H ES ATROPHIES DU NERF OPTIQUE EN GENERAL
vidus qui ont conservé toute leur vie une acuité visuelle excellente.
On pourraitconfondre l'atrophie des nerfs optiques avec le glaucome chronique simple; nous avons déjà indiqué tome I, p. 481, les caractères qui distinguent entre elles ces deux affections. Rappelons que dans le glaucome il existe une excavation caractéristique complètement différente de l'excavation infundibuliforme qu'on rencontre à la période extrême de certaines atrophies. Le rétrécissement particulier du champ visuel non plus concentrique à la macula, mais très marqué en dedans, et la conservation de la sensibilité aux couleurs sont également propres au glaucome.
Une fois le diagnostic anatomique établi, il est important de reconnaître à quelle variété se rattache l'atrophie et de remonter au point de départ étiologique ; mais comme chaque forme spéciale doit être décrite à part, ce serait nous répéter que de traiter ici la question de pathogénie.
Pronostic. — L'atrophie des nerfs optiques est toujours une affection grave. L'atrophie progressive essentielle envahit presque toujours les deux yeux et se termine le plus souvent parla cécité. En explorant de temps à autre l'état du champ visuel, en notant les progrès du rétrécissement qu'il subit, on peut suivre pour ainsi dire pas à pas la marche de la maladie. Les formes les moins graves sont celles où le champ visuel, au lieu d'être rétréci d'une façon concentrique, est très diminué dans certaines parties, mais conservé dans d'autres.
Traitement. — Nos efforts sont le plus souvent impuissants à enrayer la marche de la maladie. Pourtant, dans ces derniers temps, la thérapeutique s'est enrichie de quelques agents dont l'influence sur la nutrition des nerfs optiques semble incontestable. Les appheations de courants continus, préconisées par Remack, Benedict, Onimus, Dor, etc., ont exercé parfois une heureuse action sur les progrès de l'affection, et, dans quelques cas, la dégénérescence atrophique a pu non seulement être arrêtée, mais une partie de la vision déjà perdue a été restituée.
On fait généralement usage de 8 à 10 couples de la pile de Oa.fle. Le courant, tout en ayant une certaine intensité, doit toujours être supportable ; il existe à cet égard des suceptibilités indi-
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séance sur un œil doit être d'environ cinq minutes.
Quelques praticiens font passer le courant à travers le chiasma et électriscnt simultanément les deux nerfs en plaçant chaque électrode sur une des tempes; mais ce mode d'application provoque quelquefois des vertiges qui obligent à suspendre les manœuvres; nous aimons mi"ux, quant à nous, électriser isolément chaque nerf. Au moment de l'établissement et de l'interruption d courant, le malade éprouve des sensations lumineuses d'autant plus vives, que la sensibilité rétinienne est moins affaiblie.
Un autre moyen préconisé par Nagel, Voinow, etc., consiste faire des injections sous-cutanées de strychnine à ta tempe. On injecte avec une petite seringue 10 gouttes de la solution suivante soit 1 milligramme de strychnine.
Sulfate de strychnine OO'.Of)
Eau distillée W\QQ
Ces injections sont faites tous les deux jours; la dose peut êt portée à 15 gouttes ou 1 milligramme et demi. Mais si au bout d'u mois et demi à deux mois, on constate qu'elles sont restées san effet, il est inutile de les continuer.
A une époque où les préparations de nitrate d'argent jouissaien d'une grande vogue dans les affections spinales, ataxie locomo trice, etc., on les a recommandées également (Mooren) contre le atrophies des nerfs optiques; les pilules, qu'on donne à la dos d'une par jour, renferment 1 centigramme de nitrate d'argen elles sont aujourd'hui beaucoup moins employées qu'autrefois Enfin dans les cas obscurs où la cause de l'atrophie parai liée à des troubles cérébraux mal définis et s'accompagne de dou leurs de t«3te continuelles sans localisation précise, on peut essaye l'application d'un séton à la nuque; quelques praticiens en on obtenu de bons effets. Ce moyen était très en vogue avant la dé couverte de l'ophlhalmoscope, peut-être à cause des succès qu' donnait dans des affections tout autres que l'atrophie.