CLASSE DES AMI'IUHIENS
Sous-classe des Batraciens.
La notocorde persiste parfois et se renfle dans l'intervalle des vor- I tèbres biconcaves (Proleus); plus fréquemment, les vertèbres sont ] séparées les unes des autres par un disque cartilagineux qui fractionne la notocorde : les corps vertébraux sont alors excavés d'un j côté et pourvus à l'autre face d'une saillie qui s'articule avec la cavité 1 correspondante de la vertèbre voisine. La vertèbre est opisthocœle, I quand la concavité occupe la face postérieure ; elle est procœle, quand I la concavité occupe la facé antérieure. Les côtes, ordinairement rudimentaires, sont longues chez Pleurodeles Waltli : elles percent la paroi du corps et apparaissent au dehors, le long des flancs.
Le crâne a de grandes ressemblances avec celui des Stégocéphales, j mais est plus simple et ne renferme ni supra-occipital, ni épiolique, ni supra-temporal, ni post-orbitaire ; il reste partiellement cartilagineux. La queue, toujours bien développée chez la larve, persiste ou ! fait défaut chez l'adulte, d'où une division naturelle en Urodèles et j en Anourks.
La ceinture thoracique ou scapulaire est bien développée, mais n'a plus désormais aucune connexion avec le crâne ou avec la colonne I vertébrale, dont elle est séparée par des masses musculaires. Chez ; les Urodèles, elle est formée de deux demi-ceintures, qui entourent chacune des moitiés du corps et comprennent trois branches : en haut, Yomoplale ou scapidum, terminée par une expansion cartilagineuse ou sus-scapulum ; en bas et en avant, la clavicule ou procoracoide ; en bas et en arrière, le corticoïde . Ces trois branebes se réunissent sur le côté de la face ventrale : leur partie commune est creusée à sa M face externe d'une cavité gîênoïde, où s'articule le membre antérieur. A la face ventrale, les deux coracoïdes se recouvrent, mais sans s'unir l'un à l'autre.
Chez les Anoures, on retrouve l'omoplate avec son large sus-scapulum, le coracoïde et la clavicule. Mais ces deux dernières pièces sont réunies à leur extrémité interne par un arc longitudinal ou épicoracoïde, développé entre les deux os comme l'est entre deux côtes une hëmisternebre ou moitié latérale d'un segment sternal : l'épicoracoïde est donc un hêmiomosternum, d'après Albrecht; il délimite un trou obturateur. Dans quelques genres (Bombinator, Discoglossusr Pelobatcs, Iïyla), cette sorte de copule recouvre simplement sa congénère; dans d'autres cas {Ram), elle s'affronte et s'unit à celte dernière sur la ligne médiane, de manière à former un vérilable omosternum. Celui-ci porte deux appendices : l'antérieur est l'épisternum, (préomoslcrnurn d'Albrechl), improprement appelé omosiernumj le pos-
lérieur, beaucoup plus développé, esl le postomosternum, encore nommé sternum, mais à ton, ses relations avec les côtes étant nulles. La clavicule manque chez quelques espèces (Uperodon marmoratum, Hylcedactylus baleatus).
La ceinture abdominale ou pelvienne des Urodèles est constituée de chaque côté de la face ventrale par une lame qui, en s'unissant à sa congénère, forme la symphyse du bassin. Celte lame esl osseuse dans sa moitié postérieure ou ischion; elle reste cartilagineuse dans sa moitié antérieure ou pars acctabularis, qui se prolonge en avant par le cartilage marsupial, tige cartilagineuse médiane, bifurquée à son extrémité. Par son bord externe, cette lame s'articule avec l'os iliaque ou ilion, tige osseuse qui remonte vers le rachis et s'articule avec une courte côte qui est elle-même unie à l'apophyse transverse de la ver- \tèbre sacrée; les vertèbres qui font suite à celle-ci appartiennent à la queue. Ainsi constituée, l'articulation sacro-iliaque est très mobile. I La patte postérieure s'articule dans une cavité colyloïde, creusée au point de rencontre de l'os iliaque avec la lame ischio-acélabulaire.
