texte numérisé non relu

OR DUE DES NÉMATODES

A. Pace, Sopra un nuovo Nemaiode. Giornale <li se. nat. cd cconomiclie, II. ISG7.

V. Babesiu, Uebàr ei>ie?i neuen Parasilen des Menschen. Mcdizinisch-chirurgisches Centralblati. Wici), XIV, p. 554, 1879. — Id., Veàer einen im menschlichm Peritonewn gefundenrn Nematoden. Virchow's Arcliiv, LXXXI, p. 158, 1880.

C. Addario, Su di un Nemaiode dcll' occhio umano. Annali di ottalmologia, XIV, 1885.

B. Grassi, Filaria mei'tnii (mihi), ein Parasil des Menschen, des Pferdes und det Esels. Centralblatt fur Bactériologie und Parasitenkund«, I, p. 617, 1S87.

Filaria oculi humani von Nordmann, 1832. Synonymie : Filaria lentis Diesing, 1851.

En novembre 1831, von Grâfe envoya à von Nordmann deux cristallins cataractes qu'il venait d'enlever à un vieillard. L'un de ces cristallins, qui était complètement débarrassé de sa capsule, ne présentait rien de particulier; chez l'autre, qui était encore en partie entouré de sa capsule, on remarquait, dans l'humeur de Morgagni (1),

Fig. 388. — Filaria oculi humant, d'après von Amman.

deux anneaux fins et extrêmement délicats, où le microscope fit reconnaître distinctement des Filaires enroulées. C'étaient des Vers partout également épais et parfaitement filiformes, longs d'environ trois quarts de ligne et d'une largeur insignifiante relativement à cette longueur; ils étaient morts et enroulés sur eux-mêmes en spirale. Leur tube digestif était simple et se montrait assez distinctement; la bouche n'offrait pas de papilles; l'anus faisait saillie en forme de bourrelet.

En mai 1832, von Nordmann eut encore l'occasion d'examiner deux cristallins cataractés, enlevés par Jiingken à une femme assez âgée : l'un de ces cristallins renfermait une Pilaire vivante, enfoncée dans la capsule et longue de cinq lignes et demie.

Sur ces entrefaites, le professeur von Ammon, de Dresde, opérait] de la cataracte un vieillard de soixante-un ans et adressait à Gescheidt]

(1) On désignait autrefois sous ce nom les couches superficielles du cris-j tallin que, en raison do leur limitasse, on croyait constituées par un liquide I Le» recherches du professeur Sappey ont fait disparaître celte erreur.

FlLARJA 0CUL1 1IUMANI.

le cristallin exlrail delà sorle. A la face interne de celui-ci, Gescheidt aperçut trois Pilaires (fig. 388). « L'une, plus superficiellement placée, avait près de deux lignes de long; l'autre était seulement un peu plus petite, tandis que la troisième avait à peine trois quarts de ligne. Les deux grosses avaient la queue un peu courbée en dedans; elles étaient assez droites, seulement la partie supérieure du corps était contournée en spirale : c'étaient des femelles. Le troisième individu plus petit était contourné en spirale : était-ce un mâle, comme sa petitesse pouvait le faire supposer, ou une femelle encore très jeune? C'est ce que je ne puis décider, la profondeur à laquelle l'animal était placé dans la substance du cristallin devenu opaque ne m'ayant pas permis de voir nettement les organes génitaux externes ni internes. Les deux grosses Filaires, dont l'une exécutait encore quelques mouvements d'inflexion avec sa queue et d'ondulation avec son corps, étaient blanches; la troisième était d'un blanc rougeàlre. Ces animaux étaient, eu égard à leur longueur, extrêmement minces et déliés, le corps avait partout presque la même grosseur, seulement il devenait un peu plus pointu à la tête, et la queue se terminait par un renflement garni d'une pointe courte, fine et crochue. La bouche était petite, à peu près ronde, sans papilles. Le tube digestif, reconnaissable à sa couleur plus jaune, s'étendait sans inflexions ni renflements jusqu'à la queue, et s'y terminait par une ouverture arrondie, sans bourrelet spécial, et recevant aussi le canal excréteur des ovaires. Ceux-ci semblaient formés par un cylindre extrêmement fin, contourné en spirale, placé à côté du tube digestif. » Gescheidt croit que ces Vers sont de la même espèce que ceux qu'a décrits von Nordmann (I).

