‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 123 sur 181 · MO SYSTEME MÉTRIQUE KN 0 P HT H A I. M 0 LO G I E · texte numérisé non relu

MO SYSTEME MÉTRIQUE KN 0 P HT H A I. M 0 LO G I E

aux curseurs pour que les images des bandes blanches, vues dans la lunette, paraissent se loucher, on ait une donnée suffisante pour calculer, soit le rayon de courbure, soit la force réfringente de l'œil observé. Avec les dimensions de notre instrument, dans certaines limites, six millimètres correspondent à une dioptrie.

Pour mesurer l'astigmatisme, il suffirait donc d'établir le contact en observant un des méridiens principaux et mettant les curseurs dans une position à peu près symétrique, puis de tourner de 00° la lunette avec son arc, et de dire de combien il faut déplacer l'un des curseurs pour oblenir de nouveau le contact : c'est la réalisation de l'expérience b.

11 est encore plus commode de procéder comme suit: L'une des bandes blanches est remplacée par une figure en forme d'escalier dont les marches mesurent 0m,00G de largeur. S'il n'y avait pas de prisme dans la lunette, on verrait alors

Fijf. 80.

une figure telle que AB (fig. 80). Grâce au dédoublement, on voit, en même temps qu'AB, une seconde figure identique, A'B'.

En écartant les curseurs, on peut augmenter la largeur de chacune de ces figures d'une môme quantité et amener, par exemple, la partie verticale de A à toucher la pre-

□ mière marche de B, ainsi que cela est représenté flg. 81.

Considérons un instant cette figure, où nous n'avons pas reproduit A et B', qui sont sans utilité pour nous ; elle résulte de la superposition de B et Fie- M' de A', et les parties de la figure où la superposition a lieu se distinguent du reste par une coloration bien plus blanche.

Faisons maintenant tourner la lunette de 90° autour de son axe, s'il n'y a pas d'astigmatisme, la figure tournera sans se modifier ; mais si l'œil observé est astigmate, on obtiendra un aspect analogue à celui représenté par la fig. 8:2 et qui correspond à trois dioptries d'astigmatisme; en comptant les marches et fractions de marches qui ont passé du blanc au gris, on a immédiatement

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le nombre de dioptries et de fractions de dioptries d'astigmatisme.

Il convient d'établir le contact, tel qu'il est représenté fig. 81, pour le méridien le moins réfringent, c'est-a-dire que, généralement, on commence par le méridien horizontal; c'est là le temps le plus difficile, car les bords des images sont forcément irisés.

Avec les dimensions que nous avons adoptées, on peut apprécier le huitième de dioptrie environ. Quand l'éclairage est suffisant, il est tout à fait impossible de se tromper d'un quart de dioptrie.

Il est évident que l'instrument fournit le moyen de trouver la position de l'astigmatisme. Supposons en effet qu'on ait établi le contact tel qu'il est représenté par la fig. 81, si l'on ne se trouve pas dans le méridien moins réfringent, il arrive que la rotation de la lunette fait apparaître une ligne blanche ou une ligne noire le long de la première marche, suivant qu'on se rapproche ou qu'on s'éloigne du méridien le moins réfringent : ces apparences permettent de découvrir la position de ce méridien. Gomme vérification, dans le méridien perpendiculaire à celui-là, l'écart doit atteindre son maximum si l'astigmatisme est régulier.

Pour peu que Pastigmatisme dépasse une dioptrie, au lieu de procéder ainsi pour trouver les méridiens il est bien plus exact et plus facile de se fondersur l'expérience c; avec un peu d'exercice, on remarquera bientôt que les extrémités des deux figures subissent des dénivellations tout à fait caractéristiques quand on n'est pas dans l'un des méridiens principaux.

Pour que les lectures soient comparables avec celles que donne l'optomètre Javal, il est indispensable de lire l'angle, quand la lunette est disposée pour le méridien le plus réfringent; on n'a donc rien à confier à la mémoire; après avoir établi le contact pour le méridien le moins réfringent, on tourne la lunette d'environ 90°; on s'assure, par l'aspect des images, qu'on est bien dans un méridien principal et on lit l'angle sur le cadran, l'astigmatisme dans la lunette, et on les note ainsi, 10° ±1,5; 175° ±2, en inscrivant l'œil gauche en premier. Le signe ± indique qu'il s'agit d'une mesure ophthalmométrique. Pour les deux mêmes yeux, la mesure optométrique eût donné, par exemple: 10° — 1,5 + 3; 175° — 2 — 2,5, où les chiffres 3 et 2,5 représentent respectivement la réfraction sphérique de l'œil gauche et de l'œil droit.

L'appui-tête ne mériterait pas une description spéciale, s'il ne

399 S Y S Tfc M K M ÈT R I <J » K K N 0 P II T II A L M 0 LO 0 I K.

fallait dire quelques mots des lampes à gaz qu'il supporte et qui servent à éclairer les mires.

Notre instrument fonctionne à la perfection en plein jour, si l'on peut adosser le malade a une fenêtre donnant sur un ciel bien clair; mais, celte condition ne pouvant pas être réalisée toujours, il a fallu ajouter un éclairage artificiel. Trois lampes, munies de réflecteurs, suffisent complètement. Les observateurs exercés peuvent se contenter de deux lampes. En tout cas, il faut un très bon éclairage; c'est le côté faible de notre ophtbalmomètre.

Partie mathématique. — Bien qu'il soit inutile, pour le praticien, de connaître les calculs qui nous ont guidés, nous croyons devoir les produire, pour justifier le choix de certaines dimensions que nous avons adoptées.

Si l'on appelle r le rayon de courbure de la cornée, f sa distance focale, 7i son indice de réfraction, de la formule connue r

f— - | on tire, pour la puissance réfringente x de la cornée, mesurée en dioptries,

1000 (nrl) 330

si l'on adopte 1,35 pour l'indice de la réfraction pour la cornée.

D'autre part, si l est la distance d'un objet au foyer d'un miroir sphérique de rayon r, on a la relation suivante entre la grandeur d'un objet 0 et de son image I :

Combinant cette formule avec la précédente, il vient

Dans notre instrument, nous avons pris l = 3ô0 pour simplifier encore cette formule; de plus, nous adoptons 1=3, dans le but d'avoir des images assez grandes qui soient aisées à observer et qui répondent bien aux parties réellement utilisées de la cornée. Il vient alors

c'est-à-dire que l'objet mesure 0m,000 par dioptrie.

Si des mesures ultérieures venaient à donner une autre valeur pour n, il n'y aurait qu'a changer la distance de l'arc à l'œil ; par

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exemple, pour la valeur 1,337, adoptée par Mauthner, on prendrait l = 337 et tout serait en ordre.

Si l'on veut connaître le rayon de courbure de la cornée, il suffit de mesurer la distance des curseurs au moment où les images se louchent ; d'après la formule 3), il suffit de diviser celte distance par 6 pour avoir la réfraction de la cornée en dioptries, et, d'après la formule 2), divisant 350 par le nombre ainsi obtenu, on a la valeur de r.

Relations entre la réfraction x, le rayon de courbure r et la grandeur

de l'objet O.

Si l'on voulait faire de nombreuses mensurations de r, on remplacerait avantageusement ce tableau par un diagramme de forme hyperbolique ou par une réglette divisée, portée par l'un des curseurs et glissant sur l'autre. Comme l'observation permet de distinguer, pour les rayons habituels, environ un millimètre de variation de grandeur de l'image, on voit qu'on peut évaluer un sixième de dioptrie et une variation du rayon de courbure inférieure a cinq centièmes de millimètre.

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