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AMAUROSE CHEZ LES SATURNINS

odeur caractéristique; ils n'ont plus d'appétit ni de sommeil, leurs nuits sont agitées, leur mémoire est moins bonne, ils ont du tremblement. Ces accidents doivent être attribués aussi, pour une certai ne part, à l'abus de l'alcool, qui est presque toujours le complément habituel de l'abus du tabac.

D'après Fœrster, le trouble de la vision serait surtout occasionné par la présence d'un scotome central s'étendant vers le côté temporal du champ visuel. Avec le périmètre, on réussit quelquefois à déterminer les limites de ce scotome. Dans cette zone, où la sensibilité rétinienne est surtout émoussée, il existe habituellement une perversion considérable dans la faculté de perception des couleurs ; le vert cesse d'être perçu le premier, puis le rouge, enfin le jaune; c'est le bleu qui persiste le dernier. Sauf la lacune correspondant au scotome, le champ visuel conserve toute son étendue.

Ces malades distinguent généralement mieux le matin ou le soir au crépuscule qu'en pleine lumière; des lunettes fumées qui tamisent les rayons lumineux leur procurent aussi une amélioration notable.

L'examen du fond de l'œil ne révèle aucune altération importante; la papille paraît quelquefois rouge, hyperémiée, et les veines semblent engorgées de sang; dans d'autres cas, elle est au contraire plus pâle qu'à l'ordinaire; mais ces lésions sont insuffisantes pour expliquer la diminution considérable de l'acuité visuelle.

Cette variété d'amblyopie, en somme relativement rare vu le nombre considérable de fumeurs, exige, probablement, pour se manifester, quelques conditions particulières ; d'abord, comme nous l'avons déjà dit, le plus souvent, ces grands fumeurs sont aussi grands buveurs; en outre, ils s'alimentent mal, soit par suite de la perte d'appétit et de sommeil que détermine à la longue l'usage i mmodéré du tabac, soit par le fait des mauvaises conditions hygiéniques dans lesquelles ils vivent. L'âge a aussi une certaine importance; presque jamais cette forme d'amblyopie ne s'observe au-dessous de vingt-cinq ans.

L'amblyopie des alcooliques présente à peu près les mêmes caractères cliniques que celle des fumeurs; du reste, l'abus de l'alcool et l'abus du tabac marchent souvent de pair, et il n'est pas toujours facile de discerner laquelle de ces deux causes exerce une iniluence prépondérante sur les troubles visuels.

Le pronostic n'est grave que si l'affection est méconnue et que le malade n'a pas assez d'énergie pour renoncer à ses funestes

A.Mltl.YOl'lKS ET A M A U It 0 S K S .

habitudes. On a dit en pareil cas, mais sans en fournir des preuves absolument positives, qu'il pouvait survenir une atrophie des nerfs optiques. Le plus souvent, le scotome central dont nous avons parlé persiste ;\ un degré plus ou moins prononcé.

Le traitement consiste évidemment à supprimer tout d'abord la cause manifeste de la maladie. L'usage du tabac et des boissons alcooliques sora rigoureusement interdit. Des pilules d'opium à la dose de 1 centigramme par jour, le vin de quinquina, les injections sous-cutanées de strychnine aux tempes, à la dose de 1 milligramme, pourront être employés avec quelque avantage, mais toujours à la condition expresse que le malade ait renoncé au préalable à ses funestes habitudes.

Leber a réuni quelques cas d'amblyopie sans lésion, survenue dans le cours du diabète. L'examen ophthalmoscopique était presque toujours négatif, c'est à peine si on trouve notée quelquefois une très légère décoloration de la papille. Les troubles de la vision présentaient des formes variables et des degrés divers. La vision centrale était tantôt à peine atteinte, tantôt complètement abolie.

Dans quelques cas, le champ visuel présentait des lacunes, dans d'autres il était intact. S'il existait des scotomes, c'étaient plutôt des scotomes négatifs (Forster), sans altérations dans la région correspondante de la rétine; au lieu d'apparaître au malade comme de véritables taches, ils ne se révélaient qu'à l'exploration du champ visuel.

On a vu quelques malades se plaindre d'hciniopie. La perversion du sens des couleurs était peu accusée et limitée seulement à l'étendue des scotomes.

Tous ces symptômes concordent pour prouver que l'amblyopie diabétique doit être rattachée à un processus dont la nature nous échappe, mais qui a probablement son siège dans le nerf optique. Le traitement général qui parvient à réduire la quantité de sucre contenue dans l'urine améliore aussi presque toujours la vision.

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