V. berus a une très grande extension géographique. Elle s'é
ORDRE DES SOLÉNOGLYPHES. ™l
Ld du 9° degré de latitude ouest au 140e degré de latitude est et du 38° au 67" degré de latitude nord. On la trouve, en effet, en Portugal', en Italie, en France, en Autriche-Hongrie, en Suède et Norvège (i), dans toute la Russie, de la mer Noire a la mer Blanche ; on la rencontre encore au Caucase, dans le Turkestan, en Sibérie et en Mongolie. Elle est le seul Reptile venimeux d'Angleterre; sa distribution en Allemagne a été indiquée avec détails par" plusieurs auteurs, notamment par Blum. En France, elle est commune dans les Pyrénées, en Bretagne et en Normandie, mais manque dans la zone occidentale intermédiaire (Gironde, Charente, Charente-Inférieure, Vendée, Loire- Inférieure). Aux environs de Paris, on la connaît de la forêt de Sénart, où C. Duméril s'est laissé mordre par elle, au moment où il s'en emparait, la confondant avec la Couleuvre vipérine ; elle ne se trouve pas à Fontainebleau. Sa morsure est plus rarement mortelle que celle de l'Aspic.
J. Blum, Die Kreuzolter und ikre Verbreitung in Deutschland. Abhaudl. der Senckenberg. naturf. Gesellseliaft, XV, p. 123, 1888.
Vipera. ammodytes Duméril et Bibron. — L'Ammodyte est plus petite que l'Aspic, dont elle a d'ailleurs la forme. La tôle est aplatie, couverte d'écaillés ; le museau se relève en une pointe molle, couverte de petites écailles. La coloration varie du rouge rosé au brunâtre ; le dos est marqué sur toute sa longueur d'un bande noire en zigzag.
Celte Vipère s'étend du 3e au 3!)° degré de longitude est et du 34e au 47e degré de latitude nord. Elle est très commune dans le sud de l'Autriche, en Bosnie, en Herzégovine; elle remonte en Hongrie jusqu'à Klausenburg, d'après Tomûsvâry; elle descend jusque dans la Vénitie, d'après Pirona. On la connaît encore du sud de l'Italie, de la Grèce, du sud-est de la Turquie, des Cyclades, de Syrie et du nord
(1) Au temps des invasions Scandinaves, un supplice en usage consistait à faire mordre par les Serpents : c'est ainsi que mourut le pirate Ragnard Ladbrog.
Fi g. 872. — Tête de Vipera berus, de grandeur naturelle et grossie.
de 1 Algérie. Elle a été signalée en Espagne et en Portugal, mais elle y est en réalité remplacée par une forme distincte, remarquable en ce que, par la plupart de ses caractères, elle est intermédiaire entre V. aspis et V. ammodytes.
Daboia Kusseli Gray {Vipera elegans). — La Vipère élégante ou à chaîne, ainsi nommée à cause de sa belle coloration, peut atteindre jusqu'à 2-MO de longueur. On la trouve à Ceylan, à Java, à Sumatra, dans tout l'Hindoustan, à Siam ; on ne la signale ni au Cambodge ni en Cochincliine ; elle abonde au Bengale et au pied de l'Himalaya, qu'elle remonte jusqu'à 1600 mètres d'altitude. Elle est surtout nocturne et contribue certainement pour une large part aux cas de mort survenus aux Indes par suite de la morsure de Serpents dont la nature est indéterminée.
Les nombreuses expériences de Russel et de Fayrer ont montré que le venin du Daboia n'est pas moins actif que celui du Cobra. Dans les cas où l'envenimation est le plus complète, la mort arrive promplement : en vingt secondes chez la Poule, en six minutes chez le Lapin, en une demi-heure chez le Bœuf et le Cheval. L'Homme ne survit qu'exceptionnellement à sa morsure. Cérastes .egyptiacus Duméril et Bibron. — Le Céraste ou Vipère
dales. On le voit rarement pendant le jour, mais les feux de bivouac allumés pendant la nuit l'attirent en telle abondance, que les campements en deviennent inhabitables.
Ce Serpent est commun dans tout le nord de l'Afrique, depuis le Maroc jusqu'en Égypte : nous l'avons observé dans la région de Touggourt; plus au sud, il est également répandu au Sénégal, sur le haut Niger, dans le Soudan oriental, le Darfour et le Cordofan. On le trouve également en Arabie. En Algérie, on a souvent l'occasion d'observer des malades piqués par le Céraste et condamnés à une mort rapide ; la statistique des cas de guérison n'est pourtant pas trop défavorable. Les Arabes, suivant Verdalle, croient que le remède le
Fig. 873
— Tête de Cérastes œgyptiaàus.
cornue a rarement plus de 0m"0 de longueur; il est reconnaissable aux deux cornes anguleuses qui surmontent ses sourcils et consistent en écailles très développées (fig. 873). 11 vit dans les déserls et a la couleur du sable, dans lequel il se tient enfoui, ne laissant dépasser que ses yeux et ses deux cornes; il est d'autant plus redoutable pour des gens qui ont coutume de marcher pieds nus ou chaussés de simples san-
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plus efficace consiste à plonger sans retard le malade dans le ventre fraîchement ouvert d'un Chameau.
On connaît quelques autres espèces du même genre. C. caudalis Duméril et Bibron est du Sénégal et de la côte occidentale d'Afrique; C. lophophrys est du cap de Bonne-Espérance, C.pcrsiciis de la Perse.
Au genre Biiis Gray, 1842 (Eclridna Merrem, 1820; nec Forster, 1778) appartient la Vipère heurtante [B. arietans Gray), encore appelé Serpent cracheur ou Serpent minute (1) ; elle est répandue par toute l'Afrique, depuis le 17e degré de latitude nord jusqu'au Cap de Bonne-Espérance; elle est commune au Sénégal. B. rhinocéros Gray se trouve au Gabon et au Sénégal; elle atteint une longueur de lm,6o.
Les Chotalides ont pour caractère dislinclif de présenter une profonde fossette entre l'oeil et la narine. Ils sont plus forts, plus sveltes et ont la queue plus allongée que les Vipérides. La tête, généralement couverte d'écaillés, est triangulaire et bien distincte du cou. Cette famille comprend douze genres, particuliers à l'Amérique et au sud de l'Asie ; un seul vit dans la partie la plus orientale de l'Europe; l'Afrique et l'Océanie n'en possèdent aucun. Les genres Sistrurus et Crotalus se distinguent à ce que la queue se termine par une sonnette; dans les autres genres, la queue porte un seul rang (Bothriopsis, Botkriechis, Teleuraspis, Ancistrodon) ou deux rangs d'urostèges {Lachesis, Bothrops, Pellopelor, Hypnale, Trigonocephalus, Calloselasma).
Lacdesis mutus Wagler. — Le Surucucu est répandu dans les forêts de tout le Brésil et des Guyanes. Il a souvent plus de 2m,10 de longueur. La queue porte à son extrémité dix ou douze rangées d'écaillés épineuses et se termine par une pointe cornée. Les crochets à venin ont jusqu'à 0m,02 de longueur : des armes aussi redoutables font du Surucucu le plus fort et 'e plus audacieux des Solénoglyphes ; son venin tue sûrement
'Homme et tue aussi les plus gros animaux; un Boeuf succombe en deux heures. Les glandes à venin de ce Serpent, ré-
luites en granules, figurent dans la pharmacopée homœopathique.
Botiirops lanceolatus Wagler. - La Vipère fer-de-lance ou Tngonocéphale des Antilles ne se trouve qu'à la Martinique, à
Jl) A cause de la rapidité avec laquelle agit son venin. Ce môme nom est souvent donné auss. à un Epanodonte inoffensif, Typhlops bvaminus.
Sainte-Lucie et dans la petite île de Bequia. Elle infeste littéralement la Martinique : elle se tient de préférence dans les forêts, dans les cultures, dans les plantations de Canne à sucre; aussi cause-t-elle chaque année la mort d'un bon nombre d'individus travaillant aux plantations; elle pénètre même dans les cases des noirs établis en pleine campagne. On a tenté d'introduire dans l'île le Serpentaire (Gypogeranus serpentarius Illiger), Oiseau du sud de l'Afrique qui fait la chasse aux Ophidiens, mais la négligence des colons a été telle, qu'ils n'ont point su acclimater un aussi précieux auxiliaire.
Le Fer-de-Lance est long de lm,30àlm,70; il atteint rarement plus de 2 mètres. Sa couleur varie du jaune clair au jaune foncé; quelques-uns sont gris ou noirs. Son venin est mortel pour tous les animaux, même pour le Bœuf et le Cheval; toutefois, les cas mortels ne sont pas très nombreux dans l'espèce humaine, sans doute en raison du traitement prompt et énergique auquel le patient se soumet. A Sainte-Lucie, on estime à 180' le nombre des individus mordus chaque année; celui des décès serait seulement de 20. A la Martinique, il y aurait, suivant Rufz, 25 à 30 cas de morsure par an et seulement un décès; Brassac nous semble être plus exact, en évaluant les cas de mort au quart ou au cinquième des cas de piqûre; Encognère dit enfin qu'il meurt en moyenne, dans chaque commune, deux personnes par an, ce qui donne un total d'environ 50 décès. Chez les individus qui survivent, la guérison est rarement complète : il reste ordinairement des trajets fistuleux, des ulcères, des nécroses, des paralysies ou des amauroses trop souvent incurables.
Botohops athox Wagler. — Le Labaria ou Grage est commun au Brésil et aux Guyanes ; d'après Jan, il descendrait jusqu'à Buenos- Aires et remonterait jusqu'au Mexique, mais Sumichrast ne le signale pas dans ce dernierpays. Cet animal a des habitudes terrestres, mais nage et plonge fort habilement ; il est long de lm80. Sa morsureest mortelle dans les deux tiers des cas, d'après Tschudi.