Chez les Anoures, l'os iliaque est un long bâton qui s'articule directement avec l'apophyse transverse très allongée de la vertèbre sacrée, sans interposition de côte ; il se porte en arrière et s'unit d'autre part avec un os médian, qui présente de chaque côté une cavité articulaire pour le membre postérieur. Cet os est formé de deux ischions en arrière, de deux pubis en avant, intimement confondus.
Les deux paires de membres sont construites sur le môme plan et composées de parties homologues. Le premier segment du membre antérieur est le bras ou brachium, comprenant un seul os, l'humérus. Le second segment, avant-bras ou antibrachium, comprend deux os, le radius et le cubitus ou ulna. Le troisième segment est le carpe ou poignet, formé d'un certain nombre d'osselets. Puis vient la main, formée d'un nombre variable de rayons qui comprennent chacun plusieurs osselets placés bout à bout; dans chaque rayon, l'osselet proximal est le métacarpien; les autres ou phalanges constituent le doigt.
De môme, la cuisse ou premier segment du membre postérieur renferme un seul os, le fémur. Le second segment, jambe ou crus, renferme deux os, le tibia et le péroné ou fibula. Puis viennent le tarse et le pied, ce dernier comprenant plusieurs métatarsiens et plusieurs orteils.
Le carpe et le tarse sont les parties qui présentent les plus grandes variations dans la série des Vertébrés; leur étude morphologique est encore peu avancée. Ils sont primitivement formés de trois rangées transversales d'osselets. La rangée proximale comprend trois os : le
CLASSE DES AMPIIII1IENS.
radial, Yiiilcnw'diiiive et le cubital (I), à la main; le tibial (Bg. 803, 1)1 l'intermédiaire, i, el le pérouicr, f, au pied (2).
Les carpiens 1, z el 3 sont nommés respectivement le trapèze le tra-l pézoide et le grand os; les carpiens 4 el ;i res-1 tent distincts chez les Iîulracicns, mais s'unissent chez d'autres animaux pour former ï Vos crochu (3). De môme, les tarsiens et 3 portent respectivement les noms de premier, deuxième et troisième cunéiformes ;\ les tarsiens 4 et 5, distincts chez les ltatra-1 ciens, se fusionnent chez d'autres types enl un os unique, le cuboïde (4).
La rangée moyenne du carpe et du tarse j est formée par les os centraux, au nombre de trois chez l'Axolotl, de deux chez Ranodon et Salamandrella, d'un seul chez les au-' ires Batraciens; le central unique était appelé \ intermédiaire par Cuvier.
La rangée distale comprend plusieurs os, ordinairement en nombre égul à celui des métacarpiens ou des métatarsiens avec les- : quels ils sont en rapport. Parfois pourtant, le nombre des doigts ou des orteils diminue, . sans que celui des carpiens ou des tarsiens subisse une réduction correspondante; sou-, vent aussi les osselets se fusionnent, ce qui Tend leurs homologies très difficiles à établir.
L'épiderme est formé d'une couche cornée, qui se sépare tout d'une pièce par des mues périodiques, el d'une couche muqueuse ; il ren--! ferme des cellules muqueuses, des cellules glandulaires el des chromalophores, mais ces derniers peuvent manquer (Proteus). Le derme, formé d'assises successives de lissu conjonclif, est traversé verlicale-
(fl La synonymie de ces os est très embrouillée. Le radial s'appelle encore scaplioïde ou naviculuire; l'intermédiaire est le semi-lunaire ou lunatum; le' cubital est le pyramidal, cunéiforme, triguelrum ou ulnare.
(2) Le tibial s'appelle encore scaphoïde; le pérouicr est le calcanéum, fibulare ou os calcis; le central est le vrai scaphoïde ou naviculuire. Chez d'autres Vertébrés, lo tibial et l'intermédiaire se fusionnent pour fermer X'aslraijtda ou talus.
