ORGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOIES LACRYMALES
La direction du canai nasal n'est pas toujours la môme. Le plus souvent il se porte de haut en bas, de dehors en dedans et d'avant en arrière. Mais j'ai vu de très-fréquentes exceptions à cette règle ; souvent il est vertical, et quelquefois il se dirige de dehors en dedans de chaque côté.
La muqueuse qui tapisse le sac, ainsi que le canal nasal, est la continuation de la conjonctive d'une part, et de la muqueuse nasale de l'autre. Sa structure a été étudiée d'une manière remarquable par Ordonez.
Elle est lisse dans toute sou étendue et dépourvue de papilles; l'épi thélium, d'abord pavimenteux, se transforme dans le sac et le canal nasal en cellules d'épithélium prismatique irrégulier. Sur toute la surface de la muqueuse du sac, Ordonez a trouvé des glandes très-nombreuses formant des groupes d'acini glandulaires.
".apports dos muscles et des ligaments palpchraiix avec le» voies lacrymales. — Ligaments. — L'angle interne des paupières présente deux ligaments qui attachent les extrémités internes des tarses au grand angle de l'orbite. D'après Tenon, l'un de ces ligaments, l'antérieur, part des deux tarses supérieur et inférieur à la hauteur des deux points lacrymaux, se réunit en une seule bande solide, qui passe au devant du sac pour s'attacher à l'apophyse nasale de l'os maxillaire. C'est celui auquel on a donné à tort le nom de tendon de V orbiculaire.
L'autre ligament se trouve dans le plan postérieur. Il naît des paupières ; entre les deux conduits lacrymaux, et va, selon Tenon (1), s'insérer à l'os unguis sur le bord du canal nasal osseux.
Ces deux ligaments servent de points d'attache aux différentes fibres musculaires de l'orbiculaire, et tiennent les paupières fixées à l'angle interne.
Muscles. — Nous avons vu (2) que le muscle orbiculaire prenait naissance sur des points différents, et que ses principales attaches se trouvaient à la partie antérieure du sac et à l'os unguis. Ces deux ordres de fibres musculaires constituent les muscles lacrymaux antérieur et -postérieur.
La partie antérieure du sac, de même que le ligament palpébral interne, donne insertion, d'après Richet, à des fibres musculaires de l'orbiculaire qui peuvent alors dilater le sac, écarter ses deux parois et lui faire jouer le rôle d'une ventouse aspirante pour les larmes. C'est là h muscle lacrymal antérieur.
Lemuscle lacrymal postérieur, qui a été surtout bien décrit par Arlt, de Vienne (3), suit la direction du ligament palpébral interne et profond ; ces fibres s'attachent à ce ligament ainsi qu'à la crête lacrymale postérieure. Il recouvre toute la face interne et postérieure du sac, et surtout au voisinage de l'orifice commun des canaux lacrymaux dans le sac.
Physiologie.— Les larmes qui ont lubrifié la surface du globe sont chassées par le mouvement de clignement vers le grand angle de l'œil. Ici les points lacrymaux qui sont munis d'anneaux cartilagineux, plongent dans ce liquide et doivent le transporter dans les narines. Quel est le mécanisme de l'entrée des larmes dans les voies lacrymales ?
Déjà, en 1842, P. H. Bérard (4) a avancé une hypothèse importante, à savoir, « qu il ne serait pas impossible que le muscle orbiculaire fît sur le sac office de ventouse. » trappé de cette idée, le professeur Richet a fait des recherches intéressantes sur ce sujet, et il est arrivé à une conclusion qui nous paraît expliquer complètement e mécanisme de ce passage, ou plutôt de cette aspiration des larmes par les points lacrymaux. 1
p. «i^P^SO^ «ùh#»>à®>»9 sur famtomie, la pathologie et la chirurgie, t. I,
(2) Voy. Anatomie des paupières, p. 1.
(3) Ml, Arc/iiv f. Ophthalm. Berlin,' 18G3, Bd. IX, Ablh. 1, S. 64. [H) Berard, Cours de physiologie, 1842.
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