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FI LA RI A MEDINENSIS

Ces slatisliqucs nous montrent d'abord l'influence de la saison sur l'éclosion des cas de draconliase, puis les grandes variations que subit le nombre des cas, d'une année à l'autre. Sauf quelques cas isoles, qui tiennent à une incubation anormalement prolongée ou raccourcie, la maladie éclate aux Indes dès la fin d'avril et dure jusqu'en septembre ou octobre; au Sénégal, elle se montre plus tard et finit aussi un peu plus tard. Dans l'un et l'autre cas, son apparition coïncide avec l'hivernage. Ce que nous savons de la durée de l'incubation nous autorise a penser que l'inreslalion s'est faite à pareille époque, l'année précédente. En effet, les pluies abondantes sont de bonnes conditions pour la multiplication des Cyclopes et augmentent leurs chances d'infcslalion, en entraînant dans les eaux les embryons répandus ça et là; elles augmentent du même coup les chances de l'Homme à contracter la Filaire. Quant aux variations de celle-ci suivant l'année, elles s'expliquent de la même manière. On a bien souvent remarqué que la draconliase était rare après les années de sécheresse, mais devenait fréquente à la suite de pluies persistantes.

Le Dragonneau n'est pas seulement un parasite de l'Homme, il s'attaque fréquemment au Bœuf, suivant Avenzoar et de Marchais; le médecin arabe désigne môme la dracontiase sous le nom de mal des Bœufs. Clarkson l'a vu chez le Cheval. Fedchenko n'a jamais vu le Chien porter le parasite, mais le fait a été constaté aux Indes par Smyttan, en 1825, et par Korbes, en 1838, puis à Buenos-Ayres et à Curaçao par Doïssel. Waller Innés nous dit l'avoir observé au Caire chez un Chien de chasse qui n'avait jamais quitté la région, et chez un Canis lupaste)', tué dans la plaine des pyramides de Ghizeh. On doit encore rattachera cette espèce les quinze à vingt Vers trouvés par Valenciennes sous la peau d'un Guépard (Felis jubata) du Kordofau et décrits sous le nom de Filaria œthiopica.

Le Dragonneau est originaire de l'ancien continent. Inconnu en Europe, sauf chez les individus qui l'ont acquis en parcourant certaines contrées de l'Afrique ou de l'Asie, il pourrait néanmoins s'y acclimater aisément. Fedchenko a constaté en effet que certaines espèces de Cyclopes sont communes à la faune européenne et à la faune du Turkestan. Dans les cas, heureusement assez rares, où l'on observe le parasite dans les hôpitaux d'Europe, on doit donc avoir grand soin de détruire celui-ci et d'empêcher ainsi la dissémination de ses embryons qui, transportés par les eaux, pourraient constituer un réel danger pour les habitants des campagnes. Nous verrons tout à 1 heure que ce n'est pas là une vaine recommandation, mais

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que précisément certaines contrées de l'Amérique du Sud ont ■été contaminées de cette manière.

'En Afrique la Pilaire est commune sur la côte de Guinée, ■d'où le nom de Guinea ivorm que lui donnent les Anglais; elle •n'est pas rare non plus dans le Haut-Sénégal, mais il importe de noter qu'elle ne s'observe point dans les régions où se montre le Loa, ce qui prouve la non-identité de ces deux heliminthes.

Traversons de l'ouest à l'est le continent africain : nous retrouvons le parasite en Abyssinie, en Nubie, dans le Kordofan, le Darfour, le Sennaar. Inconnu en Egypte jusqu'en 1820, époque à laquelle Mohamed-Ali fit la conquête du Sennaar, il y est devenu très fréquent depuis qu'il arrive au Caire de nombreuses caravanes de l'Ethiopie et que des régiments nubiens tiennent garnison en différentes villes. Ahmed Fahmy a pu en observer plus de 400 cas chez les soldats nubiens des régiments nègres du Caire, et Walter Innés pense qu'il est en train de se naturaliser aux environs de cette ville.