(3) Le trapèze est encore nommé midtangulum majus; le trapézoîdc, multangu/uin minus; le grand os, magnum ou capitatum; l'os crochu", unci-î forme, hamatum ou uncinatum.
(4) Le tarsien 1 s'appelle encore grand cunéiforme ou en tocunéi forme; le tarsien 2, peiit cunéiforme ou mésocuneiforme ; le tarsien 3, moyen cunéiforme* ou ectocunéiforme.
Fig. 8G3. — Patte postérieure de Salamandre.
— F, péroné ; T, tibia ; /', os pérouicr ; i, os intermédiaire ; ' - os tibial ; l-o, premier-cinquième os tarsiens; 1-V, premier-cinquième doigts.
I ment par des traînées de tissu Jftche qui renferment les nerfs, les [ vaisseaux sanguins et lymphatiques, ainsi que des libres musculaires I lisses (Eberlh, 18(>9). Les vaisseaux sanguins sont-assez nombreux et i les phénomènes osmotiques s'accomplissent assez aclivemenl à traf vers la peau, pour que celle-ci suffise à l'hématose, dans les cas où la ; respiration pulmonaire est empêchée. Des chromalophores capables
d'expansion et de contraction siègent clans ta zone sous-épidermique I «t sont la cause des changements de couleur présentés par certaines
espèces {Hyla).
La peau des Batraciens est nue et renferme de nombreuses glandes, répandues sur toute la surface, mais plus volumineuses à la l'ace dorsale. Ces glandes sont rondes ou ovoïdes et limitées par une membrane propre. Celle-ci est tapissée intérieurement par une vingtaine de cellules musculaires fusiformes, disposées en une enveloppe continue, comme les méridiens autour d'une sphère. L'épilhélium repose sur la face interne de ces muscles : il est formé de grandes cellules cylindriques, à noyau basilaire, plus longues dans le fond et sur les côtés qu'à l'orifice de la glande, qui s'ouvre directement ;\ la surface de la peau. En éclatant, ces cellules mettent en liberté les petits globules réfringents dont elles sont bourrées. Ceuxci, en se mélangeant à une petite quantité d'eau, constituent un suc laiteux et gluant qui est un véritable venin : ils s'accumulent dans la vaste cavité de la glande et sont excrétés par suite de la contraction volontaire ou réflexe des muscles. Ils «ont primitivement constitués, comme les globules du lait, par une gouttelette liquide entourée d'une enveloppe albumineusc; •ils sont formés d'une pseudo-lécithine qui reste en cet état, si le venin est peu riche en eau (Triton), mais se dédouble au contraire rapidement dans un venin plus hydraté (Dufo) : on ne ■trouve plus alors dans le venin que les débris de l'enveloppe des globules primitifs.
Vu l'absence de tout appareil d'inoculation, le venin joue simplement un rôle défensif et protège les Batraciens contre les Bepliles, les Oiseaux rapaces et autres animaux dontilssont la proie, malgré son énergie. A l'état frais, ce venin est de réaction acide, grâce à la présence d'acide formique : il est brûlant, stupéfiant ; dans une même espèce, il est plus actif à l'époque des amours ou chez des individus provenant d'un climat
'm CLASSE DES AWPniDIENR.
plus chaud. Sa composition chimique n'est encore comme d une façon satisfaisante que chez deux espèces {Triton critta- <us, 'Bufo vuîgaris); elle varie d'ailleurs suivant les espèces : le principe actif est une carhylamine. Desséché, le venin garde toute son activité, contrairement à l'adage : Morlua ùestia, morluum est ven'enum.
La bouche, largement fendue, est armée de dénis composées de trois parlies : la base ou racine esl formée de cément; le collet ou'partie moyenne est Tonné de denlinc ; le sommet ou couronne est lormé d'émail et présente une seule pointe (Ichlhyodes) ou deux pointes (Sa- Iamandrides, Anoures). Les dents se brisent aisément, mais se renouvellent d'une façon indéfinie, comme chez les Poissons; en outre des mâchoires, elles peuvent exister sur presque tous les os de la bouche. Il existe de notables différences entre la larve et l'adulte, au point de vue de la dentition.