Bothkops buasiliensis. — Le Jararaca ou Jararacussu, souvent confondu avec l'espèce précédente, ne semble pas dépasser les limites du Brésil, où il est très abondant. Injecté dans les tissus, son venin ne s'absorbe que lentement et produit de graves accidents locaux. Sa morsure est presque toujours mortelle.
On doit rattacher an genre Bothrops des Solénoglyphes arboricoles
ORDRE DES SOLÉNOGLYPIIES.
<le la Malaisie, des Indes et de l'Indo-Chine, désignés ordinairement sous le nom de Trimeresiinis Lacépède ou Tritnesurus Gray ; ils atteignent ou dépassent rarement une taille.de Om, 80. Dissimulés dans le feuillage, où ils sont peu visibles, grâce à leur coloration verte, ils mordent surtout ceux qui vont cueillir des fleurs ou des fruits, mais ils ne déterminent guère de graves accidents. Leur venin tue généralement des animaux de taille moyenne, comme la Poule, mais le Porc et le Chien résistent à son action. Il en est de môme pour l'Homme dans la grande majorité des cas; Hanscl rapporte pourtant l'observation d'une femme qui, mordue au bras, aurait succombé en moins d'une demi-heure.
B. erythrimis, long de 0m,83, se trouve au Bengale, au Cambodge, en Cochincliine, dans le sud de la Chine et à Java; B. gramineus a une distribution à peu près identique, mais n'existe pas en Cochincliine ; B. Wagleri est de Malaisie.
Peltopelor macrolepis et Hypnale nepa sont de l'Hindoustan.
Le genre Trigonocephalus Oppel ne comprend qu'une seule espèce européenne, Tr. halys. Ce Serpent, long à peine de 0m,70, habite les steppes du bassin inférieur du Volga et de l'Oural ; on le trouve encore dans le Turkestan et dans le sud delà Sibérie. Plusieurs espèces, parmi lesquelles Tr. Blomhoffi Boie, sont redoutées au Japon; elles sont fréquemment la cause de graves accidents. Le Mocassin d'eau ÏTr. piscivorus) vit dans la partie méridionale des Étals-Unis ; il peut atteindre une longueur de lm,50.
Le genre Calloselasma Cope (Leiolepis Duméril et Bibron, Tisiphone Filzinger) comprend un beau Serpent de l'Inde, de l'Indo-Chine et de Java, C. rhodostoma Reinwardt; Tirant le signale en Cochinchine. 11 est très redouté, et ajuste titre, semble-t-il : Kuhl a été témoin d'un cas où deux individus, mordus par le même Serpent, moururent en cinq minutes ; Schlegel assure également qu'il cause souvent la mort en moins d'un quart d'heure.
Le Mocassin ou Copperhead (Ancislrodon contortrix) a rarement plus d'un mètre de longueur; on le trouve aux États-Unis, du 25e au 4iic degré de latitude nord ; Sumichrast ne le mentionne pas au Mexique, où il est remplacé par A. bilineatus Gùnther. Il se tient dans les endroits humides et marécageux, notamment dans les rizières et les plantations de Canne à sucre. On le redoute beaucoup plus que le Crotale, en raison de son agilité plus grande.
Les deux genres Svttrurus Garman, 1883, et Crolalus Linné, 1754, forment la famille des Serpents à sonnette, exclusivement américaine (1). Chez tous, la queue se termine par une
(i) La classification des Serpents à sonnette a été remarquablement cm-
sonnette ou grelot(fig. 874), forméed'une série d'étuis cornés emboîtés les uns dans les autres. Cette sonnette est mise en mouvement au gré de l'animal et fait alors entendre un bruit strident. Elle est une production Fig. 874. - Appendice caudal de i'épiderme et résulte d'une du Crotale. modification des écailles ter-
minales de la queue; elle est soutenue par les six à huit dernières vertèbres caudales, élargies et fusionnées.
Le nombre des anneaux constituant la sonnelte est variable: on admet généralement que ce nombre est en rapport avec l'âge de l'animal et qu'il se forme un nouvel anneau soit à chaque mue, soit chaque année. Mais celte opinion n'est pas exacte ; Duméril et Bibron ont constaté qu'il n'y a aucune concordance entre le nombre des anneaux et celui des mues et que, par conséquent, l'examen de la sonnette ne peut aider à la détermination de l'âge du Serpent. Garman a étudié son mode de formation chez de très jeunes Serpents et a reconnu que la pointe cornée, par laquelle se termine la queue de certains autres Solénoglyphes (Lachesis, Ancistrodon), représente le premier état de développement de la sonnette.
Sistrurus catenatus Raflnesque a de 23 à 25 rangées d'écaillés vers le milieu de sa longueur. Il habite le bassin du Mississipi et de l'Ohio. S. miliarius Linné a de 21 à 23 rangées d'écaillés; il habite le sud des États-Unis et le Mexique.
Crotalus cérastes Hallowell, de la Californie, de l' Arizona et du Mexique, appartient à un premier groupe de Crotales, chez lesquels la plaque nasale est indivise; il y a 21 à 23 rangées d'écaillés et 11 a 14 plaques labiales; la plaque sourcilière se soulève en une sorte de corne.
Dans un second groupe de Crotales, la plaque nasale est toujours divisée. Cr. tigris Baird, 1859, a 21 à 23 rangées d'écaillés légèrement carénées et 14 plaques labiales; Cr. triserialus Wiegmann, 1828, a 23 à 25 rangées d'écaillés et 12 à 14 plaques labiales. Tous deux «ont du Mexique.
Crotalus iiorridus Linné, 1758. — Il est très répandu depuis le Texas jusqu'à la région des grands lacs et du Saint- Laurent. Il présente de 23 à 25 rangées d'écaillés et 12 à 16 pla-
brouilléo par les auteurs. Nous suivons ici celle qui a été adopte-o par S Garman (The Reptiles and Balrachians of Norlh America. Mem. oi me Muséum of corapar. zoology at Harvard Collège, VJII, n° 3, 1883).
ques labiales; il atteint rarement une longueur de lm,80. Sa morsure, suivant Weir Mitchell, est mortelle dans le quart des cas, malgré un traitement approprié. Dans les régions où il abonde, on laisse errer dans les forêts des Porcs qui en détruisent une grande quantité et qui le poursuivent avec d'aulant plus d'acharnement, que leur épais pannicule adipeux s'oppose à une rapide absorption du venin et leur procure ainsi une immunité relative contre le danger des morsures. D'après Weir Mitchell, un Crotale de forte taille émet à cbaque morsure trois ou quatre gouttes, représentant Ogr,loà 0gr,20 de venin.
Grotalus durissus Linné, 1758. — Il présente de 29 à 31 rangées d'écaillés et 13 à 16 plaques labiales; on le trouve depuis le Mexique jusqu'à la République Argentine. La variété molossus (18 plaques labiales) est de l' Arizona, du Nouveau-Mexique et du Mexique septentrional; la variété basiliscus est du Mexique occidental. Ce terrible Serpent est la Vibora de cascabel des Hispano-Américains, le Cascavel ou Boiquira des Brésiliens. Son venin est assez énergique pour tuer les plus gros animaux.
Sous-classe des Chéloniens.
Peu d'animaux forment un groupe naturel aussi nettement délimité que celui des Chéloniens ou Tortues, caractérisés par la présence autour du tronc d'une boîte osseuse ou carapace plus ou moins complète.
Les vertèbres sont de forme très variable. Les deux mâchoires sont revêtues d'une gaine cornée constituant un bec ; les dents manquent, mais elles existaient chez les ancêtres des Chéloniens actuels et l'embryon de Trionyx en possède encore. Le prémaxillaire est rudimenlaire; les deux moitiés delà mâchoire inférieure sont fusionnées en une seule pièce; l'os transverse fait défaut.
Le sternum manque également; en revanche, les côtes sont très développées et prennent part à la formation de la carapace. La ceinture scapulaire n'a pas de clavicule ; l'omoplate s'articule avec le coracoïde et s'est soudée avec le précoracoïde, qui devient ainsi l'ocromion, simple prolongement du scapulum.
Le carpe et le tarse sont analogues à ceux des Urodèles ; il y a cinq doigts et cinq orteils, avec vestiges plus ou moins nets d'un sixième et d'un septième doigts, ainsi que d'un sixième orteil (Chclonia).
Le corps est court, trapu, ellipsoïde ou semi-globuleux. La tête, le cou, les membres et la queue sont recouverts d'une peau coriace;
l'animal a le plus souvent la faculté de les rétracter et de les abriter sous sa carapace, quand un danger vient à le menacer. Au-dessus de la carapace, l'épidémie s'est modifié et est devenu corné, de manière à former l'écaillé; celle-ci est disposée par plaques qui ne correspondent point à celles de la carapace.
La carapace résulte d'une ossification du derme ; elle comprend une partie supérieure plus ou moins bombée, la dossière, et une partie inférieure ou ventrale, plus ou moins plane, le plastron.
La dossière comprend un nombre variable de plaques neurales ou vertébrales, disposées en une série médiane que termine la numle en avant et la pygale en arrière. De chaque côté se voit une simple rangée de plaques costales, plus larges que longues et intimement unies aux côtes sous-jacentes. Celles-ci sont très allongées et s'unissent à la périphérie de la carapace avec les plaques marginales. Les costales s'unissent aux marginales chez les Émydes et les Chersides, dont la dossière est totalement osseuse; elles en sont plus ou moins distantes chez les Chélonides, dont la dossière n'est qu'incomplètement ossifiée. Les plaques marginales font défaut chez Trionyx.
Le plus souvent, le plastron comprend neuf pièces intimement unies, une impaire et quatre paires ; chez Chelonia midas, ces pièces forment deux groupes latéraux, réunis seulement par l'entoplastron impair et les deux épiplastrons. Le plastron s'unit à la dossière par l'intermédiaire des plaques marginales ; il se forme chez l'embryon avant la dossière; les précurseurs de nos Tortues le possédaient sans doute longtemps avant celle dernière.
