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ATROPHIE SYPHILITIQUE

Il n'est pas très rare d'observer des atrophies du nerf optique à la suite de chorio-ré Unités syphilitiques ayant désorganisé les membranes profondes de l'œil. Le plus souvent, ces atrophies secondaires se reconnaissent à la disparition presque complète des vaisseaux de la papille. C'est à peine si quelques vestiges de l'artère et de la veine centrale de la rétine persistent à la surface terne et grisâtre du disque nerveux. Cet aspect particulier du fond de l'œil est môme souvent assez caractéristique pour permettre de faire un diagnostic rétrospectif et d'affirmer la nature syphilitique de l'affection.

Les atrophies du nerf optique peuvent encore succéder à des névrites provoquées elles-mêmes par des tumeurs gommeuses intra-crûniennes. Mais la syphilis peut-elle donner naissance à des

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lésions des nerfs optiques présentant les mêmes signes oplithalmoscopiques, les mêmes troubles fonctionnels que les atrophies simples essentielles? Telle est la question que nous nous proposons de discuter ici.

Un certain nombre d'oplilhalmologistes admettent qu'il en est ainsi; mais, il faut bien l'avouer, celle affirmation ne s'appuie pas sur des observations précises et réclame encore des preuves. Une atropine simple des nerfs optiques survient-elle chez un homme jeune ayant eu la syphilis, elle est aussitôt considérée comme une manifestation de cette diathèse, alors peut-être qu'il n'y avait là qu'une question de coïncidence et qu'en toute autre circonstance la lésion nerveuse eût été considérée comme primitive. L'existence de l'atrophie simple syphilitique eût été établie cliniquement, si on avait constaté dans certains cas l'influence évidente du traitement spécifique; malheureusement il existe dans la littérature ophthalmologiqtie bien peu d'observations probantes. Quant à nous, nous sommes porté à croire que l'atrophie simple ne relève pas de la sypbilis et voici pourquoi :

Toutes les lésions connues de la sypbilis soit cutanées, soit viscérales, ulcérations, papules, tubercules, gommes, etc., commencent toujours par une modification appréciable dans le système lymphatico-sanguin de la région intéressée. Dans l'atrophie des nerfs optiques au contraire, même au début de la maladie, on ne constate jamais ni gonflement, ni rougeur, ni infiltration. La papille change progressivement de teinte et c'est tout.

ATROI'IIIES CONSÉCUTIVES AUX NÉVMTES.

Les inflammations du nerf optique arrivées au dernier terme de leur évolution se terminent généralement par l'atrophie des fibres nerveuses. Les altérations que présente alors la papille à l'ophthalmoscope ont des caractères spéciaux , différents de ceux des atrophies simples. Les bords de la papille sont diffus, sa coloration est plutôt grisâtre que blanchâtre; les altérations des vaisseaux, toujours si marquées pendant la période d'état de la névrite , subsistent encore à un haut degré. Les artères sont grêles, leurs fins ramuscules sont souvent oblitérés, on aperçoit quelquefois, le long de leurs parois, de petites traînées blanchâtres, indice de l'épaississement qu'elles ont subi. Les veines, tortueuses, gorgées de sang en certains points, semblent interrompues en d'autres.

ATROPHIAS D'ORIGINE I N T K A-0 C U L A I R E. 81

A propos de la névrite des tumeurs et des formes anormales de l'ataxie, nous avons déjà insisté sur l'importance qu'il y a à pouvoir constater l'origine inflammatoire de l'atrophie. Grâce aux caractères que nous venons d'indiquer, ce diagnostic rétrospectif sera en général possible et nous permettra d'établir la nature de l'affection cérébrale qui a déterminé la cécité. Rappelons toutefois que dans certains cas (voir p 55) l'atrophie consécutive à la névrite ressemble tellement à l'atrophie simple, qu'il est de toute impossibilité de les différencier l'une de l'autre avec l'ophthalmoscope seul. Ce n'est alors qu'en Lenant compte de la marche particulière de la maladie, qui évolue beaucoup plus rapidement dans la névrite que dans l'atrophie simple et en recherchant avec soin les troubles cérébraux toujours plus ou moins accusés dans la- névrite, presque nuls au contraire dans l'atrophie idiopathique, qu'on pourra affirmer l'origine inflammatoire de la lésion.

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