En Asie, le Dragonneau est également très répandu. On t'observe non seulement à Médine, mais clans presque toute l'Arabie. Chr. Stambolski, médecin du corps expéditionnaire envoyé par Mustapha Assim pacha, en 1877, contre le cheick Muchsin, sultan du Gebel Sciaara, rapporte que 1,200 à 1,500 soldats furent atteints; 75 p. 100 des malades demeurèrent invalides. On peut donc s'attendre à voir les pèlerins qui se rendent à la Mecque transporter le parasite dans des pays musulmans encore indemnes, comme la Tripolitaine, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc : c'est là un danger de tous les instants.

Depuis la mer Rouge, le Ver s'étend dans tout le sud de l'Asie, jusqu'au Gange : ce fleuve est sa limite la plus orientale. C'est dire qu'on l'observe en Perse et dans l'Hindoustan. Vers le nord, il se retrouve avec une abondance extrême dans certaines contrées du Turkeslan et du Bokhara : la ville de' Djizak, entre Tachkent et Samarcande, et celle de Karchi, dans le Bokhara, sont célèbres à ce point de vue.

Le parasite est encore endémique dans quelques localités de l'Amérique du Sud. Au temps de la traite des nègres, il n'était point rare à Saint-Domingue, à Haïti, à Curaçao, a la Guyane.

FILARIA MEDINENSIS.

au Brésil. Il est hors de doute qu'il avait été importé d'Afrique par les noirs, comme le démontrent plusieurs faits, savoir : son apparition coïncidant avec l'époque à laquelle a commencé la traite; sa présence à peu près exclusive chez les nègres; son absence des pays, tels que la Bolivie, le Pérou, le Chili, qui ont le môme climat que plusieurs provinces brésiliennes, mais qui n'ont jamais eu d'importation africaine. Depuis l'abolition de la traite, le parasite a disparu de Saint-Domingue et d'Haïti, mais il semble être devenu endémique à Curaçao, ainsi qu'à Démérary et à Surinam, dans les Guyanes. Au Brésil, d'après V. Pereira et J.-F. da Silva Lima, il s'est également maintenu dans certaines localités, notamment aux environs de Feira de Santa Anna, dans la province de Bahia.

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ORDRE DES NÉMATODES.

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FILARIA SANGUINIS I10MINIS. 41

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Filaria Bancrofti Cobbold, 1877.

F. Wuchereri da Silva Lima, 1877.

F. sanguinis hominum Hall, 18S5.

La Filaire. du sang a été découverte par Demarquay, chirurgien de la Maison municipale de sanlé, à la fin d'août 1863; elle se trouvait dans le liquide laiteux extrait par ponction d'une tumeur des bourses galactocèle de Vidal) d'un jeune Homme de 19 ans et demi, originaire de la Havane. L'habile chirurgien décrit et figure très exactement le parasite comme un Nématode à l'état embryonnaire ; il signale ses mouvements agiles et indique ses principaux caractères.

Celte découverte passa malheureusement inaperçue. Aussi le Ver fut-il considéré comme nouveau par Wucherer. qui le découvrit à Babia, le 4 août 1866. En examinant au microscope les urines d'un malade atteint de chylurie tropicale, cet observateur y trouva de très petits Vers arrondis, très vivaces, ne présentant ni tube digestif ni organes génitaux. Il ne publia cette découverte que deux ans plus tard, en 1868, quand lui ou ceux à qui il en avait fait part eurent réuni 28 cas analogues. Dans un caillot desséché, que Wucberer lui avait envoyé, Leuckart retrouva le parasite et le considéra comme l'embryon d'un Ver de la famille des Strongles, habitant les voies urinaircs.

En 1868, Lewis, de Calcutta, trouva de son côté, dans une urine chyleuse, de petils Vers dépourvus de bouche et d'anus et entière-

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ment enveloppés d'une sorte île gaine transparente, dans laquelle ils 1 s'agitaient vivement. Vers la môme époque, Salisbury observait aux Etats-Unis, dans l'urine de trois malades, l'œuf et l'embryon du pa- ] rasite, qu'il appelle Trichina cystica.