Au cou et à la queue, la peau est tuberculeuse plutôt qu'écailleuse et dépourvue de glandes ; elle se couvre de fortes écailles cornées sur les pattes. Celles-ci sont terminées par des ongles courts et puissants ; elles sont courtes et arrondies chez les espèces terrestres, plus longues et aplaties en rames chez les espèces marines.
La plupart des Chéloniens sont herbivores; leur tube digestif a plusieurs fois la longueur du corps. Le cloaque s'ouvre au dehors par un orifice circulaire; à son intérieur, on voit dans les deux sexes une paire de poches cloacales : ce sont deux culs-de-sacs symétriques, à forte paroi musculeuse et formés par une invagination de la muqueuse du cloaque.
Le mâle est souvent reconnaissable à ce que son plastron est déprimé en son milieu. L'organe copulateur est impair et consiste en un pénis légèrement exsertile; il est formé de deux lames fibreuses, conligucs sur la ligne médiane et représentant chacune un corps caverneux, que le sang accumulé dans ses lacunes rend turgide au moment de la copulation. La muqueuse cloacale, très riche en muscles lisses, s'infléchit autour de cet organe ; elle est parcourue à sa face
inférieure par un sillon longitudinal qui sert à diriger le jet du sperme. Les uretères et les conduits sexuels débouchent dans le col de la vessie.
La chair et les œufs d'un grand nombre de Tortues sont recherchés et fort appréciés. L'ingestion de la chair de certaines espèces cause parfois des accidents qui sont vraisemblablement de môme nature que ceux du botulisme.
La sous-classe des Chéloniens forme un seul ordre, qui comprend cinq familles distinctes.
Les CiiiiLONiDES ou Thalassiles vivent dans la haute mer, s'accouplent dans l'eau et ne viennent à terre que pour pondre dans le sable du rivage leurs œufs à coque molle; dès qu'ils sont éclos, les jeunes se rendent à la mer. La carapace est déprimée, cordiforme. Les putles sont étalées en rames, les antérieures plus longues* que les postérieures ; les doigts sont à peu près immobiles. L'orifice des narines est surmonté d'un bourrelet charnu, qui les obture au gré de l'animal. Quelques-unes de ces Tortues atteignent une taille considérable et un poids de plusieurs quintaux; on les chasse pour se procurer leur chair et leur écaille.
Les Chélonines ont une carapace formée de plaques osseuses incomplètement réunies les unes aux autres.
La Tortue franche {Chelonia viridis, Ch. esculenta Merreni) se trouve dans toutes les mers chaudes et tempérées, à l'exception de la Méditerranée; elle est herbivore, atteint une longueur de 2 mètres et dépasse souvent le poids de 500 kilogrammes. Ch. virgata Schweigger, de l'Océan Indien, n'est peut-être qu'une variété de la précédente. Sa chair est succulente, mais serait parfois vénéneuse, d'après Tirant; ses œufs, d'un jaune pâle, sont exquis et abondent sur les marchés de €ochinchine, au moment de la ponte. Le Caret, Ch. (Caretta) imbricala, «st Carnivore; sa cbair est mauvaise, mais ses œufs sont excellents; on le chasse activement, à cause de la qualité supérieure de son écaille ; il a la même distribution que la Tortue franche.
La Caouane (Thalassochelys caonana), répandue dans l'Océan Atlantique, l'Océan Indien et la Méditerranée, est Carnivore ; sa chair est de mauvaise qualité.
Les Sphargidines ont une carapace>udimentaire, représentée par des noyaux osseux disséminés dans la peau. La Tortue luth, Dcrmatochelys (Spliargis) coriacea, a souvent plus de 2 mètres de longueur et pèse jusqu'à 600 kilogrammes : elle se rencontre dans toutes les mers; sa chair passe pour être mauvaise. Protostega gigas Cope, de la craie du Kansas, était long de 4 mètres.
Blanchaiid. — Zool. méd. II. 49
Les Trionychides sont des Torlues carnassières habitant les mers et les fleuves des régions chaudes; leur carapace est très aplatie, incomplètement ossifiée et couverte d'une peau plus ou moins lisse. Les pattes, transformées en nageoires, ont cinq doigts dont les trois premiers seuls ont des griffes. Le cou est long et peut se rétracter en entier sous la carapace; à proximité d'une proie, l'animal le détend; les narines s'ouvrent à l'extrémité d'une sorte de trompe. Trionyx feroxr des États-Unis, pèse jusqu'à 35 kilogrammes; Tr. ornatus, d'Indo- Chine et de Bornéo, a plus d'un mètre de longueur et pèse non loin de 100 kilogrammes. La chair des Tortues molles est savoureuse, mais leurs œufs ont souvent une saveur nauséeuse.
Les Chélydes ont une carapace osseuse plus ou moins bombée, recouverte de plaques cornées ; la dossière et le plastron sont soudés l'un à l'autre; ce dernier est lui-même intimement soudé au bassin. La tête et les pattes ne sont pas rétractiles, mais se couchent simplement sur les côtés de la carapace; les pattes ont les doigts libres, palmés et armés de griffes. La plupart de ces Tortues sont des régions chaudes de l'Amérique du Sud (Chelys, Podocnemis, Platemys, Hydromedusa); d'autres sont de l'Afrique tropicale et de Madagascar (Sthernotherus). Elles habitent les grands fleuves.
Les Émydes ou Elodites vivent aussi bien à terre que dans l'eau : elles préfèrent les petits cours d'eau, les étangs et les marécages. La carapace est complètement ossifiée; les doigts sont libres, mobiles, palmés et garnis d'ongles. Ces Tortues sont ordinairement de petite taille; elles déposent leurs œufs dans des trous creusés au voisinage de l'eau.
Dans le genre Cistado, le plastron s'applique incomplètement contre la dossière. C. Maria Gesner (C. europaea Schneider) atteint 0™, 30 de longueur : elle est répandue en Algérie, dans tout le sud de l'Europe, en Sardaigne, en Bavière, en Prusse, dans le Mecklembourg, en- Perse; on la trouve en France dans tout le Midi et jusque dans la Vienne, l'Allier et la Charente-Inférieure ; il est fréquent de la voir vendre dans les rues de Paris. Elle abonde aux environs de Venise, d'après Ninni : un pêcheur peut en prendre 50 à 60 par jour ou même davantage; voilà quelques années, ces Tortues se vendaient à Venise de 20 à 25 francs le cent, mais leur prix actuel est de 90 francs le mille. Ninni estime qu'on en prend au moins 200,000 pendant les cinq moisde pêche; on en fait une destruction inconsidérée.
Dans le genre Emys, le plastron est formé de 12 plaques, comme chez les Cistudes, mais n'est pas mobile. E. caspica est de Grèce, du Caucase et d'Asie-Mineure ; E. leprosa est du nord de l'Afrique; E. »>sculpta des États-Unis. Batagur basha et B. affmis, d'Indo-Clnne, sont les plus grandes des Élodites; leur chair est réputée très bonne.
Les Cheusites ou Tortues terrestres ont une carapace très bombée, sous laquelle la tôte et les pattes peuvent se retirer entièrement; la dossière et le plastron sont intimement soudes. Les doigts sont réunis en une sorte de moignon et terminés par des ongles en forme de sabots. Ces Tortues vivent dans les bois ou les lieux bien fournis d'herbe; elles se creusent dans le sol des terriers peu profonds où, dans tes climats tempérés, elles s'engourdissent pendant l'hiver ; elles se nourrissent de Mollusques terrestres, mais surtout de végétaux.
La Tortue bordée (Testudo campanulata) est de Grèce et d'Egypte ; T. grseca est d'Asie-Mineure et du sud-est de l'Europe. La Tortue mauresque (T. pusilùa), du nord de l'Afrique et d'Asie-Mineure, se trouve souvent sur les marchés de Paris. Ces Tortues sont de petite taille ; la plus grande n'a pas 0m,50 de longueur.
On range encore dans le genre Testudo des Tortues géantes qui sont localisées dans un petit nombre d'îles situées entre l'équateur et le tropique du Capricorne, les unes dans la partie occidentale de l'Océan Indien, les autres dans la partie orientale de l'Océan Pacifique. T. elephantina, longue de lm,65 et d'un poids de 870 livres anglaises, habite l'archipel Aldabra et l'île Rodriguez; elle est le dernier survivant d'un groupe intéressant de Tortues géantes qui, dans la première moitié du siècle actuel, étaient encore répandues aux Mascareignes et aux Seychelles.
Les îles Galapos nourrissent encore cinq espèces de grande taille (T. elephantopus, T. mievophyes, etc.), dont le nombre diminue rapidement; quelques-unes ont môme été détruites récemment par l'Homme (T. ephippium). Quelques formes fossiles atteignaient encore des dimensions plus gigantesques : Colossochehjs atlas Falconer, des Sivalik Hills, avait une longueur totale d'environ 7m,25 ; la carapace avait à peu près 4 mètres de longueur.
Sous-classe des Hydrosauriens.
Les Hydrosauriens sont des Reptiles aquatiques, dont les Crocodiliens actuels sont les derniers survivants. Ils étaient représentés dans les temps géologiques par des animaux puissants, aux formes variées et qu'on peut diviser en deux groupes {Ênaliosauriem et Crocodiliens), suivant qu'ils sont marins ou d'eau douce, et qu'ils ont la peau nue ou renforcée de plaques dermiques osseuses.
Les Lnaliosauriens ou Hydrosauriens marins comprennent deux ordres.
Les Sa uropték ygikns étaient très nombreux dans les mers secondaires. Le cou est très long, la queue est courte ; le pied et la main
transformés en nageoires, sont pentadactyles et ont 9 ou 10 phalanges à certains doigts. Quelques-uns avaient 3 mètres de longueur ; d'autres étaient presque aussi grands que nos Baleines. Genres Nothosaurus, Plesiosaurus, etc.