La langue est presque nulle chez les Ichlhyodes et les Aglosses. mais bien développée chez les autres. Elle n'est fixée au plancher de la bouche que par sa partie antérieure : la partie postérieure se retourne et est projetée hors de la bouche.
Chez le mâle des Anoures, le plancher de la bouche s'invagine pour former un {Hyla) ou deux (Ram) sacs vocaux, revêtus par la peau et par une dépendance du muscle mylo-hyoïdien : quand l'animal cric, ces sacs se gonflent d'air et jouent le rôle de résonateurs.
Les Ichlhyodes, qui vivent toujours dans l'eau, n'ont pas de glandes buccales; les Salamandrides et les Anoures, qui sont plus ou moins terrestres, en possèdent au contraire : on peut les considérer comme destinées à empêcher la dessiccation des muqueuses. Sur les parties latérales du fond de la bouche se trouvent des follicules clos, premier rudiment des amygdales ou tonsiïles.
L'œsophage et une partie de l'estomac sont revêtus d'épilhélium vibralile. Ces deux organes renferment des glandes muqueuses; l'estomac présente en outre des glandes peptiques, dérivées des précédentes ;• leur conduit excréteur est tapissé de cellules cylindriques claires, semblables à celles de la muqueuse gastrique; leur cul-de-sac est bourré de grosses cellules arrondies et granuleuses, qui produisent le suc gastrique. Ce suc, de réaction acide, renferme de la pepsine, ferment soluble qui transforme les matières albuminoïdes en peptones.
La muqueuse de l'intestin grêle présente parfois des villosités; elle renferme les glandes de Liebcrkùhn, qui produisent un liquide alcalin transformant la saccharose en glycose. Le rectum aboutit à un cloaque: à sa terminaison, sa paroi inférieure s'invagine en une poche musculo-membraneuse qui fonctionne comme vessie urinaire.
SOUS-CLASSE DES BATRACIENS. 701 I es hématies ont la môme l'orme et la môme structure que chez les Sélaciens ou les Téléostéens, mais elles ont une taille heaucoup plus grande, d'ailleurs variable suivant les espèces :
Longueur Largeui
Rima tetotporaria, 22u.,3 l.r>u.,7
Triton cristatus 29 3 19 5
Lepiilosiren anneclens /'1 2p
Protcus anguineus ô8 3j
Amphiumu tridactylum "l> 46
Le cœur est divisé en trois cavités. Le ventricule est toujours simple et sans trace de cloison; l'oreillelte est divisée en deux par une cloison interauriculaire ou seplum atriorum, pleine et continue chez les Anoures, mais percée, chez les Urodèles, d'orifices plus ou moins larges. Chaque oreillette communique avec le ventricule par une valvule auriculo-ventriùUlaire, de nature fibreuse et rattachée à la paroi de celui-ci par des filaments.
Le sang qui revient du corps s'amasse dans l'oreillette droite : il y est conduit par le sinus veineux, auquel aboutissent la veine cavepostérieurc, qui ramène le sang des viscères, du tronc et des membres postérieurs, les veines lu'paliqucs, venant du foie, et les deux veines caves antérieures, qui ramènent le sang de la tôle et des membres antérieurs. Le sang revenant des poumons est contenu dans les veines jmlmonaires et déversé dans l'oreillette gauche. D'autre part, au' ventricule fait suite un tronc artériel comprenant deux parties : un bulbe ou Synangium, formé de muscles striés, comme le cœur lui-même, et un cône artériel ou pylangium, formé de muscles lisses et fermé à chacune de ses extrémités par une rangée transversale de valvules. Ce cône se porte en avant et se termine en émettant de chaque côté quatre arcs artériels, dont la disposition varie suivant l'espèce et suivant que l'animal est adulte ou à l'état larvaire. La présence ou l'absence de branchies modifie profondément l'appareil circulatoire.
