ORDRE DUS TU YSANUURES. *'J
Br Haaso, Ueber Verwahdt&haftsbékUshitngen dei> Myriapodea. Tageblatt dcra'J.NorsamiiilungdoutschcrXatuffoi'sclior und MvW, |>. 303, ISSU. Uiol9g.
Centralblatt, VI, p. 75», 1887.
Les Inscclesou Hexapodes .sont des Arthropodes à respiralion aérienne, dont le corps est nettement divisé en trois parties : ia tète porte deux antennes et les pièces de la bouche ; le thorax, formé de trois segments, porte trois paires de pattes; l'ahilomen comprend jusqu'à dix anneaux.
Suivant qu'ils sont aptères et se développent directement ou qu'ils possèdent des ailes et subissent des métamorphoses, les Insectes doivent être divisés en deux sous-classes, d'importance très inégale : les Aptères et les Ailés. Les Aptères (sensu stricto) renferment un seul ordre; les Ailés en comprennent neuf.
Sons-classe des Aptères.
Le groupe des Aptères, tel que nous l'exposons ici, n'a pas la grande extension que lui ont donnée certains naturalistes, notamment Linné : bien loin de comprendre des Arthropodes non hexapodes, comme le voulait l'illustre Suédois, il ne renferme même pas tous les Insectes dépourvus d'ailes, bon nombre de ceux-ci appartenant sans conteste à des types normalement ailés et n'ayant perdu leurs ailes que par adaptation à la vie parasitaire ou sédentaire. Il correspond exactement à l'ordre des Thysanoures, tel que Latreille l'avait établi : ces animaux sont ceux chez lesquels les caractères primitifs du type Insecte se sont le moins modifiés.
ORDRE DES THYSANOURES
Les Thysanoures sont de très petits Insecles rangés ordinairement parmi les Orthoptères, avec lesquels ils n'ont pourtant que de lointains rapports. Le corps est couvert de poils ou d'écaillés délicates, employées parfois comme lest-objet pour le microscope; toutefois, un certain nombre de formes sont glabres. Les yeux sont toujours simples; l'abdomen porte de longs appendices à son extrémité; les organes genilaux débouchent dans l'intestin.
H* CLASSE MiS INSECTES.
Les Qampodides oui le corps allongé, sans écailles; l'abdomen est formé de dix anneaux el terminé par deux filaments ; la bouche est conformée pour la mastication, (.es anneaux de l'abdomen portent des membres rudimentaires (Japyx, Campodea), ce qui rapproche ces animaux des Myriapodes, avec lesquels ils ont de grandes affinités. Ils se tiennent à terre, dans des endroits secs.
Les Podurides ou Collembola (lig. 639) ont le corps sphérique et court, à segments soudés [Smynthùrus) ou allongé et à segments distincts (Orchesella, Seira, Beckia, Poduru, Achorutes, Amra). L'abdomen, réduit à quelques anneaux, se termine par un appendice bifide replié sous la face ventrale; en tendant à se redresser, cet
Fig. (i3t). — Podura viUosa. Fig. C40. — Uesoria glacialU.
appendice fait ressort et projette l'animal en avant, sauf chez Lipura. Ces Insectes vivent dans les endroits humides : Podura aquatioa se déplace à la surface des eaux stagnantes, Lipura maritima se trouve au bord de la mer et se laisse même submerger à marée haute, Degeeria nivalis et Desoria glacialis (fig. 640) vivent sur les glaciers.
Mégnin a décrit sous le nom de Pùdurhippus pih/viasicus une espèce particulière, voisine à'Achorutes et de Lipura, longue de 0mm,70 à 0mm,85. Elle habite sans doute la poussière des écuries et la litière, d'où elle se répand sur les Chevaux, chez lesquels elle serait capable de produire une sorte de prurigo pityriasique.
Les Lépismides ont le corps allongé, bombé et couvert d'écaillés à
éclat métallique; l'abdomen, formé de 6 articles, se termine par 3 soies divergentes, dont la médiane plus longue. Lepisma saccharinu (fig. 041) Fig. 641. - Lepisma saccharina. est l'espèce la plus commune; il est
fréquent dons les armoires et attaque le sucre, le linge, les livres.
