CEI L SCHÉMATIQUE, OEIL RÉDUIT
La connaissance des points noclaux est surtout importante pour la construction des images.
Les points cardinaux occupent, sur l'axe principal du système, des positions respectives liées entre elles par certaines relations.
La distance qui sépare le premier foyer principal du premier point nodal est appelée deuxième distance focale principale. La distance qui sépare le second point nodal du second foyer principal est dite première dislance focale principale. L'écartement des deux points principaux l'un de l'autre est le même que celui des deux points nodaux.
Les deux distances focales principales sont entre elles comme les indices de réfraction du premier et du dernier milieu.
Le premier point principal de l'œil est situé à lmm, 7532 en arrière du sommet de la cornée;
Le second point principal, à 2mm, 1101.
Les deux points principaux sont par conséquent situés dans la chambre antérieure à la distance de 0mm, 3569 l'un de l'autre.
Les deux points nodaux dans le système dioptrique de l'œil ne coïncident pas avec les points principaux, parce que le dernier milieu traversé par les rayons lumineux, qui est le corps vitré, n'a pas le même indice de réfraction que le premier, qui est l'air.
Le premier point nodal est situé à 6mm, 9684 derrière le sommet de la cornée, et comme la distance qui sépare les deux points nodaux est la même que celle qui sépare les deux points principaux,
6mm, 9684 + 0mm, 3569 = 7mm,3253, représente la distance du second point nodal au sommet de la cornée. La surface postérieure du cristallin étant, comme on L'a vu plus haut, à 7mm, 2 de la cornée, nous voyons d'après les chiffres précédents que le premier point nodal est situé dans les couches postérieures du cristallin, tandis que le second point nodal est en arrière de la cristalloïde postérieure et lui est presque conligu.
Les points cardinaux étant ainsi connus et déterminés, le système dioptrique de l'œil est parfaitement déterminé et il est facile de connaître la marche des rayons lumineux et la grandeur des images des objets extérieurs.
La figure 49 représente la position des points cardinaux a un grossissement de 3 diamètres. Le second foyer principal se trouve sur la rétine.
La ligne visuelle G'G", qui va de l'objet au centre de la macula, ne coïncide pas avec l'axe optique F'F", qui, du centre de la
sa
cornée, se rend au pôle postérieur de l'œil. Ces deux lignes forment entre elles un certain angle qu'on désigne, en ophtalmologie, sous le nom d'angle a. L'étendue et la position de cel
Fi(f. 10. — Œil schématique d'HelmhoItz. F'F", axe optique; h'h", points principaux; K'K", points nodauxj tî'G", ligne visuolle.
angle, qui joue un rôle important dans les anomalies de la réfraction et dans le strabisme apparent, sont sujettes à de nombreuses variations. Situé en dedans du côlé nasal dans l'œil emmétrope, il est dit alors positif et son ouverture est d'environ 4 à 5 degrés. Chez l'hypermétrope, il reste positif, mais il devient plus considé-
Flg. 50. — Œil réduit.
rable et atteint quelquefois 8 a 9 degrés. Chez le myope, au contraire, il diminue, se réduit à 0 degré, quelquefois môme devient négatif, et la ligne visuelle forme alors au dehors de l'axe optique un angle qui peut aller jusqu'à 3 ou 4 degrés.
ANOMALIES DE LA RÉFRACTION, DÉFINITIONS. 283
L'œil schématique de Listing et d'Helmholtz a été encore notablement simplifié. On peut sans erreur trop sensible assimiler sa force dioptrique à celle d'une seule surface réfringente, dont le rayon de courbure serait de 5 millimètres et devant laquelle se trouverait de l'air et derrière de l'eau. Les surfaces dioptriques étant ainsi réduites à une seule, les deux points principaux se confondent en un seul; il en est de même pour les points nodaux. Les deux points principaux coïncident avec le sommet de la surface courbe, les deux points nodaux avec le centre de courbure.
