DÉFORMATIONS ET DÉVIATIONS DÉS PAUPIÈRES ET DES SOURCILS
Le cliiruigieu pratique ensuite deux petites incisions verticales, comprenant la peau et le muscle orbiculaire, et les réunit sur le bord libre par une incision transversale, puis dissèque le lambeau cutané ainsi taillé jusqu'à la hauteur de la ligne tracée à l'encre. Le lambeau cutané est soulevé; chaque cil est excisé séparément
Fie. 22. — Extirpation des follicules des cils déviés. — Procédé de l'auteur (*).
et le lambeau remis à sa place et fixé au moyen d'une bandelette de taffelas d'Angleterre.
Cette opération est très-difficile à exécuter à cause du sang qui s'écoule ; c'est pourquoi il serait préférable de se servir h cet effet d'une pince de Pope, de Saint-Louis (Étals-Unis). Ce chirurgien a fait construire une pince, dont on voit
Fie. 23. — Pince de Pope.
ici la ligure (fig. 23) et qui est destinée à empêcher l'arrivée du sang pendant dissection de la peau et faciliter l'opération. Snellen se sert d'une pince semblable à celle de l'ope, et il lui a donné le nom de blépharospathc .
k. Procédé d'Atiagnomkis poW le trichiasis général. — La paupière est tendue sur une plaque d'écaillé ou placée entre les deux branches de la pince de l'ope, et une incision parallèle au bord palpébral, à la distance de 3 millimètres, est pratiquée dans la peau. L'aide lire alors en haut la lèvre supérieure de la plaie ci le Chirurgien saisit avec une pince toute la couche musculaire siluée au-dessus du tarse et I excise à l'aide de ciseaux. On passe ensuite trois ou quatre fils de soie par le bord inférieur de la plaie
(') A et U, points où se réunissent les deux incisiouB.
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Fig. 24. — Procédé de Anagnostakis.
cutanée et par la couche fibio-cclluleuse qui recouvre le cartilage, dans l'endroit où les libres musculaires ont été enlevées, et ou les réunit (voy. 0g. 2ft). Les deux lèvres de la plaie cutanée se rapprochent et ne lardent pas à se cicatriser.
Cette méthode offre des avantages incontestables ; le lambeau inférieur de la peau et des fibres musculaires attachées au tarse, en haut, renverse d'une manière permanente le bord palpébral et redresse les cils déviés.
5. Extirpation de la partie des paupières qui contiennent des cils. — Depuis longtemps on a cherché à exciser le bord palpébral tout entier avec les cils qui y sont implantés; mais, comme on enlevait en même temps les follicules des glandes de Meïbomius, il en résultait nécessairement une lendance continuelle à l'irritation persistante des yeux cl des paupières.
On a alors essayé de n'enlever que la portion des paupières dans laquelle sont implantés les cils, en respectant les orifices des glandes de Meïbomius et en laissant intacte la marge interne palpébralc.
Le docteur Séverin Galezowski a pratiqué cette opération, lorsqu'il était professeur de chirurgie à l'Université de Wilua, et, d'après lui, les résultais obtenus ont toujours éLé très-satisfaisants.
Dans ces dernières années, celte même méthode a été plusieurs fois mise à exécution par Soelberg Wells (1). Voici de quelle manière il procède :
Le blcpharospalhe de Snellen étant appliqué sur la paupière, une incision est faite, avec un couteau à cataracte, dans toute l'étendue du bord libre, entre les cils cl les orifices des glandes de Meïbomius ; cette incision est poussée dans l'épaisseur du tarse en arrière des racines des cils. Une seconde incision est pratiquée sur la peau le long du bord libre, de manière à rencontrer la première. Le lambeau de la peau, ainsi que les cils, est complètement séparé et enlevé. Aucune suture n'est appliquée et des compresses imbibées d'eau froide suffisent pour amener la cicatrisation.
Cette opération laisse pourtant une difformité constituée par l'absence complète de cils, et il est préférable d'avoir recours à la méthode qui a pour but de transplanter ou de déplacer les cils déviés.
7. Déplacement du champ d'implantation des cils. — Procédé de A rit. — La paupière est saisie avec la pince de Snellen ou de Pope. Un bistouri trèslin ou un couteau à cataracte est enfoncé dans l'épaisseur du bord libre, entre les cils et les orifices des glandes de Meïbomius et à la profondeur de 3 millimètres 1/2, il ressort par la peau, et, dans celle même profondeur, il est conduit d'un angle à l'autre de l'œil (fig. 25,).
La petite bande de peau que portent les cils, ainsi séparée, ne lient au reste de la paupière que par les deux extrémités aux deux angles de l'œil.
(1) S. Wells, A Treutisc on the Diseuses oft/w Eye. London. 18C9, p. C05.