PARALYSIE DE LA QUATRIÈME PAIRE (NERF PATHÉTIQUE
Le muscle grand oblique, innervé par la quatrième paire, a pour fonction de déplacer le centre de la cornée en bas et en dehors; de plus, il incline en dedans le méridien vertical. Dans les divers mouvements qu'exécute le globe oculaire, son action n'est jamais isolée, elle est toujours associée à celle d'autres muscles. Ainsi, pour que le regard se dirige directement en bas, le concours du droit inférieur et du grand oblique est nécessaire; tous deux abaissent la cornée, mais leurs actions inverses sur le méridien vertical s'annulent et celui-ci conserve sa position normale.
Le grand oblique esl-il paralysé, le droit inférieur agit snul désormais dans l'abaissement du regard. Or, ce dernier muscle n"est pas seulement abaisseur, il est en même temps adducteur et il dévie le méridien vertical en dehors; de plus, son action comme abaisseur est d'autant plus efficace que l'œil est porté plus en dehors; par suite, quand le grand oblique fait défaut, l'absence de motilité de l'œil en bas est beaucoup plus accusée quand le regard est porté en bas et en dedans que quand il est dirigé en bas et en dehors.
Le grand oblique étant paralysé, l'équilibre qui existe à l'état normal entre la force élastique de ce muscle et celle du petit oblique est rompue; et les effets qui résultent de celte rupture d'équilibre diffèrent suivant les diverses positions du regard. Ainsi^ quand l'œil est dirigé en dehors, l'action du petit oblique sur le méridien vertical est portée à. son maximum ; et comme elle n'est plus contre-balancée parl'aclion antagoniste du grand oblique, le méridien vertical se trouve incliné en dehors. Nous avons vu quelques lignes plus haut que quand l'œil est dévié en dedans, cette inclinaison du méridien vertical est produite par le droit inférieur; donc, dans tontes les positions, au-dessous du plan horizontal, le globe oculaire subit une rotation autour de son axe antéro-postérieur et le méridien vertical n'est plus parallèle à celui de l'autre œil : il est incliné en dehors.
Pour constater objectivement le défaut de motilité résultant de la paralysie du grand oblique, on invile le malade à diriger le regard en bas et en dedans. Comme c'est dans celle position que le grand oblique a le maximum d'action sur l'abaissement de la