Le mésentère renferme de larges vaisseaux lymphatiques, dans chacun desquels est contenu un vaisseau sanguin. Ces vaisseaux finissent par se réunir en un large espace sous-vertébral, dans lequel passe l'aorte, retenue à sa paroi par de fins trabécules. La peau est assez adhérente aux parties sous-jacentes, chez les Urodèles; elle en est totalement séparée chez les Anoures, si ce n'est que quelques lamelles délicates l'y rattachent. Les espaces sous-cutanés se trouvent ainsi divisés par des cloisons en une série de sacs lymphatiques, qui sont au nombre de vingt-quatre chez la Grenouille, dont 4 impairs et iO pairs.
La Grenouille a quatre cœurs lymphatiques, formés de fibres musculaires slriées et communiquant avec les veines. Les deux cœurs
'"- CLASSE DES AMPIIIIHKNS.
antérieurs, situés de chaque côté de la colonne vertébrale, cnlre le» apophyses transverscs des troisième et quatrième vertèbres, s'ouvre! dans les veines sous-scapulaires. Les deux coeurs postérieurs communiquent chacun avec une veinule qui se jette dans la veine iliaque commune ; ou les voit aisément battre sous la peau : ils sont situés de chaque côlé de l'extrémité postérieure du coccyx, dans un espace limité par les muscles ilôo-coccygien, vaste externe et pyriforme.
La Salamandre présente deux coeurs postérieurs et quatre cœurl antérieurs; elle a en outre sous la peau, tout le long des flancs, mi certain nombre de petits cœurs, qui ne deviennent visibles qu'après avoir été paralysés par l'ablation des hémisphères cérébraux. L'Axolotl présente une disposition analogue.
11 se forme de chaque côté du cou cinq fentes branchiales. Plus tard apparaissent des branchies de très grande taille, plumeuses, frangées ou ramifiées, disposées en panache de chaque côté du jeune animal; elles sont très longues chez Salamandra atra, qui se développe dans l'oviducte maternel; il en est de môme chez Alijles obstetricans (lléron- Itoyer).
Ces branchies externes sont persistantes chez les Pérennibranches [Siren, Proteus) ; elles s'atrophient chez les Dérolrèmes (Amphiumai Menopoma, Cryptobranchus), mais une fente branchiale persiste entre le troisième et le quatrième arcs ; elles disparaissent également chez les Salamandrides, ainsi que toutes les feules branchiales.
Chez les Anoures, un repli cutané se développe de la môme manière que l'opercule des Poissons : il se rabat au-dessus des branchies externes, puis se soude au tégument par la plus grande partie de son bord postérieur, en sorte qu'il ne persiste plus qu'un étroit orifice ou spiraculum. Les branchies externes s'atrophient alors et la respiration se l'ait par quatre paires de branchies internes, développées sur les~ arcs branchiaux.
Le spiraculum présente certaines variations : on appelle Amphigyrinides ceux chez lesquels il persiste de chaque côté [Pipa, Dactylc~(\ thra); chez les Médiogyrinides, il est unique et s'ouvre sur la ligne médio-ventrale (Alytes, liombinalor, Discoylossus); enfin, chez les Lèvogyiïnidfiê, il s'est obturé à droite, mais persiste à gauche (Rana, Bufo, Hyla). La disposition du spiraculum coïncide d'une façon re- i marquable avec celle des vertèbres, qui sont opisthocœles chez les | Amphigyrinides et les Médiogyrinides et procœles chez les Lévogyrinides; les Médiogyrinides ne sont d'ailleurs qu'une variété des Ara- I phigyrinidcs, les deux spiraculums latéraux se prolongeant par un canal sous-cutané et se rencontrant sur la ligne médiane, d'où l'ap-B parence d'un orifice unique.