P. Mégnin. Annalos de la Soc. entomol. do France, (4), VIII, 1878. Bulletin, p. ex m.
S0US-CLÀ&6E DliS AILES. 415
B Grassi, / phogtnltori dvi Miviapodi e degli l'^tt,. /- '"/"/; «fa Cam podea. Atii acwdT gioonia, Catania, (3), MX, 1886. - Id.. Conlvibuto alla Sio delC anatomia del gen. MachilU. ibidem. - Id., I enni anatomici *ul
„ „ SiroHiu. Bull. Soc. éntomol. dJ lïrcnzc, 188G. - «I. , A lire rtperche
sui Tisanuri. ibidem, 1887. - ld., Anatomia comparatu det nsattun e considerazioni gênerait saff organisation degU Tneetlt. Mcmone dcll Accad. dei Lincci, (i), IV, 1887.
Sous-classe des Ailés.
Les Insectes en nombre immense dont se compose cette sous-classe sont tous pourvus de deux paires d'ailes, sauf le cas où les ailes, primitivement existantes, se sont atrophiées en totalité ou en partie, par suite du parasitisme ou pour d'autres raisons. Le thorax, divisé en trois somites, porte les appendices locomoteurs (fig. 642) : le prothorax, lh' , porte la première paire de pattes ; le mésothorax, th" , porte la seconde paire de pattes et la première paire d'ailes; le méiathorax, Lh'" , porte la troisième paire de pattes et la seconde paire d'ailes. Les ailes présentent des variations de forme et de structure qui ont été prises comme caractéristique des différents ordres.
L'appareil buccal présente également les plus grandes variations et est conformé de façons fort diverses, suivant que l'Insecte est broyeur, lécheur, piqueur ou suceur. Malgré ces notables dissemblances, l'appareil est toujours constitué fondamentalement par les mêmes pièces, qui se modifient suivant les besoins, ainsi que Savigny a eu la gloire de le démontrer. Ce sont, dans un type peu ou point modifie, comme le sont les Coléoptères (fig. 643) : ' une lèvre supérieure ou labre, Is, limitant la bouche en avant ; deux mandibules, md, se mouvant latéralement et triturant les aliments; en arrière, deux mâchoires ou maxilles, ?nx, fonctionnant de la môme manière et portant chacune deux appendices dont l'externe est le pulpe maxillaire et l'interne la galéa; en
Fig. G42. — Parties dont se compose le corps d'un Insecte (Coléoptère). — a, abdomen ; c, tèto ; lh', protborax ou premier segment tboracique ; th", mésotborax ; th", niétathorax.
416 CWîSSÉ DES INSECTES.
Un, une lèvre inférieure ou labium, li, représentant deux mâchoires fusionnées, comme le prouve la comparaison avec les Crustacés et les Myriapodes, et portant deux palpes labiaux pluriarticulés.
Le développement est rarement direct (Insectes sans métamorphoses, Amclabola):
parfois la larve ne diffère que fort peu de l'adulte, par exemple par l'absence d'ailes (Hcmimelabola) ; le plus souvent, de L'œuf sort une larve (fig. 644, A, B) qui, par des mues successives, grandit et arrive à' un étal de repos ou de nymphose, pendant lequel elle porte, suivant les cas, les noms de pupe, nymphe (fig. 644, C, D) ou chrysalide [Melabola). Il est même des Insectes, tels que les Coléoptères vésicants, chez lesquels l'évolution est encore plus compliquée et constitue une hypermélamorphose , suivant l'expression de Fabre.
Pendant la nymphose, les organes internes de la larve subissent une destruction partielle (histolyse) ou totale : d'après Kowalewsky, des cellules analogues aux leucocytes des Vertébrés mangent littéralement les tissus larvaires et ne laissent que
Fi
043. — Appareil masticateur d'un Coléoptère. — li, lèvre inférieure portant les palpes labiaux ; h, lèvre supérieure ou labre ; md. mandibules ; dix, mâchoires avec les palpes maxillaires.
