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PARALYSIE DE LA SIXIÈME PAIRE

exactement, contre l'insuftisance du nerf qui doit lui transmettre l'impulsion. Mais comme cet effort retentit non seulement sur le muscle malade, mais aussi sur son muscle associé, ce dernier reçoit un excès d'innervation qui peut, dans certaines conditions, produire un spasme tonique.

» De plus, lorsque ce spasme porte sur le droit interne, comme dans le cas de paralysie du droit externe de l'œil opposé, il peut retentir sur les autres muscles innervés par la troisième paire et même sur l'accommodation.

»Ces particularités ne présentent pas seulement de l'intérêt au point de vue physiologique, elles fournissent, relativement à la diplopie, l'explication deV.ertains faits jusqu'ici passés sous silence ou mal interprétés.

» C'est ainsi, par exemple, que danslamoitiésupérieure du champ visuel, l'image de l'œil dont le droit externe est paralysé est plus haute, tandis que dans la moitié inférieure elle est plus basse que celle de l'autre œil et la différence de hauteur est plus prononcée en haut qu'en bas.

» L'image de l'œil paralysé plus haute dans la moitié supérieure du champ visuel suppose l'œil plus bas, ou ce qui revient au même, suppose l'œil sain plus haut, de môme que dans la moitié inférieure du champ visuel la différence de hauteur suppose l'œil sain plus bas. Cette diplopie en hauteur s'explique donc par un certain degré de spasme du droit supérieur et du droit inférieur de l'œil sain.

» L'écarlement des images est beaucoup plus prononcé en haut qu'en bas parce que la troisième paire innerve le droit supérieur et le petit oblique qui président tous deux à l'élévation du regard. »

La rétraction secondaire du droit interne peut provoquer à la longue une déviation permanente de l'œil en dedans ; si la molilité du droit externe se rétablit alors en partie, mais que la rétraction de l'antagoniste persiste, il s'établit un déplacement fixe de l'œil qui, au premier abord, pourrait être confondu avec le strabisme proprement dit. Le diagnostic différentiel sera aisé à établir au moyen du contrôle des images doubles. S'agit-il d'un strabisme paralytique, l'écartement des images augmentera quand on obligera le muscle parétique à se contracter, et, par conséquent, quand l'œil sera porté dans l'abduction, tandis que dans le strabisme vulgaire, s'il existe de la diplopie, ce qui est infiniment rare, l'écart des images sera le même dans toute l'étendue du champ visuel.

La comparaison de la déviation secondaire de l'œil sain et de

la déviation primitive do l'œil malade pourra aussi nous aider à trancher la question. Nous avons déjà dit dans les généralités comment on peut utiliser cet élément de diagnostic.

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