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SPASME DE L'ACCOMMODATION

Comme il est Facile de le prévoir, la contracture du muscle ciliaire a pour résultat d'augmenter la courbure du cristallin et par suite la puissance réfringente de l'œil.

Ce spasme se rencontre fréquemment avec les anomalies de la réfraction, hypermétropie et myopie. Chez les hypermétropes, il survient à la suite des efforts incessants et prolongés auxquels est soumise l'accommodation; il compense une partie de l'hypermétropie et la rend latente, ce qui est un avantage. Mais, par conlre, il a l'inconvénient de jeter la perturbai ion dans la vision de près : dès que le malade veut lire ou travailler, il éprouve des symptômes qui rappellent ceux de l'asthénopie accommodative, mais qui en diffèrent par ce caractère essentiel, qu'ils ne sont pas modifiés d'une façon favorable par les verres convexes.

En effet, dans ces cas, le jeu du muscle ciliaire est tellement irrégulier, que la correction au moyen des verres donne les résultats les plus disparates et les plus inattendus. Tantôt les verres convexes améliorent la vision à une certaine distance ; puis, l'objet fixé venant à changer de place, ce sont les verres concaves qui sont préférés; en un mot, il y a une irrégularité des plus singulières. De Grœfe a rapporté l'observation d'un malade chez lequel ces symptômes bizarres existaient à un tel degré que leur interprétation lui parut impossible ; il s'agissait probablement d'un spasme de l'accommodation.

L'explication de ces faits devient pourtant fort simple si l'on songe que l'état de la réfraction de l'œil varie selon que le muscle ciliaire conlracturé vient à se relâcher ou à se contracter davantage et que, par suite, l'effet des verres correcteurs doit suivre aussi les mômes variations.

Aussi, en pareil cas, le meilleur moyen d'arriver à un diagnostic précis et de ne laisser substituer aucun doute, consiste à instiller pendant quelques jours une solution d'atropine à dose assez forte, de façon à paralyser complètement le muscle ciliaire. On fait disparaître ainsi tous les symptômes d'asthénopie, et grâce à des verres convexes appropriés suppléant à l'accommodation paralysée, le travail de près peut s'effectuer sans fatigue.

Le spasme de l'accommodation est également une complication

SPASME DE L'ACCOMMODATION. m

fréquente clans la myopie; ce sujet a déjà été traité longuement nous d y reviendrons pas ici.

La contraction spasmodique du muscle ciliaire existe presque constamment à la suite des traumatisme*; mais elle est habituellement passagère et passe souvent inaperçue. Les contusions du globe oculaire, les lésions superficielles de la cornée, piqûres, déchirures, implantations de corps étrangers, la provoquent prèsque toujours; elle contribue souvent, plus que la lésion cornéenne, parfois insignifiante en pareil cas, à augmenter le trouble visuel. Dans la plupart des traumatismes, en effet, on pourra constater, pendant les trois ou quatre premiers jours qui suivent l'accident, une amélioration sensible de la vision par les verres concaves, tandis que sur l'œil sain les mêmes verres font diminuer l'acuité visuelle.

La calabarine ou ésérine, extrait de la fève deCalabar, jouit de la propriété remarquable de provoquer la contraction du muscle

ciliaire. Quelques gouttes d'une solution au * produisent au

bout d'une demi-heure environ un rétrécissement considérable de la pupille, en même temps la réfraction et l'amplitude d'accommodation se modifient, le punctum remotum et le punctum proximum se rapprochent de l'œil. En outre, il survient une douleur péri-cornéenne assez vive, indice de la contraction exagérée du muscle ciliaire. Le champ visuel se rétrécit et paraît moins éclairé, phénomène dû à l'étroitesse de la pupille, qui s'oppose à l'arrivée d'une grande quantité de lumière dans l'œil.

Les symptômes objectifs dus au spasme de l'accommodation sont toujours peu marqués; ils seraient rarement suffisants pour établir le diagnostic, s'ils n'étaient associés aux troubles fonctionnels. Nous devons pourtant signaler le rétrécissement de l'ouverture pupillaire, connu sous le nom de myosis, qui se produit fréquemment; mais il ne faut pas oublier, comme nous le verrons tout à l'heure, que ce dernier symptôme peut exister à un haut degré, bienque le muscle ciliaire soit à l'état normal, et réciproquement, le spasme de l'accommodation n'implique pas nécessairement le rétrécissement de la pupille.

En raison de la courbure exagérée du cristallin , la chambre antérieure paraît, moins profonde; mais il existe, à cet égard, de si nombreuses variétés physiologiques, que ce signe n'a qu'une valeur médiocre.

Les troubles fonctionnels, bien que variant encore suivant l'état de la réfraction, sont plus caractéristiques. Chez l'emmétrope, la

vision à dislance, nette auparavant, devient confuse, et s'amélion; avec les verres concaves. Par contre, de près, la lecture est possible à une distance très rapprochée, mais elle est généralement pénible, accompagnée de souffrances, la moindre contraction du muscle ciliaire déjà tétanisé devenant douloureuse. Les malades accusent quelquefois dehimacropsie, les objets vusavec l'œil atteint leur paraissent plus grands que s'ils les regardent avec l'œil sain. L'explication de ce phénomène appartient a Donders. Elle est analogue à celle qui a été donnée au sujet de la micropsie dans la paralysie de l'accommodation, mais ici c'est le phénomène inverse qui a lieu. Quand le mlade vient à fixer un objet rapproché avec l'œil dont le muscle est conlracluré, il fait nécessairement un effort d'accommodation moindre que si son muscle ciliaire était relâché. Or, comme la notion de la distance dépend de l'elfort d'accommodation nécessaire pour voir nettement, il juge l'objet plus éloigné qu'il ne l'est en réalité, et comme les dimensions de l'image rétinienne ne changent pas, il le croit plus grand .

MYOSIS.

Le rétrécissement de l'ouverture pupillairea reçu le nom de myosis. Ce phénomène se produit tantôt isolément, tantôt simultanément avec la contracture du muscle ciliaire. Il peut être dû à deux causes différentes; ou bien à une paralysie des fibres radiées de l'iris, qui ne font plus équilibre à l'action de son sphincter; ou bien à la contraction des fibres circulaires de la pupille. Enfin, la paralysie des fibres radiées et la contracture des fibres circulaires peuvent exister en même temps et le rétrécissement de la pupille se trouve alors porté à son maximum.

Le myosis symplornatique de la paralysie des fibres radiées s'observe quand le grand sympathique est comprimé dans la région cervicale par des tumeurs ganglionnaires ou par des productions d'autre nature.

Le rétrécissement de la pupille déterminé par la contracture du sphincter de l'iris accompagne d'ordinaire le spasme de l'accommodation.

Enfin, le myosis existe fréquemment dans les maladies de la moelle et de l'encéphale; il se présente alors avec des caractères spéciaux qui lui assignent une haute valeur clinique pour le diagnostic de ces diverses affections. Envisagé à ce point de vue, ce symptôme vient d'êlre l'objet d'une étude importante de la part

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