Les Iciithyoptéhygiens ont le corps piscifbrme, le cou très court, lu queue assez longue et munie d'une membrane natatoire. Les membres sont courts, malgré l'allongement considérable de la main et du pied, qui comprennent un grand nombre de phalanges et deux doigts marginaux supplémentaires. Ces animaux sont encore de l'époque secondaire, notamment du jurassique ; ils étaient vivipares. Genres Sauranodon, Ichlhyosaurus.
Les Crocodilieus ou Cuirassés (Loricata) sont de structure plus uniforme que les précédents. La peau est écailleuse et présente à la région dorsale un nombre variable de plaques osseuses développées aux dépens du derme ; les pattes sont conformées pour la marche et en partie armées de griffes ; les dents n'existent qu'aux deux mâchoires. On en distingue trois ordres.
Les Bélodontidus ou Pantsuchia sont fossiles dans le keuper et le trias. Genres Belodon, Aetosaurus.
Les Téi.éosaurie.ns ou Mesosuchia ont, comme les précédents, des vertèbres amphicœles. Le crâne est allongé en un élroit museau; un puissant squelette dermique est développé aux faces ventrale et dorsale; les pattes antérieures sont pentadactyles, les postérieures létradaclyles.
ORDRE DES CROCODILIENS
Les Crocodiliens ou Eusuchia étaient autrefois rangés parmi les Sauriens, mais ils en diffèrent par d'importants caractères, sans parler delà taille. Ils comprennent un grand nombre d'espèces fossiles, mais seulement une vingtaine d'espèces vivantes, réparties entre les trois genres Alligator, Crocudilus et Gavialis.
Les vertèbres sont procœles et séparées les unes des autres par des disques ligamenteux, ainsi que chez les Oiseaux et les Mammifères. En outre du sternum et des côtes vraies, il existe des côtes abdominales non articulées avec le rachis. Les vertèbres du cou portent de courtes côtes qui empêchent les mouvements de latéralité de la tôle; l'apophyse odonloïde de l'axis en est elle-même pourvue, ce qui prouve bien qu'on doit l'envisager comme un corps vertébral modifié. Le crâne est large, plat et d'une épaisseur exceptionnelle; les mâchoires s'allongent en un museau armé de dents puissantes.
La clavicule fait défaut. Le radial et le cubital sont très allongés, l'intermédiaire est absent ; le reste du carpe est réduit à deux cartilages. Puis viennent cinq métacarpiens et cinq doigts.
Oit DRE DES CR0C0DIL1ENS.
Le bassin comprend trois os pairs; les pubis ne se réunissent piis sur la ligne médiane et ne prennent aucune part à la formation de la ca\ilé colyloïde. L'ilion se dilate et porte deux prolongements, le postérieur assez long, l'antérieur plus court. Le sacrum est constitué par les deux vertèbres 25 et 2(5.
Les doigts et les orteils sont réunis par une membrane plus ou moins large; ils se terminent ordinairement par une griffe.
La peau est écailleuse à la façon de celle des Sauriens; la face inférieure est marquée de larges gastrosièges. La face dorsale est encroûtée de tissu osseux, qui se dépose sous forme de plaques fort résistantes, étroitement juxtaposées et en nombre variable suivant les espèces ;chezles Caïmans (A Uigator), des plaques analogues se trouvent également à la face ventrale. Le tégument est dépourvu de glandes, sauf en deux points : sous la gorge et tout près delà mandibule, on voit de chaque côté une glande en grappe qui produit une substance grasse très odorante, analogue sinon identique au musc du Chevrolain. Une glande toute semblable est encore logée dans l'épaisseur des deux lèvres cloacales.
Les dents sont très nombreuses, coniques, à couronne striée, profondément enfoncées dans des alvéoles. Elles tombent facilement et sont alors remplacées par des dents nouvelles, qui sont emboîtées à leur intérieur et les usent progressivement. La langue est fixée par toute sa face inférieure au plancher de la bouche; elle est d'ailleurs très peu développée. Le cloaque s'ouvre au dehors par une fente longitudinale.
Le cœur comprend quatre cavités bien distinctes; le ventricule est dédoublé par une cloison complète et imperl'orée. L'oreillette et le ventricule droits ne renferment que du sang veineux, l'oreillette et le ventricule gauches que du sang artériel. Les deux aortes charrient donc respectivement du sang noir et du sang rouge, mais le mélange des deux sangs ne tarde pas à se faire par l'intermédiaire du foramen de Panizza, orifice qui fait communiquer les deux aortes presque au sortir du cœur, au point où elles sont encore conliguës; le mélange se fait plus complètement encore, quand les deux arcs aorliques se fusionnent pour former l'aorte abdominale.
L'encéphale est fort réduit : il pèse 10 grammes au plus chez un Crocodile de grande taille. L'œil, dont la pupille est verticale, est protégé par deux paupières mobiles, ainsi que par une membrane niclitanle. L'oreille est recouverte par un repli cutané, sorte de clapet mobile qui représente le premier rudiment de la conque auditive ou pavillon de l'oreille. Les narines sont percées à l'extrémité du museau : des valvules en ferment l'entrée et s'opposent à la pénétration de l'eau.
La cavilé générale s'ouvre dans le cloaque par deux canaux péritoncaux, analogues aux caecums cloacaux des Tortues. La vessie urinaire fait défaut. Le pénis est semblable à celui de ces dernières.
Les Crocodiliens se rencontrent dans les pays chauds de toutes les parties du monde. Us vivent surtout dans les eaux saumàtrcs, à l'embouchure des grands neuves ; ils se trouvent cependant aussi dans l< s fleuves, fort loin de la mer, mais surtout au voisinage des lagunes que ceux-ci présentent sur leur parcours. Ils nagent et plongent avec beaucoup d'agilité : leur longue queue, aplatie transversalement et carénée, fonctionne comme une rame. Ils sont ovipares : leurs œufs, entourés d'une coque dure, ont la grosseur de ceux de l'Oie; ils sont pondus dans le sable ou dans des trous creusés sur la rive des fleuves, puis abandonnés à eux-mêmes.
Dans la plupart des régions qu'ils habitent, la chair et les œufs des Crocodiles sont fort appréciés ; à Ceylan et dans l'Indo-Chine, on conserve ces animaux dans des viviers et on les lient en réserve pour les besoins de la consommation. Bien préparées, les masses musculaires de la queue sont réellement un mets délicat, bien qu'assez fortement musqué, ainsi que nous en avons fait l'expérience sur Crocodilus siamensis.
Quelques Crocodiliens sont de très grande taille : les plus petites espèces atteignent jusqu'à 3 mètres de longueur et il n'est pus rare d'en rencontrer qui mesurent jusqu'à 7 et 8 mètres. Tous sont carnivores et se nourrissent surtout de proie vivante. La puissance de leur mâchoire est formidable : d'un seul coup de dents, ils peuvent aisément couper en deux le corps d'un Homme. Ils s'attaquent ordinairement à des animaux beaucoup plus gros et beaucoup plus forts qu'eux, à des Bœufs, à des Cerfs, etc.
Les Caïmans (Alligator), à museau relativement court et large, ont l'intermaxillaire creusé intérieurement de deux fossetles profondes : dans l'une s'engage la première dent de la mâchoire inférieure, dans l'autre la quatrième dent. On connaît 8 espèces de Caïmans, vivant entre les deux lignes isothermes de -t- 15° C : six sont de l'Amérique du sud (A. niger, A. latiroslris, A. sclerops, A. punctulalus, A. palpebrosus et A. trigonatus), une du bassin du Mississipi (A. mississipiensis), une autre du Yan-tse-Kian^ ou Fleuve-Bleu (A. sinensis).
Les Crocodiles (Crocodilus) ont le museau plus allongé que les Caïmans. Les dents sont au nombre de 18 paires à la mâchoire supérieure, de 15 paires à l'inférieure, au moins chez C. siamensis, ce
qui s'exprime par la formule ^. En haut, les dents 3 et 0 sont
SOUS-CLASSE DES DINOSAURIENS. "a beaucoup plus longues que les autres et débordent la bouche, quand elle est fermée : la dent 3 se loge entre les dents 2 et 3, la dent 0 entre les dénis 8 et 9 de la mâchoire inférieure. Sur celle-ci, les dents 1, 4 et H sont les plus fortes : la dent i passe entre les dents 1 et 2 de la mâchoire opposée et se montre à la face supérieure du museau, à travers un trou creusé dans l'intermaxillaire et dans le tégument ; la dent 4 passe entre les dents 4 et o de l'autre mâchoire et se dresse en dehors de la gueule, dans une profonde échancrure 4e l'intermaxillaire; la dent 11 s'enfonce dans une fossette de la voûte palatine et n'est pas visible au dehors, quand la gueule est fermée.
On connaît 12 espèces de Crocodiles : 3 sont de l'Amérique du sud (C. rhombifer, C. Moreleti, C. acutus), 3 sont africaines (C. vulgaris, C. fronlatm, C. cataphraclus) , 6 autres sont asiatiques (C. siamensis, C. bi2)orcalus, etc.). C. vulgaris, autrefois répandu dans toute l'Egypte, ne se rencontre plus en aval de la première cataracte du Nil.
Les Gavials ont le museau très allongé; l'intermaxillaire présente
deux échancrures, dans lesquelles se logent les deux premières dents
de la mâchoire inférieure. Gavialis Schlegeli, de Bornéo et de Java, a
jg-jg dents; G. gangelicus, du bassin du Gange, a ggVijyj dents.
Sous-classe des Dinosauriens.
Les Dinosauriens ou Qrnithoscdliens constituaient un groupe puissant, aujourd'hui entièrement éteint, de Reptiles de très grande taille, présentant la configuration la plus variable. La connaissance de ces êtres nous permet de combler la lacune qui existe dans la nature actuelle entre les Reptiles d'une part, les Oiseaux et les Mammifères d'autre part. Les vertèbres cervicales portent des côtes, les vertèbres sacrées sont fusionnées en un seul os; les membres postérieurs sont plus grands que les antérieurs et servent plus ou moins exclusivement à la locomotion. On en distingue au moins quatre ordres.