La larve possède déjà deux poumons, mais ceux-ci ne commencent
à fonctionner que lorsque les branchies se résorbent; ils sont rattachés au pharynx par un tube ou trachée ordinairement très court, qui se divise postérieurement en deux bronches aboutissant ch.icuneà un poumon. La glotte est l'orilicepar lequel la trachée communique avec l'arrière-bouche; elle est consolidée de chaque côté par un petit cartilage. .
Chez les Anoures, la trachée et les bronches sont très réduites; il se l'orme néanmoins un larynx ou organe producteur de la voix, com-
; posé de trois cartilages : les deux supérieurs ou cartilages aryténoides sont placés symétriquement de chaque côté; l'inférieur ôuv wrlUage cricuhle est annulaire. La l'ace interne ou concave des premiers est
i sous-tendue d'avant en arrière par un repli musculo-muqueux, qui est
I la corde vocale. Un certain nombre de muscles s'attachent sur ces cartilages et les mettent en jeu.
Les poumons sont de simples sacs cylindriques, à paroi lisse et dépourvue de replis, mais parcourue par de nombreux vaisseaux san-
iguins IProteus, Menobranchus, Triton, Salamahdrak] ou bien leur surface interne est augmentée par la formation de crêtes disposées en réseaux réguliers, subdivisés par des crêtes plus petites (Sireri). Chez les Anoures, ces organes sont renflés, ellipsoïdes et remplis d'un système compliqué' de trabécules richement vascularisés.
L'encéphale présente encore un élat rudimentaire, mais les sens ont acquis déjà une notable acuité. L'œil est bien développé : la pupille a la forme d'une fente; l'iris est orné de hrillanles couleurs métalliques, dont la teinte varie suivant les espèces (Boulenger). Des paupières existent, sauf chez les Ichlhyodes ; la membrane niclilanle ou troisième paupière renferme des glandes semblables à celles de la peau, mais plus petites, ce qui met hors de doute son origine cutanée. Il se développe le long de la paupière inférieure, aux dépens de l'épi— thélium conjonctival, une glande qui, dans la suite des Vertébrés, se divise en deux, par atrophie de la partie moyenne : la partie qui occupe l'angle interne de l'œil devient la glande de Barder, celle qui occupe l'angle externe devient là glande lacrymale. Cette dernière sécrète les larmes, destinées à humecter l'œil et à s'opposer à sa dessiccation; elles sont déversées dans les fosses nasales, quand leur sécrétion est trop abondante.
Les fosses nasales s'ouvrent dans la bouche parleurs orifices postérieurs. Dans le but de maintenir humide la muqueuse piluitaire qui les tapisse et dont une certaine région devient le siège de l'olfaction, des glandes s'y développent. De plus, la surface de la muqueuse est notablement augmentée par des replis ou cornets dépendant du squelette. Le passage des larmes dans les fosses nasales est assuré par le canal lacrymal qui naît par deux branches loi fusionnées soit dans l'an-
'0t CLASSE DES AMPIIIBIENS.
gle interne de l'oeil (Urodèles), soit sur la lèvre postérieure du hnUl libre de la paupière inférieure(Anoures) : ce canal traverse l'os pnïïron-'. lal, passe entre lui et le maxillaire et se termine dans la fosse nasale correspondante au-dessous des cornets.