Fig. OH. — Métamorphose de l'Abeille. — A, U, larve grossie, en dessus et on dessous; C, D, nymphe grossie, en dessus et eu dessous; F, adulte do grandeur naturelle.
les noyaux cellulaires : ceux-ci sont chargés de former à nouveau les organes de l'adulte. Les téguments de l'abdomen ne
subissent aucune modification, mais ceux de la tôle et du thorax, ainsi que les membres, sont détruits, puis régénérés par les histoblastes ou disques imaginaux, amas cellulaires au nombre de 7 paires chez la Mouche. La paire cépbalique donne les antennes; les six paires thoraciques, trois dorsales et trois ventrales, forment les trois somites du thorax avec leurs appendices. Quand ces modifications sont achevées, l'Insecte parl'ail ou imago (fig. G4i, E) éclôt: il a acquis sa taille définitive et n'a souvent à mener qu'une existence fort courte.
ORDRE DES ORTHOPTÈRES Les Orthoptères (fig. 645) ont 2 paires d'ailes : les antérieures, «,,
Fig.nC45'L7 Parties d0,lt se comP°se le corps d'un Ôrthoptère. - A tète • AB, abdomen ; T, thorax; a, antennes; «„ première paire d'ailes-'
hora,CUX,'Ze pa'ro„d'aile8; ■' CUiS86; *■ llancll«;.À Jambe; msth, mésoflwrax^ftA, raetathorax ; Pl, p2, p3, première, deuxième et troisième pa.res de pattes; pth, prothorax ; l, tarse; y, yeux. troisième
sont semi-coriaces et se croisent pendant le repos; les postérieures membraneuses et parcourues par des nervures rectilignes, se Blanchard. — Zool. méd. \\% =>7 '
*lH CLASSE DBS INSliCTIiS.
plient dans le sens de la longueur, à la manière d'un éventail, caractère auquel le groupe doit son nom.
La tète, A, est grosse et très développée : elle porte deux longues antennes sétiformes, a, et deux gros yeux composés, y. La bouche, disposée pour broyer et pour mordre, diffère peu de celle des Coléoptères (fig. 643).
Le prolhorax, pth, est grand et libre. Les pattes (fig. 046), toujours
Fig. 646. — Diverses formes de pattes chez les Insectes. — A, patte sauteuse de Locusla viridissima. — B, patte ambulatoire de Carabus : a, hanche ou coxa; b, trochantor; c, cuisse ou fémur ; d, jambe ou tibia; e, tarse. — C, anneau thoraciquo de Dytiscus portant une patte natatoire ciliée. — D, patte fouisseuse de Gryllolulpa : a, hanche ; b, trochantor portant un prolongement c en forme de dent; d, fémur; e, tibia; 1,2, 3, articles du tarse. — E, patte ravisseuse do Mantis religiota (les lettres comme pour B). — F, la même avec la jambe repliée contre la cuisse.
formées de b' articles, dont le dernier est lui-môme pluriarticulé et terminé par deux griffes, peuvent se modifier d'une façon remarquable, pour s'adapter au genre de vie de l'animal, d'où de bons caractères pour la classification. Celles de la troisième paire, longues et très puissantes, servent au saut chez la Sauterelle (fig. 615, p3 ; fig. 040, A). Celles de la première paire se transforment en un organe fouisseur chez la Courtilière (fig. 040, D) et en un organe ravisseur chez la Manie (lig. 640, E,F).
ORDRE DES OHTIlOl'TÈRES.
L'abdomen (Hg. Ci-.*>, AB), généralement segmenté el constitué par des anneaux, se termine par des appendices en forme de tenailles et de stylels, qui se transforment souvent chez la femelle en une tarière ou un oviscapte au moyen duquel les œufs sont pondus. Ils constituent de la sorte une armure génitale qui se trouve représentéeencorc chez d'autres types et qui, malgré la grande diversité de sa structure, résulte toujours d'une modification des pièces fondamentales et des appendices soit du huitième anneau abdominal, soit des huitième et neuvième anneaux. Les métamorphoses sont incomplètes : la larve ne diffère de l'adulte que par sa plus petite taille et l'absence d'ailes.
L'appareil digestif est très compliqué (fig. 647). Des glandes salivaires volumineuses, ys, accompagnées d'un réservoir particulier, rs, viennent se déverser dans la bouche. La moitié postérieure de l'œsophage, œ, se renfle en un jabol, j, auquel fait suite un gésier, g. L'estomac ou ventricule chylifique, e, reçoit, dès son début, le liquide digestif élaboré par les excums gastriques, cg ; au moment où il va se continuer avec l'intestin, f, il reçoit également les tubes de Malpighi, tm, exceplion-
Fig. 617. — Appareil digestif de Periplaneta orienlalis, d'après L. Durour. — cg, cœcums ou glandes gaslriques; e, estomac; g, gésier; gs, glandes salivaires; î, intestin ; j, jabot; oe, œsophage; r, rectum; rs, réservoir des glandes salivaires; tm tubes do Malpighi.
nellement nombreux. Le rectum, r, débouche à la l'ace ventrale, entre les huitième et neuvième anneaux de l'abdomen. C'est également en ce point que se trouve l'orifice génital.