En 1870, J. Crevaux retrouve le Ver dans les urines chyleuses d'un | créole de la Guadeloupe, âgé de 15 ans et entré à l'hôpital de la Gérés; c'est un Nématode long de 205 p. et large de 10 p.. Cette môme année 1870, Cobboldvit également le parasite dans l'urine d'un individu chylurique revenant de Port-Natal.

A part l'observation de Demarquay, on n'avait donc encore rencontré l'embryon que dans l'urine, quand Lewis, de Calcutta, fit entrer l'histoire du parasite dans une phase nouvelle.

Eu juillet 1872, il trouve l'embryon dans le sang d'un Hindou atteint de diarrhée. Cet hématozoaire n'est pas rare; presque tous les individus qui le présentent sont atteints de chylurie, d'éléphantiasis ou de varices lymphatiques du scrotum : aussi Lewis proclame-t-il que la chylurie tropicale et l'éléphau tiasis des Arabes sont associés à la présence de l'helminthe; il admet que ces affections résultent •d'une gêne mécanique de la circulation dans les capillaires sanguins ■ •et lymphatiques. Jusqu'en 1875, Lewis examine plus de 30 chyluriques : il retrouve toujours l'embryon soit dans le sang, soit dans l'u- « rine, soit dans ces deux liquides à la fois, soit dans les larmes ou le produit de sécrétion des glandes de Meibom ; il note encore sa présence dans le sang d'individus en apparence sains et bien portants., L'identité des helminthes observés au Brésil avec ceux des Indes fut établie par da Silva Lima, de Bahia, qui, pendant une visite au- Koyal Victoria Hospilal, àNetley, Southampton, cul l'occasion d'examiner des préparations envoyées de Calcutta par Lewis. En 1874, Crevaux avait lui-même admis cette identité pour les parasites observés aux Antilles.

Poursuivant ses éludes, Lewis reconnaît la coexistence fréquente de l'éléphanliasis et de l'hémalo-chylurie chez le même individu ; il confirme ainsi l'opinion de Mazaé Azéma qui, dès 1858, avait soupçonné l'identité éliologique de ces deux affections; il rencontre, en effet, le même entozouire dans le sang, dans l'urine laiteuse et dans la lymphe extraite des tumeurs éléphanloïdes elles-mêmes.

Celle opinion fut également adoptée par Patrick Manson, médecin de la douane d'Amoy. Cet observateur, qui devait bientôt s'illustrer par la suite de ses recherches sur la Filaire du sang, avance que la chylurie et l'éléphanliasis doivenl être dus à la présence delà Filaire adulte dans les lymphatiques. Par l'irritation qu'il provoque, ce \ < r doit produire l'oblitération des troncs lymphatiques, peut-être même du canal thoracique : il eu résulte une stase de la lymphe avec dila-

FIL ARIA SÀNGUIN.IS IIOMINIS. i:t

lalion du réseau afférent et rupture des capillaires, d'où la chylurie ou la lympliorrhagie cutanée, suivant le siège de l'obstruction .

La présence du Ver adulte en quelque point de l'organisme devint certaine, en 1876, lorsque Cobbold eut rencontré un œuf, en même temps que des embryons, dans du sang de chylurique qui lui avait été envoyé de Brisbane, Queensland, par Bancroft. Il importe de rappeler que Demarquay lui-môme avait vu et figuré l'œuf du parasite.

Au Brésil, la manière de voir de Lewis et de Manson ne fut pas acceptée tout d'abord: l'examen du sang et delà lymphe des chyluriques et des malades atteints d'éléphanliasis du scrotum ou des jambes ne donnait que des résultats négatifs. Au commencement de 1877, Felicio dos Santos, de Rio de Janeiro, trouva enfin le parasite dans le sang d'une tumeur éléphantiasique du scrotum et le revit quelques mois plus tard, chez deux malades, dans le liquide des lympborrhagies cutanées. En octobre 1877, da Silva Araujo et V. Peieira, de Bahia, l'observèrent également dans la lymphe exsudant du scrotum éléphantiasique d'un malade atteint aussi d'hémato-chylurie. A la môme époque, P. S. de Magalhùes le voyait dans l'épaisseur des tissus du scrotum, chez un individu précédemment opéré par Saboia. Les observations des médecins anglais se trouvaient ainsi pleinement confirmées.