Les Sauropodes {Atlantosaurus, Apatosaurus) et les Stégosaures (Stegosaurus, Scelidosaurtts), du jurassique des Montagnes Rocheuses, étaient des herbivores plantigrades et pentadaclyles ; AU. immanis avait au moins 30 mètres de longueur.
Les Ornitiiopodes étaient des herbivores digitigrades, pourvus de cinq doigts en avant et de trois doigts en arrière; les pattes antérieures, très réduites, ne servaient pas à la locomotion. Principaux genres : CamptonotuselNanosaiirus, d'Amérique ; Iguanodon) d'Europe.
Les Théropodes étaient des carnivores digitigrades, armés de
fortes griffes; les paltes antérieures étaient fort réduites. Les genres Megalosaurus et Compsognathus sont d'Europe; les genres Allosauru* et Creosaurus, d'Amérique.
Sous-classe des Ptérosauriens.
Les Ptérosauriens sont fossiles dans les couches jurassiques et crétacées. C'étaient des Reptiles volants, dont les os étaient creusés de grandes cavités remplies d'air. Une membrane alaire, constituée par un repli de la peau des flancs, s'étendait entre les deux pattes de chaque côté, soutenue en avant par le doigt externe, qui acquérait dans ce but un développement considérable. Les mâchoires étaient armées de longues dents (Pterodaotylits, Rhaniphorhynchus) ou édentées (Pteranodon) . Les deux premiers genres sont du crétacé d'Europe, le dernier est des États-Unis.
Les Reptiles descendent des Stégocephales, autant que l'élat actuel de nos connaissances palcontologiques permet de l'affirmer. Les Nectridca {Urocordylus, Keraterpcton) avaient déjà l'aspect des Sauriens. Ceux-ci ont donné naissance aux Ophidiens et aux Pyfhonomorphes (Mosasaurus) : ces derniers, répandus à l'époque crétacée, se sont éteints sans descendance. L'origine des Tortues est encore incertaine. Les Sauroplérygiens dérivent d'animaux terrestres, par l'intermédiaire d'êtres tels que Ncusticosaurus. Les Crocodiliens proviennent des Bélodontides. Les Ptérosauriens constituent un groupe aberrant et sans issue. Les Dinosauriens, au contraire, se sont modifiés progressivement, pour donner naissance aux Oiseaux.
Les Oiseaux sont des Vertébrés à station bipède, dont les membres antérieurs ou ailes sont plus ou moins parfaitement adaptés au vol. L'occipital ne s'articule avec l'atlas que par un seul condyle; l'os carré est mobile. La peau est recouverte de plumes, productions épidermiques spéciales à ces animaux. La reproduction est toujours ovipare.
Les Oiseaux actuels ont le cœur divisé en deux moitiés distinctes, non communiquantes et comprenant chacune nue oreillette et un ventricule; le cœur droit renferme du sang noir, le cœur gauche contient du sang rouge ; l'arc aorlique droit persiste seul. La température est rarement inférieure
à -iO°C ; elle monte jusqu'à 44° chez diverses petites espèces.
On peut diviser les Oiseaux en trois sous-classes, dont deux sont éteintes.
La sous-classe des Sauiu-'hornithes établit nettement la transition entre les Reptiles elles Oiseaux; Arclixopteryx lithographica, des schistes lithographiques de Soleuhofen, en est le seul représentant connu. Les membres sont comme chez les Oiseaux actuels, le corps est couvert de plumes, mais le bec est armé de dents pointues et la queue est longue et grêle.
La sous-classe des Odontornithes est représentée dans le crétacé de l'Amérique du nord par les genres Ilesperomis et Ichlhyornis. L'aspect est celui des Oiseaux actuels, mais les deux mâchoires portent encore des dents coniques, se remplaçant comme chez les Crocodiles.
Sous-classe des Euornithes.
La colonne vertébrale a subi d'importantes modifications. Les vertèbres cervicales, en nombre variable (12 chez Picus, 15 chez Ciconia, 17 chez Ardea), sont distinctes les unes des autres et de forme allongée. A partir de la troisième, elles portent de courtes côtes, bifurquées à leur base et fusionnées avec les apophyses transverses : il en résulte que celles-ci semblent être percées d'un trou qui, en se superposant à ses congénères, forme le canal vertébral, dans lequel passent l'artère et la veine vertébrales, ainsi que le cordon du grand sympathique ; une disposition toute semblable s'observe chez les Mammifères, si ce n'est que le grand sympathique est en dehors du canal vertébral. Les vertèbres dorsales (S chez Ciconia, 6 chez Picus] portent les côtes; elles sont ordinairement soudées les unes aux autres, au moins par leurs apophyses épineuses. Les vertèbres lombaires, qui viennent ensuite, sont absorbées par le sacrum. Celui-ci ne comprend d'abord que deux vertèbres chez l'embryon d'Oiseau, comme chez la plupart des Reptiles actuels; mais, par la suite du développement, un grand nombre de vertèbres se fusionnent avec celles-ci: le nombre total des vertèbres lombo-sacrées est de 10 chez le Pic, de 12 à 13 chez le Héron, de 15 à 17 chez la Cigogne ; il peut s'élever à 23. La queue est réduite à quelques vertèbres : toutes sont distinctes les unes des autres chez les Ratites; les six dernières au moins sont fusionnées chezles Carinates en un pygostijle ou croupion.
La tôte s'articule avec la colonne vertébrale par un seul condyle, situé au bord anléro-inférieur du trou occipital : il en résulte que la tôte n'est plus dans la continuation de la colonne vertébrale, mais fait angle avec elle. Le crâne est plus spacieux et plus bombé que
chez les Reptiles ; tous ses os sont délicals et spongieux : l'air y pénètre, ainsi que nous l'expliquerons plus loin. Comme chez les Reptiles, l'os carré est très mohile. Les nasaux et les prémaxillaires se soudent et s'effilent en un prolongement conique ou de forme variable, que recouvre une gaine cornée; la mâchoire inférieure se comporte de même et constitue la seconde mandibule du bec.
Les côles sont formées de deux parties, l'une vertébrale, l'autre slernale, disposées à angle obtus; la partie vertébrale porte une apophyse uncinée. Le nombre des côtes vraies ou s'attachaut au sternum varie de S (Columba, Ciconia) à 10 (Cygnus).
Le sternum est une lame osseuse bombée. Chez les Ratites, qui ne volent pas, sa face ventrale est lisse; chez les Carinates, qui tous volent plus ou moins, sauf quelques exceptions, cette môme face présente une haute crête ou bréchet, sur laquelle s'attachent les puissants muscles moteurs des ailes. Le bréchet, dont la forme est analogue à celle de la carène d'un navire, est encore destiné à fendre l'air et rend ainsi le vol plus facile.
Les os des membres présentent un haut degré de pneumaticité : sans rien perdre de leur solidité, ils sont creusés suivant leur axe de grandes cavités, dans lesquelles l'air circule normalement et remplace la moelle. Cette parlicularité ne s'observe que chez les Carinates ; elle est en rapport avec le vol et permet à l'Oiseau de se maintenir en l'air sans dépenser trop d'efforts. La pneumaticité ne s'établit point dès la naissance, mais se développe progressivement, ù mesure que le jeune Oiseau s'exerce à voler.
La ceinture scapulaire comprend trois paires d'os : l'omoplate, le coracoïde et la clavicule; la cavilé glénoïde est creusée à l'union des deux premiers. La clavicule est rudimentaire chez les Ratites, mais est bien développée chez les Carinates : elle se forme par ossification directe, sans être précédée de cartilage, et se fusionne à sa congénère pour former la fourchette où futcule.
Le bassin a la plus grande ressemblance avec celui des Dinosauriens. Le pubis est long et grêle. L'ilion acquiert, au contraire, une grande taille et se prolonge en deux larges apophyses disposées parallèlement au rachis. Chez l'adulte, toutes les sutures sont effacées; la cavité colyloïde ou acetabulum est toujours percée en son fond.
Par suite de son adaptation au vol, le membre antérieur a subi de profondes modifications; l'humérus, le cubitus et le radius sont très longs, au moins chez les Carinates. Chez l'embryon, le carpe comprend cinq os : les deux os du premier rang sont le radial et le cubital : ils persistent pendant toute la vie; les trois os du second rang s'unissent bientôt aux métacarpiens correspondants. Le carpe des
SOUS-CUSSE DES EUORN1TIIES. '
Ratites (Aptéryx, Casuarius) est encore plus réduit et ne comprend à l'âge adulte qu'un seul os, le radial; il eu était de môme chez Archéoptéryx. Le métacarpe comprend ordinairement trois os, fusionnés à leur extrémité proximale; le premier devient libre à son extrémité distalc, mais les deux autres restent soudés. Trois doigts viennent ensuite: le pouce n'a qu'une phalange; les deux autres doigts ont au plus deux phalanges et sont soudés l'un à l'autre; le Casoar et l'Aptéryx n'ont qu'un seul doigt. Les doigts se terminent encore par une griffe chez quelques types (Aptéryx, Rhea, Slruthin, Megapodius); celle-ci a disparu chez tous les autres.
Le fémur est toujours plus court que les deux os de la jambe. Le tibia est bien développé; le péroné reste rudimentaire, se soude au précédent et n'atteint pas le tarse. A n'examiner qu'un squelette d'Oiseau adulte, ce dernier semble être absent; mais l'embryon possède trois os : le tibial et le péronier, qui forment la première rangée, se fusionnent bientôt en un seul os, qui se soude lui-même au tibia ; l'os unique de la seconde rangée entre de môme en coalescence avec le métatarse : l'articulation libio-métalarsienne est donc en réalité une articulation tarso-tarsienne. Les cinq métatarsiens se soudent de bonne heure en une masse commune, le canon, improprement appelé tarso-mdtatarse et présentant encore à chacune de ses extrémités un certain nombre d'incisures qui rappellent sa multiplicité primitive; dans certains cas, il porte à sa partie inférieure et postérieure un appendice conique destiné à soutenir l'ergot. Les orteils sont au nombre de deux (Struthio), de trois ou de quatre ; leur disposition varie et fournit de bons caractères pour la classification. Le premier a toujours 2 phalanges, le second 3, le troisième 4 elle quatrième S.