Les Mallophages forment un groupe aberrant de petits Orthoptères aptères, à développement direct. Leur place dans la classification est encore discutée : on les rattache généralement aux Pédiculides, soit pour les incorporer à l'ordre des Hémiptères, soit pour en faire un ordre distinct, celui des Épizoiques ou Anoploures. La place que nous leur assignons ici nous semble être la plus naturelle.
Ces animaux vivent dans le pelage des Mammifères ou dans le plumage des Oiseaux; aucune espèce ne se rencontre chez l'Homme. D'après la nomenclature de P.-J. van Beneden, ce sont des mutualistes, plutôt que des parasites véritables : ils se nourrissent des détritus épidermiques qui, sans eux, tendraient à encombrer les poils (pilivores) ou les plumes (pennivores).
On les divise en deux familles : les Philoptérines ont des antennes à 3 ou 5 articles et les palpes maxillaires invisibles; les Liolhéines ont des antennes à 4 articles et des palpes maxillaires visibles. La première de ces familles se subdivise comme l'indique le tableau suivant, emprunté à Railliet :
à 3 articles. Tarses à une seule griffe (Pilivores). Tiuchouectes.
, , , . , ,i large Docophokus.
semblables dans les \ a s
deux sexes. Corps } ôtroit Nirjius.
Ma 5 articles.! (à 3» article
Tarses appendi-
à 2 griffes I large- / cu'é Uoniodes.
(Pennioores). I Anteuues I
Antennes (^rentes I «nippon-
dans les 1
2 sexes. \ a 3o article
Corps . . | , appendi -
I étroit. 1 culé Lipeurus.
' Antennes i
! sans appendices . . . . Ohnithobios.
Parmi les Trichodectes ou Ricins, celui du Chien (T. canis) mérite une attention spéciale, en ce que, suivant Melnikow, il hébergerait le Cysticercoïde de Taenia canina (tome I, page 476). La critique que nous avons faite de cette opinion a déterminé
Grassi à reprendre la question des migrations de ce Ténia, et le naturaliste de Catane a reconnu que la Puce du Chien {Pulex eanis) était son véritable hôte intermédiaire.
Des Trichodectes se rencontrent encore chez le Mouton (fig. G-48), le Cheval, l'Ane, la Chèvre, le Bœuf, le Chat, etc.
Fig. 048. — Trichodecles Fig. 649. — Goniodes dispav.
sphicrocephalus.
Tous les autres Philoptérines vivent sur les Oiseaux ; nous figurons le Goniode de la Perdrix (fig. 649).
Les Liothéines comprennent également plusieurs genres. Le tableau suivant indique, d'après Railliet, les caractères de ceux qui sont représentés chez les animaux domestiques :
I à une seule griffe [Pilivores) Gyropus.
I /profond. Antennes
i dépassant le bord
Tarses/ /large. Sinus) de la tête Coi.pocephai.um .
1 ,- 1 orbitaire. . . )
J a 2 grilles ) . / nul. Antennes ca-
f {Pennivorcs). < chées Menopon.
\ Tète 1
f triangulaire. Sinus orbitaire faible.
\ Antennes cachées Trinoton.
Les Gyropes vivent sur les Rongeurs, notamment dans le pelage du Cobaye (Gg. 650). Les autres Liothéines s'observent chez les Oiseaux; nous représentons le Ménopon du Coq Pg. 651).
O.Taschenberg, hic Mallophagen. Nova Acta Acad. Caes. Léon. Carol.. XLIV
'F. Grosse, Beilrtige zuv Kenniniss der Mallophagen. 7. f. w 7 XIII p. MO, 1885.
classe nrcs insectes.
A.-S. Packard, On the systemutic /josilion of t/te Mallouhaga: Procéod oi tlio Amer, philos. Soc, XXIV, p. 2G1, 1887.
