AMAUROSE CHEZ LES SATURNINS
avec les diverses maladies dans lesquelles on la rencontre (voir à ce sujet \&&étinite pigmentaire, etc.).
Traitement. — Quand l'héméralopie est survenue à la suite d'une excitation trop forte ou trop longtemps prolongée de la rétine, la première indication à remplir, c'est de soustraire le malade à cette influence pernicieuse. C'est surtout dans ces cas que le séjour prolongé dans une chambre obscure, moyen préconisé par Wharlon, Bourilhon,et Netter, qui leregardent comme abso lument efficace, sera d'un puissant effet. Lorsque, au contraire, c'est un affaiblissement général des forces de l'économie qui paraît en être la cause principale, on insistera sur l'emploi des toniques et sur un régime réparateur. Les préparations ferrugineuses, le vin de quinquina, les amers sont alors particulièrement indiqués. Pendant que les malades seront soumis à cette médication reconstituante, ils devront aussi se tenir dans des chambres très faiblement éclairées, et porter pendant un certain temps des lunettes munies de verres fumés. On a beaucoup vanté l'usage de l'huile de foie de morue, qui a été presque considérée comme un spécifique contre cette maladie. Il est pourtant fort probable qu'elle n'agit ici que comme élément réparateur. Gardner a publié une observation d'héméralopie traitée avec succès par l'usage de la strychnine et de l'opium.
AMAUROSE CHEZ LES SATURNINS, LES ALCOOLIQUES, LES FUMEURS, LES DIABÉTIQUES.
L'amaurose avait été signalée chez les saturnins par Tanquerel des Planches, Rombcrg, etc.', mais les lésions oculaires qui la déterminent n'avaient pu être reconnues, lorsque Hutchinson eut l'occasion de constater chez un malade atteint d'intoxication saturnine la présence de névrites optiques. Ce fait important a été confirmé depuis par d'autres praticiens. Stricker a observé à la clinique de Traube un malade intoxiqué par le plomb, qui, chaque jour, à plusieurs reprises, éprouvait une obnubilation générale dans toute l'étendue du champ visuel. L'examen ophthalmoscopique révéla la présence d'une double névrite optique, qui disparut en môme temps que le trouble fonctionnel, après deux mois de traitement.
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Si de nouvelles observations viennent s'ajouter aux précédentes, ce sera au chapitre des névrites optiques qu'il faudra désormais décrire les troubles de la vision qui nous occupent.
L'amaurose saturnine est constamment précédée des autres symptômes habituels de l'intoxication plombique : tantôt ce sont des coliques, tantôt des phénomènes paralytiques du côté de> extenseurs, tantôt de l'encéphalopalhie, attaques épilepliformes,elc. Elle survient aussi habituellement chez les individus que leurs professions exposent le plus à cet empoisonnement, tels que peintres, ouvriers employés à la fabrication de la céruse, etc.
Récemment, on a émis l'opinion que l'amaurose saturnine serait due à V albuminurie concomitante. Il n'est pas rare, on le sait, de trouver de l'albumine dans les urines des saturnins cachectiques celte albuminurie secondaire déterminerait les mômes lésions que d'habitude sur le fond de l'œil et serait la cause de l'amblyopie.
Cette théorie est séduisante, et je puis dire, pour mon compte, qu'ayant examiné, dans les hôpitaux de Paris, plusieurs saturnins affectés d'une diminution de la vision, j'ai trouvé le plus souvent les signes ophthalmoscopiques de la rétinite albuminurique. Ce sujet réclame donc de nouvelles recherches, et chaque fois qu'un saturnin éprouvera des troubles visuels, il sera bon d'examiner ses urines.
Mackenzie et surtout Siebel (1) appelèrent les premiers l'attention sur l'amblyopie qui atteint les personnes faisant un usage immodéré de tabac. Pour Sichel, tout homme qui fume plus de 20 grammes de tabac par jour peut éprouver des altérations du côté de la vue et de la mémoire. Il parle d'un fumeur enrage quit non content d'avoir la pipe à la bouche toute la journée, fumai, encore pendant la nuit pour se distraire pendant ses insommies. Cet homme devint complètement aveugle, et recouvra ensuite la vue grâce à un traitement antiphlogistique et à l'abandon complet de sa funeste habitude.
La plupart des fumeurs dont la vision commence à diminuer présentent déjà d'autres signes manifestes d'une intoxication générale chronique : leur bouche, imprégnée de tabac, exhale une
(1) Annales d'oculistique, 1. LUI, p. I2S.