‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 19 sur 181 · M M A I. A I) 1 K S DU NEUF OI'TIQLK · texte numérisé non relu

M M A I. A I) 1 K S DU NEUF OI'TIQLK

Schren a lait à ce sujet d'intéressantes recherches dont voici les principaux résultats.

Si l'on recherche les limites du champ de perception des couleurs dans l'atrophie simple on constate que, dès le déhut, ces limites se rapprochent du centre et s'éloignent de la périphérie. C'est le champ de la couleur verte qui se rétrécit d'abord, puis, si la maladie progresse, le champ de la couleur rouge diminue à son tour, puis celui du jaune, puis enfin celui du bleu. Ce rétrécissement du champ de perception des couleurs est plus constant que celui du champ visuel ordinaire; il a donc une valeur séméiologique plus importante.

Lorsqu'il existe dans le champ visuel ordinaire une lacune parfaitement limitée, comme dans Yhémiopie et dans les formes d'atrophie partielle des nerfs optiques, le pronostic reste favorable tant que la perception des couleurs, abolie au niveau du scotome, reste normale, dans les portions de la rétine encore sensibles. Dans les cas exceptionnels où ces formes spéciales d'atrophie progressent, on est tout de suite averti de leur marche envahissante par les changements qui surviennent dans les limites du champ de perception des couleurs.

Dans le glaucome, ta sensibilité aux couleurs se comporte tout autrement que dans l'atrophie. Bien que le champ visuel soit parfois très rétréci, surtout du côté nasal, la perception des couleurs se conserve très longtemps, tandis qu'elle est rapidement abolie dans l'atrophie.

Dans la période d'état des maladies inflammatoires du nerfoptique, telles que les névrites par étranglement, les névrites descendantes, etc., les limites du champ visuel ordinaire sont à peine rétrécies, tandis que les contours des divers champs de perception des couleurs sont irréguliers et empiètent les uns sur les autres. Ainsi, par exemple, la ligne qui sert de démarcation au champ de perception du rouge, au lieu de rester toujours en dedans de celle du bleu, comme à l'état normal, rencontre celle-ci et la coupe en plusieurs points.

Diagnostic. — Pour pouvoir affirmer d'une façon certaine l'existence d'une atrophie des nerfs optiques, il faut trouver réunis les svmplômes fondamentaux que nous venons d'énumcrer. La décoloration blanchâtre des papilles, si elle n'est pas accompagnée d'une diminution sensible de la vision centrale et d'un rétrécissement plus ou moins marqué du champ visuel, ne surfit pas pour établir le diagnostic. On a signalé, en efTet, des exemples de décoloration complète des nerfs optiques, datant de la naissance, chez des indi-

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