EXTRACTION LINÉAIRE SIMPLE
pupillaire et est poussée plus en avant jusqu'à ce (pie la plaie cornéenne ait atteint les dimensions de 5 à 6 millimètres. Si le couteau n'est pas assez large et si la projection de l'iris en avant a empêché de le pousser assez loin en avant, l'incision n'aura pas les dimensions voulues; dans ce cas, on peut agrandir la section cornéenne, en appuyant avec le tranchant vers un des angles de la plaie pendant qu'on retire l'instrument. Quelquefois l'incision est portée sur le bord sclérotical, comme le montre la figure 206, mais alors il est indispensable de faire l'iridectomic.
Fie. 206. — Ponction.
2° Après avoir retiré le couteau lancéolaire, on fait ladiscision do la capsule, en introduisant dans la chambre antérieure à travers la plaie cornéenne le kystilonu'. dont la pointe appuie légèrement sur le cristallin et le déchire transversalement sur une étendue aussi large que possible.
Fig. 207. — Extraction du noyau
:>" A ce moment, il peut arriver que la cataracte, étant liquide, se précipite dans la chambre antérieure ; il suffit alors de presser un peu sur la lèvre externe de la plaie avec la curette, pour que toute la masse cristallinienne sorte au dehors. La pupille devient alors complètement noire, et l'opération est terminée.
k° Lorsque la cataracte est molle, consistante, et qu'elle conserve encore toute *a cohésion, il faut retirer les masses cristalliniennes au moyen de la curette de David. Ce temps de l'opération s'exécute de différentes façons, selon que le noyau manque complètement, ou qu'il soit peu volumineux.
MAI.ADII-S DU CllISTALUN.
Si l'on csl certain que le noyau n'exisle point, on applique la curette de David par sa surface convexe contre la lèvre postérieure (le la plaie, et, dès que celte I dernière devient béante, on l'engage dans la chambre antérieure, et là, appuyant i moitié sur le bord de la plaie, moitié sur l'iris et le cristallin, on laisse la plaie =j béante, et l'on force les couches corticales à s'avancer vers la chambre antérieure et I au dehors. Pour faciliter la sortie des masses cristalliennes, de Graefe conseille I d'appliquer un doigt à plat sur le bord interne de la cornée, en face de la plaie et 1 d'appuyer légèrement sur le globe de l'œil. Cette pression peut être exécutée | beaucoup plus facilement, croyons-nous, avec la pince à fixer qui est maintenue \ dans ce point.
Modifications «le la méthode. — Il peut arriver pourtant qu'on ail affaire à une cataracte dont le noyau, quoique petit, occupe le centre, autour duquel les masses corticales sont attachées. Dans ces cas, on ne doit pas songer à faire sortir la cataracte par la seule pression : ce n'est qu'en faisant pénétrer la curette dans la masse cristallinienne qu'on arrivera à les enlever.
Pour exécuter cette manœuvre, il sera prudent d'exciser l'iris au voisinage de la plaie, afin de prévenir sa contusion par la curette, ainsi que par les masses cristalliniennes elles-mêmes. On saisira avec une pince à pupille la partie de l'iris qui correspond à la plaie, et on la retirera au dehors; un aide devra l'exciser avec une paire des ciseaux courbes, selon les règles posées plus haut (1).
L'iris une fois enlevé, la curette est engagée dans la chambre antérieure, ia surface convexe tournée contre le cristallin, puis immédiatement elle est glissée presque perpendiculairement d'avant en arrière dans l'épaisseur des couches corticales, mais à la partie excentrique de la lentille. De là elle est engagée au-dessous du noyau; et, une fois qn'or l'a mise dans cette position, on cherche à ramener au dehors tout ce que peut saisir la curette.
Le noyau retiré avec une partie principale des couches corticales, rien n'est plus facile que de faire sortir le reste, soit par une pression modérée exercée sur l'œil, soit en pénétrant pour la seconde fois avec la curette dans la chambre antérieure. Deux ou trois introductions de ce genre suffisent pour retirer toute la masse cristallinienne.
On a cherché à appliquer celle méthode à l'extraction des cataractes volumineuses, demi-molles, et même dures, en broyant le noyau contre la cornée et en retirant ensuite successivement les débris broyés qui restaient derrière l'iris. Desraarres (2) l'a essayé d'abord sans excision de l'iris ; après lui, de Graefe (3) a eu recours à ce procédé en y ajoutant comme condition essentielle une iridectomie.