Cependant, on ne connaissait encore le parasite qu'à l'état d'œuf et d'embryon. Le 21 décembre 1876, Bancroft trouva un Ver adulte dans un abcès lymphatique du bras ; bientôt après, il en trouva quatre autres dans un hydrocèle du cordon spermatique. Le premier exemplaire fut envoyé à Cobbold, qui en a donné une description : c'était un Ver fin comme un cheveu et long de 8 à 10 centimètres.

Le 7 août 1877, Lewis rencontra également la Filaire adulte et sexuée chez un jeune Bengalais qu'il opérait de l'éléphanliasis variqueux du scrotum.

Le 16 octobre 1877, da Silva Araujo la vit aussi dans le liquide coagule qui s'échappait du scrotum, chez un individu qui avait eu à deux reprises delà chylurie et qui présentait un éléphanliasis scrotal au début. Le 18 novembre suivant, F. dos Santos relira S Vers d'un tfcès lymphatique du bras. Enfin, en 1881, Manson mit à jour un Ver incomplet, encore contenu dans un vaisseau lymphatique, en opérant un lympho-scrotum : celle observation venait démontrer nab.tat de la Filaire et prouver son influence sur la production de I éléphanliasis mevoïde, sinon de l'éléphanliasis vrai.

On connaissait donc la forme sexuée du parasite, mais on ignorait encore sa provenance, la façon dont se comportaient les embryons rejetés au dehors et de quelle manière le Ver s'introduisait dans l'or-

OHDRE DES NÉMATODES.

gatjisrïië de l'Homme. Manson eut le mérite d'élucider ces questions délicates.

Pensant que les Moustiques, en piquant l'Homme, pourraient contribuer au transport et à la dissémination de la Filaire, il expose à la piqûre de ces Insectes un Chinois dont le sang fourmillait d'embryons; en recueillant ensuite les Moustiques gorgés de sang, il retrouve dans l'estomac des seules femelles le parasite vivant. La suite de ses observations lui fit voir que celui-ci ne périssait pas dans ce nouveau milieu, mais se développait au contraire et parvenait à l'étal larvaire. Après avoir achevé sa ponte, le Moustique meurt à la surface de l'eau et la destruction de ses tissus met en liberté les larves de la Filaire, qui se trouvent ainsi dans les meilleures conditions pour être introduites avec l'eau dans le tube digestif de l'Homme.

Manson a encore découvert un fait des plus remarquables, à savoir, que les embryons de la Filaire ne se rencontrent pas en égale abondance dans le sang à toutes les heures de la journée. Pendant plus de deux mois, il s'est astreint à examiner toutes les trois heures le sang de ses malades, et il a constaté de la sorte que les embryons passent dans le sang, ou du moins dans la circulation périphérique, pendant les heures de sommeil, et qu'ils en disparaissent pendant les heures de veille.

Enfin, J.-P. Figueira de Saboia, médecin de l'hôpital de la Miséricorde, à Rio de Janeiro, a trouvé en 1S8G, dans le ventricule gauche du cœur d'un individu dont il faisait l'autopsie, deux Filaires adultes englobées dans un caillot sanguin : un mâle long de 83 millimètres et une femelle coupée en deux tronçons et ayant une longueur totale de 1 15 millimètres. Ces deux Vers furent remis à P.-S. de Magalhâes, qui en a publié la description. Ainsi se trouvait démontrée la présence du parasite dans le système sanguin.

Le Ver adulte est parasite des vaisseaux sanguins et lymphatiques. Ses œufs, dépourvus de coque, sont entourés d'un simple choiïon ; ils mesureut de 18 à 23 ,u. sur 12 à 15 n; au moment de la ponte, ils sont déjà plus ou moins complètement segmentés; quand l'embryon y est inconnaissable, ils mesurent en moyenne 37 [x sur 30 (a. Le cours de la lymphe les entraîne et leur développement se poursuit chemin faisant. Au moment où la lymphe se déverse dans le sang, les embryons sont d'ordinaire déjà complètement formés ; par l'intermédiaire des veines caves supérieures, ils arrivent jusqu'au cœur droit, qui les lance dans le poumon; après avoir traversé les capillaires de ce dernier, ils arrivent finalement

F1LARIA SANGL'INIS IIOMINIS. 4!J

au cœur gauche, qui les dislribuc dans tout l'organisme.