L'oreille est remarquable par le développement qu'a pris le limaconll et surtout pur la formation d'une importante partie nouvelle. Béjàjj chez quelques Poissons (Sélaciens, Clupéides, Mormyrus), la parolîl externe de la capsule auditive se montre percée de deux trous i'ermJH par une membrane et communiquant avec la périlymphe, la fenétWk ovale et la fenêtre ronde. Celte disposition s'observe aussi chez lesU Batraciens et se retrouve chez tous les Vertébrés supérieurs. Il se d«| veloppe alors un appareil constitué par une ou plusieurs pièces cartjU lagineuses ou osseuses ; cet appareil, destiné à transmettre les vibraU lions sonores jusqu'au labyrinthe, aboutit à la membrane de la fenêtre»! ovale. Chez les Urodèles, il reste au niveau de la paroi externe dial crâne; chez les Anoures, il est logé dans une dépression qu'uneJ membrane élastique, la membrane du tympan, ferme en dehors entl transforme en une caisse du tympan, oreille moyenne ou cavum tympanaÊ
Cette cavité communique avec l'arrière- bouche par l'intermédiaire de>| la trompe d'Eustache (tuba tympani), qui corespond à la première fente»! branchiale ou à l'évent des Sélaciens et a pour rôle d'établir l'égalité I de pression entre l'air ambiant et l'air contenu dans la caisse du tym-H pan. C'est là une condition essentielle au bon fonctionnement de lakl membrane du tympan, qui vibre à l'unisson des ondulatione sonores» et les transmet à la membrane de la fenêtre ovale. La transmission ne} se fait point par l'air de la caisse, mais bien par l'appareil osseux oui cartilagineux déjà indiqué plus haut. [
Celui-ci dérive de la portion supérieure de l'arc mandibulaire, al l'exclusion de toute relation avec l'arc hyoïdien, et varie suivant les} espèces. Chez les Urodèles, de même que chez les Sélaciens et le» Gymnophiones, il consiste en un bâtonnet ou columellc, et esl homoH logue au sympleclico-hyomandibulaire des Poissons. Chez les AnouV res, il s'est divisé en quatre osselets (ossicula audiUva) qui sont, de* dehors en dedans ou de la mandibule à la fenêtre ovale, le îHuWcffffl] (malleolus), ïencluinc (incus),' l'os lenticulaire (clauslrum) et l'éfWeH (slupes).
Tant qu'ils vivent dans l'eau, ce qui pour les uns correspond al l'existence entière, pour les autres seulement à la période larvaire™ les Batraciens ont la peau parsemée de saillies épidermiques qui ni sont autre chose que des organes sensoriels de même nature quejj ceux de la ligne latérale des Poissons. Chez les Salamandrides et les» Anoures, qui passent à terre leur âge adulte, ces organes s'enfoncenB dans l'épaisseur de la peau, au moment de la métamorphose : ils sflj
laissent recouvrir par l'épiderme, puis subissent une régression, ainsi que le nerf qui venait s'y terminer. Ils sont disposés le long des flancs et de la queue en trois lignes, dont la médiane est la plus nette; ils sont innervés par les rameaux latéraux du nerf pneumogastrique. La disposition segmentaire de ces organes est évidente dans les premiers stades embryonnaires; plus tard, on en trouve plusieurs dans chaque segment musculo-vertébral. Ils sont surtout développés à la tète, dans les régions maxillaire et orbitaire.
L'appareil excréteur est un mésonéphros comprenant une portion antérieure effilée, en rapport avec la glande sexuelle, et une portion postérieure renflée, à la face inférieure de laquelle on observe de nombreux néphrostomes. Le canal segmentaire s'est divisé, comme chez les Sélaciens, en un canal de Wolff dorsal et un canal de Mûller ventral ; sa partie antérieure indivise reste en connexion avec le canal de Wolff. Les rapports de ces différents organes entre eux s'observent le plus facilement chez les Urodèles.
Chez le mâle, le canal de Muller reste rudimen taire ; il se termine d'ordinaire en cœcum à chaque extrémité et ne participe en aucune façon à l'évacuation des produits sexuels ; il manque môme chez beaucoup d'Anoures. Le testicule émet par son bord externe un certain nombre de vasa afferentia, aboutissant tous à un canal longitudinal qui court le long du bord interne de la partie antérieure du mésonéphros ; de ce canal partent d'autre part des tubes transversaux, dont chacun se rend à un glomérule de Malpighi du mésonéphros. Les canalicules urinifères qui se détachent de ce dernier, dans sa portion antérieure, fonctionnent donc comme voies spermatiques ; ceux qui proviennent de la portion postérieure conduisent seuls l'urine : les uns et les autres se jettent dans le canal de Wolff, qui s'ouvre dans le cloaque par le pore urogénilal. Les canaux qui unissent le testicule au mésonéphros constituent le réseau testiculaire: ils ne dérivent point des tubes segmentaires de la portion antérieure du rein, puisque les néphrostomes s'observent à sa surface dans certaines espèces {Spelerpes fuscus), ainsi que chez les Gymnophiones.
