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ECTROPION OU RENVERSEMENT DE LA PAUPIERE EN DLHORS

a bien voulu me communiquer : « Depuis longtemps, j'ai formulé ce principe à propos d'un malade présenté à la Société de chirurgie (1) et opéré en juin 1859, à l'hôpital Saint-Louis, que tout lambeau dans les autoplasties doit être taillé de telle sorte que sa rétraction inévitable soit mise à profit pour aider à corriger la difformité qu'on est appelé à combattre. C'est surtout dans lu blépharoplastie qu'on mettra à profit ce principe. »

D'après ce principe, il n'y a plus d'hésitation possible ; les règles sont tracées et le succès assuré.

Nous ne décrivons ici que deux procédés, celui de Richet pour la paupière inférieure, et celui de Denonvilliers, procédé par échange.

1 . Procédé ordinaire de Richet. — L'opération se compose de quatre temps :

Premier temps. — Incision parallèle au bord libre et dissection de la conjonctive pour dégager le bord palpébral.

Deuxième temps. — Avivement avec un couteau à cataracte sans empiéter sur le bord ciliaire. Richet traverse avec ce couteau de part en part le bord qu'il doit enlever et le coupe en sciant. Quatre points de suture en fil très-fin sont appliqués au moyen des aiguilles fines de Richet.

Troisième temps. — C'est le moment que. l'on doit choisir pour disséquer le lambeau, parce qu'alors seulement on peut se rendre compte de la perte de substance qu'on doit combler.

D'après les principes posés par Richet, on doit tailler le lambeau de telle façon que le pédicule du lambeau soit plus haut pour la paupière inférieure, et qu'il soit au-dessous de la commissure de l'œil pour la supérieure. Si la cicatrice a entraîné la paupière en dehors, on devra tailler le lambeau sur le front ou sur la joue, mais en conservant son pédicule à la racine du nez. Si la bride cicatricielle tire la paupière en dedans, la base du lambeau sera placée sur la tempe un peu plus haut ou un peu plus bas, selon que c'est la paupière inférieure ou la paupière supérieure qui doit être restaurée. On dissèque le lambeau et on lui donne la position convenable.

Quatrième temps. - L'hémorrhagie une fois arrêtée, on applique la première suture au sommet du lambeau; la seconde est placée sur le bord le plus éloigné de la paupière ; puis on pose les intermédiaires.

Ordinairement il n'est pas nécessaire de mettre de nombreuses sutures, et lorsque e lambeau est suffisamment long, c'est-à-dire quand il est d'un tiers plus grand que la perte de substance, comme le recommande Denonvilliers il tient pour ain d tout seu, et ^ se fak très-f Au bout de

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(D Richet, Communion Me à la Société de àirur9<e Retins de * Soaété, 1865).

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lambeau inférieur 5 sa place. La place laissée libre par le lambeau inférieur esl boucbee par le supérieur comme l'indiquent les figures 1,1 et 42 empruntées à Ed. Cruveilhier (1).

Fig. 41 et 42. — Procédé par échange de Denonvilliers (*).

On voit que, dans tous ces procédés, excepté celui de Denonvilliers, on a recours à l'occlusion des paupières (Blépbarorrhapbie). Celle opération accessoire est considérée, en effet, par Mirault (d'Angers), Nélalon et Ricbet comme une condition sine quanon pour le succès de la blépharoplastie.

Bibliographie. ~ Mam%,Practical Observations on Ectropium. London, 1814. — Waltl'.er, Graefù u. Walther' s Journal der Chirurgie und Augenlieilkundc, vol. IX, p. 86. Berlin, 1826. — Delpech, Chirurgie clinique de Montpellier, t. Il, p. 221. Paris, 1828. — Frickei Die Hildung neuer Augenlider {Jilepharoplastik'j. Hambourg, 1829. — Von Ammon, Zeitschrtft fur die Ophthalmologie, vol. I, p. 47. Dresden, 1 830. — Cloquet, Pathologie chirurgicale, p. 136, pl. X, fig. 17. Paris, 1831. — Sichel, Iconographie, pl. LXV1II, lig. 3 et 4 ; et Annales d'oculist., t. XXVI, p. 170. — Horner, Gaz. méd., 1838 ; Relut ion des maladies traitées à l'hôpital de Philadelphie. — Bigaud, De Vanaplastie des lèvres, des joues et des paupières. Thèse de concours, 1841. — Denucé, Considérations sur l'autop/astie {Arch. r/énér. de méd., 1855). — Mirault (d'Angers), Annales d'oculist., 1851, t. XXV, p. 121.— Nélaton, Annales d'oculist., t. XXXIV, p. 33. — Bowman, Ophf/i. Hosp. Rep., 1859-1860, vol. II, p. 114. — Wordsworlh, Lancet, 1857, sept., 5, p. 242. — Debrou, Mém. de la Soc. de chir. de Paris, octobre 1860. — De Graefe, Archiv. f. Ophthalmologie, t. IV, Abth. 2, p. 209. — Gazelles, thèse de Paris, 1860. — Cassius, De la blépharoplastie. Thèse de Paris, 1865. — Filhol, thèse de Paris. — E. Cruveilhier, De l'ectropion, Ihèse de concours pour l'agrégation. Paris, 1866.

ARTICLE V

EPICANTllUS.

Un repli semi-lunaire de la peau, situé dans le grand angle de l'œil et simulant presque une troisième paupière, a été appelé par Ammon êpicahJthm. Sa concavité est ordinairement tournée en dehors. Ce repli cutané s'avance quelquefois tellement sur l'œil, qu'il masque même une partie de la cornée. Il est uni par sa base à la peau du nez; en haut, il se confond avec le sourcil, cl on bis il se perd dans la partie de la peau qui recouvre la région du sac lacrymal.

(1) E. Cruveilhier, thèse de concours. Paris, 1866, p. 111.

(*) a, angle du lambeau cutané, qui doit Otro pincé SOUS In paupière inférieure ; /', angle du lambeau oui doit remplacer le précédent en échange.

Sichel dit avec raison que cette difformité imprime aux individus qui en sont affligés une physionomie mongole.

L'épicanthus est le plus souvent double, et il est congénital. Je l'ai vu aussi héréditaire dans une famille, le père et les deux enfants présentaient la même difformité à un degré excessif.

Lorsqu'il est monoculaire, il est ordinairement acquis : un seul cas observé par Ammon fait exception.

L'épicanthus acquis peut être dû aux brûlures et aux altérations chroniques et prolongées du sac lacrymal.

Traitement. — L'expectation est indiquée pendant les premières années de l'enfance, puisque avec le développement de la tète cette difformité peut disparaître spontanément.

S'il est très-prononcé et s'il gêne la vue, on fait une opération, qui consiste à enlever sur le dos du nez un pli vertical suffisamment large, afin que la cicatrisa lion qui s'ensuit puisse faire disparaître les deux plis.

Bibliographie. — Schoen, Handb. derPathol. Anatomie des Menschlichen Auges, 1828, p. GD. — Von Ammon, Zeitschrift fur Ophthalmologie, t. I, p. 533, 1831 ; Klinisclie Darstellungen der Krankh, t. III, p. 1, fig. 6, 1841. — Desmarres, Annales d'oculiste l. Vf, p. 236. — Sichel, Mémoire sur Upicàntlius (Afin, d'oculist., t. XXVI, p. 29. — Chevillon, Annales d'oculist., t. XXIX, p. 285.

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