‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 75 sur 181 · AMBLY01ME CONGÉNITALE · texte numérisé non relu

AMBLY01ME CONGÉNITALE

lions périphériques de la rétine. Cette acuité est très faible et décroît très rapidement à mesure que l'on s'éloigne de la région de la macula. Après avoir déterminé ainsi la grandeur des caractères perçus à une certaine distance du centre par un œil normal, je faisais répéter la même épreuve à l'œil atteint d'amblyopie congénitale.

Dans quinze cas environ, j'ai constaté que la vision périphérique était sensiblement la même; les limites du champ visuel, recherchées d'une façon analogue, s'étendent aussi loin que dans les conditions physiologiques. Enfin, la perception des couleurs est généralement intacte.

Le trouble fonctionnel consistant exclusivement dans une diminution de la vision centrale, s'il y a une malformation anatomique correspondante, elle doit siéger dans la région de la macula; j'espère pouvoir établir qu'il en est réellement ainsi.

En étudiant la distribution topographique des fibres du nerf optique à son entrée dans le globe oculaire, on constate que son épanouissement ne se fait pas d'une façon uniforme : le nombre des fibres situées du côté temporal de la papille est de beaucoup inférieur au nombre des fibres du côté nasal, et les plus gros faisceaux se dirigent en haut et en bas suivant la distribution et le trajet des vaisseaux rétiniens, décrivant comme eux des courbes à concavité inférieure et supérieure.

Il existe du reste, normalement, une différence marquée à l'ophthalmoscope entre la moitié temporale de la papille et la moitié nasale; la première est beaucoup plus blanche et réfléchit plus fortement la lumière que la seconde, ce qui tient à l'absence de vaisseaux et à ce que, vu le petit nombre des fibres nerveuses de ce côté, on aperçoit plus facilement le disque tendineux de la lame criblée.

En examinant attentivement l'aspect de la papille chez les malades atteints d'amblyopie congénitale, j'ai constaté dans la très grande généralité des cas une disposition tout autre des vaisseaux et des fibres nerveuses. La différence si nette à l'état physiologique entre les deux moitiés delà papille l'est ici beaucoup moins; l'aspect général est plus uniforme, la teinte rosée s'étend à toute sa surface et non plus seulement à la portion nasale.

Le système vasculaire n'affecte plus une distribution aussi régulière que dans les conditions habituelles ; les vaisseaux, au lieu de se diviser en deux troncs principaux dirigés verticalement en haut et en bas, sortent irrégulièrement du centre de la papille pour se disperser dans tous les sens. Le côté temporal en ren-

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