L'appareil urogénilal mâle des Anoures peut avoir la môme structure que chez les Urodèles, comme c'est le cas chez les Crapauds; plus souvent, il présente des modifications plus ou moins profondes' Il est intéressant de noter que le mâle des Crapauds possède, annexé a chaque testicule, un ovaire rudimcntaire.
Chez la femelle, le rein porte ordinairement un réseau testiculaire, mais celui-ci n'a aucune connexion avec l'ovaire. Le canal de Muller est bien développé: en arrière, il s'ouvre dans le cloaque à coté du canal de Wolff; en avant, il s'ouvre dans le péritoine • il recueille les œufs qui y sont tombés par rupture de l'ovaire et'les ex Blanchard. • - Zool. méd. jt. 45
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puise au dehors, jouant ainsi le rôle d'oviducte. L'ouverture de l'oviducte restant fixe, les ovules sont transportés jusqu'à elle par des cils vibraliles qui apparaissent au moment du rut, en certaines régions de l'endolhélium péritonéal (M. Duval et Wiet).
Les Batraciens sont ovipares; quelques-uns sont ovovivipares (Salamandra). L'accouplement et la ponte se font dans l'eau. Les œufs, dont nous avons indiqué déjà la structure et les premiers développements (tome [, page 100), sont pondus isolément (Urodèles, Discoglossus), isolément ou par amas de deux à dix (Bombinator), en pelotes plus ou moins grosses (Rana, Hyla), en un seul cordon (Pe/obales) ou en deux cordons parallèles (Bu/'o) : chez Alyles et d'autres espèces, ils ne sont jamais déposés dans l'eau.
ORDRE DES URODÈLES
Les Urodèles ou Batraciens caudés se divisent en deux sousordres.
Les Ichthyodes on t des vertèbres opisthocœles et sont dépourvus de paupières. Ils comprennent eux-mêmes deux groupes.
Les Pérennibranches ont des branchies externes persistantes. La Sirène (Siren lacertina) vit dans les marais fangeux de la Caroline du Sud. Le Protée (Proleus anguinus) vit dans les lacs souterrains de la Carniole et de la Dalmatie ; ses yeux sont recouverts par la peau ; la grande dimension de ses éléments anatomiques le fait rechercher par les histologisles.
Les Dcrotrêmes n'ont pas de branchies externes à l'âge adulte, mais présentent un orifice branchial de chaque côté du cou. Les Amphiumes (Amphiuma tridactyla, A.means) sont du sud des États-Unis. Menopoma aUeghanieme est de Pensylvanie et de Virginie. Cryptobranchus {Sieboldia) japonicus, long déplus d'un mètre, vit dans les cours d'eau des montagnes, dans le sud de la grande île de Nippon ; on mange sa chair et on attribue à sa peau des propriétés thérapeutiques.
Les Salamandiudiîs n'ont à l'âge adulte ni- branchies externes ni orifice branchial ; elles ont des paupières horizontales. Les Pléthodontides {Plethodon, Spelerpes, Bairachoseps) et les Amblyslomides (Amblystoma, Onychodar.tylus) ont encore des vertèbres amphicœles. Les Salamandrides ou Alrdloddres {Triton, Salamandra, Plcurodeles, Salamandrina) ont des vertèbres opisthocœles.
L'Axolotl (Siredon jnsciformis) présente la curieuse faculté de se reproduire pendant la période larvaire; il est en effet la larve i'Amblystoma mexicanum, niais ne prend qu'exceptionnellement cette forme, quand la sécheresse tarit les lacs dans lesquels il vit. Onycho-