Waldau (Schuft) a apporté une modification nouvelle dans la forme de la curptte; celle dont il s'est servi est plus large et plus concave, ses bords sont relevés de 1 millimètre et 1/4, et elle est supportée par une tige très-m.nce (fig. 208). Quatre grandeurs différentes ont été employées par lui suivant les
besoins. . . .
Mais la forme de ces curettes était défectueuse; elles étaient trop épaisses et
(1) VoyCZ PUPILLE ARTIFICIELLE, p. 373.
(2) Desmarres, Clinique européenne 1850 n« 8.
(3) De Graefe, Archw /• Qpkthùlmohfa, Bd. V, Ablh. I, S. 161.
EXTRACTION LINÉAIRE S1MPI.K. '>'.')')
tfrop toi u mi lieuses pour qu'il fût possible de s'en servir ; c'est pourquoi ou les a abandonnées.
Crilchett a fait construire une curette large, niais très-mince, qui n'a point de bonis latéraux, mais dont l'extrémité libre présente un rebord formant un coin de
vue de face et de profil. vue de face et de profil.
$0° d'écarteineut, ce qui permet de l'engager facilement dans la masse cristal I i nienne. La ligure 209 représente cet instrument vu de face et de côté. La curette do (Iritchelt offre des avantages incontestables sur les autres curettes, et elle peut être utilement employée dans cette méthode chaque fois que l'irideclomie est pratiquée
GALEZOWSKI. 28
MALADIES DU CRISTALLIN
et que la plaie cornéenne est assez larye pour permettre de manœuvrer librement avec elle.
Après avoir enlevé tontes les masses crislallinicnnes, on doit examiner attentivement l'état de la capsule et voir si elle n'est pas par trop opaque. Dans le cas contraire, il est nécessaire de l'extraire sur-lc-champ, en se servant, soit de la pince droite capsulaire, soit de la serretelle de Dcstnarros.
Pourtant on ne devra pas insister trop longtemps sur l'extraction des débris cristalliniens qui se trouveront encore derrière l'iris, de peur de provoquer une grande irritation dans l'œil par des manœuvres trop prolongées. En laissant une certaine partie des couches corticales dans la chambre postérieure, on ne risque absolument rien; les couches corticales se résorbent petit à petit et la pupille devient h la longue complètement transparente.
Dès que l'opération est terminée, on enlève le blépharostat et la pince à fixer, pour laisser au malade la faculté de se reposer quelques minutes les yeux fermés. Puis on examine soigneusement les bords de la plaie, et on les nettoie avec la curette ou la pince en enlevant tout ce qui peut se trouver interposé entre ses bords.
Le pansement après l'opération est très-simple, et il ne diffère pas de celui que nous avons recommandé plus haut. On applique deux ou trois tours de bande de flanelle ou de coton par-dessus un' peloton de charpie dont on remplit le creux existant entre l'œil et le nez. Je considère l'instillation d'atropine après l'opération comme une condition indispensable du succès.
Ordinairement, la. réunion par première intention suit l'extraction linéaire ; le malade souffre quelquefois d'une sorte de pesanteur dans l'œil, provoquée par l'accumulation des larmes ; mais cette douleur s'apaise toute seule au bout d'une ou deux heures.
Dès le lendemain, on enlève le bandage et l'on trouve la chambre antérieure rétablie. Au bord de la plaie on aperçoit une suffusion blanchâtre qui persiste ordinairement huit ou dix jours, pendant que le reste de la cornée conserve sa transparence.
Procédé de Desmarres père. — ■ L'extraction d'une cataracte liquide avec un noyau flottant peut présenter quelques difficultés. Dès qu'on fait, en effet, la discision de la capsule, l'émulsion crislajlinienne liquide se précipite dans la chambre antérieure et s'écbappe au dehors, tandis que le noyau, plus lourd et en vertu de son poids et de sa consistance, tombe derrière et au fond de la capsule, où il est difficile de le retrouver.
Pour parer à ces inconvénients, Desmarres père a fait construire un petit instrument très-ingénieux, qui n'est autre qu'une curette munie à sa surface convexe d'une petite érigne se cachant à volonté (fig. 212). Après avoir pratiqué l'incision dans la cornée, on fait entrer la curette dans la chambre antérieure, sa surface convexe tournée et appuyée contre la cataracte ; à ce moment, on fait saillir le crochet et l'on déchire la capsule, puis, immédiatement, le croebet est caché et l'on engage la curette derrière le noyau que l'on relire au debors ; les couches liquides s'échappent en même temps, et la pupille devient complètement libre.