Les embryons, produits en nombre très considérable par la femelle, peuvent donc se trouver partout dans le sang. Ce sont des animalcules longs de 125 à 300 larges de 7 à 11 encore dépourvus de tube digestif et d'appareil reproducteur. Ils sont fréquemment entourés d'une sorte de gaine (flg. 400), dans laquelle ils se meuvent avec vivacité et qui n'est autre chose que le résultat d'une mue. Chose remarquable ! ils ne se trouvent point dans le sang à toute heure de la journée;

ig. 400. — Embryons de Pilaire circulant dans le sang de l'Homme, d'après Lewis. Grossis iOO fois.

comme nous l'avons déjà dit, ils ne l'envahissent, ou du moins n'envahissent la circulation périphérique que pendant le sommeil, c'est-à-dire pendant la nuit : chaque gouttelette de sang extraite d'un point quelconque du corps, doigts, orteil, lobule de 1 oreille, etc., en renferme un plus ou moins grand nombre, en sorte que le réseau vasculaire se montre alors envahi tout entier. Pendant le jour, les embryons ne s'observent plus dans rir,„aeng °U dU m°inS disparaissent de la circulation périphé- Manson a montré que leur apparition et leur disparition

i0 ORDRE DES NÉMATODES.

périodiques coïncident uniquement avec les alternatives de sommeil et de veille ; en changeant l'heure des repas et en modifiant les autres conditions de l'existence, on n'amène aucun changement appréciable dans l'apparition des embryons. Mais, en intervertissant les heures de sommeil et de veille, on produit une interversion corrélative des heures de migration des parasites, qui se montrent alors dans le sang pendant le jour et en disparaissent pendant la nuit. En revenant aux étals normaux de veille et de sommeil, on amène le retour des migrations normales.

La périodicité des embryons s'observe sous tous les climats. Les praticiens anglais ont eu maintes fois l'occasion de la constater à Londres, et Mackenzie a noté qu'elle se présente en Europe exactement dans les conditions que Manson avait reconnues en Chine..

Que deviennent les embryons pendant le jour ou plutôt pendant l'état de veille? Meurent-ils et s'en forme-t-il chaque jour un nouvel essaim? ou bien se cachent-ils en quelque organe profond? Autant de questions auxquelles il serait malaisé de répondre, si nous n'avions comme terme de comparaison Filaria immitis Leidy, qui vit dans le système circulatoire du Chien et dont l'histoire présente les plus grandes analogies avec celle de F. sdnguinis hominis (1).

Préoccupé par ces questions, Manson a étudié la Filaire du Chien, qui est fort abondante en Chine. Ses embryons se montrent aussi périodiquement dans la circulation périphérique, mais la périodicité est moins marquée que pour la Filaire de l'Homme; ils ne disparaissent jamais complètement des vaisseaux superficiels, ils y sont seulement beaucoup plus nombreux la nuit que le jour. En faisant l'autopsie de Chiens tués par l'acide prussique ou par la strychnine, Manson a enfin reconnu que, pendant le jour, les embryons s'accumulent dans les gros vaisseaux du thorax et de l'abdomen. 11 en est vraisemblablement de môme chez l'Homme.

La femelle adulte est sans doute capable de vivre longtemps et de produire sans interruption un grand nombre d'œufs. Ainsi s'explique ce fait, qu'on peut trouver les embryons dans le sang pendant une longue période, bien que beaucoup d'entre eux soient chaque jour expulsés par l'urine ou par d'autres voies, naturelles ou pathologiques : là encore, l'analogie persiste avec F. immitis, dont Gruby et Delafond ont observé les embryons pendant des années sur un mémo animal.

(I) Pour Filaria immitis, voir notre article Hématozoaires. Dictionnaire oncyclop. des se. méd., (4), XIII, p. 07, 1887.

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