Sur un tel œil, la distance focale antérieure, c'est-à-dire la distance du foyer principal antérieur au sommet de la surface réfringente = 15 millimètres; la distance focale postérieure, c'està-dire la distance du sommet de la surface réfringente au foyer principal postérieur = 20 millimètres; cette longueur représente aussi celle de l'axe antéro-postérieur. Sur un œil ainsi constitué les rayons parallèles à l'axe viennent se réunir en foyer sur la rétine.
ANOMALIES DE LA RÉFRACTION, DÉFINITIONS
Nous avons vu que l'œil est comparable à une chambre obscure. A l'état normal, la disposition de cette chambre obscure est telle que l'écran rétinien se trouve précisément au foyer du système dioptrique. L'œil ainsi construit est dit emmétrope (h phpo-j, dans la mesure; cty, œil). Or, cette adaptation parfaite de la structure de l'œil aux lois de l'optique ne se rencontre pas toujours. Il peut arriver que l'écran rétinien ne se trouve point au foyer du système dioptrique et que les rayons réfractés convergent en avant ou en arrière delà rétine. Ce sont là deux anomalies de la réfraction qu'on rencontre souvent dans la pratique : la myopie elVhypermétropie.
Dans la myopie, la puissance réfringente de l'œil est trop considérable, ou Taxe antéro-postérieur trop long, de telle sorte que les rayons lumineux s'entre-croisent trop près de la cornée; la mesure est trop courte, aussi Donders avait-il proposé d'appeler cet état brachymëtropie (fioaxu?> court; /xet/jov, mesure; «<{>, œil), mais cette dénomination n'a pas prévalu , et ce vice de réfraction a conservé son ancien nom de myopie (fxûsiv, cligner).
-U A N 0 M A 1. 1 K S DE LA R P. K It A Ci ION.
Dans l'hypermétropie la puissance réfringente ie l'œil est trop laible ou l'axe anléro-postérieur trop court, les rayons lumineux
Fig. 51, représentant l'œil emmétrope, l'œil myope et l'œil hypermétrope. — Pans l'œil emmétrope, la ligne usuelle ak forme, avec l'axe < ptique l'k, un angle akl' (angle a) en dedans on positif. — Dans l'œil myope, ec même angle akl' peut ^tre silué en dehors de l'axo optique et être négatif. — Chez l'hypermétrope, ret angle akl' est encore plus grand que riiez l'emmétrope, tout en restant positif.
se réunissent en foyer trop loin de la cornée. Ce point estau-delà de la mesure (Dirlp, au-delà; pir/>ov, mesure; ty, œil).
Nous avons cru devoir exposer ici la théorie élémentaire des lentilles. Le système dioptrique complexe de l'œil peut en effet Ctre assimilé, sans erreur trop sensible, à une lentille biconvexe d'une force réfringente déterminée. La formation des images des
THÉORIE ÉLÉMENTAIRE DliS LENTILLES. "280 objets extérieurs sur la rétine peut donc se déduire de la connaissance de la théorie des lentilles. Nous verrons aussi que la connaissance delà marche des rayons lumineux à travers ces corps réfringents est indispensable pour l'étude des anomalies de la réfraction.
Les lentilles sont des corps réfringents limités par des surfaces sphériques. Malgré les formes diverses qu'elles peuvent affecter, on les a classées en deux groupes, en raison des effets opliques qu'elles produisent. Le premier groupe comprend les lentilles qui ont la propriété de provoquer la convergence des rayons qui les traversent; elles ont reçu le nom de lentilles convergentes. La
Fig. 52. Fïg. 53.
figure 52 représente les coupes de quelques-unes d'entre elles ; la lentille de la figure A est biconvexe; celle de la figure B, planconvexe; la dernière C, qui est concave-convexe, se nomme ménisque convergent; elles ont pour caractère commun d'être plus épaisses au centre que sur leurs bords.
Les lentilles du second groupe, au contraire, appelées divergentes, augmentent la divergence des rayons qui les traversent; elles sont plus minces au centre que sur les bords. Dans la figure 53, on voit également des lentilles biconcave, plan-concave, ménisque divergent.