Entre le fémur et le tibia se voit un petit os, la rotule ou patella, qui existait déjà chez quelques Sauriens (Varanus) et se retrouve chez la plupart des Mammifères. Ce n'est autre chose qu'un os sésamoïde, développé par suite du frottement dans l'épaisseur du tendon du muscle droit antérieur de la cuisse.
Le squelette viscéral est très réduit : l'arc hyoïdien s'est résorbé, mais le premier arc branchial persiste, sous la forme d'un corps en \. Ce corps, évacué par un individu etapporlé à Bastiani, fut considéré par celui-ci et, à sa suite, par toute l'Académie de Sienne, comme un Ver bipède : Lamarck admit ce nouvel helminthe et lui donna le nom de Sagitlula hominis, mais de Blainville en démontra la véritable nature.
La peau est très mince, peu vasculairc, mais riche en corpuscules tactiles. Elle ne renferme d'autre glande que la glande uropygienne, qui est située au-dessus du croupion et produit une substance grasse!
ii l'aide de laquelle l'Oiseau lisse ses plumes et les rend impénétrables à l'eau ; aussi cette glande est-elle surtout développée chez lesespèces aquatiques.
Les plumes sont des productions épidermiques caractéristiques dest! Oise.iux. Elles dérivent des écailles des Reptiles, mais leur différen-i ciation est fort ancienne, puisqu'elles avaient atteint déjà toute leum perfection chez les Oiseaux jurassiques (Arehœopteryx),
Le plumage peut être pendant toute la vie constitué par le duvet,! mais ordinairement celui-ci est remplacé de bonne heure par la] plume définitive. Dans ce cas, du fond du follicule plumeux se sépare] un second follicule qui donne naissance aune plume nouvelle ; celle-ci: repousse la première et finit par la faire tomber. La nouvelle plume, est d'abord toute pareille à la précédente, mais bientôt l'un de sesrayons s'accroît plus rapidement que les autres, et devient l'axe plein ; ou rachis sur lequel s'implantent latéralement les autres rayons ouj barbes, dont l'ensemble constitue le vexillum. Le rachis est plein eli représente la partie extra-cutanée de l'axe de la plume; la partie in-tra-cutanée est le tuyau ou calamus, primitivement rempli par la» pulpe vasculaire; mais celle-ci se dessèche par la suite et forme? Ydme de la plume. Chaque barbe ou branche née latéralement du rachis porte à son tour une série de barbules, dentelées sur leurs bordsT. recourbées en crochet à leur extrémité et reliées fortement les unes* aux autres par accrochement réciproque. \
Telle est la structure ordinaire des plumes. Dans quelques cas, ilil naît à la base et à la face inférieure du rachis un appendice ou /ii/po-rachis qui porte aussi des rangées latérales de barbes. Cette seconde^ plume s'atrophie d'ordinaire si complètement, qu'on n'en trouve bientôt plus aucune trace ; mais elle persiste chez quelques Oiseaux et! atteint môme, chez le Casoar, la longueur de la plume principale.
On distingue plusieurs sortes de plumes. Celles dont le rachis estl mou et les barbes peu ou point ramifiées sont le duvet, qui forme ai la surface de la peau une couche plus ou moins considérable et ai surtout pour rôle de s'opposer aux déperditions de chaleur. Cellesdontle rachis est rigide, les barbes ramifiées et engrenées les unes; dans les autres, sont les pennes : les pennes de la queue sont les ras— triées, celles des ailes sont les rémiges.
Les rémiges s'insèrent le long du bord inférieur de l'avant-bras etl de la main. Les rémiges primaires s'al\.achei\l à la main : elles sont aui nombre de dix; ce sont les plumes nécessaires pour le vol. Les rémiges secondaires s'attachent à l'avant-hras ; leur nombre est variable' et généralement supérieur à dix. On appelle encore rémiges scapu-laires un certain nombre de pennes s'attachant au bras, et rimigeti bâtardes quelques pennes qui se fixent sur le pouce : ces dernière*
font souvent défaut et sont remplacées par un éperon. Les rémiges sont toutes recouvertes à leur base par des plumes plus courtes, imbriquées sur plusieurs rangs et appelées tectrices ou couvertures.
Les rectrices servent à diriger le vol, comme le ferait un gouvernail. Quand il veut modifier l'allure et la direction de sa course, l'Oiseau les élève ou les abaisse, les ramasse ou les étale en éventail, les meut toutes ensemble ou isolément. Ces plumes, généralement au nombre de douze, peuvent cependant être plus nombreuses. Leur base est recouverte de nombreuses tectrices qui atteignent parfois des dimensions anormales, débordent de beaucoup les rectrices elles-mêmes et se parent des plus vives couleurs (Argus, Pavo^.
A des époques déterminées, tous les Oiseaux perdent leurs plumes pour endosser une nouvelle livrée plus brillante. Cette mue a lieu, suivant les espèces, une fois par an, ordinairement en automne, ou deux fois, au printemps et en automne : il y a alors un plumage d'été et un plumage d'hiver, parfois si différents l'un de l'autre qu'on croirait avoir affaire à des espèces absolument distinctes.
Chez les Ratites (Aptéryx, Dromseus) et quelques Carinates inférieurs (Alca), les plumes sont toutes à l'étal de duvet, à l'exception des rectrices, et sont implantées uniformément sur toute la surface du corps. Chez tous les autres Oiseaux, elles n'occupent plus que certaines régions déterminées.
La forme du bec est très variable et fournit de bons caractères pour la classification. Les dents font défaut chez tous les Oiseaux actuels, môme pendant la vie embryonnaire; ces productions, qui manquaient déjà aux Oiseaux de l'époque tertiaire, sont perdues depuis longtemps. Contrairement à ce qui a lieu chez les autres Vertébrés, la couche musculaire longitudinale de l'œsophage est interne, la couche annulaire est externe. Cette première portion du tube digestif présente ordinairement, vers le milieu de sa longueur, un jabot ou itigluvies, sorte de diverlicule qui sert de réservoir aux aliments rapidement avalés en grande quantité (Lamellirostres, Cormoran) ou exerce au contraire une action chimique sur les aliments; il est le plus perfectionné chez les Gallinacés et les Pigeons. L'œsophage *bo\ilila\iventrieulesuccenturiéouproventricule,voche glanduleuse peu dilatée, qui agit chimiquement sur les aliments. Ce premier estomac s'ouvre dans le gésier, poche ovale ou arrondie et possédant une très puissante paroi musculeuse, surtout chez les Oiseaux granivores : cette poche agit mécaniquement et a pour rôle essentiel de broyer et d'écraser les aliments, attaqués déjà dans le ventricule succenturié Le pylore s'ouvre à côté du cardia. L'intestin grôle est plus ou moins replie sur lui-môme. Le gros intestin, plus recliligne, est remarquable en ce que sa portion initiale a donné naissance, par invagination à
deux longs cœcums. Le cloaque présente à sa partie dorsale une sorle de poche, la bourse de Fabricius, qui s'insinue entre le rectum el le sacrum : cet organe se développe chez toutes les espèces et dans le»' deux sexes, mais s'atrophie plus ou moins vite chez l'adulte; il est formé de follicules clos et doit être considéré comme analogue au thymus et aux amygdales.
Les hématies ont la même structure que chez tous les Vertébrés qui précèdent, à l'exception des Cycloslomes. Leurs dimensions sorti de i2u.,l sur 7,u.,2 chez la Poule; 12a, 9 sur 8y. chez le Canard; i:u sur 7p., 8 chez le jeune Pigeon ; 14u.,7 sur 6a, S chez le vieux Pigeon.
Le cœur est formé de deux moitiés latérales, sans communication l'une avec l'autre et comprenant chacune une oreillette et un ventricule. L'oreillette droite reçoit la veine coronaire et les deux veines caves; elle communique avec le ventricule correspondant, par une valvule formée simplement par deux replis musculaires; de celui-ci part l'artère pulmonaire, qui se bifurque aussitôt en deux branches, dont chacune se rend au poumon voisin. Le sang est alors ramené parles veines pulmonaires à l'oreillette gauche, d'où il passe dans le ventricule. Entre ces deux cavités se trouve une valvule constituée par des lamelles fibreuses, dont le bord libre donne insertion à une série de cordages tendineux, qui vont s'attacher d'autre part sur trois piliers charnus, fixés à la paroi du ventricule. Celui-ci émet l'aorte, qui se recourbe à droite et donne aussilôt les deux troncs artériels bracliio-céphaliques, dont chacun se bifurque en une artère sous-clavière el une artère carotide primitive. A l'origine de l'aorte et de l'artère pulmonaire se voient trois valvules sigmoïdes, comme chez les Mammifères; les Reptiles n'en avaient que deux.
Le tronc lymphatique principal ou canal thoracique passe le long du rachis, au-dessous de l'aorte. 11 communique en arrière avec la veine ischiatique ou avec la veine rénale, ce dernier caractère étant un héritage des Reptiles; il se bifurque en avant, et chacune de ses branches va se jeter dans le tronc veineux brachio-céphalique correspondant. Des cœurs lymphatiques existent chez les Ratites et chez quelques Carinates (Oie, Cygne, Cigogne); d'après Budge, l'embryon de Poulet en posséderait, mais ils ne persistent pas chez l'adulte.