LesCouniionscomprennentles Forflcules ou Perce-oreilles (fig. 052), remarquables à cause de la pince absolument inofl'ensive, mais pourtant si redoutée qui termine leur abdomen. On prétend qu'ils pénètrent dans l'oreille des personnes endormies et que, à l'aide de leur tenaille, ils peuvent perforer la membrane du
Fig. f,r>0. — Gyropus gracilis.
Fig. Gol. — Menopon pallidum.
Fig. (ï.Vî. — Forficula àuricularia.
tympan et causer des accidents redoutables. Nous ne connaisson aucune observation qui légitime cette croyance. Ils peuvent néanmoins s'introduire dans les cavités naturelles, comme le font tant d'autres Insectes.
Les Blattes ou Cancrelats vivent par troupes nombreuses dans les boulangeries, les magasins, les cabines des navires, voire même dans les habitations ordinaires. Ce sont des Insectes nocturnes, puants et incommodes, mais nullement redoutables. Blatta germanica et li. hipponica se trouvent dans les bois et dans les maisons; Pcriplaneta oricntalis (fig. 053) vit dans les cuisines. Les œufs sont pondus dans des sacs ou oothèques, c-f, à l'intérieur desquels ils sont disposés sur deux rangs. L'ancienne médecine employait les Blattes infusées dans l'huile ; récemment on les a préconisées comme diurétiques.
Parmi les Marcueuhs, citons les Mantes, Insectes carnassiers des pays chauds, représentés dans le sud de la France par le Prega-Diéû (fig. 654); les pattes antérieures sont transformées en organes ravisseurs (fig. 046, E, F). Grâce à leur coloration verte ou brune, les Mantes peuvent se dissimuler aisément dans le feuillage ou sur les branches et échapper ainsi aux regards des Mouches ou des autres animaux dont elles se nourrissent.
ORDRE DES ORTHOPTERES.
I es Phvllies des lies Seychelles, les Phasmes, du Brésil, les Kéraocrànes, de' la Nouvelle-Guinée, les Hacilles (fig. 655), du sud de l'Europe, présentent des exemples de mimétisme encore plus curieux. Tous ces Insectes vivent sur des arbres, au milieu desquels l'œil le plus exercé a peine à les découvrir, tant ils ont pris l'aspect et la coloration soit des feuilles, soit des branches.
Fig. G53. — Periplanela orienialis. — a, mâle; b, femelle; c, oothèque; cl, la même, vue d'en haut; e, la mêrnc,vuc par un bout; f, la même, ouverte.
Les Sauteurs ont les deux pattes postérieures longues et puissantes, conformées pour le saut (fig. 646, A); ils comprennent trois types principaux.
Les Acridiens ou Criquets ont le tarse formé de trois articles et pourvu d'une pelote entre les deux griffes terminales. La femelle n'a pas d'oviscaple, mais porte à la place deux paires de stylets cornés. Le mâle produit un bruit grêle et strident en frottant contre les nervures saillantes de son aile antérieure coriace le bord interne dentelé de la cuisse de sa patte postérieure.
Los Criquets constituent une nombreuse famille : ils ne sont
guère représentes chez nous que pur ces Insectes qui montrent en s envolant des ailes rouges ou bleues {CEdipoda fa scia ta). Dans les pays chauds, leurs espèces sont plus nombreuses et de plus grande
Fig. G5'i. — Mantis religiosa.
taille. Elles s'abattent parfois en quantités vraiment prodigieuses sur certaines régions : le nord de l'Afrique, Chypre, le sud de la Russie, le sud des États-Unis d'Amérique, sont surtout exposés à leurs invasions; ce sont les Criquets qui ont causé la huitième plaie d'Egypte,
Fig. G55. — Bacillus Rossii.
dont il est question dans la Bible. Véritable fléau en clfel, car ces animaux détruisent toute la végétation d'une contrée, ruinent les récoltes et les plantations et causent des dégâts inimaginables : on se rappelle encore les désastres que Stauronotus maroccanus a causés en Algérie au printemps de 1888. Pachytylus migratorius (fig. 6oG) psi l'espèce qui envahit le sud de l'Europe.
Les habitants des contrées ravagées par ces Insectes trouvent du moins en ceux-ci.une nourriture abondante, sinon délicate.