Depuis ces observations anciennes, le seul cas de Ver dans le cristallin est celui qu'a récemment publié Schôler. Ce praticien présentait le 3 novembre 1875, à la Société de médecine de Berlin, une femme dont le cristallin renfermait une « Trichine» vivante : c'était un corps filiforme, long de 12 à 15 millimètres, enroulé en spirale et continuellement en mouvement. A la suite de cette présentation, une discussion s'éleva au sein de la Société et bon nombre de personnes rurent d'avis qu'il ne s'agissait pas là d'un entozoaire; mais Virchow déclare expressément avoir examiné la malade et avoir reconnu un Nematode vivant. Un peu plus tard, Scholer revint sur ce sujet et émit lop.mon peu probable que le Ver appartenait au genre Trichosoma.

La présence de Nématodes dans le cristallin est un fait des plus

6 ORDRE DES NÉMATODES.

rares, aussi bien chez les animaux que chez l'Homme : malgré de longues recherches, von Nordmann n'en a vu des exemples que chez la Grenouille et là Perche; chez cetle dernière pourtant, il semble Être assez ordinaire.

Faut-il rapprocher des cas où des Nématodes vivent dans le cristallin, ceux où des Vers du même ordre ont été trouvés soit dans le corps vitré soit dans la chambre antérieure de l'œil? Un semblable rapprochement impliquerait que les Vers dont il s'agit sont de môme espèce, et c'est là, dans l'état actuel de nos connaissances, un fait encore problématique.

En 1858, Quadri communiquait au Congrès ophthalmologique de Bruxelles l'observation d'une femme de trente ans, qui était venue le consulter pour une prétendue maladie nerveuse de l'œil droit, consistant dans la vision d'un objet filiforme qui s'agitait continuellement au-devant de l'œil. A l'aide de l'ophthalmoscope, Quadri constata la présence d'un « objet filiforme qui se trémousse dans l'humeur vitrée. » 11 reconnut que c'était un entozoaire vivant, long d'environ dix lignes (22mm,o), large d'un dixième de ligne (0mm,22), et dont le corps, un peu plus gros à l'une de ses extrémités, allait en s'amincissant insensiblement de l'autre. Le Ver n'était entouré d'aucun kyste, n'offrait aucune adhérence et semblait entièrement libre dans l'humeur vitrée, où il s'agitait continuellement et « s'entortillait assez souvent de diverses façons ».

De différents côtés, on a révoqué en doute l'authenticité de cette observation et on a pensé que Quadri avait eu affaire à un simple flocon de corps vitré. Mais cette interprétation n'est pas admissible, et cela pour deux raisons : d'abord, Quadri a soin de faire remarquer que son diagnostic a été confirmé par délie Chiaje, dont la compétenceen helminthologie n'est pas douteuse ; ensuite, cetleobservation n'est pas unique, mais se trouve corroborée par des faits analogues, signalés soit chez l'Homme, soit surtout chez les animaux.

En 1868, Fano a publié l'observation faite à Paris d'une Filaire vivant dans le corps vitré d'un enfant de douze ans : il s'agissait d'un filament long d'environ 7 millimètres, moins gros qu'un cheveu et animé de mouvements spontanés. Mais il faut reconnaître que l'observation n'est pas d'une grande netteté, et peuL-ôtre L. de Wecker (1) a-t-il eu raison de dire que Fano avait eu affaire à un cas de persistance incomplète de l'artère hyaloïde.

L'observation de J. Santos Fernandez semble être plus authentique. Ce praticien fut consulté en 1808 par un Italien de trente-quatre ans, résidant à Cuba depuis dix-huit années : le patient se plaignait de ce

(1) L. von Wecker, in Grûfe und Samisch's Handbucli (1er gesanimlen Augenheilkunde, IV, p. "H.

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