L'appareil respiratoire est très compliqué. Le larynx reste rudi& mentaireet ne sert pas à la production de la voix. La trachée est généralement très longue (1) : elle s'enroule parfois sur elle-même et décrit des circonvolutions soit dans l'épaisseur du bréchet (Grue; Cygne), soit entre les muscles pectoraux et la peau (Manucodia Ke-
(1) J. A. Scopoli [Deliciœ florie et faunm insubric.v. Ticini, in-folio, 1781- 1788) a décrit sous le nom do Physis inlestinalis un pseudhclminilie qui n'était nutre chose qu'un dôbri tic la trachée de quelque Oiseau.
rumlrcm . Au point môme où elle se bifurque, il s'est développé un larynx inférieur ou syrinx, organe producteur de la voix. Cet organe se renconlre, avec des degrés de complication très divers, chez tous les Oiseaux, sauf chez ceux qui sont muets {Aptéryx, Slrutkio, Ciconia, quelques Vautours). Il siège quelquefois en dehors de la bifurcation de la trachée, soit sur la trachée, soit sur les bronches.
Il n'y a pas de séreuse autour des poumons, en sorte que ceux-ci ne sont point librement suspendus dans la cavité llioracique, mais sont intimement unis à ses parois. Les bronches se divisent en canaux dont un certain nombre se ramifient dans l'épaisseur du poumon et aboutissent aux alvéoles pulmonaires ; les autres canaux bronchiques perforent de part en part la substance du poumon et vont se terminer dans des sacs ou réservoirs aériens et dans des cellulesaériennes qui forment un système des plus compliqués. Ces réservoirs sont répandus dans l'abdomen, dans la poitrine, jusque sous la peau ; les canaux aérifères dont nous avons signalé l'existence dans l'épaisseur des os viennent s'y ouvrir.
L'encéphale acquiert un développement considérable. Les hémisphères cérébraux sont très volumineux, mais restent lisses; ils débordent à la face dorsale toutes les autres parties de l'encéphale qui se trouvent ainsi reportées vers la face inférieure. Le cervelet reste pourtant libre et présente un grand nombre de replis transversaux. Le corps pinéal est très réduit.
On connaît sous le nom de sinus rhomboïdal un renflement de la moelle épinière qui siège au niveau du sacrum et serait constitué par par une fissure, puis un étalement du canal central en un plancher de substance grise, analogue à celui qui, dans le bulbe, forme le plancher du quatrième ventricule. Mathias Duval a montré que, contrairement à cette opinion, le sinus rhomboïdal n'est point un ventricule lombaire : à son niveau, le canal de l'épendyme est bien fermé, mais un abondant tissu à cellules vésiculeuses occupe l'espace qui sépare les cornes supérieures (postérieures) et les cordons et racines supérieurs ; ce tissu provient de la transformation des éléments cellulaires qui, chez l'embryon, constituent la paroi du tube médullaire
Le loucher s'exerce principalement par le bec, la langue, le palais et la cire : on trouve en ces diverses régions un grand nombre de corpuscules tactiles, notamment des corpuscules de Pacini et de Crandry.
L'oreille interne n'est guère plus compliquée que chez les Vertébrés inférieurs. La caisse du tympan existe toujours, ainsi que les deux enôtres ovale et ronde; les deux trompes d'Euslache s'ouvrent dans le pharynx par un orifice commun. L'oreille externe est représentée chez les Rapaces nocturnes par un rudiment de pavillon
L'œil, protégé par trois paupières mobiles, est assez fixe, mats l'ex-j trème mobilité de la tôle et du cou y remédie amplement. Il est d'une grosseur considérable et de forme variable. La sclérotique est généralement fibro-cartilagineuse ; elle renferme dans son hémisphère antérieur un anneau formé de douze à quinze plaques osseuses im-l briquées. Le muscle ciliaire est très fort et formé de libres musculaires striées, comme chez les Reptiles; il ne comprend que des fibres longitudinales; on donne le nom de muscle de Crumpton à l'une de ses portions. Du fond de l'œil s'élève une membrane plissée plus oui moins large, le peigne. Cet organe ne fait défaut que chez l'Aptéryx; il atteint son minimum de développement chez les Engoulevents et les Rapaces nocturnes, son maximum chez les Passereaux. Il agit à la façon d'un écran et, quand la lumière est trop vive, vient se placer au-devant du fond de l'œil, grâce à de légers mouvements du globe oculaire.
Les deux narines, plus ou moins rapprochées l'une de l'autre, s'ouvrent à la racine de la mandibule supérieure. Le sens de l'odorat est très peu développé : les espèces carnassières qui se repaissent de charogne, sont guidées uniquement par la vue.
Les reins ou métanéphros sont lobés et situés dans le bassin, comme chez les Reptiles. Les uretères se séparent de leur face ventrale et viennent déboucher isolément dans le cloaque. Il n'y a pas de vessie urinaire. L'urine est une masse blanche semi-liquide, comme chez les Reptiles.
Les testicules sont ovoïdes et situés à la face inférieure et à la partie antérieure des reins. Les canaux déférents sont à peu près rectilignes, accolés aux uretères et s'ouvrent dans le cloaque au sommet de deux papilles. Les Ratites, les Lamellirostres et quelques Gallinacés (Gallus) possèdent un organe copulateur analogue à celui des Chéloniens et des Crocodiliens : il consiste en un tube exsertile, soutenu par deux corps fibreux et replié dans la partie gauche du cloaque; un sillon éjaculaleur est creusé à sa base et se continue distalement par un tube; après l'érection, la rétraction de l'organe est effectuée par un ligament élastique et non par un muscle.
Les deux ovaires et les deux oviductes se développent régulièrement chez l'embryon, mais les organes du côté gauche persistent seuls chez l'adulte. L'ovaire est un sac pyriforme, qui renferme les œufs et prend au moment du rût l'aspect d'une grappe. L'oviducte s'ouvre à côté de lui : sa paroi renferme une puissante couche musculaire, surtout en arrière; sa muqueuse est plissée, villeuse et renferme des glandes qui produisent les unes l'albumine, les autres la.' coque de l'œuf.
Tous les Oiseaux sont ovipares. L'œuf, dont nous connaissons déjà
la structure (tome I, p. 134), est de forme et de couleur très variables. Sou volume varie dans des limites très étendues et est déterminé par la taille môme de l'Oiseau dont il provient. Le plus petit se voit chez les Colibris; le plus gros est celui d' Mpyofnis : la coque était épaisse de 17 à 18 millimètres et avait une capacité d'environ 8 litres, égale à celle de 6 œufs d'Autruche et de 148 œufs de Poule.
La plupart des Oiseaux construisent, pour y pondre leurs œufs, des nids dont l'architecture varie considérablement-, quelques-uns pondent à terre, d'autres creusent des trous dans le sol. Le nombre des œufs n'est pas le môme pour chaque espèce : les plus gros Oiseaux n'en pondent qu'un ou deux, les plus petits en pondent jusqu'à huit ou dix et môme davantage.
Le développement de l'œuf exige une certaine quantité de chaleur. Certains Oiseaux des régions tropicales, tels que l'Autruche, abandonnent simplement leurs œufs sur le sable, et la chaleur du soleil suffit pour les mener à bien. Le plus souvent, la femelle couve ses œufs, ne les quittant que pour prendre sa nourriture; parfois aussi le mâle couve. La durée de l'incubation est en raison directe du volume de l'œuf: les plus petites espèces éclosent déjà au bout de 11 jours; le Poulet n'éclôt qu'au bout de 20 à 21 jours, l'Autruche au bout de 7 semaines.
Parvenu au terme de son développement, le jeune Oiseau brise lui-môme le gros bout de sa coquille : à cet effet, sa mandibule supérieure est armée du marteau delà délivrance, sorte de dent qui ne tarde pas à tomber après la naissance ; la coquille, qui a fourni une partie de son calcaire pour constituer les os du jeune Oiseau, est d'ailleurs moins solide qu'au début.
Nous avons indiqué déjà plus haut (page 725) de quelle façon l'allanloïde se comporte à l'égard de l'œuf; nous avons admis, conformément au schéma classique, qu'elle englobe le sac vitellin, mais laisse en dehors toute l'albumine. Math. Duval a reconnu que cette description est inexacte, du moins en ce qui concerne les petites espèces (Fauvette, Rossignol).
Dans le nid, le gros bout de l'œuf est tourné en haut et son contenu se div.se en trois étages : le supérieur est occupé par rembrvon, le moyen par la masse vitelline, l'inférieur par l'albumine. Au 'lieu de s étendre entre le vitellus et l'albumine, comme on l'admet généralement laUantoïde se rapproche encore plus du pôle inférieur de lœu : elle passe entre l'albumine et la membrane coquillière se revêt du choriou qu'elle pousse devant elle et finit par se souder à elle-même au petit bout de l'œuf. L'albumine se trouve ainsi emn.i sonnée dans un sac parfaitement clos, formé en haut par la face inférieure delà vésicule ombilicale, sur les cotés et en bas par l'd Bla.nciiaiid. - Zool. méd. ,L . - q 1
lantoïde, et tapisse par l'ectodermo sur toute sa l'ace interne.
Dès que son occlusion est achevée, la face interne de ce sac se met à proliférer et se couvre de villosités dont la taille augmente progressivement. Celles-ci comprennent un axe ombilical ou allantoïdien, suivant qu'elles se développent aux dépens de la vésicule ombilicale ou de l'allantoïde et un revêtement épilhélial; elles sont parcourues par des vaisseaux sanguins. Le sac placcntoïdc se trouve dés lors constitué. Cet organe est analogue au placenta des Plagiostomes vivipares, en ce qu'il comprend une portion ombilicale; il est analogue à celui des Mammifères, en ce qu'il comprend une portion allantoïdienne. Comme un véritable placenta, il a pour rôle d'absorber la nourriture et de la déverser dans la circulation générale de l'embryon ; il absorbe en effet petit à petit l'albumine, et sa cavité se rétrécit, mais ses villosités augmentent de taille, à mesure que ce processus s'accomplit.