L'usage de manger des Criquets est fort ancien, et déjà Moïse le recommandait aux Hébreux. Les Grecs, en temps de disette, les Pârthes, les Éthiopiens, se nourrissaient également de ces Insectes, comme Aristophane, Strabon, Pline et Diodore de Sicile en font foi. Cette coutume s'est maintenue jusqu à notre époque : vers le milieu du siècle dernier, Hasselqvist voyait fabriquer à la Mecque une sorte de pain de Criquets. Jackson assure que les Marocains préfèrent les Criquets au Pigeon. D'après Lucas, les Arabes et les Kabyles coupent la tête, les ailes et les grandes pattes de ces Insectes, puis salent le corps et le mangent au bout de quelque temps; on les vend par
Fig. 650. — Pachytylus migratorius et sa larve.
charretées aux marchés de Fez et de Maroc. La même coutume s'observe à Bagdad, où Olivier a vu vendre des plats tout préparés (VAcridium peregrinum. Les Malgaches, d'après le P. Camboué, recherchent également les Criquets, notamment A. XTuginosum et Pachytylm migralorioides (1).
Aux États-Unis, après s'être assuré que Caloptenus xprelus, l'espèce la plus répandue, ne contenait aucun principe toxique, on a songé sérieusement à le faire entrer dans l'alimentation de l'Homme et à en préparer des conserves; on a proposé encore de l'utiliser en industrie pour l'extraction de l'acide for- Ci) Ils mangent encore d'autres Orthoptères, tels que Paracinemu Iricolor, Catantops debilitalus, Rubellia nigrosignata, et diverses espèces â'Oxya, d'Epacromia et A'Œdaleus.
«nique et d'une huile particulière. Ces deux tentatives ne semblent pus avoir abouti.
Si des peuples plus ou moins civilisés sont encore acridophages, il sera moins surprenant de constater de semblables coutumes chez des peuplades intérieures. Sparrmann et Anderson rapportent que les lloltentots se nourrissent des Criquets; ils utilisent même les œufs pour préparer une sorte de potage. Sur le passage des nuées, les Boschimans allument de grands feux : ils ramassent les Insectes qui s'y sont brûlé les ailes, les dessèchent et les conservent. Les Batékés, qui habitent les rives de l'Ogooué, font la chasse à ces animaux et les prennent au piège, au dire de Guiral. Enfin, les Indiens qui vivent sur les bords du rio Uruguay mangent aussi ceux de leur contrée ou les font cuire comme des Crevettes, d'après le comte d'Ursel.
Les Locustiens ou Sauterelles ont des tarses à quatre articles, dépourvus de pelote terminale. Les ailes antérieures sont de véritables élylres, c'est-à-dire des ailes dures et coriaces, encroûtées de
Fis. (157. — Locusla viridissima.
chitine. Chez le nulle, parfois aussi chez la femelle (Ephippigera), elles se transforment en un instrument de musique : à la hase de l'élytre droit, les nervures laissent entre elles un espace plus ou moins grand, qu'occupe le miroir, mince membrane transparente et bien tendue; l'élytre gauche recouvre l'autre et présente à sa base une forte nervure transversale saillante; quand l'animal vient à frotter l'un contre l'autre les deux élytres, il se produit un son que le miroir amplifie notablement. L'appareil auditif est situé sur le tibia de
la patte antérieure. La femelle possède une tarière ou oviscapte contournée en forme de yatagan et qui lui sert à creuser en terre des trous dans lesquels elle dépose ses œufs. locusta viridissima (lig. 057) est une espèce commune. Deotious
Fig. 658. — Gryllus campestris.
verrucivorus, du nord et du centre de l'Europe, a la réputation d'extirper les verrues qu'on lui donne à mordre ; de sa bouche sort un liquide brun qui en hâterait encore la résolution.
Les Gryllides ont les plus grands rapports avec les Sauterelles, bien que les tarses soient à trois articles. Le mâle produit des sons
Fig. G59. - Gryllotalpa vulgavis et sa larve.
aigus par le frottement de ses deux élytres, bien que ceux-ci soient de structure identique; ils sont plus courts que les ailes de la seconde paire. La femelle a une tarière longue mais frôle.