Au moment de l'éclosion, le sac placentoïde est réduit à une petite masse aplatie qui fait corps avec le reste de l'allantoïde; il est maintenant séparé du sac vitellin par un court pédoncule, au niveau duquel se fait la rupture entre le jeune Oiseau et ses enveloppes; il il reste donc dans l'œuf avec l'allantoïde.
Nous ne saurions entrer ici dans le détail des espèces d'Oiseaux dont la chair ou les œufs sont recherchés pour l'alimentation ; on sait quels aliments délicats ils procurent.
Les Chinois sont, paraît-il, friands d'oeufs de Canard pourris, ou plutôt fermentés dans les conditions suivantes : on mélange parties égales de cendre et de chaux vive, éteinte à l'air au moment de s'en servir; on ajoute un dixième de sel et une forte pincée de potasse ; on môle le tout et on ajoute un peu d'eau pour en faire une pâte épaisse. Chaque œuf doit être enveloppé d'une couche de 2 à 3 centimètres de cette pâte : au bout d'un mois à cinq semaines, il est pourri et bon â manger; il émet alors une forte odeur ammoniacale, qui le rend insupportable à un palais européen.
Il est vraisemblable que la consommation d'œufs ainsi préparés n'est pas sans causer des accidents. La putréfaction développe dans l'albumine des plomaïnes toxiques, telles que la peptotoxine de Brieger. Dans un cas rapporté par Glasmacher, cinq personnes furent gravement malades et durent garder le lit pendant une semaine, pour avoir mangé des œufs présentant un léger degré de putréfaction.
GROUPE DES RATITES.
L'usage de manger des œufs couvés est encore répandu en Chine et aux Philippines : il existe à Pékin et à Manille des établissements d'incubation, où chacun porte des œufs afin qu'ils y soient couvés pendant un nombre de jours variable suivant le goût du consommateur. Les Hottenlols, au dire de Levaillant, apprécient aussi les œufs couvés. Cet usage qui nous paraît si étrange est, en somme, des plus logiques : dans l'œuf arrivé à peu près à la moitié de son incubation, les matières albuminoïdes sont partiellement digérées et transformées en peptones ; leur assimilation est donc facilitée.
Berthold a imaginé de greffer sur la membrane du tympan, dans les cas de déchirure, un fragment de la membrane coquillière de l'œuf de Poule. La soudure des deux membranes se fait aisément; après la guérison, le malade entend avec l'oreille opérée aussi bien qu'avec l'oreille normale.
GROUPE DES RATITES.
Les Ratites sont pour la plupart des Oiseaux de très grande taille. Le sternum est plat et dépourvu de crête, les os ne sont pas pneumatiques, les ailes sont très réduites ou absentes ; en revanche, les pattes sont robustes et massives. Ces animaux, en effet, sont incapables de voler et n'ont d'autre défense, en cas de danger, que de s'enfuir rapidement. On peut en distinguer jusqu'à cinq ordres, réduits à un très petit nombre d'espèces.
Les Dinornithes étaient, récemment encore, représentés à la Nouvelle-Zélande parle Moa (Dinornis giganteus) et à Madagascar par Mpyornh; ces Oiseaux mesuraient jusqu'à 3m,50 de hauteur.
Les Aptérygides comprennent seulement trois espèces actuelles de la Nouvelle-Zélande : Aptéryx australis ou Kiwi est de l'île du Nord, A. Oweni et A. maxima sont de l'île du Sud. Ces animaux ont la taille d'une forte Poule; leurs ailes sont si courtes, qu'on a cru d'abord à leur absence totale; les pattes sont formées, comme chez la Poule, de trois doigts tournés en avant et d'un pouce tourné en arrière; le. bec est long et effilé comme celui de la Bécassine. A l'exceplion'du tarse et des pattes, le corps entier est couvert de plumes fort simples, pendantes, lâches et soyeuses.
Les Casuarides ne comprennent que les deux genres Casuarius et Dromœus. Le bec est élevé et comprimé ; les ailes sontrudimentaires • les pieds sont forts et tridaclvles; les plumes portent des barbes simples et un long hyporachis. Les Casoars (Casuarius) ont la lôte
surmontée d'une sorte de casque, formé par une saillie du frontal : on en connaît six espèces, de Ceram, des îles Banda, de la Nouvelle- Guinée et du nord de l'Australie. Les Emous (Dromsew} n'ont pas de rémiges; les deux espèces connues habitent l'Australie.
Les Rhéides ou Nandous vivent dans les pampas de la République Argentine et des régions voisines : leurs plumes sont sans hyporachis, leurs pieds tridactyles, leur bec large et déprimé, leur lôte et huir cou partiellement emplumés. Rhea americana, lih. Darwini et Rh. macrorhyncha sont les seules espèces connues; le mâle atteint lm,(i:; de longueur et 2"' ,00 d'envergure.
Les Sruthionides n'ont que deux doigts au pied; l'humérus est long, la tète, le cou et les jambes sont nus. L'Autruche (Struthio camelus), seul représentant de la famille, habite les steppes et les déserts de toute l'Afrique. Le mille atteint une hauteur de 2.*,4!i ; il couve les lo à 30 œufs pondus par la femelle dans un trou creusé dans le sable, large de plus d'un mètre et entouré d'une sorte de rempart.
Les Casuarides, les Rhéides et les Sirulhionides sonL souvent réunis en un ordre des Coureurs ou Brévipennes .
GROUPE DES CAniNATKS.
La taille des Carinafes est très variée : les uns, comme les Oiseaux-Mouches, sont plus petits que beaucoup d'Insectes; les autres, comme le Pélican, l'Aigle, la Cigogne, sont de grande taille, mais sont plus petits que les Ratiles, à l'exception toutefois de l'Aptéryx. Ces Oiseaux savent presque tous voler et ont, en conséquence, les ailes longues et bien emplumées, le squelette pneumatique et le sternum pourvu d'un bréchet dont la saillie est en rapport avec la puissance du vol. On les divise en huit ordres.
Les Palmipèdes ou Nageurs ont les pieds palmés et sont bons nageurs. Ils sont cosmopolites, mais abondent surtout dans les régions glaciales : le nombre des espèces y est peu considérable, mais celui des individus de chaque espèce est vraiment surprenant.
Les Plongeons, encore appelés Brachyptères ou Urinatores, sont des Oiseaux pécheurs qui habitent les rivages de la mer. Ils sonl représentés k l'état fossile par Gastornis parisiensis, de l'argde plastique de Meudon, et par G. E'iwardsi Lemoine, des environs de Reims; ce .Wnier avait au moins 8»,50 de hauteur et possédait des ades assez développées.
OKDlllï t>ES PALMIPÈDES. '80
Les Ap.«no<%tf«fe« ou Impennes ont les patles tellement reportées en arrière que le corps est presque vertical; les ailes sont réduites à de courts moignons dépourvus de rémiges, mais couverts de plumes écailleuses et imbriquées. Les Manchots (Aptenodytes) , les Spliénisques [Spheniscus) et les Gorfous (Eudyptes) vivent dans les mers froides de l'hémisphère austral.
Les Alcides sont des mers glaciales du Nord. Les ailes sont rudlmentaires et permettent parfois un vol peu prolongé; le bec est profondément rayé en travers et perd à chaque mue certaines pièces cornées. Genres principaux : Pingouin (Alca), Macareux [Fratercula), Statique (Phaleris), Mergule (Mercjulus) et Guillemot (Uria).
Les Colymbides ont le bec droit et pointu, les ailes courtes et obtuse?, permettant un vol rapide, mais de peu de durée. Ils nagent et plongent bien, passent l'été dans l'océan Glacial du Nord, mais descendent en hiver dans des régions moins froides. La palmure est entière chez les Plongeons (Colymbus), lobée chez les Grèbes (Podiceps); P. minor Gmelin vit constamment sur nos étangs.
Les Lamelli rostres ont le bec large et légèrement bombé, revêtu d'une peau molle et délicate, douée d'une exquise sensibilité ; le bord présente une série de petites lamelles dentelées. La bouche renferme, une langue épaisse et charnue, dont le bord est orné de petites papilles, qui ne sont autre chose que des plumes avortées. Le corps est lourd; néanmoins ces Oiseaux volent fort bien et entreprennent de lointaines migrations. Quelques espèces sont domestiquées. Genres principaux : Canard (Anas), Oie (Anscr), Ha rie (Mergus), Cygne (Cygnus), Flamant (Phœnicopterus).
Les Totipai.mes ou Stvganopodes ont le pouce dirigé en arrière, mais réuni aux autres doigts par une large membrane. Ce sont de gros Oiseaux, au corps allongé, aux ailes bien développées et permettant un vol rapide et soutenu; ils sont aussi bons voiliers que bons nageurs. Ils habitent l'ancien monde. Genres principaux : Pélican (Pcleçànus), Cormoran (Halixus), Frégate (Tachypeles), Fou (Sula), Phaéton (Phueton).
Les Longi pennes ont les ailes très allongées : leur vol extraordinairement puissant leur permet de s'aventurer en mer à une très grande distance des côtes. Ils nichent en société sur les côtes escarpées et ne pondent qu'un petit nombre d'œufs, que la femelle et le mâle couvent alternativcme
Les Landes ont l'aspect extérieur des Hirondelles et des Tourterelles ; le doigt postérieur est libre. Ils pondent de deux à quatre œufs. Genres principaux : Sterne ou Hirondelle de mer (Sterna), Goéland [Larus), Labbe ou Mouette pillarde (Lestris), Bec-en-Ciseaux (Rhvnchops). v "
Les Procelhtrides ou Oiseaux des tempêtes se niellent rarement à l'eau pour saisir leur proie : ils saisissent au vol les Poissons que le remous des vagues amène à la surface. Le doigt postérieur est absent ou rudimentaire. Genres principaux : Albatros (Diomedea), Pétrel {Procellaria), Oiseau de Saint-Pierre {Thalassidroma) , Puflin (Puffinm).