Le Grillon des champs (fig. 658) est connu de tous; une autre espèce (Gr. domesticus) habite nos maisons. La Courtilière ou Taupe- Grillon (fig. 659) cause de grands dégâts dans les jardins : ses pattes
antérieures, considérablement élargies et épaissies, sont transformées en appareils fouisseurs (fig. 646, D).
Chez celte dernière espèce, Jobert a étudié la structure de l'organe du loucher (fig, 060). Cet organe consiste en poils tactiles répandus à la surface du palpe maxillaire: chaque poil, p, s'insère sur le lé-
Fig. CGO. — Poils tactiles (lu palpe maxillaire do Gryllotalpa vulgaris, d'après Cl. Jobert. — c, couche do chitine avec base d'implantation des poils ; /(, cellules de l'hypoderme; n, renflements nerveux fusiformes, au centre desquels se trouve la cellule sensorielle ; p, poils tactiles.
gumcnl, c, par une partie membraneuse; l'âme du poil est continue avec un filament émané d'une cellule nerveuse qu'entourent des cellules de névrilème, n, et à laquelle aboutit un filet nerveux.
E. rorle, X, v. 15.
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ORDRE DES PSEUtiO-NÉVROPTÊRBS.
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Ces Insectes sont ordinairement réunis soit aux Orthoptères, soit aux Névroptères; ils tiennent en effet des premiers par leurs métamorphoses incomplètes et des seconds par leurs ailes membraneuses et réticulées, semblables entre elles et incapables de se plier. Les organes buccaux sont disposés pour broyer; les deux moitiés de la lèvre inférieure sont distinctes. Le prothorax est libre. La larve et la nymphe ne diffèrent que très peu de l'animal parfait.
Les Physopodes, encore appelés Thjsanoplères ou Cystipêdes, ont le corps très allongé, grêle et plat ; la bouche est conformée pour la succion ; les ailes sont frangées de longs cils; au lieu de griffes, les tarses biarticulés portent des pelotes semblables à des ventouses. Les Thrips (fig. 661) se rencontrent communément sur les fleurs.
Les Corrodants ont pour type les Termites ou Fourmis blanches (fig. 662), ainsi nommées abusivement à cause de leur genre de vie qui rappelle à beaucoup d'égards celui des Fourmis. Ces Insectes forment des sociétés nombreuses, composées, outre les larves et les nymphes, de trois sortes d'individus adultes : des mâles et des femelles, sexués et munis d'ailes, et un nombre immense de neutres aptères, c'est-à-dire d'individus chez lesquels les glandes génitales ne se sont point développées. Parmi les neutres, on distingue des soldats, m, ou individus chargés de la défense de la colonie, et des ouvriers, n, ou individus auxquels incombent les soins domestiques; les soldats
Fig. 661. — Thrips cerealium, très grossi.
sont reconnaissables à leur plus grande taille el à leur tète volumineuse, armée de très puissantes mandibules. De môme que chez les Abeilles, il existe dans chaque société une reine ou femelle pondeuse, /', à laquelle une galerie spéciale peut être réservée.
Termes lucifugus, la seule espèce européenne, est commun dans le sud-ouest de la France: il mine les souches des vieux pins; il a envahi certaines villes, comme la Rochelle, Rochefort, Saintes, Bordeaux, où il creuse les poutres des maisons. D'autres espèces 'creusent le sol; à Ceylan, le tiers du pays plat est miné par ces Insectes. D'autres encore, dans l'Afrique el l'Amérique tropicales, construisent des édifices hauts de 3 à 4 mètres et d'une extrême solidité.
Kg. C62. — Termes lucifugus. — /", femelle ; /', femelle fécondée d'une espèce do Coylaii; m, soldat; n, ouvrier.
Kônig rapporte que les Hindous prennent au piège de grandes quantités de Termites et en font des gâteaux, en les mélangeant à de la farine. Les lloltentols s'en nourrissent également, après les avoir torréfiés.
Les Psoques ou Poux de bois vivent dans les boiseries et dans les troncs d'arbres. Le Frappeur (Troctcs pulsatorius) habite nos maisons et se lient dans les vieux papiers ou dans les collections d'histoire naturelle. Glothilla inquiîina a le môme genre de vie.
Virchow a rapporté un cas dans lequel celle dernière espèce avait envahi la maison d'un instituteur, toujours tenue proprement, à la suite de réparations faites dans une maison voi-